Crise malienne : pourquoi Ménaka cristallise les tensions

Alors que la rébellion du Nord-Mali réclame toujours des amendements à l’accord d’Alger pour le signer, la situation sécuritaire se détériore depuis la reprise de la ville de Ménaka, le 27 avril, par le Groupe d’autodéfense touareg imhad et alliés (Gatia), une milice loyaliste. Explications.

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  • Pourquoi le Gatia ne veut pas lâcher Ménaka ?

Le mardi 19 mai, la Commission technique mixte de sécurité (CTMS), présidée par le commandant des forces de la Minusma et regroupant les représentants militaires de toutes les parties en conflit dans la crise malienne, devait se réunir à Gao pour parler de la situation sécuritaire et baliser le terrain pour l’accord de cessez-le-feu qui devrait être signé à la fin du mois à Alger par les rebelles. Mais la vieille de cette réunion, le Gatia a informé le commandant de la Minusma qu’il ne participerait pas à cette rencontre, car il considère que la CTMS n’existe plus depuis la signature de l’accord par Bamako, le 15 mai.

Pour la partie malienne, c’est désormais l’accord d’Alger qui s’applique, et le Gatia doit donc être remplacé par les forces maliennes – et non par la Minusma. Or, pour la médiation internationale, tant que l’accord de paix n’a pas été signé par l’ensemble des parties prenantes, tous les mécanismes de “l’accord de Ouagadougou” qui a permis l’organisation de la présidentielle en 2013, restent valables. Officiellement le gouvernement malien n’a pas déployé ses militaires à Ménaka, mais plusieurs dizaines de véhicules de l’armée malienne ont bien rejoint dans la ville les combattants du Gatia à la mi-mai.

  • Que pense la population de Ménaka de cette situation ?

Ménaka est traditionnellement le deuxième bastion de l’irrédentisme touareg depuis 1991. C’est à partir de cette ville que toutes rebellions ont été déclenchées. Mais depuis 2013, leurs leaders, notamment le député Bajan Ag Hamato et Ibrahim Ag Idbaltan, militant anti-esclavagiste, ont fait allégeance à Bamako. Depuis, Ménaka est divisée entre deux tendances, rebelles et loyalistes.

Depuis la reprise de cette ville par le Gatia, le 27 avril la ville semble avoir complètement basculé en faveur de Bamako. “On se reconnaît dans le Gatia pour deux choses. La première : ce sont des gens de Ménaka, n’oubliez pas que le général Ag Gamou est de cette ville, sa mère y vit. La deuxième, c’est que le Gatia se revendique du Mali. Et lorsque le groupe a pris la ville, les habitants sont sortis massivement pour scander son nom, mais ses combattants ont aussitôt demandé de scander plutôt le nom du Mali”, explique Issouf Sotvar, un habitant de Ménaka

  • Pourquoi la CMA veut-elle reprendre Ménaka ?

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), a fait savoir à la médiation internationale qu’elle voulait reprendre ses positions à Ménaka. Cette ville est l’un des fiefs de la CMA et cela en vertu de l’accord de cessation des hostilités signé au mois de février dernier à Alger. Ce document stipule que chaque partie doit rester sur sa position et qu’aucune autre conquête de localité ne sera reconnue. “Nous demandons ce qui nous revient de droit. Nous allons prendre cette localité par le dialogue ou par la force”, affirme Mossa Ag Attaher, un des porte-paroles de la CMA.

L’enjeu de Ménaka est surtout politique, car la ville sera bientôt une capitale régionale tout comme Taoudéni. “Quand l’accord d’Alger sera appliqué, deux nouvelles régions viendront s’ajouter aux trois existantes, Gao, Tombouctou et Kidal. Cette dernière ville est un fief des rebelles, et Taoudéni sera probablement une autre région aux mains de la CMA car cette zone appartient aux bérabiches du Mouvement arabe de l’azawad (MAA), hostiles à Bamako”, analyse un notable du Nord qui a pris ses distance avec le processus négociation. “Si jamais Ménaka bascule à nouveau, alors, trois régions sur cinq seront des fiefs rebelles, ce que Bamako veut éviter à tout prix.”

Source: Jeuneafrique.com

L’accord de paix signé au Mali en question

Appels sur l’actualité revient sur l’accord de paix signé au Mali sans les principaux groupes rebelles. Le gouvernement malien, des mouvements armés et la médiation internationale ont en effet signé vendredi 16 mai à Bamako l’accord de paix conclu à Alger, en l’absence des principaux groupes de la rébellion à dominante touarègue, qui ont dénoncé une « signature unilatérale », devant un parterre de dirigeants africains.

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Pourquoi le MNLA a paraphé l’accord mais ne l’a pas signé ?

Le MNLA, comme deux autres mouvements qui composent la coordination des mouvements de l’Azawad, le MAA et le HCUA (Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad ), exigent de nouvelles discussions. Ces groupes ont paraphé le texte pour montrer leur bonne volonté, le 14 mai à Alger, mais il n’était pas question pour eux de signer le 15, à Bamako, tant que leurs préoccupations ne sont pas débattues avec le gouvernement malien.

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) a pointé 14 points de l’accord de paix qu’elle souhaite revoir : les rebelles demandent toujours que l’Azawad, qui est mentionnée dans le texte comme zone géographique, ait un véritable statut politique et économique. Ils exigent une meilleure représentation dans les forces armées qui sont basées au nord, ils veulent aussi rediscuter de la création d’une assemblée pour les régions du Nord.

Les autres parties qui ont signé avaient aussi des réserves, mais celles-ci ont été consignées en annexe. Le MNLA et les autres qui n’ont pas signé ne veulent pas se contenter de réserves, ils demandent des garanties avant de signer, et des discussions directes avec le gouvernement malien.

La médiation ne cesse d’expliquer que le débat va se poursuivre pendant des mois, sûrement dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord, mais qu’il n’est pas question de changer le texte du document qui a été signé.

Comment ont réagi la France et les Nations unies sur l’absence de signature de la part des trois principaux groupes de la CMA ?

Il n’y a pas eu de réaction à proprement parler, si ce n’est le regret que tous les groupes n’aient pas signé et qu’ils ne figurent pas sur la photo de famille. Les médiateurs et la communauté internationale étaient préparés à ce que ces groupes ne signent pas, et cela n’a donc pas été une surprise. Comme ils l’ont fait avant la cérémonie de signature du 15 , les voisins du Mali, l’Union européenne, par la voix de Federica Mogherini, la France les Nations unies par un message de Ban Ki-moon, ont lancé un nouvel appel aux groupes à signer dès que possible.

Ceux qui n’ont pas signé risquent-ils des sanctions ?

Ban Ki-moon a été clair, le dialogue doit continuer avec les groupes qui n’ont pas signé le 15 mai à Bamako. La possibilité qu’ils signent l’accord de paix à une date ultérieure doit rester ouverte. Une position qui montre qu’il n’est pas question d’appliquer demain des sanctions. Mais jusqu’à quand les médiateurs vont-ils attendre qu’ils signent ? Aucun délai n’aurait été fixé à pour l’instant.

En revanche, la question de sanction a été évoquée ces derniers jours pour ceux qui ne respecteraient pas le cessez-le-feu. Depuis plusieurs semaines, la tension est montée d’un cran dans plusieurs régions du Mali, avec des attaques qui se sont multipliées. Les Nations unies et la France ont brandi la menace de sanction individuelle non pas à l’encontre de ceux qui n’ont pas signé, mais précisément contre ceux qui ne respectent pas le cessez- le feu. Par « sanction », on entend des interdictions de voyager ou le gel d’avoirs. Mais on en reste au stade de la menace pour l’instant.

Source: RFI

Ber : le camp de la MINUSMA attaqué

Aujourd’hui peu après 15h, le camp de la MINUSMA à Ber a été la cible d’une dizaine de tirs d’obus.

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Cette attaque intervient au moment où une délégation composée de personnel civil de la Mission, accompagnée de représentants des autorités locales et de la société civile, assistait à la libération de 10 personnes détenues jusqu’alors par la Coordination.

L’attaque n’a pas fait de victimes et la libération a pu s’effectuer sous la protection de la Force de la MINUSMA.

La MINUSMA condamne avec force et vigueur cette nouvelle attaque terroriste.

« Ces actes n’affecteront en rien notre détermination à poursuivre la mission que le Conseil de Sécurité nous a confiée », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Mongi Hamdi.

Source: MINUSMA

Le village de Gaberi (cercle de Gourma Rharous) attaqué aujourd’hui par des bandits armés

Aujourd’hui aux environs de 11 heures, des hommes lourdement armés à bord de deux véhicules et des motos, sont rentrés dans le village de Gaberi, localité située dans le cercle de Gourma Rharous, précisément à 7 kms du chef-lieu du cercle du même nom.

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Aussitôt rentrés, les assaillants se sont dirigés vers les boutiques et magasins qu’ils ont pillés à leur guise. Comme si cela ne suffisait pas, ils ont emporté des biens d’autrui. Prises de panique, les populations se sont terrées chez elles.

Elles ne sont ressorties qu’après le départ des assaillants lesquels ont causé beaucoup de torts aux villageois. Les populations de Gaberi lancent un appel aux autorités du pays pour le renforcement des mesures de sécurité dans l’ensemble du cercle du Gourma Rharous afin d’y mettre fin au banditisme.

A. Diakité

Source: Autre presse

La Minusma lance une enquête sur des violations graves des droits de l’Homme à Tin-Hamma

Bamako, le 22 mai 2015 – La MINUSMA a reçu des rapports inquiétants faisant état de violations graves des droits de l’Homme et du Droit international humanitaire, dont l’exécution hier d’un certain nombre de civils parmi lesquels pourrait se trouver un travailleur d’une organisation non gouvernementale internationale , dans le village de Tin-Hamma, dans la région de Gao.

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Ces exactions feraient suite aux affrontements qui ont opposé le 20 mai des membres de la Plateforme et de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA)

Conformément à son mandat, la MINUSMA déploie ce jour même une équipe d’enquête sur le terrain pour rapidement établir les faits.

En attendant les résultats de cette enquête, la MINUSMA souligne que si les informations rapportées sont avérées, ces actes constitueraient des crimes graves dont les responsables devront rendre compte devant la justice.

La MINUSMA exprime sa plus vive inquiétude devant l’escalade alarmante des confrontations armées dans plusieurs localités du nord du Mali et condamne une fois de plus les violations flagrantes et continues du cessez-le-feu qui mettent en péril le processus de paix et dont les premières victimes sont les populations civiles.

Ces confrontations ne cessent d’entraîner des déplacements significatifs de populations civiles qui aggravent la situation humanitaire au Mali.

La MINUSMA déplore également que ces violences réduisent grandement l’espace humanitaire, déjà limité, et affectent négativement l’accès  et la distribution de l’aide humanitaire destinée aux populations vulnérables, notamment les femmes et les enfants, qui ont un besoin urgent d’assistance.

La MINUSMA, rappelle aux parties prenantes qu’en vertu de la Résolution 2164 du Conseil de Sécurité, elles doivent se conformer aux obligations que leur impose le droit international humanitaire: respecter et protéger le personnel, les installations et les secours humanitaires, faciliter le libre passage des acteurs humanitaires afin que l’aide puisse être apportée à tous ceux qui en ont besoin, tout en respectant les principes directeurs des Nations Unies concernant l’aide humanitaire et le droit international applicable.

Source: Minusma

LA RHÉTORIQUE ENTRE HERVÉ LADSOUS ET LE PRÉSIDENT DU MALI

En réaction à l’adresse du président malien, le 15 mai 2015, le Secrétaire Général- adjoint des Nations Unies chargé des opérations de maintien de la Paix, Hervé Ladsous semble avoir été gagné par l’émotion, témoigne le ton de son discours. Pour les observateurs c’est le signe d’un manque de confiance qui a connu son point culminant le jour de la signature de l’accord d’Alger rejeté par les rebelles-terroristes du CMA. Ce comportement des rebelles doit être qualifié d’affront à l’égard de la Communauté internationale dans son ensemble. Cela n’empêche pas certains membres de la médiation animés de bonne foi de croire au mirage et la diversion de ces groupes rebelles qui ont pourtant tranché avec leur position. Pour eux l’exigence se résume à la division tribale du territoire malien ou rien. Ils n’hésitent pas à invoquer comme argument fallacieux, une base sociale qui n’existe pas. L’histoire récente de Ménaka a démontré qu’en dehors de Kidal à dominance Ifoghas, ils ne bénéficient d’aucun appui de la population civile malienne d’aucune autre région du Mali où ils n’ont semé que la terreur en complicité avec leurs alliés jihadistes et terroristes d’AQMI, etc.

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Revenons au discours de M. Ladsous qui a été interprété par la majorité des citoyens maliens comme une tentative de faire transparaître «un parti pris» à travers sa rhétorique et son ambivalence. Ce qui contrastait nettement avec les autres discours des autres intervenants. Il a parlé d’un manque de« minimum de  reconnaissance» envers la MINUSMA. Rappelant à cet effet que la « MINUSMA a toujours agi avec « neutralité» et que c’est l’une des «opérations dont le coût humain est très élevé pour les casques bleus». D’ailleurs nous sommes persuadés que ces derniers ne demandent pas autre chose que de pouvoir se défendre. D’où la nécessité impérative de modifier le mandat dans un rôle plus robuste, soit le changement de chapitre, soit envisager d’autres mécanismes qui ont déjà fait leur preuve comme une brigade d’intervention etc. Nous reviendrons plus tard sur son propos concernant le coût humain pour lequel il a raison sur le fond.
En faisant son reproche au président malien qui n’a dit que ce que tous les maliens pensent, il a engagé une polémique et sa déclaration semble faire ressortir une position défensive face au rôle de « passivité» qui avait déjà été signalé  par un officiel français parmi tant d’autres observateurs de la scène internationale. Ce n’est pas glorieux, car il soulève la question de responsabilité de la protection du personnel militaire et civil de la MINUSMA et surtout à qui cela incombe. Si nous faisons la lecture du mandat de la MINUSMA, il faut établir à qui incombe cette responsabilité à l’absence de toute collaboration et action opérationnelle des FAMA. Pour certains observateurs, à tort ou à raison, ceux-ci font remarquer que c’est la première fois dans une mission de maintien de la paix que «la souveraineté d’un État est mise sous séquestration, allusion faite au cantonnement d’une armée nationale privée de son pouvoir régalien d’assurer la protection nationale de sa population civile alors que cette responsabilité lui est reconnue aussi bien qu’à la MINUSMA dans les textes de la résolution 2100(2013) du conseil de sécurité. Malheureusement d’après la population malienne et certains observateurs internationaux, cette priorité du mandat de la MINUSMA n’a jamais été assurée  par la MINUSMA à l’absence d’une armée nationale confinée au cantonnement, fait rare. On peut même relever un exemple d’incohérence et de duplicité lorsque la population Touarègue manifeste à Kidal avec des jets de pierre, c’est la liberté de manifester considérée comme un droit démocratique alors que tout récemment dans un incident isolé survenu à Gao, des civils innocents, non armés, ont été réprimés dans le sang par des éléments de la MINUSMA, pendant qu’ils  manifestaient pacifiquement. Mais selon certains observateurs qui ont critiqué la situation  ce droit ne leur était pas reconnu sauf à «ceux qui ont la peau rouge». Ces observateurs  relèvent un manque d’impartialité et de justice. Il s’agit peut être d’un détail moins important pour M. Ladsous. Il faut ajouter à tout cela pour mieux illustrer l’absence de protection de la population civile,  les multiples exactions, vol et pillages des biens des populations civiles du Nord par les combattants du CMA dont les faits sont passés sous silence par M. Ladsous, au vu et au su de la MINUSMA et BARKHANE. Mais le chef des opérations de maintien de la paix était plus préoccupé par l’action courageuse de Gatia qu’il accuse de violer le cessez-le-feu et d’avoir occupé Ménaka. Gatia est composé de Touarègues et soutenu par la population de Ménaka a pris l’initiative face à l’inaction, de mettre fin à un spectacle pour protéger cette population des crimes du CMA, car les éléments des forces de la MINUSMA s’étaient résignés en observateurs, d’après certains analystes. On aurait souhaité que M. Ladsous aborde la question des allégations concernant les armes françaises saisies à Ménaka sur les rebelles du CMA, n’eut été l’effort des éléments patriotes de Gatia, une autre preuve de neutralité.
Les mêmes analystes poursuivent en reprochant à M. Ladsous d’avoir rappelé le coût humain subi par des militaires de la MINUSMA, soit 35 morts. Ils reconnaissent que ce bilan est déplorable, mais ils disent ne pas comprendre pourquoi M.Ladsous  n’a pas saisi également l’occasion pour faire preuve d’impartialité en relevant également le coût humain subi chaque jour par l’armée malienne cantonnée dont l’incident récent de l’embuscade tendue aux FAMA entre Goundam et Tombouctou a fait 9 morts. A ce drame, il faut ajouter le coût humain subi chaque jour par la population civile qui  n’est pas encore  protégée par la MINUSMA. Cet oubli significatif de la part de M. Ladsous relève –t-il de l’effet de l’émotion à l’adresse de IBK ? Sur ce point il faut comprendre le sentiment de la population malienne qui estime que M. Ladsous s’est éloigné des principes d’équité et valeurs qui fondent le système des Nations Unies dans le cadre de la gestion d’un conflit, eu égard surtout à l’esprit d’impartialité que :«toute vie humaine est importante et précieuse» Depuis la création de la MINUSMA et SERVAL jusqu’à ce jour, il y a eu plusieurs critiques des observateurs au sujet d’une apparence d’incohérence dans l’application des résolutions du conseil de sécurité définissant les mandats de la mission au Mali. Mais, ils relèvent qu’aucune correction n’est intervenue : qu’il s’agisse du désarmement et cantonnement des groupes rebelles, préalable à toute forme de négociation, qu’il s’agisse du déploiement complet de l’administration malienne dans toutes les régions(fait à moitié), qu’il s’agisse du redéploiement de l’armée malienne dans toutes les régions y compris Kidal devenu une enclave tribale au sein du Mali. Paradoxalement les maliens constatent plutôt le cantonnement de leur armée nationale dont la souveraineté est bradée contre la liberté de mouvement des rebelles avec leurs armes, circulant au nord du pays pour aller attaquer, massacrer, violer et piller dans le cadre du fameux cessez-le-feu dont M. Ladsous fait allusion. Il n y a que Gatia et FAMA qui doivent respecter le cessez-le-feu et non les hommes bleus de CMA qui se sont distingués pour avoir commis des actes terroristes tel que établi par le rapport conjoint HCDH-MINUSMA. D’après l’opinion publique malienne, il y a une certaine complaisance  lorsqu’ils constatent que CMA se fait prier de signer un accord que ses dirigeants ont rejeté. Dans ces conditions, s’interrogent-ils sur la neutralité de la MINUSMA. Pour eux, le constat des uns et des autres semblent être accablant envers la MINUSMA, à savoir s’il s’agit d’un véritable disfonctionnement ou d’incohérence du mandat. Apparemment, un réajustement s’impose pour rétablir la confiance entre la MINUSMA et le Mali. M. Ladsous a insisté sur un minimum de reconnaissance. Il faut le rassurer que le peuple malien est un grand peuple avec des valeurs historiques et culturelles qui témoignent de sa grandeur. Le peuple malien est plus que reconnaissant de l’intervention française, de l’engagement des Nations Unies à travers la MINUSMA pour son accompagnement dans cette crise, illustré par l’organisation des élections et la recherche d’un accord de paix( on peut citer l’accord d’Alger). Le peuple malien est également reconnaissant à juste titre de la médiation Algérienne et de tous les autres pays impliqués dans le processus. Mais il est important de rappeler que le peuple malien est fier de son histoire, jaloux de sa dignité et de son honneur. Le sentiment général qui se dégage chez chaque malien et certains analystes, c’est la perception réelle ou fausse d’un manque de transparence, de duplicité, de contradiction, d’incohérence et de partialité dans certaines actions sur la gestion de la crise malienne. Alors qu’à l’échelle internationale, il y a un fait qui est admis comme règle : « c’est le refus de négocier avec des terroristes». Cette qualification de «terroriste» est reconnue dans le rapport conjoint CHDH-MINUSMA, établissant que des actes terroristes ont été commis par le CMA. Les faits démontrent qu’ils sont complices des jihadistes, des terroristes et des narco-trafiquants. La suite des événements nous édifiera dans le futur. S’agissant de l’interprétation de M. Ladsous, il déclare que «nous ne sommes pas dans un scénario d’imposition de la paix».
Les maliennes veulent comprendre le sens de son idée. Examinons le théâtre des opérations militaires dans un contexte comme au nord du Mali où il n y a pas eu de désarmement ni de cantonnement des belligérants rebelles  qui continuent à s’approvisionner en armements et qui poursuivent les affrontements. De plus ils ont rejeté la signature de l’accord de paix auquel ils étaient partie au processus; comment peut-on stabiliser dans un contexte où les préalables à la paix ne sont pas réunis. Comment éviter les opérations meurtrières des rebelles du CMA si la MINUSMA ne prend pas ses responsabilités d’imposer un minimum de sécurité pour protéger la population civile ou faudrait-il s’en remettre à la bonne foi des rebelles terroristes qui ont déjà annoncé leur couleur. Soit d’imposer leur volonté au Mali et à la communauté internationale par l’usage de la violence et de la lutte armée. Selon M. Ladsous à la question de savoir s’il y a un délai de signature par CMA. Il répond « pas de délai, le plutôt que possible, plus vite c’est mieux». Ce sursis accordé aux rebelles du CMA, pour les maliens, est la démonstration d’une partialité et même d’une faiblesse; car selon certains qui se réfèrent aux conditions imposées à l’armée malienne. «Quand il s’agit des FAMA, c’est plus facile de leur donner une injonction comme l’interdiction d’être déployé à Kidal  qui pourtant, fait partie du Mali. Ce genre d’obstruction fait-il aussi partie du mandat de la MINUSMA et BARKHANE cette ingérence dans des décisions de souveraineté malienne ?» Pour d’autres analystes, la création d’une zone d’exception donne l’impression que Kidal est devenu la reproduction d’une enclave ethnique et tribale, considérant que des citoyens noirs maliens ont été chassés de Kidal devant les yeux  de la MINUSMA et BARKHANE; sans aucune réaction de leur part, alors qu’on continue à parler d’un mandat de protection de la  population civile au Mali.
Finalement, tout le monde reconnait que l’une des vertus de la diplomatie c’est la patience. A vouloir forcer les rebelles du CMA à signer un document qui n’est pas l’expression de leur volonté alors que leur adhésion doit être consensuelle sans contrainte ni pression, c’est ouvrir la voie à un précédent très dangereux dans la gestion des conflits surtout dans le cadre des opérations de maintien de paix. Quelle sera la valeur d’un tel accord arraché qui risque de poser un problème d’interprétation dans le futur. Les efforts ont atteints leur limite. Ceux qui ont refusé de s’inscrire dans la logique de paix doivent être libres de signer ou de ne pas signer. Cependant, ils doivent savoir que l’anarchie n’est plus tolérable dans le pays. En conséquence, le conseil de sécurité doit adopter une position de fermeté sans équivoque, ordonner le changement du mandat de la MINUSMA, ordonner le désarmement et le cantonnement des groupes sans délai. Quant à la CPI, elle doit déclencher l’action judiciaire pénale internationale. M. Ladsous a manqué le rendez-vous avec l’histoire pour réaffirmer les dispositions des résolutions du conseil de sécurité dont notamment la résolution 2100(2013) afin de rassurer les maliens qui sont restés avec une autre perception de son rôle. Un niveau de responsabilité qui est incompatible avec la rhétorique polémique surtout dans un rôle de médiateur.
( réflexion de Boubacar Touré, consultant international, Canada )

Source: Lerepublicainmali

Bamako: La sécurité du personnel de la Minusma en cause

Depuis son déploiement au Mali, c’est la première fois que le personnel de la Minusma est attaqué à Bamako. Et pourtant, aucun dispositif sécuritaire particulier n’est déployé autour de la résidence des membres de la mission. A Bamako, ces travailleurs onusiens louent des appartements dans des quartiers huppés. Mais dans la plupart des cas, ces appartements sont sous la surveillance de sociétés de gardiennage privé.

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L’attaque d’hier est une alerte sérieuse à la fois pour les autorités maliennes et les responsables de la Minusma.

Cette attaque, si elle était minutieusement préparée, pouvait conduire au drame.

INSÉCURITÉ: Une résidence de membres de la Minusma attaquée à Bamako

Dans la nuit du mardi à mercredi (aux environs de 2h30), un homme armé d’une mitraillette et de grenades, a attaqué une résidence de membres de la Minusma en service à Bamako. Cette attaque, non revendiquée, a été perpétrée au quartier Faso Kanu.

Selon des témoignages, l’auteur de l’attaque aurait tenté d’incendier un véhicule de la mission, stationné devant la résidence. Après, il aurait mitraillé le domicile avant de s’enfuir. Au cours de l’assaut, un gardien aurait été blessé.

Dans un communiqué diffusé, hier, la Minusma a condamné cette attaque qui intervient au moment où la mission onusienne fait face à un mécontentement général au Mali.

En effet, la Minusma est accusée de mener un jeu trouble au nord du Mali. Et le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, avait sévèrement critiqué la mission onusienne, lors de son discours, à la cérémonie de signature de l’accord le 15 mai dernier, à Bamako.

Par L’Aube

 

SourceL’Aube

Abdelkrim le Touareg et Amada Ag Hama neutralisés : Quel lendemain pour Iyad Ag Ghaly ?

Le soutien et la complicité entre les Jihadistes d’Aqmi et le leader d’Ansar Dine sont suffisamment avérés. Aqmi et Ansar Dine coopèrent et arrivent à opérer ensemble. Avec la neutralisation des quatre terroristes au cours des combats, parmi lesquels figuraient Amada Ag Hama alias « Abdelkrim le Touareg » et Ibrahim Ag Inawalen alias « Bina », ensemble, on peut s’interroger sur ce que cela représente comme coup dur pour le leader d’Ansar Dine, recherché comme étant un terroriste à mettre hors d’Etat de nuire. Si Iyad Ag Ghaly n’est pas affilié à Aqmi, certains de ses lieutenants comme Ibrahim Ag Inawalen alias « Bina », fréquentent les Jihadistes dont l’une des spécialités est l’enlèvement et la négociation des occidentaux, contre d’énormes fortunes et la libération de ceux d’entre eux qui seraient amenés à être capturés. La proximité entre ces deux groupes tient aussi des liens de cousinage entre Iyag Ag Ghaly et le désormais ancien chef de la Sariat El Ansar, qui est la seule phalange d’Aqmi dirigée par un Touareg malien. Hamada Ag Hama dit Abdelkrim le Targui est aussi membre de la tribu des Ifoghas.

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Mais le chef d’Ansar Dine, depuis l’inoubliable attaque de Konna en janvier 2013, a son nom également lié aux attaques prêtées à l’Imam Hamadoun Diallo dit Hamadoun Koufa. D’abord connu pour ses prêches virulents, il aurait participé aux combats contre l’armée malienne à Konna (janvier 2013). Il est réapparu en janvier 2015 et son nom est cité dans les attaques contre Nampala, Tenenkou, Dioura, Diafarabé, dans le but de restaurer l’État théocratique du Macina à travers un Front de libération du Macina.

Malgré tout, les jours de Iyad Ag Ghaly semblent être comptés. Un responsable de l’Union européenne indiquait récemment dans nos colonnes, qu’après la signature de l’accord, ceux qui ne l’ont pas signé vont être persuadés à reconnaitre qu’ils ont eu tort de ne pas signer. Cette opération française  s’inscrit- elle dans cette persuasion ?

B. Daou

Source: Lerepublicainmali

Ménaka : L’ultimatum de la Minusma ?

Au cours d’une conférence de presse, mardi, des responsables de la plateforme et des responsables de Gatia ont déclaré que la Minusma avait donné un ultimatum au Gatia, pour qu’il quitte Ménaka. L’information a vite fait le tour des réseaux sociaux et de la ville.

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Mais aussitôt après, dans l’après midi, la Minusma a démenti par un communiqué…

Toutefois, la mission onusienne a précisé qu’en étroite collaboration avec la médiation, elle a présenté aux parties une proposition pour « assurer une cessation des hostilités qui comprend des arrangements sur Ménaka, selon lesquelles la plateforme se retire et la Minusma prend temporairement en charge la sécurisation de la ville et de sa population ».

La Minusma précise qu’une rencontre devra se tenir pour « sceller un accord à ce sujet, après une réunion du Comité technique mixte de Sécurité ».

Malgré cette réaction de la Minusma, l’on se pose toujours des questions sur la véracité ou non de l’ultimatum. Car, l’information a été donnée par des responsables et non des moindres de la plateforme. Dans quel intérêt ceux-ci ont diffusé cette information ?

 

 

Par L’Aube

 

Source: L’Aube

Après la signature de l’accord d’Alger: Série d’attaques dans le pays

« C’est le revers de la médaille », peut-on légitimement déduire de la signature de l’Accord d’Alger le 15 mai dernier. Longtemps annoncée et même jugée comme la panacée à la crise malienne, cette signature se transforme aujourd’hui en un véritable cauchemar pour les populations maliennes, terrorisées de toutes parts par des attaques quotidiennes et sans répit, de Kidal à Bamako. Depuis vendredi dernier, jour de l’acte, les rebelles-terroristes-djihadistes n’ont marqué aucune pause dans les actes de violence perpétrés contre les populations pour imprimer leur refus de signer l’Accord et montrer sans doute que, sans eux, celui-ci est quasiment nul et non avenue. Pendant ce temps, le gouvernement, jadis très prolixe en communiqués de condamnation, reste muet comme carpe et laisse le champ libre aux rebelles. Chronique d’une semaine infernale !

 

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De Tombouctou à Kidal, les populations maliennes ne dorment plus que d’un œil depuis la signature de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali le vendredi 15 mai 2015. Et pour cause : la recrudescence de la violence dans le nord du pays et même à Bamako. Jamais, dans l’histoire de la rébellion malienne, les attaques ne se sont autant succédé. Au jour le jour, les rebelles laissent des traces dans une localité bien déterminée. Ils ont quasiment quadrillé le nord du pays et poussent leur audace jusque dans des coins proches de bases militaires des Fama. Les preuves :

Le vendredi 15 mai, pendant que la crème des dirigeants africains et des personnalités du monde entier honoraient de leur présence la cérémonie de signature de l’Accord, les rebelles réchauffaient les combats dans les environs de Ménaka. La Cma s’en prenait aux forces patriotiques (Gatia), désormais protectrices de Ménaka. Les combats, qui se sont poursuivis le samedi 16 et dimanche 17 mai, auraient faits 32 rebelles tués contre 6 combattants de la Plateforme.

Durant le même week-end, le Mnla aurait exécuté 3 passagers d’un camion à Ber, non loin de Tombouctou. Ber est depuis un an la chasse gardée des rebelles du Mnla qui préparent plusieurs attaques à partir de là.

Toujours les 15 et 16 mai : attaque de la localité de Bintagoungou, cercle de Goundam. Là, les séparatistes agressent les habitants pour soutirer sous la menace des informations et affolent les populations, pillent les boutiques et les magasins, enlèvent des motos et des véhicules ainsi que des gens soupçonnés d’appartenir au mouvement d’autodéfense Gandokoye.

Dans la même mouvance, le 16 mai, dans les environs d’Almoustarat (région de Gao), un véhicule-suicide a attaqué un convoi de la Minusma, faisant un blessé léger.

Le dimanche 17 mai, des hommes armés ont blessé par balles deux habitants dans le village de Tamachkoyt, commune de Tonka, cercle de Goundam.

Dans la foulée, les bandits armés ont pillé des boutiques à Tin-Aïcha et enlevé un dizaine de personnes soupçonnées d’appartenir à Gandakoye.

Le lundi 18 mai, une dizaine d’hommes armés ont fait irruption dans le village de Zorho Djindè. Les villageois ayant fui avant l’arrivée des assaillants, aucune victime n’est à déplorer. Cependant, cinq maisons et huit tonnes de céréales ont été brûlées.

Le 18 mai aura été particulièrement douloureux. Notamment avec l’attaque de Bambara Maoundé, sur l’axe Tombouctou-Douentza où des hommes armés ont attaqué un point de contrôle des Forces armées maliennes. Trois soldats des Fama ont été tués, un autre ainsi qu’un civil ont été blessés durant cette attaque. Une délégation officielle de Tombouctou s’est rendue sur place. Les blessés ont été évacués, les militaires tués inhumés. Les responsables de la Cma ont revendiqué l’opération.

La Minusma visée à Bamako

Ce n’est pas tout pour ce maudit jour du 18 mai : la ville de Hombori assiégée, pillée, avant d’être libérée, par les hommes de Hamadoun Kouffa, guide du Mouvement de libération du Macina.

Le lendemain, mardi 19 mai, des combats entre les combattants de la Cma et ceux du Gandakoye ont eu lieu à Arbichi,localité située à une dizaine de kilomètres du cercle de Gourma Rharous, dans la région de Tombouctou. Aucun bilan n’a été rendu public.

Enfin, hier 20 mai, Bamako entre dans la danse, révèle un communiqué de la Minusma. « Ce matin, aux environs de 02h30, un homme armé a tenté de mette le feu à un véhicule de la MINUSMA garé devant la résidence de plusieurs de personnels militaires de la Mission dans le quartier du Faso Kanu à Bamako. Avant de prendre la fuite, l’attaquant a tiré sur le gardien qui a été blessé, sur la maison, ainsi que sur les voitures de la MINUSMA garées et toutes clairement identifiées « UN », causant des dommages matériels », annonce ce communiqué. Qui poursuit : « Alertée, la Police Malienne s’est déployée sur les lieux avec la sécurité de la MINUSMA pour mener les investigations initiales. Une équipe d’UNMAS, le service anti-mine de la MINUSMA, a été chargée de neutraliser deux grenades non explosées retrouvées sur place. Le gardien a été transporté à un hôpital pour recevoir les soins nécessaires ».

Face à cette recrudescence de violence, la Minusma rappelle l’impérieuse nécessité du maintien du cessez-le-feu au Mali et met tout en œuvre pour assurer la protection des populations civiles dans la limite de ses capacités. « Comme déjà annoncé à plusieurs reprises par le Conseil de sécurité, les responsables de ces violations devront répondre de leurs actions et s’exposent à des sanctions », conclut le texte de l’organisme onusien.

Un peu plus tard dans la journée, c’est Tim Hama, commune située dans le cercle d’Ansongo et habitée par des Daoussahak qui ont prêté allégeance à la Cma, qui essuie les tirs des rebelles de la Cma.

Que nous réserve la journée d’aujourd’hui ? Seuls les rebelles de la Cma le savent.

De notre côté, ce que nous savons, c’est que le gouvernement reste curieusement muet depuis cette recrudescence de la violence alors que, en amont de la signature, il excellait dans les communiqués de condamnation des attaques. De jours comme de nuit, la télévision nationale était bombardée de communiqués, si ce n’est un ministre qui était sur le plateau. Les autorités ont-elles perdu pied à cette phase très cruciale de l’histoire qui impacte l’avenir du pays ?

Sékou Tamboura

 

 

Source: L’Aube

Cesser l’escalade de la violence, donner la parole aux Populations du nord pour se prononcer sur leur « Azawidité »!

Les options consignées dans l’accord issu du processus d’Alger sont fondées sur un diagnostic artificiel qui part du postulat que le Mali est un pays où les minorités Touaregs font l’objet de discrimination, d’exclusion et de  mise à l’écart qu’il importe de corriger à travers une architecture institutionnelle mue par un effacement significatif de l’Etat central au profit des collectivités territoriales.

Abdourahamane Ben Mamata TOURE

A aucun moment, les autorités maliennes n’ont pu convaincre l’opinion publique internationale de l’inexistence d’une paupérisation organisée des Touaregs du Mali et encore moins d’une prise de conscience de la nécessité de ne pas soutenir des bandits armés qui ne représentent aucune des populations du nord et de l’inexistence de ‘’l’homo azawadis’’ sur le territoire Malien, les récents évènements de Ménaka en sont une illustration.
Les populations silencieuses du Nord du mali,  à travers leurs organisations faîtières se sont  toujours prononcées  et demeurent incommensurablement déterminées en faveur de l’unité nationale. Les pressions, les menaces ou les félonies des soutiens des bandits armés n’y feront rien et ne modifieront en rien cet état d’esprit.

Dans le fond, le texte issu de la négociation  fait une impasse totale sur les principales aspirations de la nation  Malienne. Ces attentes portent principalement sur l’unité nationale et la forme Républicaine de l’Etat tandis que les bandits armés réclament un statut politique, juridique, sécuritaire et économique du territoire et des populations de l’Azawad.

Les atermoiements,  et les tortillements dans les prises de décisions ainsi que les ambigüités  comportementales de la CMA ne s’expliquent que par le fait qu’elle est en réalité  attelage fragile fait d’alliances à la limite de l’étonnant, composé de groupuscules qui connaissent chacun de profonds dysfonctionnements. Elle est noyautée par des transfuges d’intérêts aux antipodes des aspirations des populations du nord. Quant à notre Etat, il  est pris dans une tornade d’intérêts géo-sécuritaires et stratégiques, d’agendas personnels contradictoires des membres de la médiation internationale et le jeu trouble de certains Etats voisins.
Tous ces facteurs mis bout à bout expliquent, et  justifient la nécessaire consultation des populations pour se prononcer sur la légitimité de ceux là même qui prétendent les représenter.

Dans ce climat international tendu, méfions-nous de la stigmatisation médiatique quasi unanime pour condamner les autorités maliennes et les FAMA.

L’issue ne peut donc pas être dans une escalade d’interventions extérieures guidées par les intérêts des puissances, mais dans la mise en œuvre d’une consultation des populations, pas forcement par le biais d’un référendum, mais d’une formule appropriée afin que se prononce  la grande muette dont le nom et la cause sont devenus des fonds de commerce de bandits narco-Djihadistes. Nous ne devons pas nous laisser séduire par les lendemains enchanteurs que promet un texte flou, souvent contradictoire d’un paragraphe à l’autre et d’une imprécision juridique troublante. Il est temps d’arrêter de taquiner le vide avec un texte évasif, tentant de faire passer maladroitement une formule fédérale originale.

Si la crise est réellement politique, comme le soutiennent les séparatistes et leurs alliés, la solution ne peut être que politique et à ce jour la plus viable est celle de la consultation des populations du nord pour se prononcer sur leur « Azawidité » et leurs aspirations profondes. C’est seulement après ce préalable que la mise en œuvre de l’accord doit être programmée pour l’émergence d’un véritable projet de société au service des droits, de la justice, de la démocratie et de la paix.

Donnons la  parole au Peuple pour l’honneur du Mali et le Bonheur des Maliens !

Abdourahamane Ben Mamata TOURE

Source: Autre presse

Nord du Mali : un membre de l’ONG ‘’Action contre la faim’’ arrêté par l’armée malienne à cause de ses liens avec les rebelles

L’ONG ‘’Action contre la faim’’ a-t-elle des liens avec la rébellion touarègue qui sévit au Nord du Mali ? La question mérite d’être posée eu égard à ce qui s’est passé ce jeudi 21 mai 2015 à Tin Hama, commune rurale située à 60 kms d’Ansongo.

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En effet, suite à l’attaque de Tin Hama le 20 mai par les rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), l’équipe de constation des Forces armées maliennes ont arrêté le nommé Moussa Ag Mohamedoun, personnel de l’ONG ‘’Action contre la faim’’ à Tin Hama.

Cet homme sensé être un humanitaire était en possession, s’il vous plait, d’un PM 2 chargeurs garnis, 2 puces thuraya, 3 téléphones portables, des maillons de munition garnis pour mitrailleuse PKT.

Voilà comment une personne sensée être humanitaire a été arrêtée ce jeudi à Tin Hama par l’armée malienne. Le soi-disant humanitaire a été arrêté au lendemain de l’attaque de la ville de Tin Hama par les rebelles de la CMA, lesquels ont été délogés par les forces armées maliennes. C’est dire que tous les ‘’humanitaires’’ qui opèrent au Nord du Mali sont loin d’être humains avec les populations pour lesquelles ils sont là.

Comment quelqu’un qui se dit humanitaire peut-il se retrouver avec un tel arsenal après l’attaque de la ville par les rebelles ?

Mais les Maliens sont loin d’être surpris. Eux qui ont vu des ONG Qatari fournir, sous couvert d’actions humanitaires, des armes aux terroristes d’Ançar Eddine et Mujao au temps fort de l’occupation de notre septentrion.

Après l’arrestation de ce controversé humanitaire, c’est le directeur pays de l’ONG ‘’Action contre la faim’’, Haiballa Ag Baba Hamed, qui est en train de solliciter l’appui d’OCHA afin que celle-ci puisse intervenir auprès des autorités maliennes en vue de la libération de l’indélicat Moussa Ag Mohamedoun. Les autorités maliennes devraient-elles accepter cela ?

Abdoulaye Diakité

Source: Autre presse

Combats entre Touaregs et pro-gouvernementaux dans le Nord

Les séparatistes touaregs de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et les miliciens pro-gouvernementaux du Groupe d’autodéfense touareg Imrad et alliés (Gaita) se sont à nouveau affrontés jeudi dans le nord du Mali.

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Les combats ont éclaté à Tin-Fadimata, à 30 km au nord de Ménaka où un cessez-le-feu avait déjà été violé à de multiples reprises.

Selon son porte-parole Sidi Elmedhi Ag Albaka, le Gaita, issu du Mouvement arabe de l’Azawad, a pris la ville aux séparatistes, ce que ces derniers démentent.

“Le Gaita a attaqué nos positions, tôt ce matin (…) Il y des combats intenses”, a quant à lui déclaré Almou Ag Mohamed au nom de la CMA, ajoutant que des renforts étaient en route.

La mission locale des Nations unies (Minusma) et les forces armées maliennes (Fama) ont confirmé la reprise des combats.

“Les Fama sont positionnées à Ménaka pour protéger la population. Si la CMA veut prendre la ville, elle aura affaire aux Fama”, a averti un porte-parole militaire.

La Minusma a également annoncé l’envoi de casques bleus qui auront pour mission d’établir une zone de sécurité à cinq kilomètres de la localité afin de protéger ses habitants. “Nous les avons avertis que c’est la ligne à ne pas franchir”, a souligné Radhia Achouri, porte-parole de la Minusma.

(Souleymane Ag Anara, Tiemoko Diallo et Adama Diarra, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

 

Source: Reuters

L’Unité aérienne du Salvador déployée à Tombouctou

Le 18 Mai, la MINUSMA a salué à Tombouctou l’arrivée des hélicoptères d’attaque du Salvador. Il s’agit d’hélicoptères MD 500 caractérisés par leur rapidité et leur parfaite adaptation au terrain et au climat. Ils peuvent effectuer des patrouilles de jour comme de nuit.

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Les hélicoptères salvadoriens appuieront les opérations des casques bleus déployés dans la région de nombreuses façons, notamment dans le cadre de la protection des civils. Ils vont avant tout considérablement augmenter la capacité de reconnaissance de la Force Onusienne, grâce à leur vitesse de déplacement, ils pourront rapidement recueillir des informations ainsi que des images sur le terrain. Leur utilisation sera également importante pour les secours aériens qui sont de plus en plus sollicités dans cette partie du Mali. En effet ces six derniers mois, une dizaine d’évacuations médicales ont déjà été effectués uniquement dans région de Tombouctou.

« L’immensité du territoire malien nous impose l’emploi de nouvelles technologies et de plus de flexibilité pour faire face aux défis, » a expliqué le Commandant adjoint du Secteur Ouest, le Colonel Peter Öberg. « Quand certaines actions se produisent dans des localités très distantes de nos troupes, il faut réussir à s’y rendre au plus vite pour évaluer la situation et prendre des mesures efficaces pour la protection des civils. Cette contribution nous permettra donc de réagir rapidement aux évènements. J’insiste sur la capacité dissuasive de ces hélicoptères, qui pourront éventuellement réagir en cas de menace imminente contre la population,» a-t-il ajouté.

Pour sa part, le Commandant de l’Unité aérienne du Salvador, le Colonel Hernandez Lara, a fait remarquer les efforts faits à plusieurs niveaux, pour que son effectif soit opérationnel dans un délai très bref en appui des autres composantes de la Mission. « Je suis impressionné par la réactivité de l’administration de la MINUSMA, qui a construit en trois mois toutes les installations nécessaires au fonctionnement de notre unité, y compris le hangar pour les hélicoptères ».

Cette Unité aérienne de la MINUSMA compte environs quatre-vingt-dix éléments, dont des pilotes, des techniciens ainsi que du personnel médical. Elle est la première unité du Salvador à être déployée dans les Opérations des Maintien de Paix de l’ONU.

Source: MINUSMA

Ménaka, encore des affrontements…

Au Mali cinq jours après la signature d’un accord de paix, le pays est loin d’avoir retrouvé la sérénité. Dans le nord notamment des affrontements persistent.

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Les séparatistes touaregs de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et les miliciens pro-gouvernementaux du Groupe d’autodéfense touareg Imrad et alliés (Gaita) se sont à nouveau affrontés jeudi dans la région de Ménaka où un cessez-le-feu avait déjà été violé à de multiples reprises.

Mercredi une attaque a visé la Mission de l’ONU, la Minusma, à Bamako. Dans le même temps, le ministère français de la Défense annonçait que deux importants chefs jihadistes au Sahel, Amada Ag Hama alias “Abdelkrim le Touareg”, et Ibrahim Ag Inawalen, dit “Bana”, avaient été tués en début de semaine dans le nord par les forces spéciales françaises. Le nord, justement est plus que jamais instable avec des attaques à répétition et des combats entre rebelles touaregs et forces pro gouvernement, notamment autour de Menaka. Une rencontre à Alger le 25 Mai devrait permettre d’aboutir à la signature d’un accord de cessez-le-feu prévoyant le retrait des groupes armés de Ménaka pour ensuite entamer les discussions entre le gouvernement malien et la Coalition des Mouvements de l’Azawad.

Source: dw.de

Le Canada se réjouit de la signature d’un accord de paix au Mali

Canada, 21 mai 2015/African Press Organization (APO)/ L’honorable Rob Nicholson, C.P., c.r., député fédéral de Niagara Falls et ministre des Affaires étrangères, a fait aujourd’hui la déclaration suivante :


Rob Nicholson ministre canadien Affaires étrangères

« Le Canada se réjouit de la signature d’un accord de paix à Bamako, au Mali, le 15 mai 2015, entre le gouvernement du Mali et la plupart des acteurs engagés dans le processus de paix.

« Cet accord reflète les longues et difficiles discussions qui ont eu lieu entre les parties prenantes, et qui ont été rendues possibles grâce à l’engagement du Mali et au rôle clé joué par l’Algérie.

« Le Canada invite ceux qui n’ont pas encore signé l’accord à le faire dans les meilleurs délais et à rester engagées dans le dialogue.

« Le Canada est préoccupé par les rapports de violence continue et souhaite que cet accord mène à une paix durable au Mali, ce qui permettra d’assurer un climat favorable au développement économique pour tous les citoyens.

« Le Canada continuera d’appuyer le Mali et les Maliens dans leur cheminement vers la paix. »

 

SOURCE

Canada – Ministry of Foreign Affairs

Qui sont les deux jihadistes abattus par l’armée française au Mali?

Le ministère français de la Défense a annoncé mercredi 20 mai la mort de deux importants chefs jihadistes au nord du Mali. L’opération des forces spéciales a été menée dans la nuit de dimanche à lundi au nord-est de Kidal. Abdelkrim al-Targui était le chef d’une katiba d’Aqmi. Son groupe avait revendiqué l’assassinat de nos confrères Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Le second jihadiste éliminé s’appelait Ibrahim Ag Inawalen. Il s’agissait d’un cadre d’Ansar Dine. Nos précisions sur ces deux personnalités jihadistes.

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« C’est tout sauf un enfant de cœur », estime un haut gradé français au sujet de Bana, l’un des quatre individus abattus lundi au Mali, dont deux étaient des cadres. Ibrahim Ag Inawalen, dit « Bana » dans les rangs jihadistes, serait notamment à l’origine de la lapidation d’un couple à Aguelhok durant l’occupation jihadiste en 2012. Officier de l’armée malienne, il avait déserté en 2006 pour rejoindre le jihad. « Son fief, comme celui d’al-Targui et d’Iyad Ag Ghali, c’est Kidal », indique un militaire français, qui ajoute : « Depuis deux ans et l’élimination de nombreux cadres jihadistes, son rôle a évolué. Pour nous, c’est lui l’adjoint d’Iyad, son messager, c’est lui le numéro 2 d’Ansar Dine. »

Ibrahim Ag Inawalen, plutôt de taille moyenne, était donc un homme de confiance d’Iyad Ag Ghali, chef d’Ansar Dine. Il aurait aussi obtenu la direction de la police religieuse dans toute la zone. Ce changement de statut a intéressé les services français, qui ont épié ses gestes et déplacements. Est-ce lui qui a conduit l’armée française à Abdelkrim al-Targui ? « Je ne vous dirai pas lequel nous a mené à l’autre », indique une source au sein de l’armée.

Al-Targui, un gros poisson

« L’autre », c’est Abdelkrim al-Targui. On le reconnaissait par sa haute taille et ses cheveux ébouriffés, ses vêtements de coupe afghane au tissu kaki. Amada Ag Hama, de son vrai nom, était surnommé Abdelkrim al-Targui parce qu’il était Touareg. Malien, originaire de Kidal et âgé d’une quarantaine d’années, il était réputé pour son radicalisme. Pour lui, jihad rimait avec le rapt de ressortissants européens et les assassinats. Sa katiba avait ainsi revendiqué le rapt de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, nos deux envoyés spéciaux enlevés puis retrouvés morts juste après, non loin de Kidal.

Abdelkrim al-Targui n’était pas présent pendant cette opération, mais il aurait piloté certains détails à distance. Lui et les hommes de sa katiba al-Ansar étaient d’ailleurs liés (ou soupçonnés de l’être) à quasiment tous les enlèvements de ressortissants français dans la zone : Michel Germaneau, humanitaire septuagénaire enlevé en 2010 au nord du Niger puis assassiné, mais aussi Serge Lazarevic et Philippe Verdon, enlevés en novembre 2011 – le premier sera libéré, mais le second y restera. Spécialisé dans le rançonnage, il avait été au cœur de la libération des quatre otages d’Arlit, employés d’Areva relâchés fin octobre 2013.

Plus de 20 ans de jihad

C’est dans les années 1990 qu’Abdelkrim al-Targui intègre la Dawa, une secte islamiste. On le voit alors prêcher dans une mosquée de la région de Kidal. Il se radicalise très tôt. Peu avant l’an 2000, il fréquente le GSPC algérien, un groupe islamiste qui s’installe dans le nord du Mali et deviendra al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Abdelkrim franchit le pas et il intègre la katiba, c’est-à-dire l’unité combattante d’un autre chef jihadiste, Abou Zeid – qui sera tué en 2013 par les militaires tchadiens et français dans le nord du Mali. Ce dernier le met tout de suite à la tête d’un petit groupe de combattants, une troupe d’élite. Al-Targui recrute alors des Maliens et tisse sa toile.

SOURCE : rfi

Sale temps pour l’ONU au Mali : la Minusma attaquée à Bamako et ‘’chassée’’ à Kidal

Sale temps pour la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma). Pendant qu’à Bamako un acte criminel a visé un de ses véhicules, à Kidal, ce sont des centaines de manifestants qui ont demandé hier mercredi son départ.

Mongi Hamdi Représentant onu nations unies chef minusma crise malienne

Hier 20 mai 2015 aux environs de 02h30, un homme armé a tenté de mette le feu à un véhicule de la Minusma garé devant la résidence de plusieurs de personnels militaires de la Mission dans le quartier du Faso Kanu à Bamako. Avant de prendre la fuite, l’attaquant a tiré sur le gardien qui a été blessé, sur la maison, ainsi que sur les voitures de la Minusma garées et toutes clairement identifiées « UN », causant des dommages matériels.

Alertée, la police malienne s’est déployée sur les lieux avec la sécurité de la Minusma pour mener les investigations initiales. Une équipe de UNMAS, le service anti-mine de la Minusma, a été chargée de neutraliser deux grenades non explosées retrouvées sur place. Le gardien a été transporté à un hôpital pour recevoir les soins nécessaires.

Et pendant que ce gardien recevait ses soins dans un hôpital à Bamako, au même moment, des centaines de manifestants prenaient en otage le camp de la Minusma à Kidal. Des centaines de manifestants ont marché dans la capitale de l’Adrar des Ifoghas. La marche a pris fin devant le camp de la Minusma où les marcheurs ont dénoncé la partialité de l’ONU au Mali caractérisée, selon eux, par son refus de laisser la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) s’emparer de la ville de Ménaka.

Pour rappel, les rebelles de la CMA ont été chassés de cette ville le 27 avril dernier par les groupes de la Plateforme et depuis, ils tentent de la reconquérir par tous les moyens. Face à cet échec, les rebelles ont donc trouvé un bouc émissaire : la Minusma. Mais ce n’est pas le seul grief contre la Minusma à Kidal. Les femmes et les jeunes de l’Adrar des Ifoghas accusent la Minusma de n’avoir rien posé comme acte de développement dans la ville depuis son arrivée : aucun projet jusque là. Pour toutes ces raisons, les populations de Kidal réclament le départ de la Minusma de leur ville.

Voilà une situation qui met la Minusma dans une mauvaise posture où elle est à la fois accusée par toutes les parties. Elle est accusée par les autres Maliens pour sa complaisance avec les rebelles comme on a pu le constater de par le passé et même à Ménaka où elle demande à la Plateforme de quitter la ville. Et comme si cela ne suffisait, les rebelles aussi réclament son départ de Kidal.

On n’oubliera pas la passe d’arme entre Hervé Ladsous et le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita le 15 mai lors de la signature de l’Accord de la paix et la Réconciliation nationale.

source : Autre Presse

Accord de paix : De nouvelles consultations à partir de lundi à Alger

D’après un communiqué diffusé hier,  la médiation internationale a annoncé une « série de consultations » autour de l’accord de paix au Mali à partir de lundi à Alger. Cette annonce a été faire à l’issue d’une réunion tenue mardi à Bamako.

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A partir de lundi prochain sera entamée à Alger une « série de consultations » selon un communiqué diffusé hier par la médiation internationale pour les pourparlers inter-maliens conduite par l’Algérie, à l’issue d’une rencontre tenue mardi à Bamako autour de   » l’identification des actions à engager suite à la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali »

Le communiqué a déclaré qu’elle « organisera, à compter du 25 mai 2015, à Alger, comme convenu précédemment, une série de consultations destinées à mettre en place les conditions du parachèvement du processus de signature de l’Accord dans les plus brefs délais. Ces consultations seront également l’occasion pour les parties de réaffirmer leur engagement en faveur d’une cessation totale et définitive des hostilités ».

La médiation a révélé qu’ « un groupe d’experts a été mis en place avec pour mission d’engager immédiatement les préparatifs pour la mise sur pied du Comité de suivi de l’Accord et la tenue dans les délais les plus rapprochés, de la première réunion de cette instance ». « Ce groupe est également mandaté à l’effet de proposer, au Comité de suivi, un échéancier précis pour la mise en œuvre de l’Accord ».

Elle a enfin réitéré son appel « aux parties » n’ayant pas encore signé l’accord à le faire « dans les meilleurs délais ».

Maliki Diallo

source :  L’Indicateur du Renouveau

Bamako : ATTAQUE D’UN LOGEMENT DU PERSONNEL DE LA MINUSMA

Le logement du contingent burkinabè de la MINUSMA a été la cible d’une attaque armée dans la nuit de mardi à mercredi à Magnambougou Faso-Kanu, à 200 m du fleuve Niger. L’incident, qui n’aurait duré que six minutes (après 2 heures du matin), a fait un blessé, le gardien.

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Admis à l’hôpital après l’attaque, l’homme a rejoint son domicile hier à la mi-journée. Il explique les circonstances de l’acte criminel : « J’étais venu prier au niveau du garage sous un hangar. A mon retour, parvenu au niveau d’une poubelle, j’ai aperçu un individu en train d’allumer du feu à l’arrière d’un des véhicules garés devant le logement du personnel de la MINUSMA ».
Le gardien a alors interpellé l’inconnu : « Que faites-vous ici ? ». Pour toute réponse, le malfaiteur, « un individu de taille moyenne et costaud », a soudain ouvert le feu sur le vigile, avant de disparaître dans la nature. La balle a traversé le bras droit du gardien et frôlé ses côtes. Le bras en écharpe, le vigile précise qu’au moment des faits, «il faisait encore sombre. Donc difficile de l’identifier». Il reconnaît qu’il ne saurait confirmer si le malfaiteur était seul.
Les boutiquiers et les habitants des environs témoignent qu’ils ont été tirés de leur sommeil par les détonations. Certains affirment qu’ils avaient cru que la foudre était tombée dans les parages. «J’ai sursauté dans mon lit. J’ai doucement ouvert ma fenêtre avant de la refermer aussitôt», raconte un voisin.
L’assaillant a abandonné sur place deux grenades qui n’ont, heureusement, pas explosé et le briquet à l’aide duquel il a tenté d’incendier les cinq véhicules, stationnés devant le logement des Casques bleus. « Les douilles ramassées sur place, indiquent qu’il s’agit d’un fusil mitrailleur de type kalachnikov », déduit un connaisseur qui ajoute que l’individu est un amateur. « Sinon, il aurait pris la précaution de ramasser les douilles des munitions», précise notre interlocuteur.
La police technique et scientifique a bouclé la rue à l’aide d’un ruban jaune qui interdit tout passage. Au passage de notre équipe de reportage, les policiers poursuivaient les prélèvements des indices nécessaires à leur enquête. Etaient présents aussi des éléments de la Garde nationale et des contingents égyptien et sénégalais de la MINUSMA.
Dans un communiqué publié hier, la MINUSMA a condamné fermement cette attaque armée sur son personnel dans la capitale. «La MINUSMA condamne dans les termes les plus vigoureux cette attaque contre son personnel et ses biens, qui constitue un crime grave au regard du droit international», précise le communiqué de la mission de l’ONU.
C. M. TRAORÉ

source : L Essor

Ménaka, consultations du 25 mai à Alger : LA MINUSMA PRONE UNE INFORMATION FIABLE

La conquête de Ménaka par le Gatia puis l’annonce d’une rencontre convoquée à Alger la semaine prochaine, ont suscité, notamment dans la presse, de virulentes mises en cause de la Minusma qui a présenté sa défense hier dans un communiqué qui « rejette catégoriquement toute mise en question de son impartialité et de celle de son personnel ».
Sur le plan sécuritaire, la MINUSMA assure respecter « l’esprit et la lettre » de l’Accord de cessez-le-feu du 23 mai 2014 et des déclarations de cessation des hostilités signées à Alger le 24 juillet 2014 et le 19 février 2015 « qui étaient tous librement consentis par les parties ». Elle rappelle que l’accord de cessez-le-feu stipule : « l’arrêt de toute opération militaire visant l’une ou l’autre partie concernées, les attaques terrestres et aériennes sur les positions, les objectifs ou zones occupées par l’une ou l’autre partie à partir de la date de signature du cessez-le-feu du 23 mai 2014. »

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La MINUSMA rappelle aussi qu’elle a pour mandat « d’assurer, sans préjudice de la responsabilité des autorités maliennes, la protection des civils immédiatement menacés de violences physiques ; et d’appuyer l’application du cessez-le-feu et des mesures de confiance sur le terrain, conformément aux dispositions de l’Accord préliminaire de Ouagadougou. »
La force onusienne estime, par conséquent, que ses « initiatives récentes » entreprises « en pleine concertation avec le Gouvernement malien et la médiation internationale, notamment au sujet de Ménaka, sont pleinement conformes à son mandat. Elle vise au premier chef à assurer la protection de la population civile en évitant des confrontations armées dans cette ville et à appuyer la mise en œuvre du cessez-le-feu ».
A ce propos la MINUSMA précise aussi qu’elle « n’a pas pour mandat de s’impliquer dans un conflit actif entre belligérants maliens. Elle n’est pas autorisée à user de la force pour imposer la paix ni à forcer aucune des parties à évacuer des positions ». Elle dément donc « avoir lancé un ultimatum à la Plateforme de quitter Ménaka » mais indique que « des discussions à ce sujet son actuellement en cours ».
Autre clarification importante apportée par la MINUSMA : « l’initiative de la Médiation internationale et de la MINUSMA, en tant que membre de la Médiation,  d’organiser une série de consultations à compter du 25 mai 2015 à Alger en vue de mettre en place les conditions du parachèvement du processus de signature de l’Accord par la Coordination des Mouvements de l’Azawad dans les plus brefs délais, ne doit être en aucun cas comprise et présentée au public comme une réouverture des négociations de l’Accord de paix ».
La MINUSMA juge, enfin, « impératif pour toutes les parties concernées par le processus en cours de veiller à assurer que l’opinion malienne, dont l’appui aux efforts de stabilisation et au processus de paix est primordiale,  dispose d’informations fiables et factuelles pendant cette phase délicate mais cruciale que traverse le pays ».

source : L Essor

Signature du document d’Alger : Un nouveau départ sans la CMA

La journée du vendredi 15 mai dernier fut grande pour l’ensemble du peuple malien et la communauté internationale. Les yeux du monde entier étaient braqués sur Bamako, la capitale.

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Objectif : la signature de l’accord de paix définitif et durable entre le gouvernement malien et les différents groupes rebelles du nord. Mais hélas, la CMA a boudé la signature.

Cette cérémonie de signature de l’accord de paix et de réconciliation au Mali a enregistré la participation de la communauté internationale, de l’Union Africaine, de la CEDEAO et de plusieurs organisations internationales. Une dizaine de chef d’Etat, notamment africain, et plusieurs représentants des organisations ont pris part à cette cérémonie de signature combien importante pour le président de la République, M. Ibrahim Boubacar Kéita. Cet accord intervient après huit long mois de négociation sous l’égide de l’Algérie et de la communauté internationale. Ce 15 mai 2015, est symbolique, historique pour le président de la République car c’est la première fois qu’un accord avec les groupes armés du nord est signé en terre malienne.

Réunissant au temps de monde pour la circonstance. Malgré le refus de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) de signer, IBK peut enfin crier victoire. C’est la première fois que l’ensemble de la communauté internationale apporte sa caution à un accord inter-malien, allant jusqu’à s’en porter garante, en le signant aux côtés du Gouvernement et des groupes armés. Que faire de la CMA ? Une seule et unique solution, il faut laisser l’armée malienne faire son travail. L’Etat du Mali doit enfin chercher à connaitre davantage la vraie position de la France car ces rebelles bénéficient d’un soutien qui ne dit pas son mon dans cette crise qui n’a que trop durée.

De notre point de vue, l’absence de la CMA à cette grande cérémonie de signature démontre naturellement que ces rebelles défient le Mali et la communauté internationale. Il est grand temps que force reste à la loi.

Ousmane MORBA, stagiaire

source :  L’Express de Bamako

Accord d’Alger/Variation sur thème : Le 15 mai à Bamako IBK a vaincu le système

Ce jour-là, les Maliens ont retrouvé l’IBK qu’ils avaient en tête au moment du choix décisif, pour lequel ils avaient voté massivement et qu’ils ne retrouvaient plus depuis. Ce jour-là, l’histoire retiendra qu’il a rompu avec les thèmes classiques passés pour laisser parler son cœur. Et celui des Maliens

En effet, il a décidé ce vendredi de rompre avec les pratiques de ses prédécesseurs et de sortir un nouveau langage. Il a joué et il a gagné – par-dessus tout le hourra de son peuple.

Le serpent a peur. Celui qui veut tuer le serpent a peur. Mais acculés, la chèvre finit par mordre et le mouton s’enrage et attaque. Le Mali n’a affaire ni aux rebelles Touareg ou arabes ni aux islamistes d’ici ou venus d’ailleurs. Le Mali a affaire à un système. Une hydre à mille têtes qui est partout et nulle part –qui a d’ailleurs des multiples démembrements ici sur place et dont certains non soupçonnés. C’est ce système qui, depuis 1990, travaille à faire du nain un terrible géant et du géant un nain vaincu, misérable et méprisé. C’est ce système qui, depuis janvier 2012, a déclenché cette terrible et avilissante crise qui expose le Mali, sa dignité et son devenir sur le plateau de la honte devant le monde ahuri. Paul  Kagamé n’était jamais venu au Mali, le vendredi dernier il était au Cicb – où la cérémonie de signature de l’accord d’Alger a eu lieu. Robert Mugabé qui approche les 100 ans et qui habite à l’autre bout de l’Afrique a tenu à braver la distance pour être avec le Mali et vider son cœur. Car le président de l’Afrique australe en avait gros sur le cœur de voir le pays dont il avait la plus haute idée bafoué par une poignée de pieds nickelés. Ils étaient dix chefs d’Etat à venir soutenir le Mali dans cette épreuve qui humilie au-delà des frontières.

Cela faisait tellement longtemps que ce système – qui a aidé à libérer Tombouctou et Gao mais livré Kidal comme aux rebelles et aux islamistes associés – menait le Mali sur les rivages de la défaite, de la honte et de l’avilissement.  Le système avait organisé, en 2013, le retour du Mnla et des autres à Kidal pour pouvoir maintenir les Maliens dans l’insécurité. Faire de Kidal une base de lancement pour permettre aux ennemis du Mali de continuer à maintenir les Maliens et leur dignité dans la honte, l’insécurité   et l’incapacité de se défendre qui pousse à demander de l’aide à ceux qui se présentent comme des amis alors qu’ils travaillent pour un système qui a ses visées. Cette aide forcée qui balance celui qui la « sollicite » dans la poubelle de l’asservissement. Et c’est ce qui est arrivé au Mali depuis des décennies et c’est cela qui énerve au-delà de nos frontières certaines âmes éprises de respect et d’indépendance.

On peut dire aussi que c’est cela qui a énervé IBK et qui a boosté ses récriminations contre l’attitude de « son » ami, son camarade de ‘’religion’’  politique et son compagnon de l’International socialiste François Hollande qui lui a fait faux bond. Le français venait juste de le trimballer sur dix mille kilomètres aux larges des océans pour aller inaugurer un magasin de vente de la mémoire des esclaves noirs d’Afrique – appelé « musée » – aux badauds nostalgiques ou aux naïfs à côté de la plaque. Soit Hollande avait promis à IBK d’être là pour la signature, soit il l’avait laissé entendre (une habitude chez lui) ou alors IBK s’était mis tout seul dans la tête qu’une fois qu’il avait fait le voyage de la Gouadeloupe, entre autres considérations, Hollande ne pouvait que rendre la politesse et venir à Bamako. Mais non le corrézien battu aux dernières élections locales chez lui n’est pas venu. Et en plus il n’a trouvé, pour se faire représenter, qu’une inconnue et insignifiante personne qui n’a que le rang de Secrétaire d’Etat. Plus le IBK regardait cette bonne femme dans la salle en face de lui, plus il devait  bouillir et enrager.

Et en plus il allait subir les discours méprisants et avilissants de blancs-becs venus chez lui, devant ses paires – dont Mugabé et Kagamé !- et devant son peuple pour le traiter en traînée. Les orateurs de l’enfer étaient allés jusqu’à mettre le Mali en garde : ça n’est pas parce que vous venez de signer un accord de paix qu’il faut en profiter pour violer le cessez le feu et commettre des exactions contre les Touareg et autres. Ce langage de faux jeton tordu a dû blesser IBK dans son profond et dans son orgueil et c’est à cela qu’il avait répondu : « nous ne sommes pas des gueux ! ».

Improvisation sur thème et riposte vigoureuse

On avait écrit un discours pour IBK – qu’il avait découvert et approuvé semble-t-il – et il est permis de penser que la sortie qu’IBK a faite n’était pas préméditée. Mieux encore, on peut penser qu’il était monté au pupitre juste par politesse pour saluer les uns et les autres et remercier avant de lever la séance. C’est pour cela qu’il n’a même pas touché au discours écri et qu’il  s’est mis à improviser. Il faisait  nuit et les  gens étaient sur place depuis 14 heures. IBK a donc tenu, en résumé,  à peu près les propos suivants : il fait tard et tout le monde est fatigué. Alors vous comprendrez que je ne lise pas un discours et que je sois bref. Pour cette raison (faire court) vous me permettrez de ne pas saluer chacun nommément et un à un mais avec une seule formule : «  en vos rangs et grades… ». IBK ne voulait donc pas s’étendre en longueur mais de fil en aiguille, et sans violence ni précipitation, IBK va se laisser à parler. Et à parler encore presque une heure d’horloge pour s’exprimer, répondre. Sans passion et sans véhémence. Mais en mettant sur tous les « i » leur point. Et au fur et à mesure qu’il avançait, il devenait plus incisif dans ses tacles.

Et au fur et à mesure, des choses devaient l’énerver, le chauffer et le rendre plus mordant. Des tronches dans la salle, des pensées sur le passé, certaines paroles blessantes etc. ont fait durer son intervention en durcissant ses termes. C’est le Mali qui respectait tout et sacrifiait ses soldats et ses populations sur l’autel du respect des engagements, mais avec tout ça c’est le Mali qu’on mettait en garde, qu’on soupçonnait et qu’on traitait avec mesquinerie.

La vue (particulièrement) de cette secrétaire  d’Etat venue de la France en lieu et place de François Hollande le « faux frère », la face grasse de bulldog de Hervé Ladsous qui venait de lui lancer des piques avilissantes devant dieu et les Hommes et les airs moqueurs de Hamdi Mongi le patron de la Minusma à qui il venait de révéler qu’il l’avait sollicité à mainte reprise pour lui signaler les manquements de la Cma sans aucune suite devaient le faire bouillir intérieurement. De leur part, des propos inamicaux et inacceptables avaient été tenus. Et l’un mis dans l’autre, IBK a cheminé comme un moteur diesel – tout doucement au début mais de plus en plus mordant. On peut dire qu’il a donné coup pour coup en se lâchant au fur et à mesure qu’il se souvient des tas de couleuvres barbelées avalées depuis très longtemps. Depuis trop longtemps. En s’attaquant aux hommes qui incarnent des institutions, c’est à un système qu’IBK s’attaquait pour réclamer l’impartialité, la justice dans le traitement et la responsabilité face à son rôle. Et au-dessus de tout, du respect et de la dignité – « nous ne sommes pas des gueux », « un peu de respect pour le peuple malien », « nous ne réclamons que notre dû »…

Ce vendredi noir pour « nos » amis étrangers, IBK s’est attaqué au système. Et en l’espace d’un après-midi, il a vaincu le système. Plus petite et plus médiocre la Minusma a aussitôt réagi avec un communiqué. Qui n’a eu aucune suite notable. S’inspirant de ce flop, l’adjoint du Secrétaire général des Nations unies en charge du maintien de la paix a préféré, lui, faire un saut à Koulouba. Assurément, les coups d’IBK ont porté sur les adversaires partiaux.

En parlant comme il l’a fait vendredi, IBK a parlé avec le cœur des Maliens. Cette langue qu’ils commençaient à oublier et qu’en la retrouvant sur la langue de leur chef, ils ont retrouvé du coup ce chef perdu. Cette idée d’exercice du  pouvoir pour laquelle ils ont massivement voté en 2013 mais qu’ils ne reconnaissaient plus. En sortant le cœur des Maliens comme il l’a fait vendredi, IBK vient de signer un nouveau bail avec ses concitoyens. Reste à savoir combien de temps cela va durer, car avec le Kankélé tigui, on ne sait jamais.

Amadou Tall

source : Le Matin

Accord de paix et de réconciliation : Quand Hervé Ladsous de l’ONU perd aussi le Nord

Lors de la signature de l’accord de paix le vendredi 15 mai 2015 au Centre International de Conférence de Bamako (CICB), M. Hervé Ladsous, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU a tenu des propos incompréhensibles.

Des propos que beaucoup ont compris comme injurieux à l’endroit du peuple malien. Celui à qui les propos ont fait le plus mal, n’a pas attendu la fin de la rencontre pour répondre à M. Ladsous. Il s’agit du chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Kéita qui dans son discours a tenu à mettre le représentant des nations unies sur le droit chemin.

En effet, dans son discours, le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix met en garde le Mali en ces termes : «…le dialogue doit continuer avec les groupes qui ne sont pas ici aujourd’hui ; la possibilité qu’ils signent l’accord de paix à une date ultérieure doit rester ouverte ; et le fait que seules certaines des parties signent l’accord de paix aujourd’hui ne peut en aucun cas servir de prétexte à la reprise d’opérations militaire contre les non-signataires…»

A travers cette phrase sadique, l’on se pose la question pourquoi M. Ladsous tient tant à remettre sur scelle les rebelles de la CMA ? Heureusement que le chef de l’Etat a eu les mots appropriés pour le rappeler que ce sont les rebelles de la CMA qui ont violé les accords et qui continuent de violer les accords sans que «Monsieur rigoureux» de la MINUSMA ne lève le petit doigt.

 

IBK à Hervé Ladsous

Le président de la République dans un discours franc, a répliqué aux propos de M. Ladsous sans perdre de temps : «Le dialogue a toujours été notre dédicace. Au Mali nous n’avons jamais fait les choses autrement ; nous nous sommes toujours parlé entre frères maliens et nous allons continuer de le faire.

Le cessez-le-feu, bien sûr que nous y sommes acquis.

Avons-nous jamais violé un cessez-le-feu, avons-nous jamais violé la cessation des hostilités ?

Monsieur Ladsous, je l’ai dit au secrétaire général des Nations Unies, il serait convenable, il serait saignant que les Nations unies fassent preuve de justice et d’équité à cet égard là.

Chaque fois qu’il y a eu violation de cessez-le-feu, violation de la cessation des hostilités, nous l’avons acté, nous avons signalé. Rarement, nous avons été entendus.

On nous a toujours dit : oui «les parties» ! «Les parties» ? Un peu de respect pour notre peuple.

Le Mali est un peuple de dignité avéré au long des siècles. Un peuple qui, dans la communauté internationale, n’a jamais manqué à ses engagements internationaux, et il continue de le faire aujourd’hui et pourvu qu’en retour il soit l’objet d’un minium de respect.

Le troisième point : il faut que l’accord reste ouvert aux signatures de ceux qui n’ont pas encore connu l’intérêt.

Bien sûr ! Nous y sommes favorables ; pourvu que ce ne soit une prise en otage du Mali et de la paix au Mali. Je suis très clair là-dessus.

Enfin, il n’a pas aussi clair que vous quand vous avez dit il n’est pas question que l’on profite de l’accord pour attaquer ceux qui n’ont pas paraphé ou signé aujourd’hui.

Nous ne sommes pas des guets.

Nous sommes, Monsieur Ladsous, gens de bonne compagnie. Nous sommes un pays de vieille civilisation.

Jamais, depuis qu’elle a été cantonnée, l’armée malienne n’a manqué à ses engagements», a-t-il dit au grand plaisir des millions de Maliens.

Aujourd’hui, les maliens exigent que la Mission définisse sa position et surtout choisir son camp, car le Mali n’est plus prêt à se soumettre à aucun groupe de pression, même si on s’appelle l’ONU. A bon entendeur…

Issa KABA

source : L’Express de Bamako

Des chefs jihadistes tués dans le Nord par des soldats français

Cinq jours après la signature d’un accord de paix au Mali, la Mission de l’ONU dans le pays, la Minusma, a été visée mercredi à Bamako par une attaque d’origine inconnue, tandis que l’armée française a dit avoir tué deux chefs jihadistes.

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A Bamako, l’attaque a fait un blessé, mais de l’avis des enquêteurs, le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd.

Dans le même temps, le ministère français de la Défense annonçait que deux importants chefs jihadistes au Sahel, Amada Ag Hama alias “Abdelkrim le Touareg”, et Ibrahim Ag Inawalen, dit “Bana”, avaient été tués dans le nord du Mali avec deux de leurs hommes par les forces spéciales françaises dans la nuit de lundi à mardi.

Abdelkrim le Touareg avait notamment revendiqué l’enlèvement et l’assassinat de deux journalistes français de la radio RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, en novembre 2013 à Kidal (extrême nord-est du Mali).

Tous deux faisaient partie, selon Paris, des principaux chefs des groupes jihadistes qui ont contrôlé le nord du Mali en 2012 jusqu’au lancement en janvier 2013 de l’opération française Serval, aujourd’hui remplacée par Barkhane, dont les troupes ont effectué ce raid.

Déployée dans le sillage de Serval en juillet 2013 et régulièrement visée par des attaques dans le nord du pays, la force de l’ONU a essuyé mercredi matin la première attaque la visant directement dans la capitale.

Selon la Minusma, l’assaut s’est produit “aux environs de 02H30 (locales et GMT)” contre une résidence de ses personnels militaires.

“Un homme armé a tenté de mettre le feu à un véhicule de la Minusma garé” devant cette résidence, puis, “avant de prendre la fuite, (il) a tiré sur le gardien qui a été blessé, sur la maison, ainsi que sur les voitures de la Minusma, “causant des dommages matériels”, a expliqué la mission onusienne.

L’assaillant a abandonné sur place “deux grenades non explosées”.

Un journaliste de l’AFP a vu au moins cinq impacts de balles sur un pick-up de la Minusma, dont une vitre était cassée. Des experts maliens et gendarmes de l’ONU étaient visibles sur les lieux, bouclés par des cordons de la police scientifique et technique.

– Tentative d’embuscade –

Un enquêteur malien a indiqué à l’AFP que l’auteur de l’attentat, probablement aidé de “complices”, voulait incendier un véhicule de l’ONU pour attirer les Casques bleus hors de la résidence, “ouvrir le feu et faire usage de grenades”.

Ce “schéma n’ayant pas fonctionné”, l’homme aurait tiré sur le gardien avant de prendre la fuite et est “activement recherché”, selon la même source.

Le premier attentat à frapper des Occidentaux, le 7 mars, (cinq morts: trois Maliens, un Français et un Belge) avait été revendiqué par un groupe jihadiste mais plusieurs pistes sont étudiées pour celui de mercredi.

La Minusma a rappelé que “la responsabilité d’assurer la sécurité de son personnel, notamment à Bamako, incombe aux autorités maliennes”.

Elle a par ailleurs catégoriquement démenti les déclarations de responsables de groupes armés pro-gouvernementaux affirmant qu’elle leur aurait “lancé un ultimatum” pour quitter Ménaka, dans le nord-est du pays, dont ils ont chassé les groupes rebelles, point de départ d’une série d’affrontements qui ont fragilisé le cessez-le-feu.

La dernière en date de ces attaques lundi, attribuée à des rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, à dominante touareg), a coûté la vie à trois soldats maliens dans la région de Tombouctou (nord-ouest).

Rappelant le mandat que lui a confié le Conseil de sécurité, la force de l’ONU “rejette catégoriquement toute mise en question de son impartialité et de celle de son personnel”, cinq jours après une salve de critiques du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, lors de la signature d’un accord de paix à Bamako.

Ce document a été signé par le gouvernement malien, plusieurs mouvements armés et la médiation internationale, mais pas par les principaux groupes rebelles.

A la fin de la cérémonie, M. Keïta avait apostrophé le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, sommant les Nations unies de faire “preuve de justice et d’équité” envers le Mali.

Le lendemain à Bamako, M. Ladsous s’était insurgé contre un manque de reconnaissance pour les “sacrifices” de la Minusma, qui compte 35 tués en moins de deux ans.

De son côté, la médiation internationale a annoncé la tenue, à partir du 25 mai à Alger, d'”une série de consultations destinées à mettre en place les conditions” d’application de l’accord “dans les plus brefs délais”, la Minusma tenant à préciser qu’il ne s’agissait “en aucun cas” d’une réouverture des négociations.

 

Mali : l’ONU accentue la pression sur les milices pro-gouvernementales

La mission de l’ONU au Mali (MINUSMA) avait lancé un ultimatum aux milices pro-gouvernementales pour qu’elles se retirent de la Ménaka, au nord-est du pays. L’ultimatum a expiré, ce mardi, sans avoir été respecté.
minusma patrouille kidal

Les milices fidèles à Bamako ont refusé de quitter la ville de Ménaka, au nord-est du Mali, qu’ils occupent depuis le 27 avril dernier après avoir chassé les rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). L’ultimatum en ce sens, lancé par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) n’a pas été respecté, selon nos confrères de la BBC.

Le porte-parole de la MINUSMA a démenti l’existence de cet ultimatum, indiquant que la mission travaillait avec toutes les parties.

Le Groupe d’Auto-défense touareg Imghad et alliés (GATIA) ainsi que le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) contrôlent toujours la ville. Ils sont membres de la Plateforme, qui rassemble les groupes armés fidèles au gouvernement de Bamako.

Rupture du cessez-le-feu à de multiples reprises

L’ONU avait dénoncé la rupture du cessez-le-feu par ces groupes alors que l’accord de paix devait être signé par les groupes rebelles. La signature pévue vendredi dernier, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) n’a finalement pas signé le texte définitif, demandant la réouverture des discussions. Parallèlement, des affrontements éclatent, de façon récurrentes, pour le contrôle de Ménaka que tente de récupérer la CMA.

La semaine dernière, le Président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a dénoncé l’attitude de la MINUSMA, lui reprochant de ne pas suffisamment intervenir contre les rebelles. L’institution onusienne avait regretté que son impartialité soit remise en cause et que ses efforts ne soient pas reconnus.

Source: Afrik

Mali-ONU : l’accord de paix en discussion à Alger le 25 mai

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a annoncé, mardi, l’organisation de consultations entre les différents protagonistes maliens en vue de la signature définitive de l’accord de paix à partir du 25 mai prochain.
Bilal Ag Chérif représentant Coordination mouvements azawad cma mnla paraphe signer accord paix

L’Organisation des Nations Unies (ONU) va organiser, dans la capitale algérienne, Alger, une série de consultations avec les protagonistes maliens en vue de la signature de l’accord de paix. L’annonce a été faite, ce mardi 19 mai 2015, à l’issue d’une réunion à Bamako rassemblant les acteurs de la médiation, dans un communiqué.

Il s’agit de faire en sorte que l’accord de paix malien fixé le 1er mars dernier soit signé par les groupes rebelles maliens du nord réfractaires, notamment la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) ainsi que le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA).

Vers une cessation des hostilités ?

Ces réfractaires veulent une réouverture des négociations. Ils réclament une autonomie administrative pour les trois régions du nord qu’ils désignent sous le terme d’Azawad, ce que refuse catégoriquement le gouvernement.

« Ces consultations seront également l’occasion pour les parties de réaffirmer leur engagement en faveur d’une cessation totale et définitive des hostilités », peut-on lire dans le communiqué.

Des affrontements entre groupes rebelles armés et milices pro-gouvernementales interviennent régulièrement, depuis plusieurs semaines, notamment pour le contrôle de la ville de Ménaka, au nord-est du pays.

Source: Afrik

Mise au point de la MINUSMA

Bamako, le 20 mai 2015

En réponse à la série d’allégations erronées au sujet de la MINUSMA, la Mission tient à  faire la mise au point suivante à l’intention de l’opinion malienne :

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La MINUSMA rejette catégoriquement toute mise en question de son impartialité et de celle de son personnel.

 

La MINUSMA depuis son établissement en juillet 2013, qui a été sollicité par les autorités maliennes, agit en totale impartialité pour s’acquitter de son mandat en appui aux efforts du Gouvernement, et de tous les Maliens, visant à stabiliser le pays et à instaurer une paix juste, durable et inclusive. Cet objectif a été consacré librement par les parties maliennes elles-mêmes dans l’Accord Préliminaire de Ouagadougou du 18 juin 2013, et a été unanimement appuyé par la Communauté internationale.

 

Depuis, la MINUSMA s’investit sans relâche dans la poursuite des priorités suivantes : sécurité, stabilisation et protection des civils ;  appui au dialogue politique national et à la réconciliation nationale ; appui au rétablissement de l’autorité de l’État dans tout le pays, à la reconstruction du secteur de la sécurité malien, à la promotion et la protection des droits de l’homme, et à l’aide humanitaire.

 

Sur le plan sécuritaire, la MINUSMA tient à souligner que son rôle, notamment au sujet des hostilités récentes, s’inscrit pleinement dans l’esprit et la lettre de l’Accord de Cessez-le-feu du 23 mai 2014 et des arrangements de sa mise en œuvre du 13 juin 2014 ainsi que des déclarations de cessation des hostilités signées à Alger respectivement le 24 juillet 2014 et le 19 février 2015, et qui étaient tous librement consentis par les parties. Il est à rappeler à cet égard que l’Accord du 23 mai 2014 stipule notamment « l’arrêt de toute opération militaire visant l’une ou l’autre partie concernées, les attaques terrestres et aériennes sur les positions, les objectifs ou zones occupées par l’une ou l’autre partie à partir de la date de signature du cessez-le-feu du 23 mai 2014. »

 

Les actions de la MINUSMA, diplomatiques et opérationnelles, sont également et surtout menées en application du mandat que lui a confié le Conseil de Sécurité des Nations Unies dans sa Résolution 2164 (2014). Cette Résolution stipule notamment que la MINUSMA a pour mandat « d’assurer, sans préjudice de la responsabilité des autorités maliennes, la protection des civils immédiatement menacés de violences physiques; et d’appuyer l’application du cessez-le-feu et des mesures de confiance sur le terrain, conformément aux dispositions de l’Accord préliminaire de Ouagadougou. » Les initiatives récentes entreprises par la MINUSMA, en pleine concertation avec le Gouvernement malien et la médiation internationale, notamment au sujet de Ménaka, sont pleinement conformes à son mandat. Elle vise au premier chef à assurer la protection de la population civile en évitant des confrontations armées dans cette ville et à appuyer la mise en œuvre du cessez-le-feu.

 

Il est important de préciser que la MINUSMA n’a pas pour mandat de s’impliquer dans un conflit actif entre belligérants maliens. Elle n’est pas autorisée à user de la force pour imposer la paix ni à forcer aucune des parties à évacuer des positions. A cet égard, la MINUSMA réitère son déni catégorique d’avoir lancé un ultimatum à la Plateforme de quitter Ménaka.  Des discussions à ce sujet son actuellement en cours. Elle appelle les auteurs de ces fausses allégations à faire preuve de responsabilité et de bonne foi à l’égard de l’opinion publique.

 

Sur le plan politique, le rôle joué par la MINUSMA est en application de la résolution 2164 qui stipule que « le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali joue un rôle clef dans les pourparlers de paix et le prie de poursuivre ses bons offices et sa participation active, notamment en coordonnant ses efforts avec ceux des autorités maliennes et en appuyant celles-ci, aux fins du lancement d’un processus sans exclusive ouvert à toutes les communautés du nord du Mali. Dans la même résolution, le Conseil de sécurité « demande instamment aux parties à ces négociations inter-maliennes de se concerter avec le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali afin de parvenir à un règlement politique durable de la crise et au rétablissement de la paix et de la stabilité à long terme partout dans le pays, dans le respect de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de l’État malien. »

 

C’est dans ce cadre que se situe le rôle joué par la MINUSMA pour faire avancer le processus de paix avant et après la signature de l’Accord de Paix et de Réconciliation Nationale. Il est important de clarifier à cet égard que l’initiative de la Médiation Internationale et de la MINUSMA, en tant que membre de la Médiation,  d’organiser une série de consultations à compter du 25 mai 2015 à Alger en vue de mettre en place les conditions du parachèvement du processus de signature de l’Accord par la Coordination des Mouvements de l’Azawad dans les plus brefs délais, ne doit être en aucun cas comprise et présentée au public comme une réouverture des négociations de l’Accord de Paix.

 

La MINUSMA souligne qu’il est impératif pour toutes les parties concernées par le processus en cours de veiller à assurer que l’opinion malienne, dont l’appui aux efforts de stabilisation et au processus de paix est primordiale,  dispose d’informations fiables et factuelles pendant cette phase délicate mais cruciale que traverse le pays.

 

La MINUSMA réaffirme sa volonté inébranlable de persévérer sans relâche, conjointement avec tous les amis du Mali et aux côtés de tous les Maliens, pour s’acquitter de ses responsabilités dans l’appui aux efforts visant à instaurer une stabilité irréversible et une paix juste, inclusive et durable en vue de mettre fin à la crise qui n’a que trop duré et qui a coûté cher au pays et à son peuple.

Source: minusma.unmissions.org

La CMA accepte de reprendre le processus de paix avec Bamako

Le processus de paix entre les acteurs de la crise malienne va reprendre, la semaine prochaine, à Alger, a indiqué lundi à Anadolu, Attaye Ag Abdoulahi, membre de la Coordination des Mouvements de l’Azawad, groupe à dominante touareg.

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Le 15 mai dernier, l’accord de paix inter-malien a été signé Bamako, par le gouvernement, lmais sans la CMA.

Cette fois, la Coordination s’est dite “prête à entamer de nouveau le processus de paix prévu du 25 au 30 mai prochain à Alger sous les auspices du médiateur algérien élargie par la communauté internationale”, a affirmé à Anadolu Attaye Ag Abdoulahi porte-parole de la CPA ( Coalition du Peuple de l’Azawad) et membres de la commission communication de la CMA, qui regroupe plusieurs groupes armés.

« Il est temps que le Mali accepte le changement et que nos revendications soient acceptées. Nous exigeons notamment la reconnaissance géographique, politique et juridique de l’Azawad,  une assemblée inter-regionale et un quota de 80 % des ressortissants du Nord Mali parmi les forces de sécurité de l’Azawad. C’est cela qui permettra de sauver le Mali » a-t-il ajouté.

Avant de signer l’accord, précédemment paraphé, Abdoulahi a fait savoir que la CMA « veut être sûr que l’accord que nous allons signer va amener la stabilité au Mali et que le peuple de l’Azawad se retrouvera dedans ».

« Nous avons accepté de parapher l’accord d’Alger parce que nous avions eu des promesses de la part de la médiation internationale qu’il y aura une relance des discussions entre nous et les autorités de Bamako» a indiqué le porte-parole.

De son côté, le groupe de médiateurs internationaux, dirigé par l’Algérie, s’est réunie mardi à Bamako avec à son ordre du jour « l’identification des actions à engager suite à la signature de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali». Il a « exhorté instamment les Parties qui ne l’ont pas encore fait à procéder à la signature de l’Accord, dans les meilleurs délais», selon un communiqué dont Anadolu a reçu copie.

«Dans cet esprit, la Médiation organisera, à compter du 25 mai 2015, à Alger, comme convenu précédemment, une série de consultations destinées à mettre en place les conditions du parachèvement du processus de signature de l’Accord dans les plus brefs délais », précise le document.

Cette nouvelle intervient alors que le Nord du pays est actuellement le théâtre d’affrontements fréquents entre les milices pro-Bamako et des élements de la CMA.

AA/Bamako/ Mohamed Ag ahmedou

Source: Anadolu Agency

Attaques contre l’armée dans le Nord: Le silence coupable de la Communauté internationale

Depuis quelques semaines, l’armée malienne fait l’objet d’attaques menées par les mouvements terroristes de la Cma. Et cela, en dépit de la signature la semaine dernière de l’accord pour la paix et la réconciliation.
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Les Forces armées du Mali (Fama) sont prises pour cible par les terroristes de la Cma. Après, Goundam, Diré, Bintagoungoun, les militaires maliens ont été attaqués, lundi dernier, de bonne heure, à Bambaramaoudé, une localité située à une centaine de kilomètres de Tombouctou. Selon des sources locales, les assaillants habillés en boubous, parlaient Arabe. Ils avaient la peau blanche. Ces bandits armés, qui seraient des combattants de la Cma, ont tué trois militaires maliens. Ils ont été repoussés par les Forces armées maliennes.
Ces attaques ont lieu au moment où le chef des Opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, accuse à tort l’armée malienne de violer le cessez-le-feu. Et aucune réaction, ni du côté de la médiation internationale, ni du côté du Conseil de sécurité. Avec cette situation, l’on se demande si l’engagement pris par les parties, y compris la Communauté internationale, à travers cette signature, sera respecté. La versatilité de la Communauté internationale est assimilable laisse penser à une connivence avec les rebelles.
Les contradictions de la communauté internationale
Les Nations-Unies, dans ses différents communiqués, avaient déclaré que les groupes qui ne signeraient pas l’accord de paix, seraient considérés comme des terroristes. Le Conseil de sécurité de l’Onu menaçait de prendre des sanctions contre ceux qui ne signeraient pas l’accord de paix issu du processus d’Alger. La médiation internationale, elle aussi, déclarait que le paraphe du projet d’accord, par une partie, mettait fin aux négociations et verrouillait du coup le document.
Pourtant, plus de deux mois après que toutes les parties impliquées dans la crise malienne, à l’exception de la Cma ont apposé leur paraphe sur le document, les groupes rebelles de la Cma ont continué de bénéficier de l’indulgence de la Communauté internationale. Des rencontres informelles ont été organisées entre la médiation et la Cma à Kidal, à Alger et même à Nouakchott.
Autre contradiction de la Communauté internationale : l’ouverture du document pour une signature ultérieure des mouvements rebelles. «Les mouvements non signataires de l’accord s’excluaient du processus et seraient assimilés à des terroristes», avait déclaré le Conseil de sécurité de l’Onu. Une résolution de l’accord stipule que l’accord prend effet le lendemain de sa signature. Cette résolution n’est vraisemblablement plus d’actualité, car les groupes rebelles de la Cma, en plus de refuser de parapher, continuent de semer la terreur dans le septentrion. Où sont donc passées la Communauté internationale et l’équipe de médiation ?

SORO

Source: Le Katois

Cérémonie de signature de l’accord : GMT encore à l’honneur… AOK Encore absent

Décidément, le président IBK ne peut plus se passer de l’ancien chef de l’Etat malien, concernant les grands moments. Après sa cérémonie d’investiture organisée en grandes pompes au Stade du 26 mars, au cours de laquelle le général Moussa Traoré, présent, avait été présenté comme un homme d’Etat, un grand républicain, IBK a ressorti de sa retraite bien méritée le vieux général pour que celui-ci lui serve encore de caution populaire. Car, si le président n’écoute pas ses proches, il sait quand même que celui que lui et ses petits camarades ont déchu le 26 mars 1991, a encore une certaine aura et une cote de popularité beaucoup plus grande que tous ceux qui ont dirigé ce pays depuis sa chute. Va-t-il en faire son dauphin pour couvrir ses arrières en 2018 ?

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Alpha Oumar Konaré: Encore absent
À la cérémonie de signature de l’accord d’Alger, les anciens présidents de la République étaient conviés. Les deux Traoré, Moussa et Dioncounda, toujours courtois ont bien répondu à l’invitation, contrairement à Alpha Oumar Konaré (1992-2002) et Amadou Toumani Touré (2002-2012), tous deux en exil. Le second au Sénégal suite au coup d’Etat qui l’a renversé à quelques mois de la fin de son mandat, le premier à Titibougou, un village de Kati où il se terre depuis son départ peu glorieux de la Présidence, après dix ans de règne controversé et quelque peu sanglant. Mais, l’absence de Konaré à cette cérémonie précise ne serait-elle pas due au remord d’avoir cautionné et commencé à mettre en œuvre le «Pacte national» qui continue de diviser le territoire ?
Agissements de la Minusma : IBK sort ses gonds
Vendredi dernier, le représentant spécial de Ban Ki machin au Mali croyait avoir trouvé une tribune appropriée pour se défendre des nombreuses plaintes pour partialité de sa mission dans la gestion de la crise malienne. Mal lui en a pris, car c’est comme si le président de la République attendait lui aussi ce moment. IBK, tout en restituant au diplomate onusien le ressentiment général des populations contre la Minusma, a courtoisement mais vertement tancé les représentants de Ban Ki truc. Par dignité et amour propre, le Mali ne répond pas aux coups de patte de certains ânes, mais il lui arrive de sortir les dents et de les faire grincer si fort que l’adversaire est vite remis à sa place. IBK l’a prouvé l’autre jour et Hamdi Mongi a compris que plus rien ne sera plus comme avant, car IBK a compris que, sur ce coup là, le peuple est avec lui. Pour combien de temps ?
Signature de l’accord d’Alger : Deux invités-surprise
Les autorités maliennes et la médiation internationale étaient tellement désireuses de ne pas signer un accord de paix sans les éléments de la Coordination des mouvements de l’Azawad, qu’elles ont accepté que des hommes se présentent au nom de la Cma. Il s’agit de Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun pour la Coalition pour le peuple de l’Azawad (Cpa) et Pr. Younoussa Touré pour la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (Cmfpr-2). Ces deux mouvements, le premier touareg, le second sédentaire, sont tous effectivement, à l’origine, membres de la Cma. Ceux qui ont signé en leur nom sont des dissidents qui ont quitté la position radicale des rebelles terroristes pour rejoindre le point de vue gouvernemental. Pour le cas particulier de la Cmfpr 2, une fusion de Ganda Koy et de Ganda Izo, il y en a à ce jour au moins trois entités connues : 1, 2, 3. Menant le même combat celui de l’auto-défense, leurs dirigeants ne sont jamais parvenus à s’entendre ; d’où ce florilège. les antagonismes sont allés jusqu’à aboutir à l’adhésion d’une dissidence de Ganda Koy au Mnla. Ces hérétiques seront-ils un jour acceptés à Gao ou à Tombouctou ou vont-ils continuer, comme Mahamadou Djéri, à errer dans le Sahara avec leurs nouveaux maîtres ?
Accord de paix et de réconciliation : Les signataires
D’une certaine manière, le président de la République, le ministre des Affaires étrangères et le médiateur ont fait plus que le 1er mars à Alger. Non seulement la cérémonie a enregistré la présence de hautes personnalités venues du monde entier, mais il y a eu plus de signataires que de « parapheurs ». Mohamed Ould Sidi Mohamed du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA-loyaliste), Me Harouma Toureh de la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR-1), Fahad Ag Almahamoud des Groupes armés touareg, imghads et alliés (Gatia) et l’ensemble des pays et organisations membres de l’équipe de médiation  ont apposé leurs signatures au bas  de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Du côté de la Coordination des mouvements de l’Azawad, seules la Coalition pour le peuple de l’Azawad (Cpa) et la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (Cmfpr-2), représentées respectivement par Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun et Pr Younoussa Touré, ont signé le document. A part le gouvernement malien et le médiateur algérien que représente vraiment tout ce beau monde ?
Rassemblées par A.H

Source: Le Katois

Deux importants chefs jihadistes tués par l’armée française au Mali

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Deux des principaux chefs jihadistes au Sahel, Amada Ag Hama alias ” Abdelkrim le Touareg ” et Ibrahim Ag Inawalen alias ” Bana “, ont été tués dans le nord du Mali dans la nuit de lundi à mardi par les forces spéciales françaises, a annoncé mercredi le ministère français de la Défense.

Les deux hommes sont parmi les principaux chefs d’el-Qaëda au Maghreb islamique (Aqmi) et d’Ansar Dine, deux groupes responsables “de nombreuses attaques terroristes contre les forces internationales, ainsi que d’exactions répétées à l’encontre des populations maliennes”, précise le ministère dans un communiqué.

AFP

Source: L’Orient-Le Jour

Modibo Kéita, un dévouement patriotique à la paix

Presque tous les intervenants à la cérémonie de signature de l’accord de paix et de réconciliation nationale au Mali l’ont reconnu : on doit ce dénouement en partie aux qualités et au talent de diplomate chevronné de Modibo Kéita, aujourd’hui Premier ministre après avoir été Haut représentant du Président de la République pour le Dialogue et les pourparlers inter-maliens (Hrpr).

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Dans son intervention, le président IBK a loué les qualités du Chef du gouvernement pour avoir fait «preuve de patience et de clairvoyance pour aboutir à cet accord». Le Chef de l’Etat a humblement reconnu que les précieux conseils de son «aîné» lui ont évité des excès.

Réputé être comme un négociateur pondéré, modéré, mais rigoureux et méthodique, Modibo Kéita a fait des concessions sans franchir la «ligne rouge» tracée par le président de la République et comme souhaité par les Maliens dans leur immense majorité. Et, grâce à son tact, il en a obtenu sans céder au triomphalisme.

Ceux qui ont eu le privilège de travailler avec ce Grand Commis d’Etat ne tarissent pas d’éloges sur ses qualités humaines et professionnelles. A l’image de Mme Oumou Sall Seck, coordinatrice du Mouvement Trait d’union pour une cohésion sociale au Mali et  Membre du Bureau du Hrpr pour le Dialogue et les pourparlers inter-maliens.

«J’ai connu et apprécié Monsieur Modibo Kéita à distance, pour son patriotisme et le service bien rendu  à la nation, avant de le côtoyer sur le plan du travail», avoue le maire de Goundam (Tombouctou).

Et elle reconnaît n’avoir pas été déçue quand elle a eu l’opportunité de travailler pour lui en tant que membre de son équipe de Haut Représentant du Président de la République pour le Dialogue et les pourparlers inter-maliens.

«J’ai découvert un homme plein de sagesse, humble et égal à lui-même, inégalable dans le travail bien fait. Un homme ponctuel, pragmatique, avec une grande capacité d’écoute. Un haut cadre de repère plein d’humanisme, qui a toujours un grand respect pour l’autre», souligne Mme Seck.

Elle ajoute: «Modibo Kéita n’affronte jamais la vérité, il l’accompagne. Il incarne la perfection et œuvre inlassablement pour le culte de l’excellence et la reconnaissance du mérite».

Cette brave et dynamique femme leader témoigne que, « pendant le processus de négociation de paix  à Alger, Modibo a été la cheville ouvrière à la main invisible,  qui a su prôner le rapprochement et l’apaisement entre les frères Maliens des différentes  tendances… Il s’applique à mettre toujours le côté positif de ses collaborateurs en exergue».

Pour le Premier ministre Modibo Kéita, rappelle Oumou Seck, «chaque Homme est un tout» ! Et, admet la coordinatrice du Mouvement Trait d’union pour une cohésion sociale au Mali, «c’est ce tout qui permet de nous accepter et d’avancer ensemble positivement et surement dans la construction d’une nation forte car unie et solidaire».

Le Président Ibrahim Boubacar Kéita n’a pas non plus déçu dans son discours à la cérémonie de signature. Tirant les enseignements des récents événements sur le terrain et la timide réaction de la communauté internationale, le président de la République s’est, pour une fois, fait écho de la colère et de l’incompréhension de son peuple.

Sans s’encombrer de réserve diplomatique, Ladji Bourama a musclé son speech à hauteur de souhait. Au point de rivaliser à l’applaudimètre avec son invité de marque, Robert Mugabé.

Ainsi, Ibrahim Boubacar Kéita n’a pas manqué cette belle opportunité de lancer des piques et de rappeler à leurs missions ceux qui sont mandatés pour la résolution de la crise malienne. Comme le dit un confrère, «on a aperçu un homme d’Etat pour une fois qui a pris ses responsabilités devant le parterre de Chefs d’Etat et d’institutions».

Au finish, les Maliens ont retrouvé cet IBK à qui ils ont massivement fait confiance pour sa poigne afin de sortir le pays de la zone de turbulences à laquelle il semble être condamné depuis janvier 2012. Cette fermeté est définitivement retrouvée ou était-elle circonstancielle ? La mise en œuvre de l’accord de paix et de réconciliation nationale nous édifiera davantage !

 

Moussa Bolly

Source: Le Matin

Signature de l’accord de paix et de réconciliation nationale: Une ère de paix à bâtir avec le cœur et la raison

Comme annoncé depuis quelques semaines, l’Accord définitif de paix et de réconciliation nationale a été signé le 15 mai 2015 à Bamako devant de nombreux invités de marque dont le président de l’Union africaine, Robert Mugabé. Comme l’espèrent de nombreux observateurs, même si la Coordination des Mouvements armés de l’Azawad (Cma) a brillé par son absence, cette signature augure d’une nouvelle ère de paix pour notre pays éprouvé et ébranlé par près de trois ans de crise, de violences et de drames au quotidien.

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Le vendredi 15 Mai 2015, l’Accord de paix et de réconciliation national, issu du processus de pourparlers inter-Maliens d’Alger (Algérie), a été signé par le gouvernement malien, la médiation internationale et l’ensemble des composantes de la Plateforme des groupes armés.

A noter que les trois principales composantes de la Coordination des Mouvements armés de l’Azawad (Cma) n’assistaient pas à la signature. Il s’agit du Mnla, du Hcua et de la branche rebelle du Maa. Ce sont finalement la Coalition pour le peuple de l’Azawad (Cpa) et la Cmfpr 2 qui ont signé l’Accord du côté de la Cma.

Mais, il faut aussi souligner que la Cpa, dans un communiqué, s’est démarqué de Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun qui a signé le document au nom de ce groupe visiblement divisé par rapport à cette signature.

Qu’attendre de cette signature ? Comme le disait l’ancien président Alpha Oumar Konaré, lors du forum de réconciliation nationale en Côte d’Ivoire en 2002, tous les intervenants voudraient que cet accord soit «la volonté» des Maliens d’arracher leur pays à «l’emprise de la fatalité» pour «l’ouvrir à la pérennité à un avenir digne de son histoire et de sa culture».

Comme l’a dit le président du Zimbabwe et de l’Union africaine (U.a), Robert Mugabé dans un brillant discours, «Le Mali appartient aux Maliens… Et la paix et l’unité du pays relèvent d’eux». Mais, la paix sera-t-elle au bout de l’Accord signé à Bamako ce 15 mai ? C’est la question que de nombreux Maliens se posent maintenant.

L’Accord a le soutien des notabilités du nord du Mali, des chefs traditionnels et coutumiers touareg. Et le 12 mai 2015, le Collectif des Ressortissants de Kidal avait apporté son soutien au gouvernement malien à travers un point de presse.

Tous se disent dépités de cette violence et veulent la paix pour mettre fin au calvaire, voire le drame des populations du nord du Mali. Cela est un atout dans la mise en œuvre de cet accord. Si tous ces soutiens sont réellement sincères, ceux qui veulent rester en marge du processus vont très vite se retrouver isolés au sein de leurs propres communautés. Ils n’auront donc plus aucune légitimité à verser le sang d’innocents au nom d’un présumé peuple de l’Azawad.

L’espoir est en tout cas de mise car, comme le disait Honorable Assory Aïcha Belco, députée de Tessalit (Kidal), «… Avec la signature de cet accord, c’est un nouveau départ qui commence pour le Mali. On va écrire les nouvelles pages de cette histoire car, dans cet accord, il y a plusieurs points essentiels».

Dans un communiqué publié juste après la signature, Ban Ki-moon, «considère que la signature par certaines des parties aujourd’hui est un pas important vers l’établissement d’une paix durable au Mali et espère sincèrement que les autres parties au processus d’Alger adhèreront à l’Accord dès que possible».

Mettre fin aux deuils d’innocents sacrifiés sur l’autel des ambitions criminelles

Ceux qui sont réellement attachés à la paix pensent qu’il est temps de tourner la page, car le sang a trop coulé. Et ce «sang qui coule est le nôtre, qu’il soit d’un soldat malien ou d’un rebelle malien», déplore Mme Oumou Sall Seck, maire de Goundam.

Mais, logiquement la signature de l’accord n’a pas éteint la polémique sur le contenu du document. Même si l’espoir est perceptible dans les discours, l’inquiétude et le pessimisme persistent. «Difficile de ne pas être pessimiste quand on sait que, au moment où l’Accord était signé à Bamako, on assistait à la reprise de combats à Tinfadimat, près de Ménaka, entre le Gatia et les éléments du Mnla qui occupaient cette ville jusqu’au 27 avril dernier», commente un diplomate africain en poste à Bamako qui souhaite garder l’anonymat.

Pour les plus pessimistes, le pays n’est pas encore sorti de l’auberge. Ainsi pour Joseph Brunet-Jailly, ancien Représentant de l’Institut de recherche pour le développement à Bamako, consultant et enseignant en Sciences Po à Paris, «la solution des problèmes du nord du Mali n’est pas dans un démantèlement du Mali, qui serait la première étape d’une hyper-balkanisation au cœur du Sahel…».

Or, c’est ce qui est contenu dans le document paraphé à Alger le 1er mars 2015 avant sa signature officielle à Bamako le 15 mai dernier. En effet, il organise l’autonomie d’une vaste région, dont les gouverneurs seraient élus au suffrage universel et disposeraient d’une force de police et de budgets conséquents attendus de l’Etat (40 % des ressources de ce dernier) et de l’aide extérieure…

«Du fait de la faiblesse notoire de l’Etat au Mali, ces régions seraient alors de facto indépendantes», craint M. Brunet-Jailly. Une crainte partagée par l’opposition politique, une grande partie de la société civile, et de nombreux observateurs interrogés sur le dossier.

Désaccords sur un Accord

Dans les coulisses de la signature, beaucoup cachaient à peine leur pessimisme et sont convaincus que l’accord signé accouchera difficilement de la paix attendue…

Pour certains observateurs, il est absolument inapplicable pour apporter la paix autrement qu’en attribuant une autonomie qui ne dit pas son nom aux groupes criminels terroristes qui sévissent au Mali.

«Ce n’est pas un accord qui a été signé aujourd’hui à Bamako, mais un désaccord… Demain des voix se lèveront au Nord pour dire que cet accord ne les engagent pas et qu’il est nul et non avenu», proteste Fousseyni Camara, un intellectuel engagé de la diaspora malienne joint en France.

Il est de ceux qui pensent que «si les groupes armés étaient de bonne foi ils n’auraient pas mis une demie douzaine de villes du nord à feu et à sang à une semaine de la signature de cet accord».

Mais, «…aucun document ne peut répondre à toutes les doléances ou résoudre tous les différends», souligne la Sous-secrétaire adjointe américaine chargée des questions de politique économique de l’Afrique de l’Ouest et sub-saharienne, l’Ambassadeur Bisa Williams.

Dans sa déclaration sur la cérémonie de signature, la diplomate rappelle, «cet accord établit un cadre important pour les parties prenantes de pouvoir travailler ensemble dans l’intérêt du peuple malien».

Et au finish, partisans et opposants pensent que s’il y a une mince chance que cet accord aboutisse à la paix, il faut la saisir.

«Un accord ne peut pas maintenir la paix qui se gagne et se mérite sur le terrain», souligne le diplomate africain pour exhorter les Maliens à poursuivre le dialogue.

«Pour donner une chance à la paix, il faut isoler au sein de leurs propres communautés, ceux qui ne veulent pas prendre le train de la paix. Et cela n’est possible qu’en posant des actes concrets de développement», pense Alhassane Maïga, sociologue, consultant indépendant et ressortissant du cercle de Bourem (Gao).

«Il faut résolument aller vers le développement des régions du nord et non faire semblant comme ce fut le cas depuis près de trois décennies», précise-t-il.

Et M. Maïga rappelle, «toutes les communautés du nord déplorent le dédain que les différents régimes ont eu pour le nord du Mali. Mais, contrairement à certains tribus touareg qui veulent régler le problème par les armes, elles misent sur un changement de la gestion politique pour faire évoluer les choses. Et c’est le moment de prouver qu’elles ont eu raison de prendre cette option».

En tout cas, les observateurs ont les yeux tournés désormais vers les Maliens car comme l’a dit la Secrétaire générale de la francophonie (Oif), la Canadienne Michaëlle Jean, invitée de la cérémonie, «la paix au Mali est une étape essentielle pour la stabilité régionale».

Et comme l’a si bien dit l’Ambassadeur Bisa Williams des Etats-Unis, «pour traduire cet accord en une paix durable toutes les parties devront faire preuve de volonté réelle de négocier, de faire des compromis et de résoudre leurs différends par le dialogue, plutôt que par la violence».

Toutes les parties ! Y compris les Nations unies, à travers la Minusma, dont l’impartialité sera décisive pour pousser tout le monde à aller dans le sens de la paix définitive !

 

                                                                                                  Moussa Bolly

Source: Le Matin

Humeur: Minusma, où est ta gloire ?

Dans un communiqué déposé à notre rédaction la Minusma félicite la signature de l’Accord, réaffirme son engagement aux côtés des Maliens, mais déplore la mise en cause de sa partialité. Cependant la Minusma reste vouée à sa mission de sécurisation du Mali.

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Mais seulement voilà, le communiqué de la Minusma jure avec ses faits et gestes. Cette Minusma à laquelle les Maliens éprouvent peur et ressentiment a réussi en un laps de temps à cristalliser les mécontentements. A telle enseigne que certains ont vite fait de demander son départ.

Le 15 mai 2015, à la faveur de la signature de l’accord de paix et de réconciliation, le président Ibrahim Boubacar Kéïta tire à boulet rouge sur cette même Minusma devenue sourde aux interpellations de son gouvernement par rapport à la violation du cessez-le-feu par la Cma.

Le président qui a laissé parler son cœur en avait assez autant que ses compatriotes qui ont même essuyé des tirs des soldats de la Minusma à l’autre bout du Mali (Gao) comme des petits lapins.

Que dire de la complaisance de cette Minusma désormais à ciel ouvert, par rapport aux rebelles de Kidal ?

La Minusma apporte de l’eau au moulin des Maliens quand elle voulait chasser le Gatia de Ménaka et faire revenir le Mnla.

Alors Mission des Nations Unies pour la sécurisation du Mali, où est ta gloire ?

 

Oumar Alpha, Stagiaire

Source: Le Matin

Nord du Mali : « Il y a encore beaucoup de points à clarifier dans l’accord de paix »

Un accord a été signé, vendredi 15 mai, dans le but de restaurer l’autorité de l’Etat dans le nord du Mali. Mais sur le terrain, la situation est toujours confuse avec des combats réguliers entre les forces pro-gouvernementales et des groupes rebelles, principalement dans la ville de Ménaka, dans la région de Gao.

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Tous les protagonistes de la crise dans le nord du Mali ont paraphé le texte du 15 mai, à l’exception des groupes armés touaregs et arabes de la CMA, la Coordination des mouvements de l’Azawad, pourtant acteurs majeurs de la crise. L’accord notamment prévoit la mise en place d’assemblées régionales dotées d’importants pouvoirs. Mais la CMA continue d’exiger une reconnaissance officielle de l’Azawad« comme entité géographique, politique et juridique ».

Deux jours après la signature de cet accord, le 17 mai, Mongi Hamdi, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) a rencontré le président Ibrahim Boubacar Keita. Au centre de leurs discussions, les prochaines étapes du processus de paix au Nord du Mali. Pour Mongi Hamdi, de nombreux efforts restent à fournir pour que la CMA confirme son paraphe à l’accord du 15 mai par une véritable signature.

Le gouvernement malien serait prêt à ouvrir des discussions sur les points de réserve de la Coordination des mouvements de l’Azawad, si elle signait l’accord du 15 mai. De quoi s’agit-il ?

Dans l’intérêt de tous, nous devons amener la CMA à signer cet accord. Le président Keita m’a confirmé qu’il était prêt à recevoir les groupes rebelles. Mais le préalable est de ne pas toucher à l’accord. Certes, il reste encore des points à clarifier. D’où l’intérêt de poursuivre le dialogue entre les deux parties. Et la Coordination des mouvements de l’Azawad est également favorable à cette approche.

Mais le 27 avril, les forces pro-gouvernementales ont attaqué la CMA et pris le contrôle de Ménaka

Ce problème a surgi alors que nous avions déjà un engagement de principe de la CMA pour poursuivre les discussions. Je regrette cette attaque tout comme les autorités maliennes qui m’ont assuré qu’elles la condamnaient vigoureusement. En effet, il s’agit d’une violation du cessez-le-feu qui avait été conclu. Ils doivent donc se retirer de Ménaka, en attendant que les discussions aboutissent.

Comment mettre en œuvre un accord qui n’a pas été signé par la CMA, qui est pourtant un acteur majeur de la crise ?

Une rencontre du comité technique mixte de sécurité, qui regroupe des représentants militaires de toutes les parties, est prévue à Gao. L’idée est de parvenir à un accord pour un arrêt immédiat des hostilités. Les forces loyalistes de la plate-forme devront se retirer de la ville de Ménaka et être remplacées par les éléments de la Minusma. Ce cessez-le-feu sera valable pendant la mise en œuvre de l’accord de paix du 15 mai. Mais il sera aussi un accord politique qui permettra à la Minusma d’assurer la sécurité à Ménaka.

La CMA a dit qu’elle ne signera pas l’accord sans que les engagements pris ne soient respectés…

L’idée est d’amener toutes les parties à Alger à partir du 25 mai prochain pour signer l’accord de cessez-le-feu, ensuite ouvrir immédiatement les consultations entre le gouvernement malien et la CMA.

La CMA pourrait-elle reprendre le contrôle de Ménaka ?

Cela me paraît politiquement impossible. Selon notre évaluation, la population de Ménaka qui craint pour sa sécurité ne pourra pas accepter un retour. La meilleure solution est de permettre à la Minusma d’assurer la sécurité des populations en attendant la mise en place d’un accord. Le retour de la CMA à Ménaka serait même suicidaire. Pendant l’application de l’accord, l’armée malienne sera redéployée dans tout le nord en concertation avec la Minusma et tous les mouvements. Juridiquement, la question du contrôle de la localité ne se posera pas.

Lors de la signature de l’accord le 15 mai, le président Keita a salué le soutien de ses partenaires mais n’a pas mentionné l’effort de la Minusma dans le processus de paix. Cela vous a choqué ?

(Rires) Ce qui compte, c’est le travail que nous avons mené. Lors de notre rencontre, le président Keita nous a dit qu’il reconnaissait et appréciait les efforts et le soutien de la Minusma pour son pays.

Source: Le Monde

Editorial: L’inquiétant signal de Hollande à IBK

En boycottant purement et simplement la cérémonie très solennelle de signature de l’Accord de paix au Mali, les autorités françaises ont-elles lancé un message qui prête à confusion aux Maliens et à leur président ? Difficile de soupçonner le contraire.

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Beaucoup osent croire, en tout cas, que l’absence des plus hautes autorités françaises à la cérémonie est inquiétante pour le président Ibrahim Boubacar Kéïta qui n’a pas toutes les cartes en main, dans cette crise que traverse le Mali. Loin s’en faut. IBK qui attendait son homologue, son « ami » son « frère » ou du moins Laurent Fabus, Ives le Driant ou en tout cas une personnalité de haut rang française a vu la France brillé par son absence. Il s’est contenté d’un envoyé de moindre calibre. Cette France dont IBK se veut très proche et partage avec son président la même « religion », l’International socialiste, ne joue pas manifestement franc jeu avec lui.

Maninka bon teint, IBK connaît les vertus de la franchise, le respect de la parole donnée. Mais apparemment ces valeurs ne fondent pas les relations internationales. François Mitterrand ne disait-il pas que « la France n’a pas d’amis mais des intérêts ».

Combien de temps fraudait-il pour que les Africains comprennent enfin que les relations internationales ne sont fondées que sur des intérêts mercantilistes ? Le temps n’est-il pas venu pour le Mali de chercher à composer avec d’autres puissances pour équilibrer la balance ? Comme l’a souligné le président IBK dans son solide discours du 15 mai, les Maliens sont maintenant à mesure de comprendre les relations internationales. Histoire d’expliquer que le jeu des Nations unies et de certaines puissances sont désormais à découvert.

En brillant par leur absence à la cérémonie de signature de l’accord, la France et la Cma donnent à redire sur leur supposé lien. Ce n’est pas fortuit ! Les déclarations teintées d’hypocrisie dont le Quais d’Orsay s’en est fendues avant la signature de l’accord pour appeler la Cma à parapher et à signer l’accord est symptomatique du comportement de cette France. Une France dont les autorités se sentent pleinement à l’aise dans un jeu trouble que les diplomates maliens ont du mal à comprendre ou à accepter. Même si la langue du président IBK commence à se délier à ce sujet. Toujours est-il que le mauvais signal de François Hollande inquiète l’entourage du président IBK.

La recrudescence des attaques de la coalition islamo-arabo-touarègue dans le nord est de nature à pousser l’armée malienne à la faute afin de faire voler en éclat l’accord. Mais IBK n’a pas caché son outrecuidance à maintenir le cap de la non-violation du cessez-le-feu. Mais va-t-on continuer indéfiniment à croiser les bras face aux attaques des villes, villages et autres hameaux ? Rien n’est moins sûr. Et maintenant ! A quel saint se vouer ?

 

 Alhassane H. Maïga

Source: Le Matin

Info-FAMA: La population de Bambara Maoudé marche pour garder une unité de l’armée dans la localité

Le vendredi, pendant que l’ensemble du peuple avait les yeux tournés vers le Centre International de Conférence de Bamako (CICB), la localité Bambara Maoudé, à quelques kilomètres de Tombouctou vivait une situation particulière.
En effet, dans la semaine plus de sept personnes avaient été tuées par des individus armés malgré cela, un colonel de l’armée malienne avait demandé à l’unité déployée dans la localité de se replier pour rejoindre la région de Mopti. Une chose qui n’a pas été du goût des populations.
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Elle l’a fait savoir à travers une grande manifestation tenue après la prière du vendredi. Joint par nos soins, M. Boubou Diallo nous a expliqués que la population est en train de manifester pour demander aux autorités militaires de laisser cette unité dans la localité faute de quoi elle était prête à plier bagage si les militaires quittaient la localité.
Le directeur général et de la justice militaire du Sénégal en visite dans notre pays
Le Général de division, Mamadou Guèye Faye, directeur de la gendarmerie et de la justice militaire du Sénégal, était  en mission dans notre pays la semaine dernière.
Il était  venu s’enquérir des conditions de vie des casques bleus Sénégalais envoyés dans le cadre des Nations unies pour le maintien de la paix au Mali.
A l’occasion, il a été accueillit par le chef de la gendarmerie nationale, M. Mody Bérété qui a réuni les troupes le jeudi 14 mai 2015 pour recevoir son homologue.
Dur combat vendredi 15 Mai entre groupes armés à Ménaka
Plus de 14 morts du coté de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, tel est le bilan des affrontements entre les rebelles de la CMA et les éléments du Groupe autodéfense touareg Imghads et Alliés (Gatia) le jour même de la signature de l’accord de paix. L’objectif de ce dur combat était le contrôle de la ville de Ménaka que Gatia a récupéré après de violents combats il y a quelques jours.
La MINUSMA s’équipe de drones à Tombouctou
La Mission Multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation du Mali (MINUSMA) s’est équipée d’un drone, un aéronef sans personne à bord, télécommandé à distance. Il s’agit pour la mission d’accroitre sa surveillance sur les zones afin d’apercevoir les djihadistes et autres personnes de mauvaises intentions et pouvoir intervenir à temps.

Rassemblées par Issa KABA

Source: L’express de Bamako

Signature de l’Accord d’Alger, discours du président Robert Mugabé (texte intégral)

 

Robert Mugabe president zimbabwéen

Par Robert Mugabé (*)

Monsieur le Président du processus de Paix au Mali, Son Excellence Monsieur Abdel Aziz BOUTEFLIKA, à travers son représentant ici présent;
Excellence Monsieur le Président de la République du Mali, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA ;
Monsieur le Président en exercice de la CEDEAO, Son Excellence Monsieur John Dramani MAHAMA, Président de la République du Ghana ;
Monsieur le Vice Président de la Commission de l’Union Africaine ;
Monsieur le Commissaire du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine ;
Monsieur l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest ;
Messieurs les Ministres ;
Distingués délégués ;
Mesdames et Messieurs ;
Chers amis,

Je regrette aujourd’hui de ne pas être un expert en linguistique, je regrette également qu’il ne m’ait pas été possible d’apprendre le français. Mais je suis heureux d’être présent ici aujourd’hui dans ce magnifique pays.
Je vais vous demander de m’autoriser à mettre mon discours de côté, et si je peux avoir un interprète pour traduire les sentiments profonds que je voudrais vous livrer.

Il m’est arrivé de venir dans cette région d’Afrique de l’Ouest en 1958 au Ghana en tant que jeune instituteur à Takoradji.
À l’indépendance du Ghana en 1957, je voulais connaître ce nouvel État africain. J’y suis arrivé Ghana alors que Kwame Nkrumah en était le président. À l’époque déjà le président Kwame Nkrumah parlait de l’unité africaine.

Je dois avouer qu’à l’époque je n’avais pas compris son idée d’Unité africaine. Il disait que nous allons commencer l’unité africaine avec les pays qui étaient proches, les pays qui étaient voisins notamment le Mali et la Guinée Conakry.  Il me disait à l’époque avec fascination que ce sont ces pays là qui ont résisté à Charles de Gaulle. Sékou TOURE en Guinée, et Modibo KEITA au Mali.

Comme je l’ai dit, j’étais jeune enseignant à l’époque à Takoradji. Le président Krumah nous demandait d’enseigner aux enfants que les trois pays (Ghana, Guinée, Mali) étaient ensemble réunis, alors nous avions ce devoir de l’enseigner à nos enfants.
« Ghana-Guinée-Mali», «Guinée-Ghana-Mali» était devenu un refrain qu’on ne cessait de chanter dans nos écoles. «Kwame Nkrumah-Modibo KEITA-Sékou TOURE» ;« Modibo  KEITA, Sékou TOURE et  Kwame Nkrumah» ; et ainsi de suite.

Par la suite, il y a eu également des visites mutuelles que ces présidents ont entreprises, chacun dans le pays des autres. Il y avait ces rencontres périodiques entre les trois hommes. Le Président Modibo KEITA était vu comme un leader de la résistance et c’est ainsi que j’ai connu l’histoire du Mali, de votre pays.

J’ai eu l’occasion de découvrir les grandes civilisations de votre pays notamment à travers Tombouctou, cette vieille Cité qui a donné beaucoup de Saints à ce pays et à ce grand peuple du Mali ainsi qu’à toute l’Afrique.

C’est à cette époque que sont nés l’idée et le projet de l’unité africaine. Par la suite, les pays africains, les peuples africains se sont réunis en 1963 à Addis-Abeba, en Éthiopie, pour fonder l’Organisation de l’Unité africaine (OUA). Mais, il faut le reconnaître, l’Union africaine a pris racine dans l’union «Ghana-Guinée-Mali». Ces trois pays ont ouvert la voie et permis que les deux autres groupes dits de Casablanca et de Monrovia de se réunir pour mettre en place l’OUA. C’est pour vous dire que ces trois pays «Ghana-Guinée-Mali» ont eu déjà à mettre en place les fondements de l’Union trois ans ou quatre ans avant la création de l’OUA.

Modibo KEITA, Sekou TOURE et Kwame Nkrumah qui sont donc les fondateurs de ce qu’on appelle aujourd’hui l’Union Africaine. L’Union africaine a commencé avec l’Organisation de l’Unité africaine, mais avant il y a eu l’union Ghana Guinée Mali.

Excellence Monsieur le Président,
Distingués invités,
Modibo KEITA, Sekou TOURE et Kwame Nkrumah nous ont enseigné que les peuples africains devraient s’unir. Ils nous ont enseigné que dans chacun de nos pays nous devons être unis quelque soit notre appartenance ethnique ou tribale : nous sommes un peuple. Quelles que soient nos différences religieuses, nous restons un peuple. Quelle que soit notre culture, nous restons un peuple. Et ils nous ont dit que lorsque nous sommes unis nous pouvons résister, mais lorsqu’on est divisé, nous tombons. Voilà donc l’enseignement hérité de Modibo KEITA, de Sékou TOURE et de Kwame Nkrumah.

Vous, en tant que leaders de l’unité, leaders de l’unicité, leader de la révolution, il ne faut pas que vous nous déceviez.
Si vous commencez à vous disperser et à vous diviser, en tant que pères fondateurs, cela aura un impact négatif et désintégrera tout le système et nous en tant que vos successeurs nous allons également tomber avec vous.

Excellence Monsieur le Président,
Distingués invités

Je suis heureux d’être au Mali et je saisis cette occasion pour remercier, Son Excellence Monsieur le Président Ibrahim Boubacar KEITA pour m’avoir invité. Je l’ai dit : je vais me rendre au Mali, le pays de Modibo KEITA.
Je suis ici en ma qualité de Président en exercice de l’Union Africaine, en qualité de Président en exercice de la Communauté des États d’Afrique Australe et aussi en tant que Président de mon pays le Zimbabwé. Le Zimbabwé, qui suit les efforts déployés par vous ici au Mali.

Mais j’ai aujourd’hui un coeur serré. Je suis avec un esprit confus, je me pose la question : comment le Mali peut-il arriver à ce niveau-là ? À ce point-là ? Un pays magnifique, merveilleux !
Je suis venu pour être témoin, aujourd’hui, du vivre ensemble et être témoin de la signature de l’Accord de Paix et de la Réconciliation. Et ceci est sacré pour ce qui me concerne.
Un pays qui a été déchiré par des luttes fratricides, et des combats au Nord, que ce pays se ressaisisse et dise Non Non et Non à la guerre et oui au dialogue et Oui à une seule famille. À une seule famille parce que le Président Modibo KEITA nous l’a enseigné ainsi.

Nous, en tant que parents, nous devons faire en sorte qu’au sein de la famille les enfants soient unis et qu’ils s’écoutent. Mais ces petites disputes, ces petites querelles sont souvent aussi présentes même au niveau de la famille, au niveau du village ou de l’église. Mais il faut toujours en finir autour de la table avec l’échange et le dialogue.

On dit dans l’Islam que le vendredi est le jour saint et le dimanche un jour sain au sein de l’Église. Mais nous sommes tous motivés à nous unir, quelles que soient nos différences culturelles et nos croyances religieuses. Les enfants du Mali, les enfants de la Guinée, les enfants du Sénégal, les enfants du Zimbawé, ou autre, sommes un peuple : nous sommes le peuple africain. Aussi, nous devons cultiver ce vivre ensemble au niveau de nos familles. Nous devons rester unis.

Excellence Monsieur le Président,
Distingués invités

À la jeunesse africaine, nous avons le devoir de lui faire comprendre la nécessité et l’impératif de rester unis. Parce que l’unité commence au sein de la famille, au niveau de tout un chacun. Si nous y arrivons, il sera difficile pour nous de nous battre parce que notre coeur sera déjà rempli avec cette motivation d’aller vers l’unité, vers la paix.

Monsieur le Président,
Distingués invités,
Je vous félicite avec l’espoir que vous allez apporter la paix au peuple du Mali. J’invite ceux qui ont combattus à laisser les armes et venir autour de la table pour signer cet accord de paix. Je pense que ce soit en Christianisme ou en Islam nous sommes les mêmes, en fraternité et en humanité.
Que le peuple du Mali reçoit ici toute ma gratitude pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité qui m’ont été réservés ainsi qu’à ma délégation.

Je suis heureux d’avoir entendu tous ces messages merveilleux qui ont été véhiculés aujourd’hui. Aussi, je souhaite que tous les partenaires de développement du Mali et tous les acteurs  de la paix au Mali continuent leurs efforts pour parvenir définitivement à la paix. Que maintenant le Mali appartienne aux Maliens à tous les Maliens et que l’unité nationale soit au centre de l’intérêt de tous les Maliens. Que ceci constitue un exemple pour tous les Africains. Par conséquent, je lance un appel à toutes les parties pour la mise en oeuvre de cet accord de paix.

Excellence Monsieur le Président de la République,
Distingués invités,

Cet accord de paix et de réconciliation issu du processus de négociations d’Alger est équilibré et juste. Nous pensons que cet accord prend en compte les préoccupations authentiques de toutes les parties et qu’il préserve l’intégrité territoriale de la République du Mali et la souveraineté du Mali. Nous ne voulons pas avoir un pays divisé en petits morceaux. Quelles que soient les origines des populations qui vivent dans ce pays, elles sont toutes des populations maliennes. Il faut absolument la stabilité dans le pays pour aller vers le développement.

En ma qualité de Président en exercice de l’Union Africaine, je voudrais rassurer le peuple et le gouvernement du Mali que l’Union Africaine sera aux côtés du Mali dans la voie la restauration et de la consolidation de sa stabilité, de sa sécurité et de sa paix et ne ménagera aucun effort afin de trouver des solutions durables. L’Union africaine continuera d’appuyer le Mali dans toutes les instances régionales et continentales. Travaillons donc tous ensemble pour atteindre cet objectif.

Honorables invités,
Monsieur le Président,

Je voudrais lancer un appel à la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA).
Messieurs, nous sommes avec vous. Nous sommes avec vous autant que vous auriez la paix dans vos coeurs. Vous êtes des nôtres, vous êtes maliens. Vous êtes les mêmes que ceux qui sont au sud du Mali.
Déposez vos armes, Messieurs, utilisez seulement la seule arme que vous avez : vos bouches. Utilisez vos bouches pour parler, dialoguer, il n’y a pas une autre forme, il n’y a pas un autre moyen pour atteindre la paix si ce n’est à travers la parole.

Ce qui est important, c’est de pouvoir donner et recevoir, c’est pouvoir faire des compromis. Donc je vous lance cet appel, Coordination des Mouvements de l’Azawad : n’oubliez jamais que vous devez tout faire pour que cette paix puisse exister au Mali et sur tout le Continent africain.

Le terrorisme prend de l’ampleur, nous devons donc ensemble continuer le combat commun contre ce phénomène. Nous devons ensemble lutter contre la violence et contre toutes les forces du mal.

Permettez-moi de remercier une nouvelle fois le Président du Mali, le gouvernement du Mali, tous les partenaires du Mali pour les efforts qu’ils ont consentis pour parvenir à cette signature de paix.
Peuple du Mali, permettez-moi encore de vous assurer de l’appui de l’Union africaine.

Je viens d’une famille chrétienne. Je n’arrête jamais de prier, je vais fréquemment à l’église, mais je ne fais pas de distinction entre l’Église catholique et protestante. Dieu est unique, Dieu est le même que l’on soit chrétien ou musulman.
Dans mes prières, je vais demander à Dieu d’aider le peuple malien afin qu’il retrouve la paix. Je vais le faire, je vous le promets et je peux vous assurer qu’une fois de retour au pays je vais demander aux membres de ma famille de prier également pour le Mali.

Excellence Monsieur le Président de la République, Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, je vous remercie de m’avoir invité à prendre part à cette cérémonie historique et solennelle de signature de l’accord de paix et de réconciliation.

Je vous remercie.

(*) Président de la République du Zimbabwe et actuel Président en exercice de l’Union africaine

Source : Autre Presse

Suite aux affrontements à Ménaka : * Bamoussa Diarra tué * Cheick Aoussa évacué par la Minusma vers le Maroc

Le déserteur de l’armée malienne, le colonel Bamoussa Diarra, qui a passé son temps à changer d’uniforme au gré des circonstances, a finalement succombé à ses blessures. Il a été gravement blessé lors des combats du vendredi 15 mai 2015 à Inekedewane.

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Le colonel Bamoussa Diarra était avec le commandant des combattants du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (Hcua), l’un des bras droits d’Iyad Ag Ghali. Il s’agit de Cheick Aoussa qui, gravement blessé aussi, a été évacué vers une structure sanitaire au Maroc grâce à la Minusma. Les deux hommes étaient côté à côté lors de l’attaque de Ménaka.

Si Hervé Ladsous lors de sa conférence de presse se précipitait pour dire que plusieurs combattants de la plateforme ont été transportés à Bamako, pour suivre des traitements, il a omis d’évoquer l’évacuation de Cheick Aoussa par la Minusma sur le Maroc. Il dévoile ainsi la partialité de la Minusma. M. Ladsous n’a pas non plus évoqué, courant semaine dernière, l’escorte par les soins de la Minusma des véhicules de la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma), avec un nombre important de combattants. Est-ce parce qu’ils ont perdu aux portes de Ménaka, face à la plateforme, que la Minusma n’a pas communiqué sur ce sujet ? Sa partialité ne laisse l’ombre d’aucun doute. Au point qu’elle n’a pas pipé mot lorsque des membres de la Cma ont dépossédé de leurs antennes et téléviseurs tous ceux qui ont suivi la retransmission de la cérémonie de signature de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale au Mali. Pis, les commerces ont été fermés pendant que des pro-Mali dans la ville de Kidal étaient séquestrés pour avoir acquiescé la signature de l’accord.

La Minusma reste imperturbable quand des innocents sont tués à Zouera, à Tin Aicha et Bintagoungou ; quand la route Tombouctou- Goundam reste impraticable ; quand les positions de l’armée malienne sont attaquées à longueur de journée. La dernière en date, c’est l’attaque de lundi 18 mai à Bambara Maoudé, cercle de Rhaouss, dans la région de Tombouctou. Quand bien même la Minusma parle de respect du cessez-le-feu. Les combats de Bambara Maoudé ont occasionné des morts de part et d’autre. Nous ignorons le bilan.

Ces combats s’inscrivent en droite ligne de la réunion que la Cma a tenue, le dimanche 17 mai 2015, afin de planifier de nouvelles attaques contre les positions de l’armée malienne et des combattants de la plateforme. Hormis le fait que Ménaka reste imprenable, après tout ce qui se passe aux alentours de cette ville, la mort de Bamoussa Diarra et la blessure de Cheick Ag Aoussa aiguisent davantage les velléités vengeresses des combats de la Cma qui s’attaquent tous azimuts aux positions des loyalistes.

C’est pourquoi le Mnla, qui est basé à Ber, a pour mission de «faire la peau» à tous ceux disent Mali dans la région de Tombouctou et de combattre les groupes d’autodéfense. Les batailles se déroulent sous les yeux de la Minusma qui apporte son soutien à la Cma. Toute chose qui traduit naturellement les propos d’Hervé Ladsous. Mais les Maliens ne sont pas dupes.

Békaye DEMBELE 
Source : Le Reporter