Mali : Plainte contre la Minusma

 

minusma misma kidal casque bleuLes familles des trois victimes de la marche du 27 janvier 2015 à Gao dans le nord du Mali portent plainte contre la MINUSMA pour meurtre.

La plainte a été déposée par l’avocat des familles des victimes auprès du tribunal de 1ère instance de Gao.

Le 27 janvier 2015, des milliers de personnes avaient marché sur le camp des casques bleus pour protester contre un accord de zone tampon signé entre la MINUSMA et des groupes armés de Kidal.

Les manifestants dénonçaient ce qu’ils ont qualifié de parti pris de la mission des Nations Unies.

La Minusma dit n’avoir fait que des tirs de sommation.

source : BBC

Projet d’accord d’Alger : Autonomie du Nord ou unité nationale ?

En attendant la signature définitive, prévue d’ici fin mars 2015, le projet d’accord, paraphé par le gouvernement dimanche dernier à Alger, cache des notions d’autonomie, voire l’indépendance des régions du Nord. Si le terme Azawad est décrié par l’ensemble des Maliens, le document contient toujours des terminologies qui mettent à nu la volonté d’autonomie des régions septentrionales tant souhaitée par les indépendantistes.

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En attendant la signature définitive, prévue d’ici fin mars 2015, le projet d’accord, paraphé par le gouvernement dimanche dernier à Alger, cache des notions d’autonomie, voire l’indépendance des régions du Nord. Si le terme Azawad est décrié par l’ensemble des Maliens, le document contient toujours des terminologies qui mettent à nu la volonté d’autonomie des régions septentrionales tant souhaitée par les indépendantistes.

Quel crédit accorder à la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) qui a refusé de parapher ce document soi-disant qu’elle va concerter sa base ? Alors que le document soumis  à leur appréciation est un sous-entendu de leur aspiration, c’est-à-dire l’indépendance, le fédéralisme ou l’autonomie des régions nord. A défaut d’indépendance ou de fédéralisme, le document cache une véritable autonomie pour les régions Nord.

Dans son chapitre II, article 5, par exemple, il prévoit la gestion par les régions concernées de leurs propres affaires sur le principe de la libre administration. Au vu de l’évolution de la décentralisation, une telle gestion n’est pas mauvaise en soi, mais le cas spécifique des régions du Nord commande la méfiance d’autant plus que certaines populations de ces localités ont déjà affiché leur volonté d’indépendance.

 

Dans le même article, il est prévu une participation active et significative des populations en particulier celle du Nord à la gestion de la sécurité locale. Rejeté dans le précédent projet par une large frange des Maliens, ce point revient sous une autre forme. Ce qui veut dire que la création de la police locale est un acquis. Or créer une telle force dans les régions du Nord, c’est donner la chance à certains groupés armés de se faire enrôler. C’est surtout promouvoir le sectarisme dans le pays.

 

On parle de la mise en place d’une zone de développement des régions du Nord, dotée d’un conseil consultatif interrégional et d’une stratégie spécifique adaptée aux réalités socio-culturelles et géographiques ainsi qu’aux conditions climatiques. Elle sera financée par un fonds pour le développement dont les ressources proviendront de sources publiques et de contributions internationales.

 

Les autorités maliennes ont toujours montré leur volonté d’appuyer le développement des régions septentrionales à travers le financement de projets de grande envergure, mais les fonds ont été toujours détournés au profit d’intérêts personnels de certains chefs de tribus. Alors comment développer un terroir dont les populations sont le goulot d’étranglement ?

Toujours, dans le même article, il est envisagé une plus grande représentation des populations du Nord au sein des institutions nationales. C’est une injustice criarde entre les populations d’un même pays, une mesure qui viole la Constitution du Mali.

Le document tel que présenté dans son chapitre III, article 6 accorde une autonomie aux régions du Nord pour qu’elles gèrent leurs propres affaires sur le principe de la libre administration. Il est également reconnu à chaque région le droit d’adopter la dénomination officielle de son choix dans le cadre des dispositions relatives au statut juridique et fonctionnement des régions.

Cette partie du document risque d’être l’élément précurseur pour préserver le mot Azawad tant rejeté par le peuple.

Zoumana Coulibaly

source :  L’Indicateur du Renouveau

Après le paraphe de l’accord d’Alger : La CMA traumatise les populations de Ber, Ménaka et Kidal

Incapables d’imposer leur volonté aux populations sous occupation, les séparatistes versent dans le harcèlement et la privatisation de libertés. A Ber, Ménaka et Kidal, le calvaire des populations est amplifié depuis le paraphe du document d’accord le dimanche dernier à Alger.

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C’est une nouvelle forme de harcèlement psychologique que développent les éléments de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) dans les localités sous son contrôle. Il s’agit de la fermeture des marchés et autres édifices publics ; de la restriction des libertés. Une situation qui aura pour conséquence le ralentissement des activités économiques dans ces zones et la dégradation. Le but de cet embargo imposé par la CMA est d’avoir la caution des populations qui ont jusque-là du mal à se reconnaître dans ses revendications.

Selon des habitants, à Ménaka, depuis dimanche la ville est paralysée, car les commerces et autres endroits publics ont été fermés par le MNLA. Motif de cette mesure : contraindre les populations à faire comme une partie de Kidal qui a manifesté samedi dernier contre la signature de l’accord jugé favorable au Mali. Dans cette localité que se partage pros-MNLA et pros-Mali, la tension est vive et les populations éprouvent de réelles difficultés à se défaire de cette camisole de force.

Pis, les personnes qui épousent la position du Mali sont prises pour des ennemis à abattre. A Ber, au nord de Tombouctou, une situation similaire se pose, les habitants qui ont récemment déclaré reconnaître l’intégrité du territoire sont la cible des éléments du Mouvement arabe de l’Azawad/ennemi.

Du coup, la principale activité de la localité ; à savoir : le commerce est pris en otage et pour pouvoir le mener, il faut être dans la même logique que le MAA. C’est pourquoi, des nombreux importateurs arabes de produis maghrébins ont décidé de fermer boutique. La situation est plus difficile à Kidal où l’atmosphère reste très tendue depuis la déclaration de reconnaissance de l’intégrité du territoire par le chef des Ifoghas, le député Mohamed Ag Intallah.

Et la signature dimanche dernier de l’accord par les autres parties sonne comme la révolte des partisans du MNLA. Depuis quelques jours, la ville est partagée entre les partisans de l’Amenokal et ceux de son frère, le patron du Haut conseil de l’unité de l’Azawad (HCUA), l’ancien député Alghabass Ag Intallah. Conséquence de ces déchirures : la région de Kidal est de plus en plus plongée dans la détresse et l’exode massif des habitants vers les pays voisins.

Des sources humanitaires font cas d’un nombre important de populations civiles qui se sont réfugiées en Algérie, au Niger et d’autres pays du Sahel.

Alpha Mahamane Cissé

 

source :  L’Indicateur du Renouveau

Accord de paix d’Alger : le satisfecit de l’Etat malien, la mine grincheuse du Mnla et alliés !

Ouf de soulagement du côté de Koulouba. Dimanche dernier, alors que la délégation malienne et la plate-forme des mouvements pro-Mali ont accepté de parapher le document de paix préparé par la médiation, les mouvements de la coordination de l’Azawad (Mnla, Hcua et Maa séparatiste), arguant qu’ils ne sont pas satisfaits et sollicitant un délai pour consulter leur base (les populations de Kidal), ont refusé de parapher ledit document. Une décision qui leur complique davantage la situation.

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En effet, c’est au cours d’une cérémonie de clôture des discussions du projet d’accord qui était prévue dimanche dernier à Alger, en présence de toutes les parties et des partenaires internationaux qui soutiennent ce processus depuis des mois, que ce document très important devait être paraphé. Longtemps attendu, un nouvel accord de paix au Mali devait être trouvé ce dimanche, 1er mars 2015. Celui-ci devait intervenir après l’accord de cessation de toute violence du 19 février 2015 et la dernière sortie des groupes armés qui a créé le doute chez plus d’un au Mali.

Mais, l’équipe de médiation, après avoir terminé la rédaction de ce document de paix, l’avait remis, mercredi dernier, aux parties prenantes. Cet accord de paix joue à l’équilibriste. De toutes les façons, la vigilance devait et doit être de mise, surtout avec la tension qui est montée d’un cran à Kidal avec la protestation des populations demandant à leurs représentants de «l’Azawad» à Alger de ne pas parapher le document.

La Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) se retrouvait donc coincée entre la médiation et sa base sur le terrain. En effet, certains délégués étaient convaincus qu’«un mauvais accord valait mieux que d’accord du tout» et se disaient prêts à le parapher, même sans conviction. Or, sur le terrain, à Kidal, à Ber ou à Ménaka, la base (la population) pense tout le contraire et soutient qu’il n’est pas question de reconnaître un texte qui, selon elle, a oublié l’essentiel des revendications des populations de l’Azawad : l’autonomie ou le fédéralisme.

Les incongruités du Mnla

Comme à l’accoutumée, le Mnla et ses acolytes procèdent à des chantages, à des manigances et à une fuite en avant. Et dans leurs velléités indépendantistes, abandonnés par la France dont on disait qu’elle est leur parrain N°1 avec la bénédiction du président déchu du Burkina Faso, Blaise Compaoré, ces bandits armés ne font qu’utiliser les pauvres populations de Kidal comme «des boucliers humains». Tel est le cas avec les dernières manifestations qui ont eu lieu samedi après-midi dans le Nord du Mali, notamment à Kidal. Le texte proposé par la médiation, nous apprend-on, aurait été brûlé à côté de l’arbre dit «de la Liberté», une place située près de l’aéroport de Kidal.

On se souvient encore du caillassage de la délégation de trois ministres de la République, de l’empêchement de l’ex-Premier ministre Oumar Tatam Ly de se rendre à Kidal, de la tentative d’interdiction du Premier ministre Moussa Mara de se rendre dans cette région qu’ils considèrent toujours comme leur «république dite de l’Azawad», avec son corollaire de mort d’hommes ; la contre-marche organisée après les événements de Gao et leur deal avec la Minusma de créer une zone-tampon… Aujourd’hui, les voilà encore pousser les populations dans la rue, refusant de signer l’accord de paix proposé par la médiation.

En tout cas, le vin est tiré et ces bandits armés doivent le boire jusqu’à la lie. S’ils pensent qu’il ne s’agit pas pour eux de remettre en cause l’unicité et l’indivisibilité du Mali, du Grand Mali (Maliba), pourquoi tiennent-ils alors mordicus au mot «Azawad» qui, selon le document, loin de concerner une entité politique, n’est qu’une expression portant sur «une entité socio-culturelle». La donne a changé et il est temps d’arrêter de jouer d’une comédie si bien comprise par la Communauté internationale !

 

Bruno E. LOMA

Source: Le Reporter

Le Mali paraphe l’accord de paix : Pourtant le MNLA et ses alliés doivent se sentir heureux

L’Azawad revient et se consolide dans l’accord paraphé le 1er mars dernier à Alger. De quoi raviver davantage les inquiétudes dans certains milieux.

Préaccord sur le nord : Les pièges d’Alger…

Pour cause: le terme «Azawad » si cher aux séparatistes est mentionné pour la première fois comme une réalité partagée. Hors, pour beaucoup, le passage en force de ce terme constituerait le germe d’une instabilité prolongée, voire une dissection programmée du pays à long terme. A Bamako, des voix s’élèvent pour dénoncer les multiples pièges contenus dans le nouveau document (préaccord) soumis par la médiation aux parties.

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 Le document présenté par la médiation ressemble à un montage difficile à comprendre. Au moment où l’unité et l’intégrité du pays sont reconnues, l’utilisation officielle du mot «Azawad» est programmée. Cette reconnaissance était l’une des premières revendications des mouvements armés séparatistes. La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) indiquaient dans sa dernière proposition de texte d’accord que l’Azawad était «une entité géographique et politique spécifique, ayant sa personnalité propre et nécessitant une gouvernance construite sur les fondements de son histoire, de ses réalités sociales, économiques et culturelles».

Mais l’ «Azawad est loin de faire l’unanimité au Nord comme au sud du Mali. Le collectif des ressortissants du Nord qui représente la voix de la population de la zone est opposé à cette proposition. Le gouvernement qui a donné son accord pour la signature dudit document était auparavant hostile à l’utilisation du mot. La formule trouvée par la médiation est un compromis essayant de donner satisfaction aux deux camps avec la formulation suivante: « les régions du Nord, appelées par certains Azawad». Toutefois, ce texte ne reconnaît pas de sens politique à l’ «Azawad».

Après avoir abandonné la revendication indépendantiste lors de la signature des accords de Ouagadougou en 2013, les mouvements armés de la Coordination souhaitaient une organisation fédérale. La médiation a finalement fait le choix d’une structure basée sur la décentralisation, tout en donnant la possibilité aux autorités locales élues au suffrage direct de prendre leurs propres décisions concernant l’aménagement, les services sociaux, les budgets, le développement ou la sécurité locale.

L’Etat aura pourtant son mot  dire selon la médiation. En effet, les décisions seront contrôlées par le gouvernement, ce qui semble satisfaire les représentants des mouvements armés. Egalement, le texte d’accord prévoit la création d’une deuxième chambre au parlement, qui permette une meilleure représentation des populations du Nord dans les institutions.

 

La création d’une police régionale

La médiation laisse finalement l’Etat redistribuer un pourcentage des ressources issues de l’exploitation minière, repoussant les discussions sur les critères d’évaluation de cette redistribution des richesses, mais elle estime que 30% des recettes budgétaires de l’Etat doivent être attribuées aux régions du Nord. La proposition d’accord de la Coordination incluait la compétence des régions du Nord sur l’exploitation des ressources naturelles et minières.

En matière sécuritaire, des patrouilles mixtes incluant toutes les parties négociant à Alger devront être opérationnelles dans un délai de 2 mois. La réintégration des combattants et le redéploiement de l’armée devraient débuter dans ce même délai. Le texte répète que les forces de sécurité doivent inclure des membres de toutes les parties signataires. Un corps de police relevant de la compétence des régions sera créé dans un délai d’un an.

Après une période intérimaire au cours de laquelle l’Etat s’engage à reformer les textes législatifs du pays pour permettre l’application de l’accord, le texte prévoit l’organisation de nouvelles élections pour renouveler les assemblées locales, les élus des communes et des cercles.

 

La précédente version du texte d’accord évoquait un retard considérable de développement des régions de Kidal, Gao et Tombouctou. La médiation demande désormais la mise en place des dispositifs de soutien de façon prioritaire aux régions du Nord. L’annexe 3 de l’accord détaille une série de mesures à réaliser à court terme, comme l’organisation de la rentrée scolaire, la réalisation de forages hydrauliques à Kidal et Gao, ou encore la distribution d’intrants agricoles et l’organisation de campagnes de vaccination du bétail.

Par contre, le texte ne tranche pas sur les responsabilités de la crise au cours de laquelle des crimes graves ont été commis par des groupes armés. Mais la médiation propose que cette question soit réglée à l’interne. Elle demande aux acteurs engagés dans le dialogue de mettre en place un débat national qui permettra la rédaction d’une «Charte pour la paix, l’unité et la réconciliation».

Soumaïla T. Diarra

SOURCE : L Aube

Pourparlers sur les accords d’Alger : Le Mali signe la paix – Le Mnla joue aux prolongations

Les négociations, offertes sur un plateau d’or, par les partenaires du Mali dans la capitale algérienne (Alger) arrivent à leurs phases terminales après huit mois de purgatoire.

Amadou Haya Sanogo à la barre, en juin prochain : «Un dossier très suivi par les diplomates occidentaux au Mali»… Le PG Tessougué n’apprécie pas

Le suspect sera jugé, probablement au mois de juin prochain… En attendant, les diplomates accrédités à Bamako suivent de près le dossier. Toute chose que n’apprécie guère le Procureur Daniel Téssougué.

Accord d’Alger : LES FELICITATIONS ET LES ENCOURAGEMENTS DES ETATS-UNIS

Les Etats-Unis saluent le paraphe de l’accord de paix entre le gouvernement et des groupes armés du Nord, dimanche à Alger. C’est un communiqué de l’ambassade des Etats-Unis à Bamako qui l’indique, relevant que « l’accord consacre la mise en place d’un plan crucial pour restaurer la sécurité, promouvoir une paix durable, soutenir le développement économique, améliorer la gouvernance, consolider la réconciliation et renforcer la justice ».

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« Les Etats-Unis, poursuit le communiqué, sont conscients que toutes les parties à ces négociations ont dû faire des compromis cruciaux afin de parvenir à cet accord. Nous félicitons tous ceux qui ont paraphé l’accord de paix et encourageons ceux qui ne l’ont pas encore fait, de le faire sans délai afin que toutes les parties puissent avancer dans la mise en œuvre de cet important accord aussi rapidement que possible. Dans cet esprit, ne laissons pas la «perfection» être l’ennemi du bien ».
« Les Etats-Unis saluent l’engagement des parties pour la réconciliation nationale et la résolution des différends à travers le dialogue et les encouragent vivement à poursuivre la dynamique de dialogue pacifique et inclusif. En avançant, il sera critique que toutes les parties résolvent pacifiquement leurs différends et travaillent ensemble pour continuer à construire des structures de gouvernance et de sécurité au service de tous les Maliens », poursuit le texte.
Enfin, ils remercient le gouvernement de l’Algérie pour ses efforts de médiation, avec le soutien de la MINUSMA, de l’Union africaine, de la CEDEAO, l’OCI, de l’Union européenne et des gouvernements du Burkina Faso, du Tchad, du Niger, du Nigéria, de la Mauritanie et de la France. « Les Etats-Unis, conclut le communiqué, remercient la MINUSMA pour son aide appréciable aux parties à arriver à un accord et pour son rôle de soutien continu à la paix et la réconciliation ».

source : L Essor

L’Algérie et les Etats-Unis soutiennent la solution politique

L’Algérie et les Etats-Unis ont réaffirmé, hier à Alger, leur soutien aux efforts de l’ONU pour une «solution politique» à la crise en Libye. Au cours d’un entretien entre le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Abdelhamid Senouci Bereksi, et une délégation américaine conduite conjointement par l’assistante du secrétaire d’Etat chargée des Affaires du Proche-Orient, Anne Patterson, et l’assistant du secrétaire d’Etat chargé des Affaires économiques et commerciales, Charles Rivkin, dans le cadre des consultations politiques régulières entre l’Algérie et les Etats-Unis.

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Les deux parties ont procédé à un échange de vues sur les questions régionales, notamment la situation en Libye et au Mali, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Les deux parties ont «réaffirmé leur soutien aux efforts de l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, Bernardino Léon, visant à parvenir à une solution politique de la crise dans ce pays». «La partie américaine a exprimé son soutien aux efforts de l’Algérie appelant à une solution politique en Libye, fondée sur un dialogue inclusif et a félicité l’Algérie pour les efforts consentis pour l’aboutissement à un accord de paix et de réconciliation intermalien au lendemain de son adoption à Alger», relève la même source.

A l’occasion de cette rencontre, les deux parties «ont également passé en revue les principaux dossiers de la coopération bilatérale dans la perspective de la tenue, en avril 2015 à Washington, de la troisième session du dialogue stratégique algéro-américain qui constitue le cadre général des consultations entre les deux pays»,
a-t-on souligné.

Mali : du plomb dans l’aile des négociations d’Alger

Les négociations d’Alger pour le retour de la paix tirent à leur fin. Il est prévu ce dimanche, la signature d’un accord entre la délégation malienne et les groupes armés pour qu’enfin, les armes cessent de crépiter et que la paix s’installe dans la partie septentrionale du Mali.

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Seulement, on est encore loin de dire que le Mali sort de l’auberge avec ce document préparé par Alger avec la bénédiction des partenaires membres de la médiation tels que l’Ua, l’Ue, la Cedeao, le Tchad, le Niger, le Nigéria le Burkina Faso, la Mauritanie, l’organisation de la Coopération islamique. Il y a en réalité un point qui plombe ce projet d’accord dont la signature illico-presso ce dimanche tient à cœur aux médiateurs qui veulent en finir avec ce dossier de négociation  qui s’éternise  depuis le début le 16 juillet 2014.

Ce point d’achoppement, c’est  la question de l’autonomie de l’Azawad ou à défaut le fédéralisme.  Le texte à parapher ce dimanche 1er mars 2015 ne parle aucunement de fédéralisme encore moins d’autonomie comme le réclament des groupes armés du Nord.  Seule avancée, la dénomination Azawad est officiellement reconnue comme une «  réalité humaine, socio-culturelle mémorielle et symbolique partagée par différentes populations du Nord ». Reconnaissance qui reste insuffisante pour les  groupes armés indépendantistes qui montent les populations contre le texte qui leur est soumis. A la base, les manifestations de populations sont suscitées et face aux médiateurs, la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) s’adonnent à un jeu clair-obscur réclamant une ultime prolongation de 72 heures.

Un tient vaut mieux que deux tu l’auras

L’autonomie ou le fédéralisme réclamés ne sont en effet pas une fin en soi. Rien n’indique que cela sera la porte ouverte sur le bonheur que les groupes armés miroitent aux populations. Les exemples du Nigéria ou du Sud Soudan en disent long. Ce sont ces mêmes groupes armés qui une fois l’autonomie obtenue, se livreront une guerre de leadership qui fera de cette partie un bastion du djihadisme. Et puisqu’il est déjà une avancée, la reconnaissance officielle de l’Azawad, il apparaît judicieux que les populations adhèrent aux propositions d’amélioration consignées dans le présent projet tout en maintenant la pression sur Bamako pour leurs applications. Les médiateurs à cet effet, ont eu l’humilité de reconnaître que l’accord n’a pas la prétention de résoudre à la fois  et dans l’immédiat tous les problèmes posés une crise cyclique profonde et multiforme » mais qu’il représente un cadre pour une nouvelle gouvernance basée sur la libre administration.

source : lanouvelletribune.info

Crise Malienne : Un accord de réconciliation trouvé

Un accord de paix et de réconciliation: dimanche à Alger, après huit mois de négociations, le gouvernement malien et les groupes armés pro-gouvernementaux ont apposé leur paraphe sur un document qui prévoit la fin des violences au nord du pays. Quant à la rébellion, la Coordination des mouvements de l’Azawad qui regroupe les principaux groupes à dominante touareg, elle demande un délai pour consulter sa base et la population.

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Cet accord est destiné à conclure les discussions rassemblant l’ensemble des parties prenantes au conflit dans le nord du Mali où a été lancée en janvier 2013 l’intervention internationale Serval initiée par la France.
Le texte ne parle ni d’autonomie ni de fédéralisme, mais insiste sur l’unité et l’intégrité territoriale ainsi que sur le caractère républicain et laïc de l’État, mais intègre l’appellation d’Azawad en réponse aux revendications des rebelles.
Il prévoit la création d’assemblées régionales élues au suffrage universel direct, dotées de pouvoirs importants dans un délai de dix-huit mois, ainsi que le redéploiement progressif dans le nord du pays d’une armée restructurée, intégrant notamment des combattants des mouvements de cette région « y compris dans le commandement ».

PAR MLSIDIBE

A la loupe : Complications supplémentaires

La situation va-t-elle se compliquer dans les régions de Kidal et de Ménaka avec les manifestations dans certaines localités du nord consécutives au refus des représentants du Mnla de parapher le projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali ?

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En tout cas, elle pourrait vite dégénérer si les parties, notamment la médiation internationale drivée par l’Algérie et la France qui en tire les ficelles, s’obstinent à faire fi de différents signaux alarmants qui se sont déclenchés ces jours-ci. Le premier est venu de Mohamed Ag Intallah. Le nouvel Amenokal des Touareg a proclamé, la semaine dernière, son refus de toute forme d’autonomie, de fédéralisme ou d’indépendance de la région de Kidal, donc son attachement à l’intégralité territoriale et à la forme républicaine du Mali. « Je suis Malien », a-t-il affirmé. Quelques jours après cette déclaration, la délégation qui est censée représenter sa région refuse de parapher un document présenté par les médiateurs. Mohamed Ag Intallah est Targui. Comme la plupart des fondateurs et combattants du Mnla. Que pourrait coûter aux négociations de paix un soudain antagonisme ? Difficile de le dire, pour le moment, en l’absence d’une déclaration ou d’une prise de position du Hcua. Sauf à considérer que celui-ci s’est déjà exprimé par la voix d’un de ses chefs, l’Amenokal des Touareg, frère du chef du Hcua. Dans lequel cas, il est à craindre que l’antagonisme entre le Mnla et le Hcua ne devienne plus violent que les affrontements entre la coordination des mouvements de l’Azawad et la plateforme des mouvements de résistance.

Risques de violence

Le principal bénéficiaire d’une telle situation de violence ne peut être qu’Iyad Ag Ghaly, le chef d’Ansar Eddine, ce mouvement terroriste qui a eu le temps, ces derniers temps, de s’enrichir grâce au narcotrafic et à ses rapprochements avec des réseaux jihado-salafistes qui pullulent dans la bande sahélo saharienne. Par le passé, c’est avec son argent qu’Iyad Ag Ghaly a pu recruter dans les régions du nord. Notamment, il a pu avoir dans ses rangs des hommes comme Alghabass Ag Intallah, le chef du Hcua. Et si ces hommes l’avaient quitté, ce n’est pas seulement parce qu’il était devenu infréquentable, traqué par l’Occident, notamment les Etats-Unis d’Amérique, c’est surtout qu’il n’avait plus les moyens d’entretenir des hordes de mercenaires. Aujourd’hui, on dit qu’il a de l’argent. Et il pourrait profiter de l’antagonisme entre le Mnla et le Hcua pour recruter de part et d’autre. Plus certes au sein du mouvement sécessionniste car Bilal Ag Acherif et ses camarades n’ont plus les moyens de leur guerre de sécession, ayant connu de nombreuses défections et enregistré de nombreuses pertes matérielles, logistiques et humaines. Ils ont également perdu des soutiens à cause de leur intransigeance à aller à contre-courant des réalités géostratégiques et politiques. Mais il leur reste tout de même quelques combattants qui, s’ils ne peuvent tenir tête à la Plateforme des forces de résistance, pourraient être d’un apport notable pour Iyad Ag Ghaly. Et Ansar Eddine renforcé, c’est une menace supplémentaire pour toute la zone, malgré la présence des forces françaises et onusiennes.

Tester l’Amenokal

Celles-ci gagneraient beaucoup, puisqu’à l’évidence leur objectif est la lutte contre le narcotrafic et le terrorisme, de tester la sincérité de Mohamed Ag Intallah quant à ses nouvelles dispositions envers un Mali un et indivisible ; et, au cas où il s’avérait qu’il n’y aurait aucune duplicité dans sa nouvelle attitude, l’aider à asseoir et à étendre son autorité et son pouvoir sur l’ensemble des communautés touarègues dont il est censé être le chef. La médiation a de l’influence sur le Mnla, surtout sur ses responsables touareg (les autres ne sont que du menu fretin), et pourrait ramener le Mouvement à signer l’accord de paix et de réconciliation ; l’Amenokal a des rapports étroits avec Iyad Ag Ghaly et pourrait relancer la collaboration qu’ils avaient jadis ; le chef d’Ansar Eddine sait où se trouvent les terroristes et narcotrafics, principales cibles de la France et des Nations Unies. Il n’y a plus qu’à faire jouer ses liens en n’omettant pas de démontrer à chacun les intérêts des uns et des autres.

Cheick TANDINA

source :  Le Prétoire

Projet d’accord de paix d’Alger : LE GOUVERNEMENT ET LA PLATEFORME PARAPHENT LE DOCUMENT

Après six mois de négociations en dents de scie, un projet d’accord de paix proposé par la médiation internationale a été paraphé hier à l’Hôtel Aurassi d’Alger. Toutes les parties aux pourparlers ont paraphé le document. A l’exception notable de la Coordination des groupes armés de l’Azawad (rébellion), qui a demandé un temps de réflexion et de consultation de sa base. Ibrahim Ag Mohamed Assaleh qui a porté la voix des rebelles « demande à la médiation internationale de lui accorder le temps et le soutien nécessaires pour partager de bonne foi le projet d’accord avec les populations de l’Azawad dans un délai raisonnable avant tout paraphe ».



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En réponse à cette demande, la médiation conduite par la diplomatie algérienne, a souligné l’urgence de la question avertissant que le temps de la réflexion était dépassé. Au total, six groupes ont participé aux cinq rounds des négociations qui ont débuté depuis juillet 2014 : le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), le Mouvement arabe de l’Azawad-dissident (MAA-dissident), la Coordination pour le peuple de l’Azawad (CPA) et la Coordination des Mouvements et Fronts patriotiques de résistance (CM-FPR).
Dans une déclaration lue en salle par l’ambassadeur Ayadi Nourdine, la médiation a indiqué que cette étape est le résultat d’un long chemin de pourparlers pour la paix. Elle a été conduite avec lucidité et disponibilité, estime la médiation pour qui l’exercice a été transparent et ouvert. Elle a donné toute la latitude aux parties afin d’expliciter leurs positions. « Le texte finalisé de cette 5e et dernière phase concrétise le ferme engagement des parties de mettre fin à la crise par le dialogue », soulignent les négociateurs.
« L’accord ainsi obtenu n’a pas la prétention de résoudre à la fois et dans l’immédiat tous les problèmes posés par une crise cyclique, profonde et multiforme. Il constitue, néanmoins, un pas décisif vers la paix et la réconciliation nationale et offre aux Maliens un cadre inclusif et dynamique de réponse aux multiples défis politiques », estime la médiation dans sa déclaration.

LE CHOIX DE L’ALGERIE. Le porte-parole de la Plateforme, Harouna Toureh qui a pris la parole après le paraphe du document, s’est engagé à respecter l’esprit de l’accord. « Nous ferons tout pour que cet accord vive et qu’il permette à toutes les populations du Mali de retrouver le vivre ensemble, comme par le passé », a-t-il assuré, avant de remercier la médiation pour la qualité du travail accompli. Il a invité les rebelles à revenir à de meilleurs sentiments. « Nous ne pouvons indéfiniment créer des misères au Nord du Mali », a fait remarquer le porte-parole de la Plateforme.
Pour le chef de la délégation gouvernementale, Abdoulaye Diop, cette cérémonie de paraphe et le résultat qu’elle consacre sont la preuve que le président de la République ne s’était pas trompé en choisissant l’Algérie en janvier 2014 pour conduire ce processus. « La crise dont le Mali sort, lentement mais sûrement, a été particulièrement douloureuse pour le peuple malien et ses autorités. Cependant, le gouvernement ne s’est jamais départi de l’idée que la négociation politique est la seule solution qui vaille pour résoudre cette crise aux multiples dimensions », a souligné le ministre Diop avant d’ajouter que « les armes et la violence n’ont jamais réglé un problème ». «Le dialogue est l’arme des forts, a enchainé le chef de notre diplomatie, les armes sont les instruments des faibles ».
Et Abdoulaye Diop d’ajouter : « ensemble nous venons de faire triompher la fraîcheur de l’arme du dialogue là où a échoué la chaleur torride et destructrice de l’arme à feu » parce que « l’accord de paix que nous venons de parapher est le couronnement de plusieurs mois de travail minutieux, d’engagement et de courage politique, des parties maliennes aux pourparlers d’Alger qui ont bénéficié de l’accompagnement sans faille de la communauté internationale ». Abdoulaye Diop a salué ses « frères et sœurs » des mouvements de la Coordination et de la Plateforme pour leur sens de « la responsabilité et du compromis » et loué leur « patriotisme ».
Le ministre Diop s’est ensuite réjoui que le projet d’accord de paix et de réconciliation préserve la souveraineté, l’intégrité territoriale, le caractère unitaire, républicain et laïc du Mali. Parlant toujours du document, le chef de la délégation gouvernementale 
reconnaît volontiers qu’il n’est « pas parfait ». « Mais à qui appartient la perfection en dehors de Dieu ? Nous savons que chaque partie aurait voulu gagner plus et mieux. Mais où s’arrête ce gain ? Peut-on jamais contenter entièrement les ambitions humaines ? », s’est interrogé le ministre des Affaires étrangères de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale.
Il indique cependant que « cet accord a le mérite de la clarté et de l’équilibre, même dans ses « ambiguïtés positives ». « Il a surtout le mérite de ne faire ni vainqueur ni vaincu. Il constitue un cadre de travail consensuel pour toutes les ambitions en faveur du peuple malien dans toutes ses composantes, sa diversité, sa richesse » a analysé Abdoulaye Diop.
Le représentant spécial des Nations Unies, Mongui Hamdi a, pour sa part, exprimé sa grande satisfaction de voir l’accord paraphé grâce à l’engagement de pays frères. Il a exhorté toutes les parties prenantes à cultiver la paix dans leur vie de tous les jours. Le chef de la Minusma a invité toutes les parties concernées à maintenir l’esprit constructif dont elles ont fait montre en s’acquittant pleinement de leurs responsabilités respectives, conformément à cet accord et à continuer la recherche de solutions mutuellement agréés à toutes les questions qu’elles jugeraient nécessaires et pertinentes pour la consolidation d’une paix et d’une réconciliation nationales effectives et durables dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord. Mongui Hamdi a précisé, comme d’autres orateurs, que le paraphe n’est que le début d’un processus pour parvenir à un règlement définitif de la crise malienne.
Pierre Buyoya de l’Union africaine s’est félicité du résultat et a dit combien l’organisation continentale est soucieuse de l’avenir de notre pays. A l’adresse de la CMA qui n’a pas paraphé l’accord, il a averti que des occasions pareilles ne se présentent pas « tous les jours et tout le temps ». C’est pourquoi, il a invité les responsables rebelles à parapher le plus tôt possible le document.
A son tour, le représentant de la CEDEAO, Cheaka Abdou Touré a reconnu que l’accouchement a été douloureux. Mais, le jeu en valait la chandelle, a-t-il dit en substance. « La signature est une étape, il faut maintenant passer à l’essentiel avec plus d’engagement politique », a ajouté le diplomate de l’espace communautaire.
Le chef de file des médiateurs, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a salué l’avènement d’une ère nouvelle. « Ce document n’est pas parfait », reconnaîtra-t-il avec humilité. Mais « le compromis » était nécessaire pour cultiver « le vivre ensemble » ancestral. Les représentants d’autres pays amis (France, Etats-Unis, Burkina Faso, Niger, Mauritanie, Tchad) ont béni l’accord qui sera officiellement gravé dans le marbre dans notre pays à une date qui n’est pas encore connue.
Envoyé Spécial
A. M. CISSE

Processus d’Alger : CHRONIQUE D’UN ESPOIR REPORTE

Le gouvernement et la Plateforme avaient jugé le projet d’accord « équilibré », mais la Coordination avait demandé à le rendre plus « acceptable »

Les choses se sont accélérées à Alger dans les derniers jours de la semaine passée. La médiation avait déclenché le départ sur une éventuelle dernière ligne droite le mercredi soir en mettant à la disposition des parties aux négociations inter maliennes une proposition d’accord. Les différents protagonistes avaient aussitôt multiplié les réunions et les apartés pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants du document. Jeudi matin, le ballet avait repris de plus belle. La médiation avait entendu les appréciations préliminaires des uns et des autres. « Il faut prendre en charge les observations pertinentes avant de procéder au paraphe de l’accord », nous avait alors indiqué un négociateur avant de s’engouffrer dans la salle réservée aux échanges.
Autant le dire tout de suite : l’accord proposé par la médiation internationale n’avait pas à ce moment toujours pas fait l’unanimité à El Aurassi Hôtel. Le gouvernement et la Plateforme avaient salué le document qu’ils jugeaient « équilibré ». Par contre, des réserves avaient été émises par la Coordination.
Les leaders des différentes délégations avaient eu l’occasion de se prononcer sur le sujet à l’issue des rencontres avec la médiation. Le chef de la délégation gouvernementale, Abdoulaye Diop, avait rappelé que notre pays venait de très loin. Par conséquent, il est important de préserver l’essentiel en allant de l’avant. « Nous avons été convoqués par la médiation suite à la remise hier à toutes les parties d’un document de compromis, avait indiqué le ministre. Nous avons remercié tous les membres de la médiation pour les efforts déployés depuis le début du processus jusqu’à ce moment précis. Les derniers jours ont été très difficiles, très longs. L’équipe de la médiation a travaillé d’arrache-pied pendant de longues heures pour pouvoir arriver à ce document. Nous nous sommes aussi félicités de la qualité du projet d’accord qui, de notre point de vue, est un document équilibré ». Pour le ministre, « le document prend en charge les préoccupations essentielles du Mali » parce qu’articulé « autour de la libre administration des collectivités dans le cadre d’un Etat unitaire ».
SUR LA BASE DE COMPROMIS. Abdoulaye Diop avait ajouté : « Nous pensons que le projet d’accord s’inscrit dans le cadre des limites exprimées par le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta. Il faut rappeler qu’il n’était en aucun cas possible pour nous de nous engager dans une entreprise de fédération ou d’autonomie quelconque. En outre, l’intégrité territoriale du Mali, le caractère laïc et républicain de l’Etat devaient être absolument préservés. Toutes ces lignes sont clairement respectées dans le document. On y trouve aussi une offre politique en matière de développement et de défense qui permet à tous les Maliens et toutes les Maliennes de se retrouver, en particulier les populations vivant dans les régions septentrionales ».
Le ministre avait considéré le document de la médiation comme un premier pas pour aller vers la paix. « Nous souhaitons qu’un compromis se fasse rapidement autour de ce document », avait insisté Abdoulaye Diop qui s’était dit « satisfait par rapport aux éléments clés présentés».
Mêmes sentiments de satisfaction du côté de la Plateforme des mouvements armés de l’Azawad. Son porte-parole, Me Harouna Toureh, avait jugé le document « équilibré ». « A la lecture que nous avons faite du projet d’accord, les questions de forme sont traitées, les préoccupations des populations du Nord sont prises en compte. Il faut savoir que c’est un acte conçu sur la base de compromis. Donc, toutes les parties doivent pouvoir se retrouver dans ce document d’une façon ou d’une autre. C’est comme ça que je vois les choses », avait indiqué Me Harouna Toureh qui avait alors espérer que le document serait paraphé à Alger, puis signé à Bamako « dans les prochains jours ».
« Il faut dire qu’on a pas eu 100% de ce qu’on a demandé et nulle partie n’a eu 100% de ce qu’elle demandait. Nous avons globalement eu satisfaction sur des points très importants qui vont apporter aux populations de nouveaux espoirs quant à la gouvernance. Les populations vont pouvoir se prendre en charge, assumer leur destin sans contrainte. Les questions de sécurité qui sont importantes pour la survie de notre pays sont également au centre de cet accord», s’était à ce moment félicité le responsable de la Plateforme qui, comme la partie gouvernementale, avait rencontré la médiation.
« PLUS COMESTIBLE ». Mais c’était un tout autre sentiment qui prévalait en fin de semaine dernière dans les rangs de la Coordination des mouvements de l’Azawad qui avait misé sur le fédéralisme. La médiation avait rejeté ce scénario comme non pertinent. Le projet d’accord que proposent les médiateurs met en avant le développement harmonieux d’un Etat uni, républicain et laïc. Mais la Coordination avait d’emblée considéré que le document constituait une pilule qui avait du mal à passer. En avait témoigné la très longue discussion que ses représentants avaient eue avec la médiation dans la soirée du jeudi passé.
Mohamed Ousmane Mouhamedoun de la cellule de communication de la Coordination, que nous avions rencontré, n’avait pas donné la position définitive de son regroupement clarifié. Il s’était limité à indiquer que le document était à « l’étude », autrement dit examiné en collaboration avec la médiation. « Nous sommes en train d’écouter les commentaires des médiateurs. Pour l’instant, nous n’avons pas donné notre avis sur le document. Demain (NDLR – vendredi dernier) dans la journée, nous allons envoyer nos suggestions », avait-il fait savoir. « Dans la globalité, avait ajouté notre interlocuteur, nous pensons que le moment est venu pour que les parties fassent des compromis courageux. Nous y sommes engagés. Nous sommes en train de rendre le document beaucoup plus comestible, plus acceptable par ceux qui portent les revendications ».
Pour le communicant, la Coordination était toujours dans le processus de négociation et par conséquent, aucun document n’était donc rejeté. « Notre souci, a insisté Mohamed Ousmane Mouhamedoun, est d’aller vers un accord. Nous avons fait ce choix depuis huit mois».
En fin de semaine passée, on sentait déjà que les réserves de la Coordination sur le document risquaient de mettre à mal le respect de l’agenda initial de la médiation. Celle-ci entendait en effet faire parapher le document hier dimanche. Longtemps, la majorité des protagonistes a espéré sur un consensus de dernière minute. Pour elle, un retard ne prêtait pas trop à conséquence, l’essentiel étant que le projet d’accord soit sincèrement accepté par tous. Mais cet espoir s’est dissipé hier matin quand la Coordination a fait savoir sa position (Voir article ci-contre).
Envoyé spécial
A. M. CISSE

source : L Essor

Pourparlers inter-maliens à Alger : Que vaut un accord sans le Mnla ?

Depuis ce dimanche 1er mars, les rideaux sont tirés sur le 5ème round des négociations inter-maliennes à Alger sous l’égide de l’Algérie auquel s’est adjoint tout le gotha international.

manifestation contre mali kidal mnla azawad touareg

Si au sortir de ces joutes oratoires, le  sourire était au coin, et les mines débridées, suite au paraphe du document final par une partie des protagonistes, il reste que la position figée des irrédentistes touaregs du Mnla suscite bien d’’intérrogations sur, d’abord, le règlement de fond de la crise et ensuite sur la marge de manœuvre réelle qui restera au gouvernement dans la mise en œuvre efficiente des termes de l’accord.

Or donc, les velléités aussi malveillantes soient-elles peuvent ainsi se diluer allégrement dans les effluves de la bonne foi pour autant que les conditions idoines s’y prêtent.

C’est cette démonstration cartésienne qui eut droit de cité dans la capitale algérienne avec le paraphe du document de synthèse faisant foi d’accord entre les différents protagonistes de la crise du nord.

Sans toutefois jouer au rabat joie, il est impérieux d’ausculter au mieux cette option de paraphe partielle sous toutes ses coutures, si tant est qu’on veuille bien éclairer l’opinion nationale.

Donner dans le dilatoire et utiliser la forme biaisée de la communication institutionnelle pourraient conduire à un effet boomerang dont le gouvernement a bien pu, opportunément, se passer en se fendant d’une déclaration apaisante à fort relent de supplication.

Très en verve, le Premier ministre Modibo Keita dans un style rappelant l’adresse normative de l’eclesiat aux corinthiens, a parlé sans fards, avec le cœur et dans une litanie rappelant les grands principes de la nation, les prescriptions fortes servant de ferment à l’unité nationale et à la cohésion sociale.

Ainsi soit-il ! Au delà de l’émotion suscitée par cet acte de haute portée à la fois symbolique et historique posé par des protagonistes visités par la grâce, une véritable énigme demeure pourtant sur la suite du processus global de sortie de crise, au moment où le symbole même de la résistance touareg, le Mnla décide de rompre les amarres et se mettre en travers de la République.

D’aucuns verront de ce paraphe de l’accord, un simple pis-aller pour donner l’occasion au gouvernement de se présenter sous un bon jour lors de la restitution devant le peuple malien. D’autres y verront même un signe de fébrilité consécutif à une forte pression de la communauté internationale peu ou prou encline à mettre le holà. De toutes ces supputations, l’histoire retiendra qu’un accord a été paraphé entre parties à Alger en économie des lassitudes et des dénis fâcheux qui ont tout le temps émaillés ces négociations. Reste maintenant à savoir l’étape suivante, après ce paraphe de l’accord, d’autant que le document reste entier, autrement qu’il demeure le bréviaire pour la redéfinition du nouveau cadre institutionnel devant régir la nation entière de Kidal à Kayes.

Mais force est de reconnaitre que ce vœu, pour qu’il sorte de l’univers de la vacuité, doit être accompagné  d’une bonne dose de réalisme avec le sempiternel problème d’insécurité dont les dépositaires attitrés restent le Mnla. D’où la question de savoir la portée réelle de ce document paraphé à Alger. Procède-t-il, d’une stratégie de fractionnement devant aboutir, à terme, à l’isolement donc à l’amenuisement complet des capacités de nuisance du Mnla ?

On peut le penser sans toutefois le jurer d’autant que les damnés de Kidal en affichant cette posture de repli intégral sur soi, dissimulent, on s’en doute, des velléités négationnistes souvent actés sous la grande mansuétude de la communauté internationale.

Aujourd’hui, le malien lamda se pose la question de savoir si ce bienveillant accord obtenu mettra fin aux supplices des populations du nord.

L’affirmative est trop osée pour peu qu’on fasse preuve de réalisme, car il est évident qu’un accord sans le Mnla est très différent d’un accord impliquant celui-ci.

Cela est d’une évidence criarde. Au gouvernement malien de capitaliser au mieux cet acquis, cela avec la bienveillante implication de l’Algérie et de la communauté internationale très souvent prise en flagrant délit de duplicité. Egalement en travaillant le Mnla au corps afin de l’amener, dans un bref délai, à endosser l’accord.

De même que la vigilance doit rester de mise en ce qui concerne les velléités sécessionnistes des touaregs de Kidal qui pourraient astucieusement profiter de ce repli stratégique pour se faire oublier un tant soit peu pour  conforter leur position, dynamiser leur diplomatie et au final, se faire adouber par une communauté internationale à la versatilité légendaire. Alors, c’est le Mali qui se sentira floué. Touchons du bois !

Amadou SANGHO

source : Le Prétoire

Le Mot de la semaine : DANGER

A  quel jeu se prête la médiation internationale ? Le Projet d’accord de paix,  proposé par la médiation n’est ni plus ni moins qu’un projet de fédéralisme, lequel fait la part belle aux régions du Nord.

Projet d’accord : Que propose le document ?

Le document final proposé par la médiation à Alger au gouvernement et aux mouvements armés, comporte 67 articles et 3 annexes relatives à la période intérimaire, à la défense et à la sécurité et aux actions et projets de développement du Nord.

Sortie de crise : -Le MNLA et ses alliés trainent le pied – la France appelle tous les groupes à « signer sans délai »

Le gouvernement a signé dimanche à Alger avec une partie des groupes armés du Nord du pays un “accord de paix et de réconciliation” pour mettre fin aux violences. Mais, le MNLA et ses alliés ont demandé un temps pour aller consulter leurs bases. Ce qui n’a plus à la médiation internationale. Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, en appelant tous les groupes armés à le signer « sans délai ».

Accords inter-maliens à Alger: la CMA demande du temps

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) refuse d’approuver l’accord de médiation proposé par l’Algérie entre le gouvernement de Bamako et les groupes armés du Nord. Ce texte est issu de sept mois de négociations censées mettre fin aux tensions politiques dans le nord du Mali, mais il est loin de satisfaire tous les protagonistes, en particulier ceux qui réclament une véritable autonomie. Il a été paraphé ce dimanche par les parties prenantes, sauf la CMA.

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Ce dimanche 1er mars, l’accord de paix et de réconciliation pour le Mali a été paraphé par le gouvernement de Bamako et par la moitié des groupes armés représentés à Alger. Mais la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui regroupe le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad, le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et la Coalition du peuple pour l’Azawad (CPA) a expliqué dans la matinée, dans une déclaration, pourquoi elle ne paraphait pas le texte.

La CMA souhaite expliquer le document à sa base

Dans une déclaration en huit points, la CMA, qui regroupe les quatre mouvements non signataires (cités ci-dessus), a expliqué pourquoi elle se réservait pour l’instant. Elle affiche une raison principale : le besoin de temps et de moyens logistiques pour « partager de bonne foi le projet d’accord avec les populations de l’Azawad dans un délai raisonnable avant tout paraphe ».

Le porte-parole de la délégation à Alger, Mohamed Ousmanne, explique à RFI : « Nous ne rejetons pas l’accord, cette cause ne constitue pas un facteur de blocage, mais c’est dans un souci de mieux expliquer. Nous devons retourner vers nos bases pour expliquer ces documents et puis revenir avec beaucoup plus de sérénité. Nous avons dit que l’accord qui nous a été proposé est un des meilleurs accords que nous avons connus par rapport à ce conflit. »

Pierre Buyoya, le Haut Représentant de l’Union africaine pour le Mali, a d’ailleurs indiqué aux délégués de cette coordination que, pour lui, la porte restait ouverte. « Nous vous faisons confiance, a-t-il dit ce dimanche matin, nous savons que vous êtes pour la paix. » Et d’ajouter : « Je n’ai pas de doute. Dans quelques jours, ils viendront apposer leur paraphe. »

Dans une déclaration lue ce dimanche matin, mais dont RFI connaissait déjà les termes dès la veille, la médiation a bel et bien expliqué que cet accord n’avait pas la prétention de résoudre tous les problèmes posés par la crise dans l’immédiat. Mais ce texte, selon elle, met en place une « nouvelle gouvernance basée sur la libre administration » et contribuera à la lutte contre le terrorisme. Il s’agit d’un cadre, estiment les médiateurs. « A charge pour les parties de saisir les opportunités offertes par ce cadre. »

Réactions de satisfaction à Bamako

Le Premier ministre malien, Modibo Keïta, a reçu ce dimanche des représentants de partis politiques, représentants également de la société civile malienne pour parler justement du projet de cet accord. Il dit que « le projet d’accord soumis aux partis n’est certes pas parfait, mais il constitue un compromis. Le gouvernement accepte, tout en restant vigilant quant à sa mise en œuvre ».

Il a rappelé que l’intégrité territoriale du Mali était respectée dans le texte, qu’il n’y avait pas d’autonomie, qu’il n’y avait pas de fédéralisme. Il a également noté que « les préoccupations essentielles du gouvernement sont sauvegardées dans ce projet d’accord et qu’aucune entité politique née d’un regroupement politique n’existe au-dessus de la région. »

Mais vous savez que dans le mot « accord », il y a l’appellation d’Azawad. Il s’est expliqué devant les hommes politiques, devant les hommes de la société civile, les représentants de la société civile, en disant : « C’est vrai que le mot Azawad figure dans l’accord, mais que maintenant il appartient aux partis d’élucider définitivement la question du terme Azawad et que ce sera tranché à la faveur d’un débat national », débat qui sera organisé comme le prévoit le projet d’accord.

C’est donc la satisfaction qui domine globalement dans le gouvernement malien par rapport à ce projet d’accord, qui a été parafé par les représentants de Bamako, à Alger. En revanche, dans le nord du pays, on a manifesté à l’annonce de cet accord d’Alger, même s’il n’a pas été paraphé par la partie touarègue.

Au nord du Mali, des manifestations ce dimanche

Les mouvements de protestation contre le texte observés depuis hier n’invitent pas à l’optimisme. La base des groupes membres de la CMA réclame plus de fédéralisme.

A Kidal, au nord-est, il y a eu une manifestation ce dimanche. La manifestation se présentait comme une manifestation très importante à Kidal, mais elle a était plutôt moyenne. En revanche, à Ménaka, il n’y a pas eu de manifestation comme prévu. Quelques jeunes ont brûlé des pneus pour exprimer leur rejet du texte. Un peu plus à l’ouest, non loin de Tombouctou, on s’attendait là encore à une manifestation, mais d’après nos informations, il n’y en a pas eu.

« Un texte bénéfique » pour la diplomatie française

Le ministre français des Affaires étrangères a aussi réagi par communiqué à l’accord préliminaire d’Alger sur le nord du Mali. Laurent Fabius se félicite d’une « excellente nouvelle » et exhorte tous les groupes armés à le signer « sans délai ». L’accord est « un texte équilibré et bénéfique pour le pays et la région », souligne le ministre français.

SOURCE : RFI

Le Mali signe un accord de paix avec plusieurs groupes armés

Après huit mois de négociations, le gouvernement malien et une partie des groupes armés du nord du pays ont paraphé, ce dimanche à Alger un “accord de paix et de réconciliation”, qui vise à mettre fin à la guerre au Mali.

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Toutefois, le document n’a pour l’instant pas reçu l’approbation de la Coordination des mouvements de l’Azawad, qui regroupe plusieurs groupes rebelles comme le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Elle a demandé un “délai raisonnable” en vue de consulter les populations qu’elle représente car un “accord non partagé avec les populations” a “peu de chance d’être appliqué sur le terrain”, rapporte la presse internationale.

Cet accord fait suite aux premières négociations, débutées en juillet, qui rassemblent l’ensemble des parties prenantes au conflit dans le nord du Mali. Le texte appelle à “reconstruire l’unité nationale du pays sur des bases novatrices, qui respectent son intégrité territoriale, tiennent compte de sa diversité ethnique et culturelle”.

Comme le souhaitait Bamako, l’accord ne parle pas d’autonomie ni même de fédéralisme, et insiste sur l’unité territoriale, l’intégrité territoriale de l’Etat du Mali, ainsi que sur son caractère républicain et laïc. En revanche, il cite l’appellation d’Azawad, par laquelle les groupes rebelles à dominante touareg désignent cette région, comme une “réalité humaine”, en réponse aux revendications des rebelles.

L’accord prévoit la création d’Assemblées régionales élues au suffrage universel direct, dotées de pouvoirs importants dans un délai de 18 mois, ainsi qu’une “plus grande représentation des populations du Nord au sein des institutions nationales”.

Sur la question de la sécurité, il stipule une refonte de l’armée notamment par l’intégration de combattants des mouvements armés du Nord. En outre, une Commission d’enquête internationale devra faire la lumière sur tous les crimes de guerre, contre l’humanité, de génocide et autres violations graves des droits de l’homme pendant le conflit, selon ce document.

«Cet accord au Mali est un coup d’épée dans l’eau»

Après huit mois de négociations orchestrées par l’Algérie, le gouvernement malien et une partie des groupes armés rebelles ont signé un accord de paix, dimanche, à Alger. Mais ce traité n’a pas remporté l’adhésion de tous. La Coordination des mouvements de l’Azawad (appellation du nord du Mali par les rebelles), dont fait partie le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad), a refusé de le parapher, demandant un délai pour soumettre le texte à l’approbation du peuple. Marc Lavergne, directeur de recherches au CNRS, et spécialiste notamment de l’Afrique sub-saharienne, apporte quelques éléments de réponse à 20 Minutes.

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La Coordination des mouvements de l’Azawad n’a pas signé l’accord et demande un délai. Pourquoi ce refus?

Derrière les étiquettes, ces groupes rebelles sont des clans. Traditionnellement, les touaregs se battent pour un accès aux pâturages ou aux puits. Derrière ce refus, on comprend que cela se joue au niveau infra politique. Ce sont des problèmes de concurrences entre groupes armés car je ne pense pas que cette coordination soit aux mains d’influences islamistes ou de puissances étrangères.

En refusant de signer, le MNLA peut-il remettre en cause cet accord?

Le MNLA, en tant que groupe le plus structuré politiquement, tente d’obtenir des garanties supplémentaires, notamment de la part des Algériens et des Français qui sont à la manœuvre. Les dirigeants du MNLA font un peu de théâtre mais ils reviendront à la table des négociations sans relancer le conflit car leur intérêt, c’est aussi de lutter contre les islamistes, tout comme la France. Ils font donc simplement monter les enchères dans les négociations.

Cette signature partielle n’est-elle pas synonyme d’échec pour l’Algérie qui a mené les négociations?

L’Algérie veut se faire passer pour un faiseur de paix, mais on constate, avec ce refus, un manque de préparation en amont. Cet accord est un coup d’épée dans l’eau. On ne règle pas les problématiques de fond avec ce traité, on soigne simplement une blessure alors que le corps entier est malade.

Les demandes des touaregs sur une meilleure reconnaissance de leur langue, de leur culture et de leur citoyenneté sont légitimes. Mais une fois que l’on aura donné plus de pouvoirs aux nomades, notamment en leur attribuant des postes de gouverneurs dans un futur redécoupage administratif au nord du pays, pourquoi ne pas donner également plus de pouvoirs aux autres peuples du Mali? Il ne suffit pas d’acheter les rebelles en réglant les choses de manière sécuritaire pour leur faire déposer les armes. Il est fondamental de repenser l’Etat malien dans son ensemble. La problématique vient du pouvoir central à Bamako.

L’accord signé, la France va-t-elle se retirer du Mali où elle est engagée depuis 2013?

La France ne dispose pas d’une armée aguerrie pour ce type de terrain mais elle ne peut pas retirer ses troupes. La menace de Boko Haram est toujours présente, le Cameroun et le Tchad sont sûrement les prochains foyers de tensions et la France ne peut pas abandonner les Américains, également engagés sur le terrain. Le Mali est une épine mais les forces françaises resteront en veille sur ce territoire.

SOURCE : monde

Pourparlers inter maliens à Alger : pour l’instant, la Coordination des mouvements de l’Azawad ne paraphe pas

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) refuse d’approuver l’accord de médiation proposé par l’Algérie entre le gouvernement de Bamako et les groupes armés du nord. Ce texte est issu de sept mois de négociations censées mettre fin aux tensions politiques dans le nord du Mali, mais il est loin de satisfaire tous les protagonistes, en particulier ceux qui réclament une véritable autonomie. Il a été paraphé ce dimanche par les parties prenantes, sauf la CMA.

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Ce dimanche 1er mars, l’accord de paix et de réconciliation pour le Mali a été paraphé par le gouvernement de Bamako et par la moitié des groupes armés représentés à Alger. Mais la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui regroupe le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad, le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et la Coalition du peuple pour l’Azawad (CPA) a expliqué dans la matinée, dans une déclaration, pourquoi elle ne paraphait pas le texte.

La CMA demande à la médiation de lui « accorder le temps et le soutien nécessaire pour partager de bonne foi le projet d’accord avec les populations de l’Azawad », le nom donné par ses membres au nord du Mali. Pierre Buyoya, le Haut Représentant de l’Union africaine pour le Mali, a d’ailleurs indiqué aux délégués de cette coordination que, pour lui, la porte restait ouverte. « Nous vous faisons confiance, a-t-il dit ce dimanche matin, nous savons que vous êtes pour la paix. » Et d’ajouter : « Je n’ai pas de doute. Dans quelques jours, ils viendront apposer leur paraphe. »

Dans une déclaration lue ce dimanche matin, mais dont RFI connaissait déjà les termes dès la veille, la médiation a bel et bien expliqué que cet accord n’avait pas la prétention de résoudre tous les problèmes posés par la crise dans l’immédiat. Mais ce texte, selon elle, met en place une « nouvelle gouvernance basée sur la libre administration » et contribuera à la lutte contre le terrorisme. Il s’agit d’un cadre, estiment les médiateurs. « A charge pour les parties de saisir les opportunités offertes par ce cadre. »

Par RFI

Source: RFI

Accord signé à Alger, grogne des pro-Azawad à Kidal

Au Mali, les pro-Azawad sont en colère contre le document concocté par la médiation portant sur le projet d’accord de paix qui a été signé et qui, selon eux, n’intègre ni l’autonomie ni le fédéralisme.

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Grogne à Kidal, au Mali, où les pro-Azawad manifestent contre le document de la médiation algérienne dans le projet d’accord de paix qui a été signé ce dimanche 1er mars 2015, et qui, selon eux, n’intègre ni l’autonomie ni le fédéralisme.

Un boycott par les mouvements de la coordination de l’Azawad de la signature du projet avait été beaucoup craint. En effet, alors que Bamako et la plateforme des mouvements pro-Mali avaient accepté de parapher ce texte qu’ils jugent équilibré. Cette crainte avait bien sa raison d’être compte tenu de la colère des pro-Azawad. Une cérémonie de clôture des discussions et de paraphe du projet d’accord a eu lieu ce dimanche matin à 9 heures à Alger, en présence de toutes les parties et des partenaires internationaux qui soutiennent ce processus depuis des mois.

Selon RFI, à Kidal, à Ber ou à Ménéka, la base ne partage pas l’avis de la délégation qui a opté pour une signature, même si toutes les revendications ne sont pas satisfaites. Pour les populations de cette localité nord-malienne, il n’est pas question de reconnaître un texte qui a oublié l’essentiel des revendications des populations de l’Azawad. Ce qui a déclenché des manifestations du côté de l’aéroport de Kidal où près de 500 personnes se sont mobilisées pour prouver leur désapprobation. Sauf que le texte est déjà paraphé. un énième accord de cessation des hostilité sur lequel repose beaucoup d’espoir.

Le site précise que les manifestants demandent à leurs représentants partis à Alger de rentrer sans signer un texte qui ne correspond pas à leurs attentes. Alors que le projet d’accord doit être paraphé ce dimanche-même.

Source: Afrik.com

Fabius appelle tous les groupes armés à signer l’accord d’Alger “sans délai”

L’accord pour la paix et la réconciliation au Mali signé dimanche entre le gouvernement malien et une partie des groupes armés du nord du pays est une “excellente nouvelle” s’est réjoui le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, en appelant tous les groupes armés à le signer “sans délai”.

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“L’accord finalisé ce matin à Alger est une excellente nouvelle”, a déclaré M. Fabius dans un communiqué, en saluant “un texte équilibré et bénéfique pour le pays et la région” et en rendant hommage à l’Algérie pour “sa médiation efficace”.

“Je salue la décision du président et du gouvernement malien de le parapher et appelle tous les groupes du Nord à le faire sans délai”, a-t-il cependant insisté.

L ‘accord a été signé dimanche matin à Alger entre le gouvernement de Bamako et six groupes du nord mais la Coordination des mouvements de l’Azawad, qui regroupe plusieurs groupes rebelles comme le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), a demandé un “délai raisonnable” en vue de consulter les populations qu’elle représente avant de s’y rallier.

“Il s’agit maintenant d’assurer la réussite de l’accord avec l’appui de la communauté internationale. La France sera bien entendu aux côtés des parties pour apporter son plein appui”, a ajouté M. Fabius.

Les négociations entre Bamako et les mouvements rebelles sous l’égide d’une médiation internationale conduite par l’Algérie ont été lancés en juillet à Alger.

Paris est intervenu militairement au Mali en janvier 2013 pour chasser les groupes jihadistes qui occupaient le nord du pays et menaçaient de descendre vers Bamako.

Une mission de maintien de la paix de l’ONU a depuis été déployée au Mali mais la situation dans le Nord reste instable et les groupes jihadistes mènent des attaques régulières.

Paris, 1 mars 2015 (AFP)

Source: DH.be

Conflit au Mali : vers un accord de paix définitif ?

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Au terme de près de huit mois de négociations, la médiation internationale à Alger conduite par le ministre des Affaires étrangères algériens, Ramtane Lamamra, a finalisé un texte pour un accord de paix au Mali qui a été transmis ce jeudi au gouvernement malien et à la coordination des mouvements armés du nord du pays. Un accord définitif devrait être trouvé ce week-end, selon la médiation algérienne qui veut clore ce chapitre ouvert en juillet dernier.

Par Afrik.com

Source: Afrik

Pourparlers inter-maliens à Alger : Le jeu trouble des rebelles ne doit tromper personne

Chaque fois que les pourparlers d’Alger reprennent cours, l’occasion est saisie par les groupes rebelles d’amuser la galerie. Des documents sont élaborés par-ci, des déclarations fantaisistes sont faites par là. Cette fois, c’est le chef coutumier des touareg Mohamed Ag Intalla qui rentre dans la danse. Faut-il lui accorder le minimum de confiance ?

Signature de cessez-le-feu : « Ensemble nous sommes un peuple »

L’accord de cessez-le-feu intervenu la semaine dernière à Alger entre le gouvernement et les groupes armées du Nord a été salué le 24 janvier 2015 par la société civile, notamment par la Plateforme “Ensemble nous sommes un peuple”. Elle a invité les parties prenantes au respect de cet accord et à la signature prochaine d’un accord de paix durable pour le bonheur des populations et refugiés du Nord.

Dans une déclaration liminaire, Mme Sanogo Niania Sène salué cette signature intervenue à Alger comme un acte majeur pouvant renforcer la confiance entre les différentes parties et faciliter le travail de la Médiation. Elle a félicité le gouvernement et toutes les parties prenantes aux négociations pour cette décision héroïque, gage d’espoir d’une paix durable pour un développement des régions du Nord en proie à des hostilités sans précédent.

La plateforme, consciente de tous les efforts consentis par le gouvernement et les groupes armés, confiante quant à l’aboutissement des accords en cours à Alger, a lancé un vibrant appel aux autorités et aux groupes armés à se mobiliser pour le bien-être de la population, des réfugiés en signant dans les meilleurs délais un accord de paix définitif et durable pour le rétablissement définitif de la paix au Mali. Elle invite aussi la société civile à rester mobiliser  pour la paix et à soutenir le gouvernement dans son combat pour une paix et unifié.

Ousmane Daou

SOURCE : L’Indicateur du Renouveau

Malgré la pression du MNLA et alliés : Mohamed Ag Intallah refuse de revenir sur ses déclarations

Intransigeant et ferme sur ses déclarations de reconnaissance de l’autorité du Mali sur Kidal, l’Amenokal des Ifoghas, Mohamed Ag Intallah, voulait défier le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et ses alliés dans leur supposé fief.

La synthèse de la médiation disponible depuis mercredi : Les réactions des différentes délégations attendues à Alger …

Longtemps attendue, elle est enfin arrivée. La synthèse de la médiation sur les réserves et amendements des parties relatifs au pré-accord d’Alger a été finalisée mercredi soir. Le médiateur algérien a remis une copie à chaque chef de délégation pour réflexion. La réaction des parties devrait déterminer la suite du processus.

 

Pourparlers inter maliens à Alger : LA MEDIATION APPUIE SUR L’ACCELERATEUR

Elle a remis mercredi soir aux différents belligérants de la crise une proposition de pré-accord. Le document pourrait être paraphé ce week-end. Si tout va bien

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Après trois longs jours d’attente, la médiation internationale conduite par la diplomatie algérienne a produit un document de synthèse des observations des différentes parties en conflit. Le pré-accord, remis dans la nuit de mercredi à tous les chefs de délégation présents, doit être paraphé durant ce week-end, selon un médiateur international qui juge que le texte met à équidistance toutes les visions politiques. Il ne s’agit cependant pas d’un accord proprement dit parce que les parties doivent s’accorder sur le contenu dans un premier temps, précise le diplomate. Une cérémonie de paraphe sera ensuite organisée (probablement dimanche). L’accord définitif, lui, sera signé en terre malienne, comme le souhaitent les autorités maliennes.
Pour des questions stratégiques, un expert ne juge pas productif de s’attarder sur le contenu du document. Néanmoins, il souligne que les lignes rouges tracées par le président de la République ont été largement respectées. L’idée de fédéralisme, longuement caressée par certains groupes armés, n’a pas connu de succès. Tout au long du document, aucune ethnie n’a été survalorisée au détriment des autres. De même, les réformes institutionnelles énumérées concernent l’ensemble des régions du pays. En ce sens, l’intégrité territoriale et l’unité de la nation sont préservées.
Quid de la laïcité ? A ce sujet également, rien n’a changé. Notre pays conserve toujours son caractère laïc et républicain. « C’est d’ailleurs ce que prévoient toutes les résolutions des Nations Unies et l’accord préliminaire de Ouagadougou », rappelle un diplomate de la délégation gouvernementale.
Du fait des souffrances accumulées et du matraquage médiatique sur le mot « Azawad »^, nos compatriotes sont devenus allergiques à cette expression. Pourtant, la dénomination qui figurait déjà dans le Pacte national, est souvent revenue dans des documents officiels. L’Accord préliminaire de Ouagadougou et la Feuille de route de la médiation la mentionnent également. Mais certainement pas parce que cette appellation a une connotation politique ou historique. Mais parce qu’elle détermine un espace de 380 km 2 au nord-ouest de Tombouctou. Ceux qui s’en réclament n’appartiennent pas tous de cet espace, loin s’en faut. Et les vrais ressortissants crient à l’usurpation.

UN ENSEMBLE HOMOGENE. L’Azawad, c’est exactement comme le Tilemsi, le Gourma, le Hawsa, le Pays dogon, le Baninimonotié, l’Azawak (du côté de Ménaka), ou encore l’Adrar des Ifogas. Le Mali est, à ce titre, cet ensemble homogène avec une diversité d’espaces socio-culturels dont se réclament des communautés. Mieux, fait remarquer un historien, cet espace géographique n’ayant jamais abrité un empire, un royaume, encore moins un émirat, ne saurait, aujourd’hui, prétendre être une entité indépendante.
C’est sans doute pour toutes ces raisons que la médiation a jugé utile de le mentionner dans le préambule du pré-accord. Cela fait partie du nécessaire compromis, relève un diplomate qui pense que la délégation gouvernementale a abattu un travail technique inestimable.
En effet, le Premier ministre Modibo Keita a blindé son équipe cette fois-ci. En plus des ministres, des experts et d’anciens fonctionnaires militaires, d’autres compétences sont associées à la délégation. Autour des ministres Abdoulaye Diop, Hamadoun Konaté et Zahabi Ould Sidi Mohamed, les réunions techniques sont légion. Sans passion, l’équipe gouvernementale argumente ses positions et points de vue par des éléments sociétaux, juridiques et politiques. Le tout consigné dans un document-béton intitulé « mémorandum ».
Le pré-accord que les différentes délégations sont encore en train d’éplucher traite aussi des questions militaires. Là-dessus, il est question de recrutement massif d’anciens combattants sur la base du volontariat. Sur le plan de la gouvernance, la décentralisation est retenue. Mais, en mieux de ce qu’on a connu jusqu’ici dans le pays. En gros, un président de l’Assemblée régionale sera élu au suffrage universel direct. Il aura des compétences très élargies. Pour le développement harmonieux du pays, des agences de développement seront créées dans toutes les régions. Placées sous l’autorité du président élu, elles seront dotées de moyens financiers nécessaires pour mettre en œuvre les projets et programmes. L’impunité est proscrite. La justice transitionnelle sera de saison pour vider les contentieux.
A ce stade, aucune partie n’a accepté de faire des commentaires sur le document. « Nous sommes en train de lire le document. Il faut attendre après », dit la Coordination des mouvements de l’Azawad. « On a pas encore fini nos réunions », réagit la Plate forme des mouvements armés de l’Azawad. « Nous sommes en réunion en ce moment même », lance, pour sa part, un membre de la délégation gouvernementale. « On a fait notre boulot, on attend les réactions », indique un négociateur de la communauté internationale. C’est dire qu’il est encore trop tôt pour savoir avec précision la position des différentes parties.
Il est cependant clair que la médiation est plus que jamais décidée à aller vers la signature d’un accord de paix. Dès lors qu’elle a compris que l’accord était compromis par de profondes divergences d’approche, la médiation a fait venir du renfort à El Aurassi Hôtel. Des diplomates européens aux mouvements armés, tous sont regroupés en un seul lieu pour ainsi « jouer le tout pour le tout ». Si malgré tout, l’accord de paix reste compromis, il y a de fortes chances que la communauté internationale montre ses muscles aux réfractaires. Pour de bon, cette fois ?
Envoyé spécial
A. M. CISSE

source : L Essor

Frontière Mali-Guinée : VIOLENCE MEURTRIERE SUR UN PLACER

Les sites d’orpaillage sont exposés à toutes sortes de violences. Mais les incidents meurtriers intervenus avant-hier entre orpailleurs maliens et guinéens sortent du lot de la violence ordinaire. En effet, ces incidents ont fait au moins 8 morts et une quarantaine de blessés dont les cas les plus graves ont été évacués vers des hôpitaux à Bamako.

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Les tragiques affrontements sont survenus à la mi-journée de mercredi entre orpailleurs maliens de Sananfara (cercle de Kangaba) et ceux de Balandougou en Guinée. Au moment où nous mettons sous presse, nous n’avons malheureusement pas pu savoir la cause réelle du conflit. Mais certaines sources assurent que la veille de l’incident, l’atmosphère était déjà délétère. Et le jour de l’incident, les Guinéens se seraient retirés très tôt du placer contrairement à leur habitude. Ils seraient rentrés chez eux avant de revenir armés sur site. Ils auraient aussitôt ouvert le feu sur les Maliens qui ne se doutaient de rien.
Le drame est survenu alors que le sous-préfet de Sananfara, ayant senti la tension monter sur les lieux, était allé rencontrer son homologue guinéen à Balandougou.
Une délégation composée des autorités régionales de Koulikoro et locales de Kangaba s’est rendue sur place. Un appel a été lancé aux populations afin qu’elles ne cherchent pas à se rendre justice. On annonce l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités.
S. DOUMBIA
AMAP-Kangaba

source : L Essor

Pourparlers avec la rébellion : La médiation algérienne en cause

A Alger les pourparlers entre l’Etat et les rebelles de Kidal piétinent. Et aucun accord n’est en vue. Le problème ? C’est l’intransigeance des rebelles qui posent encore sur la table de négociations la question d’un éventuel fédéralisme

A Alger les pourparlers entre l’Etat et les rebelles de Kidal piétinent. Et aucun accord n’est en vue. Le problème ? C’est l’intransigeance des rebelles qui posent encore sur la table de négociations la question d’un éventuel fédéralisme.

Mais le jeu des groupes rebelles est connu. Il consiste à faire traîner les négociations et à amener l’Etat malien à leur céder au moins l’autonomie pour Kidal. Mais derrière ce jeu, l’Algérie apparaît comme un pompier pyromane, qui conseille et téléguide les principaux responsables de la rébellion. L’Algérie a toujours voulu se saisir de cette médiation pour mieux contrôler les acteurs de la crise malienne. Aussi, ce pays voisin s’était farouchement opposé à une intervention étrangère pour libérer les régions du nord. Avec l’arrivée d’IBK, l’Algérie a pu finalement revenir au devant des négociations pour des raisons que tous les observateurs savent.

 

Pourparlers avec la rébellion (2)

L’erreur d’IBK

Lors de la crise au Mali, la Cedeao a joué un rôle prépondérant. L’organisation sous régionale s’était beaucoup investie pour permettre le retour à l’ordre constitutionnel, après le coup d’Etat de la bande à Sanogo qui a provoqué le chaos au Mali. Ensuite, la Cedeao avait jeté les bases d’une intervention militaire pour libérer les régions nord du Mali. Mais, l’Algérie a tout mis en œuvre afin d’écarter la Cedeao, qui à travers le Burkina Faso, avait conduit les pourparlers de Ouaga. Aujourd’hui, les chefs d’Etat de la Cedeao semblent abandonner le dossier malien aux seuls Algériens. C’est là la conséquence d’une erreur commise par IBK qui a remis la médiation au voisin. Or, avec la Cedeao, le Mali était à l’abri de certaines velléités et autres complots.

La Rédaction

source : L AUBE

Alger V: L’introuvable paix

La dernière cessation de violence du 19 février 2015 obtenue sous la forte pression internationale arrive mort-née. Dans le pandémonium sahélo-saharien, les coeurs de tous les médiateurs battent à l´unisson, scande-t-on dans les tribunes officielles. Hélas, c´est tout faux !

Tuerie de Gao : des experts indépendants ont enquêté

Ils sont trois experts indépendants à être commis par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon pour enquêter sur la tuerie du 27 décembre 2014 à Gao suite à la manifestation des associations de jeunes contre la Minusma. Le Britannique Ralphl Zacklin, l’Américain Mark Kroeker et le Sénégalais Bacre Waly, tous experts indépendants mais ayant une expérience onusienne parce qu’ayant travaillé dans le système des Nations Unies dans le temps.

Britannique Ralphl Zacklin Mark Kroeker Bacre Waly enqueteur chercheur experts nations unie onu minusma conference

Deux jours après les malheureux évènements, Ban Ki-Moon avait décidé de créer cette commission d’enquête indépendante. Les enquêteurs sont arrivés au Mali le 19 février dernier et ont mené leurs investigations sur le terrain, à Bamako comme à Gao. Ils ont pu rencontrer les autorités maliennes, le gouverneur de Gao, les forces de sécurité du Mali, la Minusma, les associations de jeunesse de Gao ayant organisé ladite manifestation, le personnel de l’hôpital de Gao, les familles endeuillées, les blessés.

Après avoir bouclé l’enquête, l’équipe des experts avant son retour à New York, a rencontré la presse ce jeudi soir à la villa Soudan de Badalabougou. Sans rentrer dans les détails, elle a tout juste expliqué le déroulement de la mission. Les résultats de l’enquête seront dans le rapport que les trois enquêteurs feront à l’intention du secrétaire général des Nations Unies d’ici fin mars. Un rapport qui sera partagé et permettra à la partie malienne comme onusienne de tirer les conséquences qui s’imposent.

En ce qui concerne l’ONU, les conclusions de cette mission pourront permettre au secrétariat général de prendre des mesures applicables à toutes les autres opérations à travers le monde. In fine, il s’agit d’éviter que ce qui est arrivé à Gao ne puisse plus l’être quelque part. D’ores et déjà, l’enquête a conclu qu’il y a eu 3 morts et 18 blessés. Les blessés ne sont pas que par balles. « La manifestation était violente et la réponse a été aussi violente », a expliqué le chef de la mission, le Sénégalais Bacre Waly.

« Les enquêtes ont été assez larges, assez approfondies pour dire au secrétaire général ce qui s’est réellement passé. Nous avons objectivement vu et allons objectivement rendre compte. Il appartiendra au secrétaire général de décider», a indiqué M. Waly. Des gens seront-ils sanctionnés ? « On ne voit pas comment on peut ne pas toucher à la question de l’impunité. En tout cas, il y a une grande attente à tous les niveaux et elle ne sera pas déçue », a indiqué le Sénégalais lequel n’a pas manqué d’ajouter que la justice malienne a déjà ouvert des enquêtes préliminaires.

Urgent : Affrontements meurtriers entre maliens et guinnéens à la frontière

C’est dans le cercle Kangaba precisement entre Samaya et Balandougou ( koudi), qu’une dispute entre orpailleurs a tourné à des échanges de coups qui sont en cours.

Affrontements meurtriers malien guinéen orpaillage
Les orpailleurs Guinnéens selon nos sources auraient entrainé les maliens dans une course poursuite jusque dans le giron guinnéen avant d’ouvrir le feu sur eux. A l’heure où nous mettons sous presse cette information, les affrontements sont toujours en cours. Très difficile de faire un bilan mais les témoins que nous avons joints font état de morts des deux cotés. D’autres sources, nous affirment que des militaires maliens sont en déplacement en direction de la zone de conflit.Nous rappelons que la dite zone est une zone d’orpaillage traditionnelle par excellence et toutes les parties dans ce conflit sont des orpailleurs.

Source : BAMADA.Net

Mobilisation autour de la crise malienne : La plate-forme de la société civile dévoile les résultats de sa mission de plaidoyer en Europe

Du 22 janvier au 07 février 2015, une importante délégation de la plate-forme de la société civile a séjourné en Europe dans le cadre d’une mission de plaidoyer pour le pays confronté à une crise sans précédent.

Pourparlers d’Alger : En attendant les conclusions de la médiation internationale

Les pourparlers inter-maliens à Alger étaient encore hier en stand-by. Ils attendent le document de la médiation. La semaine dernière, les différentes parties ont paraphé un texte, intitulé «engagement d’Alger». Pour autant, les mouvements de la coordination réclament toujours la création d’un État Fédéral.

Pourparlers inter maliens à Alger : LA MÉDIATION FAIT VENIR DU RENFORT

La médiation internationale conduite par la diplomatie algérienne travaille d’arrache-pied à la préparation d’un autre préaccord. Le document doit prendre en compte les différentes observations des parties en conflit. Tâche délicate pour les médiateurs parce que la Coordination des mouvements armés de l’Azawad revendique toujours un Etat fédéral qui porterait le nom « Azawad » et dont la capitale serait Mopti.

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Les rebelles ont fait cette proposition au mépris de l’esprit de l’Accord préliminaire de Ouagadougou et des résolutions des Nations Unies qui, tous, exigent l’unité de la République du Mali. Des voix se sont élevées au sein même de la médiation pour dénoncer un dilatoire.
Pendant que nombre d’observateurs prédisent un blocage des pourparlers, la médiation a sorti le grand jeu. Elle a, en effet, fait venir lundi matin plusieurs dizaines de participants venus de divers horizons : des Européens (dont l’ancien patron de la Minusma aujourd’hui ministre des Affaires Etrangères des Pays-Bas, Robert Koenders), des membres influents de la Plate-forme et des partisans de la Coordination. Un diplomate confirme la détermination de la communauté internationale à mettre un point final à ces pourparlers interminables. « On reste là jusqu’à ce que tout le monde se mette d’accord », a lancé un autre.
D’ici là, toutes les parties attendent impatiemment les nouvelles propositions de la médiation. Celle-ci travaille jour et nuit pour trouver les justes équilibres entre des belligérants que, manifestement, tout oppose. Il est fort possible que le document soit prêt sous peu, selon un diplomate proche des négociations.
La délégation gouvernementale conduite par le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, n’entend pas rentrer bredouille à Bamako. Tout en défendant les intérêts de la nation, elle s’est dit prête à une certaine flexibilité pour aboutir cet accord tant attendu. Pour le ministre Diop, le temps ne joue pas en faveur de notre pays en proie à un conflit au long cours dont les conséquences sont dévastatrices.
Envoyé spécial
A. M. CISSE

source : L Essor

POURPARLERS D’ALGER : Deux points marqués par le Ministre Diop

L’évolution des pourparlers a pris une tournure allant dans le bon sens la semaine dernière travers deux grands points marqués par la délégation conduite par le Ministre Diop.

Abdoulaye DioP Ministre des Affaires Etrangeres

Depuis le départ de la délégation gouvernementale pour la capitale Algérienne les voix ne cessaient de s’élever pour les mettre en garde. Cette forte pression a certainement joué un grand rôle dans la conduite des négociations.

Après une semaine de tergiversation, Abdoulaye Diop et ses collègues ministres viennent de marquer des points à travers la signature d’un accord de cesser le feu le jeudi dans l’après midi et tard dans la nuit du même jeudi, ils sont parvenus à faire rallier un membre influent du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA branche rebelle) à la cause malienne.

Une défection de taille

Il s’appelle Ali Ould Idriss Hamaha, ancien chef d’Etat major du MAA. Il a décidé de déposer les armés et de ne plus parler ni de fédéralisme encore moins de séparation «Je suis malien et je le resterai, certainement que j’ai pris les armes contre mon pays, pour combattre un système, aujourd’hui, à mon humble avis le Mali est un état de droit, nous devons cesser immédiatement les hostilités, la tournure que prennent les événements on risque une guerre civile, ce qui n’est pas mon souhait, c’est pourquoi j’ai décidé de quitter le mouvement et j’appelle mes frères à déposer les armes qu’ils soient du mouvement fidèle à la république et ceux hostiles à la république, je les appelle tous à déposer les armes», c’est ainsi qu’il s’est exprimé depuis Alger.

Ces propos viennent confirmés les gros efforts fournis dans l’ombre par la délégation gouvernementale qui depuis son départ s’exprime peu, mais continue les rencontres avec les rebelles. Certains parlent des entrevues nocturnes tenues souvent très tard dans la nuit entre le Ministre de la Réconciliation nationale, M. Zahabi Ould Sidi Mohamed et certains de ses anciens camarades d’armes.

En plus de ce ralliement de taille, la délégation gouvernementale est parvenue à obtenir un accord de cesser le feu signé le jeudi avec six groupes armés, entre autres, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), les deux Mouvements Arabe de l’Azawad (MAA), la Coordination pour le peuple de l’Azawad (CPA) et la Coordination des Mouvements et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR).

La signature de cet accord de cesser le feu va mettre fin à six mois de recrudescence de la violence au nord après celle de 2012. En effet, après le 4è round des pourparlers, la situation sécuritaire s’était significativement dégradée à cause des enjeux de ce round décisif ou chacune des parties voulaient montrer ses muscles afin d’entamer Alger V en position de force. Cette opération a fait plusieurs morts et du côté des belligérants que celui de la médiation, représentée par la MINUSMA qui s’est retrouvée dans la mêlée à cause des actes posés.

En tout cas les informations sont claires, ce 5è round va aboutir à un accord qui sera signé à Bamako dans les mois qui viennent même si certains sont pessimistes, mais avec cette avancée majeure l’espoir, d’une paix durable est plus que jamais permis

Issa KABA

Source: L’Express de Bamako

Alger V : échec et mat ?

Les pourparlers inter-maliens sommeillent. La diplomatie algérienne a perdu, elle, le sommeil. Les groupes armés maintiennent leurs revendications. Le gouvernement malien essaie d’être conciliant mais rejette toute référence à l’Azawad. Qui dit mieux, en termes de casse-tête ?

Abdoulaye DioP Ministre des Affaires Etrangeres

Alger V était attendu surtout après des reports successifs et le cauchemar sécuritaire autour de Tabankort et les risques possibles de métastase. Le premier à le comprendre était Modibo Keita. L’ancien haut représentant du chef de l’Etat pour les pourparlers inter-maliens avait sauté dans l’avion peu de temps après sa nomination comme Premier ministre.

Direction : Alger. Puis devant les parties prenantes, une allocution dans laquelle le pédagogue mit une séduisante application, comme si chaque mot avait un devoir d’exorcisme. Les congratulations de Bilal Ag Sherif ainsi que ses propos apaisants cachaient mal pourtant le plus grand malaise que le processus d’Alger avait jusque-là affronté.

L’hôte algérien avait dû rappeler Bamako à l’ordre une semaine plus tôt où Bamako avait substitué Moulaye Zeini à Abdoulaye à la rencontre d’évaluation des 5 et 6 janvier dont le principe était acquis en marge du dernier sommet d’Addis-Abeba et à laquelle n’étaient conviés que les…ministres des Affaires Etrangères. Lamamra, le chef de la diplomatie algérienne et médiateur en chef de la crise malienne ainsi que son homologue nigérien Bazoum n’en crurent pas leurs yeux.

Dans le même temps, les menaces d’embrasement dans le Nord malien se précisaient : Tabankort, après ses hécatombes de juillet, est redevenu en janvier, le théâtre d’affrontement entre Gatia et les mouvements de l’Azawad. Pour nombre des Maliens, un combat entre les loyalistes et les séparatistes. Donc entre le bien et le mal. Surtout que le « bien » communique bien.

Vers Alger VI ?
Sur sa page facebook, Gatia énumère ses victoires et n’a aucune peine à convaincre l’opinion malienne que les forces Barkhane et Minusma ont pris le parti de défendre les mouvements de l’Azawad. Au centre de son argumentation : le projet d’accord de faire de Tabankort une zone tampon qui renvoie les belligérants à leurs positions initiales.

La Minumsa jure que Bamako était bel et bien impliqué dans ces négociations et que les ministres Amadoun Konaté et Abdoulaye Diop à Alger  faisaient même partie de l’équipe qui, à Alger, a rédigé ledit projet d’accord. Mais le mal était fait : Gao se soulève et trois manifestants sont tués par les troupes de la Minusma.

Pour calmer les esprits, le président Ibrahim Boubacar Keita improvise une visite dans la cité des Askia. Il s’impose mais Alger est de braise. Les pourparlers à peine ouverts sont remis à trois jours plus tard. Lamamra, Mongi le nouveau chef de la Minusma, les représentants de la communauté internationale, s’arrachent les cheveux mais arrivent à arracher un accord de cessez-le feu.

Lequel est signé chacun sur une page séparée par, Abdoulaye Diop côté gouvernement malien, Bilal Ag Sherif au nom des séparatistes et Harouna Toureh au nom des mouvements loyalistes. La confiance règne vraiment. Si c’était la seule curiosité, on ne s’en plaindrait pas. Il s’y ajoute qu’à Alger c’est le blackout total. Les représentants de la communauté internationale et de l’Etat malien qui y sont observent un silence de carpe.

L’Agence de Presse Algérienne ne produit plus ses communiqués d’information. Seuls les mouvements communiquent à leurs bases par lesquelles on apprend que le processus est gelé pour l’instant. Mi-mars pour Alger VI, entend-on de leur côté. Mais on sait que Lamamra ne désarmera pas et qu’il remuera ciel et terre pour empêcher Alger VI et pour faire en sorte que les frères ennemis reviennent à la table.

Fédération ou rien
Le 17 février, citant Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun, un des nombreux communicants des groupes armés, les Studios Tamani, une des antennes chouchou de la capitale, annonce : «  la coordination des groupes armés renonce à l’appellation Azawad ». Tout est dans cette appellation : les sanglots d’une région marginale redevenue plus vulnérable depuis 2012, la justification de la rébellion, l’exigence d’une autre forme de gouvernance.  Le scoop valait donc son pesant d’or. Mais il n’a vécu que quelques heures.

Depuis Alger où il se trouve dans le cadre des pourparlers inter-maliens, Maouloud Ramadan, porte-parole du Mouvement arabe de l’Azawad, réplique sèchement sur la page facebook et tous les murs virtuels qui relaient « la cause » : « nous sommes venus défendre le mot Azawad et sa cause… Pas de recul même d’un iota ».

La parole portée était vraie : ce même 17 février, dans son mémorandum au médiateur algérien, la Coordination des Mouvements de l’Azawad renvoie tout le monde à la case-départ Pour certains responsables de ce mouvement, il ne s’agit nullement de volte-face ou de surenchère. Ils rappellent  que c’est la première fois qu’ils réagissent par écrit  depuis le début du processus d’Alger en juillet dernier.

Que dit le  mémorandum ? Il reconduit l’argumentaire initial des séparatistes : celui que l’Azawad est devenue une terre de sanglots et d’exodes massifs où la violence d’Etat a engendré en plus d’une « grande pauvreté » un « drame humain et une souffrance indicibles ».

Sur le mode plus jamais ça, les  rebelles exige un Etat fédéral crée par Bamako et  l’Azawad. Cela demanderait, bien sûr, de nouveaux arrangements institutionnels mais Bilal Ag Sherif anticipe : il faut une nouvelle constitution ; les symboles et les sceaux de l’Azawad devraient être pris en compte ; l’Etat fédéré aura son chef élu, son parlement, son gouvernement.

Une entité compatible avec les valeurs de l’islam ainsi qu’avec les traditions du peuple de l’Azawad ». Ce ne sera pas tout.  Pendant vingt cinq ans la moitié du Budget Spécial d’Investissement de la Fédération doit être consacrée au développement de l’Azawad. La sécurité de l’Azawad sera assurée par l’armée fédérale certes mais par des hommes venus à 90% de ce terroir.

Et pour être juste et équitable, des systèmes de quotas permettant une plus grande représentation de l’Azawad dans l’ensemble fédéral doivent être instaurés pour le recrutement dans l’administration publique, le gouvernement et les autres institutions.  Mopti, nouvelle capitale, assurera en plus de l’équidistance géographique, la bienveillance institutionnelle de ce montage proposé sans rire par les mouvements séparatistes. Mais qui ne fait pas rire à Bamako non plus.

Pour Bamako, pas question d’Azawad
Le gouvernement malien ne veut pas laisse s’en conter. Dans un mémorandum de 20 pages remis le 16 février au médiateur algérien, il relativise le concept de l’Azawad qui pour lui n’est qu’un petit terroir pastoral de la région de Tombouctou.  Ce nom ne correspondrait ainsi à aucun ensemble historique connu. Par conséquent, les prétentions des mouvements dits de l’Azawad n’ont aucun fondement recevable.

C’est, mise en pratique, l’approche de la vigilance terminologique invoquée par l’anthropologue français André Bourgeot qui, dans plusieurs de ses interventions, subodore la main de Paris derrière la surenchère irrédentiste dont Kidal est devenue la place forte depuis la sévère défaite de l’armée malienne du 21 mai 2014. Bamako déclare que l’Azawad « n’est ni l’émanation des populations des régions concernées ni un vocable du lexique de l’Administration coloniale ou de l’Administration malienne dans l’acception à lui confiée par l’une des parties ».

Par conséquent, le gouvernement malien propose que le terme d’Azawad ne soit pas retenu dans l’accord. C’est-à-dire ce qu’on appelle le projet de préaccord remis à toutes les parties, cet été, par le médiateur algérien. Pour le Sénat demandé par les mouvements, pas d’objection.

C’est oui  également pour le principe de la démobilisation-réinsertion (Ddr) à des conditions et dans des directions nommées : fonction publique globale ou fonction publique territoriale, forces armées et de sécurité, etc ; Pour les déserteurs, le cas par cas est proposé. En revanche, le système de quota est rejeté. Rejeté également le terme de génocide utilisé par les groupes armés. Bamako exige enfin le cantonnement  des troupes rebelles trente jours  après la signature de l’accord.

Au total, le mémorandum du gouvernement aborde surtout les questions de forme, propose des amendements à certaines formulations. Pour un diplomate en poste dans la capitale malienne, Bamako donne beaucoup de gages de bonne foi. « Si le groupes armés jettent du lest, rien ne s’opposera alors à la signature d’un accord ».

Quand ? Bien malin qui pourra le dire !

Adam Thiam

Source: Lerepublicainmali