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Edito : Seul le peuple peut essuyer les larmes du Mali

Le Président de la République, élu démocratiquement en 2013, Ibrahim Boubacar Keïta, est à la fin de son premier quinquennat. Naturellement, il doit tenter sa chance pour un second mandat. Chose faite en début de semaine via un discours comme une adresse  à la Nation lue depuis la résidence privée du Président. Il fait le bilan de sa gestion. Que de haut et de bas, à son entendement ! Les promesses non satisfaites et reconnues par IBK,   cela est considéré par des Maliens comme un aveu d’échec. Alors est-il nécessaire de renouveler la confiance à un président qui n’a pas pu honorer ses engagements à hauteur de souhait? C’est la grande interrogation.

Si ses soutiens, une plateforme de 67 partis politiques et autres, voient en IBK un messie et traduisent son bilan à travers des résultats en deçà même des attentes dans certains domaines, l’opposition politique et des mouvements associatifs qui aspirent à l’alternance et le changement avancent le contraire. IBK parle ‘’ de consolider les acquis’’ s’il gagne un deuxième mandat.

Tiébilé Dramé, lors de la conférence de presse du grand mouvement mis en place pour la marche du 2 juin en vue de réclamer des élections libres et transparentes, l’accès des médias d’Etat à tous les fils du pays ; dénonce  les conflits intercommunautaires ; l’impossibilité d’avoir accès à l’eau potable, à l’électricité…. A ses dires il n’y pas même pas d’acquis en plus forte raison  les consolider. IBK a tout gâché, le peu d’acquis qui existait avant son arrivée.

Cet esprit de Tiébilé Dramé est partagé par l’ensemble des membres de la nouvelle plateforme. Ses leaders pensent que s’il y a une bonne élection dans la transparence, l’époque IBK sera tournée. Il ne pourra nullement gagner avec ce niveau de cote de popularité.

Le contraire est avancé par des proches d’IBK. Ils croient que leur candidat passera dès le premier tour. C’est là où l’inquiétude se manifeste. Comment arrivera-t-il à le faire ? Pour preuve, en 2013 malgré des soutiens de taille et la célébrité qu’il bénéficiait de la part du peuple, IBK n’a pas pu passer dès le premier tour. Donc, il relève du rêve, que ce même IBK puisse faire ce miracle en 2018 sans la plupart de ses soutiens d’il y a 5 ans.

Durant son quinquennat, IBK  a perdu des leaders religieux, des partis politiques, des mouvements associatifs… Bref, des têtes de proue qui ont mené efficacement sa campagne. Certains de ces hommes sont ses adversaires pour la présidentielle de juillet. Ils sont pour le changement et sont prêts  à tout dans les règles démocratiques pour le faire sauter du fauteuil présidentiel.

L’effet d’annonce de la victoire d’IBK dès le premier tour, tout partira de là. Si cela se concrétise, il faudrait s’attendre à une forte contestation sanctionnée par une crise postélectorale dont les conséquences pourraient être incalculables. Cette victoire sera synonyme de fraude, du moins c’est ce qui anime l’esprit de beaucoup de citoyens, et des partis politiques de l’opposition et le peuple n’hésiteront pas à faire barrage à l’imposture.

La communauté internationale, des diplomates de grandes puissances accréditées au Mali s’inquiètent. Ils sont dans la dynamique d’écouter les voix les plus écoutées au Mali afin de trouver les moyens d’anticipation. A la lecture des entretiens, on se rend compte que le gouvernement passe le clair de son temps à leur mentir au sujet du processus électoral. L’une des preuves, c’est la lettre d’alerte de l’opposition adressée aux autorités. Elle se voit exclue du processus.

Ces amis au chevet du Mali pourront apporter des appuis, mais il serait quasiment impossible qu’ils jouent le rôle de premier plan. C’est le rôle du peuple. Et à l’observer de près, il semble être suffisamment prêt pour éviter au Mali le pire car son avenir aussi en dépend.

Boubacar  Yalkoué

Source: Le Pays

 

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