Crise du nord : opération militaire française, quatre jihadistes tués (armée)

L’armée française vient d’achever une opération antijihadiste dans le nord du Mali au cours de laquelle quatre hommes armés ont été tués et des milliers d’obus et de munitions saisis, a annoncé jeudi l’état-major.

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L’opération, qui a mobilisé 770 hommes sur quatre semaines (26 février-26 mars) dans l’Adrar (montagne) du Tigharghar, visait “à s’assurer que les groupes armés terroristes ne sont pas réinstallés et à faire pression sur leurs flux logistiques”, a expliqué le porte-parole de l’état-major des armées, le colonel Gilles Jaron.

Le 2 mars, des soldats français ont eu un accrochage avec un groupe de huit à dix hommes armés, dont quatre ont été tués, a indiqué le colonel. “Les autres, vraisemblablement blessés, ont disparu”.

Les stocks saisis durant toute l’opération -4.000 munitions et 1.000 obus- ont été enfouis par l’armée française dans le sol et détruits par explosion, a-t-il ajouté lors de son point de presse hebdomadaire.

Depuis l’intervention française Serval en 2013, le nombre de jihadistes présents dans l’Adrar des Ifoghas – qui inclut le Tigharghar – se situerait entre 100 et 200 hommes, contre 1.500 à
2.000 auparavant, selon une source militaire française.

Les jihadistes, qui y avaient installé leur bastion lorsqu’ils contrôlaient le nord du Mali entre 2012 et 2013, ont été tués par centaines lors de Serval ou en ont été chassés.

“L’Adrar des Ifoghas et en particulier du Tigharghar est aujourd’hui essentiellement une zone de passage et de stockage” d’armes pour des opérations de harcèlement des forces de l’ONU (Minusma), a relevé M. Jaron.

“Les forces françaises étaient (en 2013) dans une logique de lutte contre des gens retranchés. Aujourd’hui notre combat consiste à déceler ces caches, couper ces flux logistiques”, a poursuivi le porte-parole.

La force française Barkhane (3.000 hommes), qui a succédé à Serval à l’été 2014 et concerne cinq pays (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Burkina Faso), mène régulièrement des opérations de reconnaissance, contrôle de zone et recherche de caches d’armes et de combattants sur
la bande sahélo-saharienne.

Neuf opérations d’envergure, associant souvent des soldats des pays partenaires, ont été menées au premier trimestre 2015, de la forêt de Ouagadou au Mali, près de la frontière mauritanienne, à la passe de Salvador à la frontière Libye-Niger.

“Nous ne sommes plus dans une logique de coup de marteau mais de “coups de râteau” pour nous assurer qu’il n’y a plus de mauvaise herbe”, a expliqué le colonel Jaron.

AFP

Source: Libération

Les habitants de Tombouctou souhaitent le retour des manuscrits

4203 manuscrits ont été brulés ou volés par les islamistes à Tombouctou, pendant l’occupation du nord du Mali en 2012.

manuscrit tombouctou bruler document ancien

Une grande perte, certes pour tout le Mali, mais particulièrement pour les habitants de cette ville qui s’identifient à ces documents.

«Pour nous, Tombouctou ne serait pas sans ces manuscrits. Ils sont l’âme de cette ville» explique fièrement Mohamed Ag Issa.

Pendant l’occupation terroriste, un nombre important de ces documents historiques (90% selon les spécialistes) a pu être sauvé grâce à la vigilance des gardiens de ces trésors.

« Nous avons dans notre bibliothèque, une école coranique, ils (les djihadistes) ne se doutaient pas qu’il y avait des manuscrits. Mais, par prudence, nous les avons délocalisés dans des familles. Donc, aucun de nos manuscrits n’a subi de dommage » se réjouit Djadjé Hammadoune Maïga, le directeur de la bibliothèque Almoustapha Konaté.

Par contre d’autres bibliothèques comme, celle de l’Institut Ahmed Baba ont délocalisé leurs manuscrits à Bamako. Selon Abdoulkadri Idrissa Maïga, directeur général de l’Institut à Bamako, « sur les 45 000 et quelques manuscrits que comptait la bibliothèque, 40 à 41 000 » sont dans la capitale malienne, à 907 km de Tombouctou.

Des mesures sont prises pour une conservation durable. Un projet de numérisation des documents est aussi en cours. « Nous avons prévu de former 16 agents pour la numérisation et la confection des boites à documents, sur financement de la Norvège et de l’UNESCO » affirme, Abdoulkarim Idrissa Maïga.

Un projet ambitieux, mais les citoyens de Tombouctou, ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, veulent revoir les manuscrits dans la ville légendaire des 333 saints. « Dès que la paix revient, les manuscrits doivent retourner à Tombouctou, Puisque c’est là leur place » exige Boubacar Sadeck, un habitant de Tombouctou.

L’avenir des manuscrits anciens du Mali était au centre d’une conférence internationale à Bamako en janvier dernier. Environ 377 000 manuscrits, appartenant à plusieurs familles de Tombouctou sont conservés dans les locaux de l’ONG Sauvegarde et Valorisation des Manuscrits pour la Défense de la Culture Islamique (SAVAMA-DCI) à Bamako. Selon les historiens, ces documents sont des textes islamiques rédigés au XIIIe siècle. Le gouvernement du Mali s’est engagé dans une procédure permettant de mettre les manuscrits sous la protection de l’Unesco d’ici 2017.

sahelien.com

Source: Sahelien

Un véhicule de la MINUSMA saute sur un engin explosif hier à Kidal : Un casque bleu grièvement blessé

Les faits se sont déroulés hier aux environs de 11 heures du matin à Kidal. Un véhicule de la MINUSMA a sauté sur un engin explosif alors qu’il se rendait à l’aéroport de la ville. Il n’y avait qu’un seul occupant à bord du véhicule qui a été grièvement blessé par la forte détonation.

Il a été aussitôt transféré à l’hôpital de Gao où il subit des soins intensifs. Une équipe d’enquêteurs s’est rendue sur les lieux du drame pour déterminer ses circonstances exactes afin de savoir si cela est dû à un engin explosif artisanal ou une mine. Bien que l’attaque n’ait pas encore été revendiquée, les yeux se tournent vers les terroristes.  Ces derniers mènent, depuis un certain temps, des attaques asymétriques faisant plusieurs victimes. Récemment, ils ont aussi entrepris l’élimination ciblée de ceux qu’ils accusent de collaborer avec l’armée française.

Par ailleurs, il faut rappeler que l’aéroport de Kidal est très souvent pris pour cible par les terroristes qui y déposent des engins explosifs pour faire le maximum de victimes dans les rangs des forces onusiennes.

Il convient de signaler que ce bâtiment avait été très endommagé après le passage dévastateur de manifestants manipulés par les séparatistes. Une situation qui faisait suite à des tirs des forces onusiennes sur un véhicule appartenant aux rebelles, le 20 janvier dernier, près de Tabankort, tuant cinq d’entre eux.

Suite à cette occupation, les installations de la MINUSMA dans l’aéroport de Kidal avaient été saccagées, pillées et même incendiées par les séparatistes. Depuis, ils ont certes quitté le bâtiment, mais laissé derrière un véritable champ de ruines.

La MINUSMA avait entrepris la réhabilitation des lieux. Apparemment, le casque bleu tué lors de l’attaque d’hier travaillait sur ce chantier. Cette situation intervient alors que la communauté internationale accentue la pression sur les séparatistes afin qu’ils paraphent l’accord de paix issu du 5e round des pourparlers d’Alger, le 1er mars dernier.

Massiré DIOP

 

Source: L’Indépendant

Le MNLA, seul contre « tousse » !

« Quelle autre trouvaille sortira-t-on du chapeau pour que le très vorace bébé MNLA encore chouchouté par certaines officines étrangères continue de téter aux frais de la princesse ? » C’était la question posée dans ma dernière publication sur l’accord d’Alger soumis par la communauté internationale à la signature des parties maliennes.

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LE MNLA A-T-IL VRAIMENT PENSE QU’ON FAIBLIRAIT

AU POINT D’ACCEPTER CET AUTRE CAPRICE ?

 

Tel un enfant gâté dans sa volonté d’éprouver des parents qui le cajolent un peu trop et le comblent de cadeaux, le MNLA a choisi de freiner des quatre fers,mettant à rude épreuve les nerfs des médiateurs internationaux, et suscitant cette fois la réprobation générale. Certainement la lubie de trop ! Le gouvernement doit profiter de l’occasionpour s’accorder avec la société civile et les partis politiques sur les détails pratiques de la mise en œuvre de certaines dispositions pertinentes de l’accord avant d’entrer en discussion avec les autres signataires. La fermeté est désormais indispensable pour marquer que la récréation est bel et bien terminée. Alors que les autorités maliennes et la plate-forme, malgré les nombreuses réserves de la société civile ont paraféle document, la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) pilotée par le MNLA a estiméqu’après quelques démonstrations publiques bien téléguidées dans la seule ville de Kidal, une opération commando à Bamako précédée de la découverte d’un véritable arsenal de guerre à quelques encablures d’une zone sensible,le Mali et la communauté internationale se ramolliraientau point d’accepter son refus de parafer l’accord. Sa demande d’ouverture d’une nouvelle négociation relève du dilatoire et n’a d’autre but que deparalyser l’action gouvernementale, rester en selle pour continuer à bénéficier des largesses et de l’attention de la communauté internationale, constamment à ses petits soins. Quelle trouvaille loufoque après tant d’allers et de retours que d’exiger encore la reconnaissance de l’Azawad en tant qu’entité politique !La proposition est à la fois indécente et scandaleuse parce qu’elle opère un véritable retour à la case départ qui méprise et oublie superbement tous ses engagements passés, sans compter qu’elle esttotalement incompatible avec la reconnaissance de la souveraineté de l’Etat du Mali sur l’ensemble de son territoire. Manifestement, le MNLA veut se payer la tête de tout le monde. Tout le monde doit lui répondre clairement. De quelle autre preuve de mauvaise foi a-t-on besoin ?

LE SOLEIL S’EST ENFIN LEVE

SUR UN PROJET LOUFOQUE

 

La postureactuelle des groupes rebelles a cependant l’avantage de la clarté :l’autonomie et rien d’autre. Les positions du Mali et de la communauté internationale sont, elles aussi bien connues en faveur d’un pays un et indivisible. Heureusement, depuis les pourparlers d’Alger, le soleil de la vérité s’est levé pour éclairer les hommes de bonne foi sur la vacuité du « projet azawadien ». Le plus important aujourd’hui, c’est de savoir ce que doit faire le gouvernement car le deal proposé par le MNLA n’est rien d’autre qu’un « attrape- couillons ». Les couillons, il lui faut aller les chercher ailleurs et loin du Mali. On ne règle pas ce type de conflits avec des états d’âme. Depuis un quart de siècle, la rébellion ne raisonne qu’en termes de rapports de force pour arriver à ses fins ; elle ne pliera que sous la contrainte. C’est pourquoi, dans un premier tempsle gouvernementdoit tout faire pour exercereffectivement sa souverainetépleine et entière sur l’ensemble des régions du nord,reconnues comme parties intégrantes du territoire malien. La ville de Kidal à elle seule compte moins de 50.000 habitants pendant que toute la régionen compte moins de 75.000, et ils ne sont pas tous acquis à la cause du MNLA. C’est cette réalité simplequ’il faut opposer cyniquement aux uns et aux autres pour refuser le diktat d’une minorité au plan régional. Ensuite, il faudraavec l’aide de la communauté internationalepréserver le septentrion des djihadistes et des narcotrafiquants qui l’écument en toute impunité sous le drapeau du MNLA, avec comme seul programmecelui d’yfaire prospérer l’économie criminelle qui fragilise les populations locales et menace dangereusement la paix nationale et régionale. Depuis longtemps, si le MNLA était sûr de son fait, il aurait proposé en toute bonne foila tenue d’un référendum local pour trancher définitivement la question de l’Azawad. Il ne l’a pas fait parce qu’il se sait minoritaire, voire ultra minoritaire dans le nord. Sa légion étrangère est composée principalement de djihadistes illuminés et de trafiquants sans foi ni loiqui ne peuvent voter au Mali. Avec l’aide de ses complices occidentaux, il a ainsi uséet abusé de communications mensongères et de raccourcis sur les droits de l’Homme pour tromper la vigilance de la communauté internationale jusqu’à une date récente. En outre, au plan strictement militaire, tout le monde a fini par comprendre que la véritable force qui a ébranlé l’armée nationale en 2012 était constituée d’éléments d’AQMI et du MUJAO dont on reconnaît aujourd’hui la puissance et la nuisance en Afrique. D’ailleurs, à la suite de malentendus entre apprentis sorciers et maîtres sorciers, la même force avait chassésans ménagement le MNLA de tout le nord, contraignant ses principaux chefs à l’exil et à l’errance dans la sous région et en Europe. Cela a duré jusqu’à l’arrivée de la force SERVAL qui a permis au MNLA de se réinstaller à Kidal au grand désarroi des autorités maliennes et dans des conditions que seule la France peut expliquer.En réponse à sa rebuffade, la communauté internationale doit fournir sans délai au MNLA un certificat constatant en bonne et due forme l’arrivée de sonbébé mort-né.La république qui sait être magnanime saurafournir dans la foulée les moyens d’accomplir correctement son deuil !

 

CELUI QUI VEUT LA PAIX PREPARELA GUERRE

(SI VIS PACEM, PARA BELLUM)

 

En tout état de cause, l’ensemble des parties impliquées ont signé l’accord d’une empreinte indélébile. La communauté internationale a reconnu et signé la souveraineté pleine et entière du Mali sur l’ensemble de son territoire. Le gouvernement a signé sa volonté d’aller à la paix dans l’unité. Les mouvements de la plate-forme ont signé la loyauté et l’attachement des régions du nord à la république. Enfin, le MNLA a apposé le sceau de son caprice à la face du monde en snobant un document jugé consensuel par la médiation internationale. La question que les Maliens se posent légitimement aujourd’hui a trait à l’état réel de nos forces de défense et de sécurité. A-t-on mis à profit le tempspour requinquer matériellement et moralement nos troupes ? Celui qui veut la paixdoit préparer la guerre car, il faut montrer sa force pour ne pas avoir besoin de s’en servir. L’enchaînement des évènementsest en train de placerle chef suprême des armées dans la position d’unfutur chef de guerre. Dans l’urgence,même six mois devraient suffire pour sonner la mobilisation générale et préparer des hommes déterminés à défendre le pays et sa population.Ceux qui ont voté massivement à plus de 77% en 2013 étaient d’abord des hommes et des femmes convaincus que le président actuelétait le mieux indiqué pour trouver une solution appropriéeà la crise du nord. Leur attente et leur espérance ne seront comblées qu’avec la négociation et l’applicationbienveillante de l’accord d’Alger. A défaut, l’attitude cavalière du MNLA lui offre l’occasion d’exercer en toute légalité et avec tous les soutiens nécessaires, le droit régalien de l’Etat du Mali à la protection de son territoire. En effet, lorsqu’un fils décide de déshonorer la maison du père et persiste, tous les autres ont l’obligation defaire front pour l’en empêcher. C’est cela le sens de l’honneur et la dignité.

 

Mahamadou Camara

Email :

camara_m2006@yahoo.fr

Source: Canard Déchainé

Au Président Bouteflika : IBK rappelle ce qu’a fait le Mali pour l’Algérie

La récente visite du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, en Algérie, n’avait d’autre but que de revendiquer le soutien de la République amie d’Algérie pour une sortie de crise : « Je veux que vous vous impliquiez en mémoire de Modibo Kéita qui a donné le Mali comme base arrière à l’Algérie dans son combat pour sa souveraineté« .

 ibrahim boubacar keita president malien ibk visite Abdelaziz Bouteflika president algerien

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, qui a séjourné en ce début de semaine en Algérie, était parti dans un premier temps saluer le travail remarquable abattu par la Médiation sous la coupe algérienne. Secundo pour solliciter une fois de plus le soutien du peuple algérien pour une sortie de crise définitive.

Le président de la République n’est pas allé avec le dos de la cuillère. Il a sollicité de Bouteflika et du chef de gouvernement algérien leur soutien sans faille pour que notre pays retrouve la paix.

« Je veux que vous vous impliquiez et je fais confiance à l’Algérie pour que vous nous aidiez à mettre fin à cette crise en mémoire de Modibo Kéita, qui a donné le Mali comme base arrière à l’Algérie dans son combat pour sa souveraineté… »

C’est en ces termes que le président a sollicité le soutien de notre pays ami frère d’Algérie. Un pays qui doit une fière chandelle au peuple malien, qui s’est battu sans ambigüité aux côtés du FLN pour arracher la main de la France sur l’Algérie.

Des actions menées sous le régime du premier président de la République, Modibo Kéita. C’est en son nom que le président de la République a fait cette demande pour arracher le soutien indéfectible de l’Algérie pour que le Mali retrouve sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire.

Cette visite d’IBK intervient à un moment où des voies s’élèvent pour dénoncer les coups bas de l’Algérie dans la crise malienne, qui joue le pyromane. En tout cas, cette demande solennelle du chef de l’Etat doit mettre fin à toutes ces agitations pour que ce voisin immédiat puisse nous aider dans la résolution de cette crise en cours depuis 2012.

Pourquoi cette demande de soutien

Elle vient à point nommé, puisque le dernier des Maliens sait que sans l’Algérie, la résolution de cette crise serait difficile quand on sait que le sauveur national, la France, ainsi que l’ONU, ont mobilisé un arsenal de guerre qui n’arrive toujours pas à mettre fin aux violences dans les régions du Nord en proie à une guerre asymétrique.

Une guerre rendue difficile du fait que les localités frontalières de l’Algérie avec le Mali servent de base arrière aux hommes armés. Une chose est sûre : quand le voisin algérien s’implique sincèrement, notre pays retrouvera sa quiétude d’antan. C’est ce sentiment qui anime le chef de l’Etat.

Ousmane Daou

Source: L’Indicateur du Renouveau

Mali: deux présumés terroristes morts dans une explosion

Au Mali, on en sait un peu plus sur cette explosion survenue ce lundi 24 mars dans le centre-ville de Gao, dans le nord du pays, où une maison a été dévastée. Au moins deux personnes sont mortes en préparant, semble-t-il, un acte terroriste.

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Les fouilles continuent, sous la supervision des équipes de déminage des Nations unies. Un robot doit encore inspecter les décombres de la maison où les restes d’au moins deux victimes ont déjà été retrouvés. Des sources sécuritaires à Gao indiquent que des téléphones portables reliés à des fils ont également été aperçus.

Une information que ne confirme pas, pour le moment, le porte-parole du gouvernement Choguel Maïga : « Il n’est pas exclu qu’on trouve des téléphones portables et d’autres fils. D’autant plus qu’il est très clair que c’est un explosif qui a été déclenché. On imagine que c’est par inadvertance parce qu’ils n’auraient quand même pas fait exploser le bâtiment où ils se trouvaient ».

La maison qui a explosé appartenait à un marabout de l’île de Kadji, en périphérie de Gao, soupçonné d’avoir collaboré avec le Mujao, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, lorsque le nord du Mali était occupé par des groupes islamistes armés. Il avait été arrêté début 2013, lors de la guerre de reconquête, puis transféré à Bamako. Selonles autorités maliennes, il est mort en détention des suites d’une maladie, il y a plusieurs mois. Depuis, sa maison servait de lieu de passage pour de nombreux habitants de son village.

Source: RFI

Camp de réfugiés : M’BERRA SE LANGUIT DE LA PAIX

Aujourd’hui, que l’assistance humanitaire en nourriture et autres denrées de première nécessité est insuffisante et irrégulière, une majorité de réfugiés n’aspire qu’à rentrer à la maison

camp refugie malien

M’Berra est une localité située à 1500 km au sud-est de la capitale mauritanienne, dans le cercle de Bassikounou, chef-lieu du cercle du même nom. Proche de la frontière malienne (de 50 à 100 km selon les pistes empruntées), ce site abrite, depuis 2012, le cantonnement de dizaines de milliers de nos compatriotes refugiés. Ceux-ci ont fui, pour la plupart, les régions nord de notre pays suite aux violences sécessionnistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui ont débouché sur l’occupation de cette partie du territoire par les djihadistes.
Le camp de M’Berra impressionne par son étendue (environ 3 km de rayon) et par la densité de la population réfugiée. Entre 65 et 75 000 personnes vivent ici sous l’assistance du HCR qui fait office de coordinateur de l’aide humanitaire aux bénéfices des occupants du site. Les tentes s’étendent à perte de vue dans cette région isolée et aride où les températures atteignent jusqu’à 50 degrés à l’ombre durant le mois d’avril.
Les réfugiés sont originaires des localités de Tombouctou, Goundam, Léré, Bourem, Kidal, Tessalit, Niafunké, Tonka, Diré, Bamba, ou encore Gao. Ils sont mêlent Bellas, Sonrhaïs, Peulhs, Bambaras, Arabes, ou encore Touaregs nomades ou sédentaires. Les premiers réfugiés sont arrivés sur le site en janvier 2012 aux premières heures de la rébellion armée. Comme eux, ceux qui suivront ont tout abandonné derrière eux : bétail, céréales et même argent. Une fois dans le camp, ils ont rafistolé une nouvelle vie. « J’ai tout fait pour ne pas quitter mon village, mais les conditions sécuritaires étaient telles qu’il fallait partir », témoigne un réfugié rencontré sur le site.
A l’intérieur du camp de M’Berra, le gens sont installés par communauté ou par affinité, sans souci des délimitations zonales effectuées par le HCR. D’autres organisations humanitaires dont le PAM, Action contre la faim (ACF), Intersos, Solidarités international, MSF assistent les occupants. Au pic de la crise, ces organisations enregistraient plus de 1 500 nouvelles arrivées par jour. Les conditions d’accueil des familles épuisées étaient pénibles. Les gens s’abritaient sous des bouts d’étoffe. L’eau potable et les toilettes manquaient. La nourriture aussi était insuffisante. On estimait à 10 000, le nombre de familles qui avaient besoin, en urgence, d’assistance. « Au plus fort de la crise, c’était comme l’apocalypse. Les familles arrivaient par plusieurs centaines, de jour comme de nuit, à dos d’animaux ou par véhicules pour ceux qui avaient encore les moyens. Les pleurs des enfants se mêlaient aux cris de détresse des femmes dans un vacarme indescriptible. C’était vraiment la tristesse et la désolation sur le visage des gens », raconte un refugié qui a accepté de s’entretenir avec nous.

UN MAUVAIS SOUVENIR. Aujourd’hui, tout cela n’est qu’un mauvais souvenir. Des bornes fontaines et des toilettes ont été construites un peu partout à l’intérieur du camp. Les petits boulots, notamment la construction de tentes, d’écoles, de douches, de centres de santé grâce à l’assistance des organisations humanitaires ont permis à beaucoup de gens de gagner de l’argent et de soutenir leurs familles. Le camp est devenu, au fil du temps, un véritable centre d’affaires permettant aux plus débrouillards d’accumuler un pécule.
« C’était comme la seconde vie du camp. Les affaires marchaient à merveille. La demande de main d’œuvre était également forte pour la construction de tentes, de forages, l’électrification, etc. Les organisations humanitaires se bousculaient au portillon, utilisaient la main d’œuvre locale et contribuaient ainsi à aider les chefs de famille dans la prise en charge de leurs besoins », explique notre interlocuteur. Lui-même, grâce aux contrats de travail obtenus, a pu s’acheter un véhicule tout terrain.
Les réfugiés ont aussi développé le petit commerce sur le site. « Certaines organisations humanitaires ont donné de l’argent en espèces pour soutenir les familles. C’était l’époque des vaches grasses. On pouvait tout obtenir gratuitement. Les dons arrivaient en quantité au point que certains en revendaient sur le marché local », raconte nostalgique notre interlocuteur.
L’abondance de l’assistance humanitaire a attiré davantage de monde au camp de M’Berra, contribuant à accroitre le nombre de demandeurs d’asile. « Le camp enregistre beaucoup de personnes qui s’étaient installées à leur propre compte dans la ville de Bassikounou ou dans la forêt. Celles-ci ont rejoint les réfugiés quand les humanitaires ont commencé à donner gratuitement nourriture et argent. De même, des familles longtemps installées à Bassikounou se sont transformées en réfugiés », a expliqué le refugié avec lequel nous nous entretenons.
Le flux croissant des refugiés attirés par les dons a transformé le camp de M’Berra en un gros village. Mais il a aussi notablement affecté l’aide humanitaire dont le volume n’a pas suivi l’augmentation de la population. Au fur et à mesure, les moyens des organisations humanitaires seront mis à rude épreuve. Certaines, à cours de ressources, ont été contraintes d’abandonner leurs protégés.
De nos jours, l’assistance humanitaire en nourriture et autres denrées de première nécessité est insuffisante et n’arrive plus de façon régulière, obligeant les chefs de ménage à recourir au travail rémunéré en dehors du camp. Les gens se lancent aussi dans le maraichage, le petit commerce ou le service. C’est le cas de M. Traoré, un jeune originaire de la localité de Léré, qui effectue des petits boulots à l’intérieur du camp pour faire vivre sa famille. « Avant, j’avais tout ce que je voulais dans le camp. De nos jours, ce n’est plus le cas. Le seul moyen pour vivre et ne pas tomber dans la déchéance est de travailler », confirme-t-il avant d’ajouter : « La vie est devenue difficile ici. Je suis manœuvre et je fais un peu de tout : maçonnerie, électricité, plomberie, ou menuiserie ».
La dame K. Cissé a perdu son mari sur le site en janvier dernier. Pour nourrir ses cinq enfants, elle fait de la restauration.

CLIMAT DE MEFIANCE. « C’est vraiment le temps de la disette. Actuellement, trouver du travail à l’intérieur du camp n’est pas facile. Car l’intensité de la demande de main d’œuvre a baissé et tous les produits sont devenus cher», témoigne A. Dicko, un autre réfugié qui précise que le kilogramme de riz est vendu entre 400 et 450 Fcfa contre 150 à 200 Fcfa au moment où l’aide alimentaire arrivait en quantité suffisante. Les prix des autres denrées de première nécessité ont également augmenté à cause de la pénurie.
L’insuffisance et l’irrégularité de l’aide humanitaire, la baisse de la demande de main d’œuvre, mais également le climat de méfiance qui règne entre les communautés ont rendu pénible la vie dans camp de M’Berra. Le clivage s’est, en effet, creusé entre unionistes et séparatistes. « Toutes les attaques contre les populations au Mali sont planifiées dans ce camp. Nous connaissons les principaux acteurs. Souvent, ils transportent leur butin jusque dans le camp », indique un refugié. Cette suspicion créée de sérieux doutes sur une éventuelle cohabitation dans les localités d’origine, une fois la paix revenue.
De cela, on aura tout le temps de s’occuper le moment venu, pensent beaucoup de gens qui n’aspirent qu’à rentrer chez eux au Mali. Certaines ont déjà joint l’acte à la parole en dépit de la situation sécuritaire encore précaire dans leur localité. Aucun de nos interlocuteurs ne sait le nombre de personnes rentrées au pays mais tous s’accordent sur le fait qu’une grande majorité est originaire de la Région de Gao.
Ceux qui n’ont pas les moyens souhaitent une assistance pour regagner leurs localités. « Je veux rentrer dans mon pays. Je préfère souffrir au Mali que dans un autre pays. Mais j’ai besoin de sécurité pour ma famille et mes biens. Je ne demande pas à l’Etat malien de me nourrir ou de prendre en charge ma famille. Ce que je veux est la paix chez moi », indique notre interlocuteur.
Les réfugiés du camp de M’Berra ont hâte de voir le retour définitif de la paix afin de pouvoir rentrer au bercail. « Qu’il y ait Azawad ou pas, c’est pas mon problème. Tout ce que nous voulons c’est la paix, car nous avons marre de cette situation humiliante », assure un membre de la communauté arabe. Un sentiment largement partagé par nombre d’autres réfugiés rencontrés. Pour eux, seule la paix compte.
Les accords d’Alger qui viennent d’être paraphés par le gouvernement en attendant que les groupes armés de la Coordination en fassent autant, suscitent beaucoup d’espoir au camp de M’Berra car ils ouvriraient la porte du retour.
Envoyé spécial
Be. COULIBALY

Bassikounou : UNE VILLE (PRESQUE) MALIENNE EN MAURITANIE

Le camp de réfugiés de M’Berra est situé à une vingtaine de kilomètres à l’Est de la ville de Bassikounou, chef lieu de cercle du même nom. Pour s’y rendre il faut avoir le feu vert des autorités mauritaniennes. C’est le ministère mauritanien en charge de la Communication qui délivre les accréditations, après consultation du HCR installé à Bassikounou. Nous n’avons pas pu respecter la procédure d’obtention de ce document à cause de problèmes de coordination survenus à la dernière minute entre les autorités mauritaniennes. Le préfet de Bassikounou qui était sensé nous assister, a été muté à la veille de notre voyage. Nous ne l’apprendrons qu’à notre arrivée dans la ville.
Bassinoukou est l’une des villes les plus maliennes de la Mauritanie à cause de sa proximité avec les régions nord de notre pays. Sa population est estimée à près de 10 000 âmes vivant essentiellement de commerce. L’essentiel du transport des marchandises et des voyageurs est effectué par des véhicules tout terrain qui empruntent des pistes tortueuses et sablonneuses. Seuls les véhicules immatriculés en Mauritanie ont accès à la ville.
Les témoignages sont nombreux que c’est ici qu’ont été transportés et liquidés tout ce qui était vendable en provenance des régions nord du Mali pendant la crise de 2012 et 2013 : bétail, climatiseurs, véhicules, meubles, volaille, etc. « C’est ici qu’on a transporté tous les biens pillés au Mali avec la complicité des groupes armés qui ont cassé édifices publics et emporté biens privés », nous raconte-t-on.
Bassikounou est aussi le fief des groupes armés maliens. Les familles des principaux responsables y résident. Les Maliens travaillent ici pour la plupart dans la restauration et les travaux domestiques.
Be. C.

source : L Essor

Chronique du Mali debout : L’échéance de la paix repoussée par la défaite militaire du 21 mai 2014

La Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) exige des amendements au projet d’accord signé à Alger le 1er mars 2014 par le gouvernement, la médiation et la plate-forme des groupes armés. Un document qui, il faut le dire, ne suscite que la méfiance des forces vives de la Nation. C’est l’exigence exprimée aux amuseurs de la galerie, pardon aux médiateurs, partis à la rencontre de ces mouvements armés (Mnla, Maa et Hcua) à Kidal. Un voyage qui a déjà donné à la Cma l’importance qu’elle n’a pas.

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«Quand on donne le miel à l’âne, il faut se préparer à assumer ses caprices», dit une assertion. Cette volte-face est en tout cas la preuve que les leaders de la Cma sont des trafiquants et non des rebelles touaregs pour lesquels ils veulent se faire passer. L’erreur monumentale a été de laisser la Cma retourner à Kidal sans apposer sa signature au bas du document du projet d’accord sous prétexte de consulter cette base imaginaire qu’est l’Azawad. Le hic, c’est que la Communauté internationale s’est rendue complice de cette mascarade qu’elle a financée et appuyée techniquement.

Le gouvernement aurait aussi pu exiger de consulter les Maliens avant de signer. Mais il aurait tout de suite eu sur le dos cette même Communauté internationale et ses lobbies (médias) impérialistes qui n’auraient pas sans doute hésité à l’accuser de mauvaise volonté. Et quelle est cette supposée base de la Cma ?

En tout cas, la consultation n’a eu lieu qu’à Kidal, alors que l’Azawad revendiqué aujourd’hui devrait englober tout le septentrion du Mali, c’est-à-dire les régions de Tombouctou, Gao et Kidal, voire une partie de Mopti. Que représente la poignée d’habitants de Kidal par rapport à la population de ces régions ? Insignifiante.

La partialité française

D’ailleurs, à Kidal, aujourd’hui on ne trouve que des femmes (veuves des rebellions) et des enfants impuissants qui n’ont aucun moyen de quitter cet enfer qu’est devenue cette ville aux mains des narcotrafiquants et des terroristes. Ce sont ces infortunés que le monde voit marcher et protester sous un soleil de plomb au nom de l’Azawad dont ils ignorent la signification exacte. Ce sont eux qui sont transformés en boucliers, chaque fois que la Cma veut saboter une mission nationale ou internationale.

On ne peut pas vouloir une chose et son contraire. Soit «l’Azawad» se résume à Kidal, soit il concerne en plus les régions de Gao et Tombouctou. Dans ce dernier cas, la logique aurait voulu que les groupes n’ayant pas encore adhéré à l’accord consultent toute cette fameuse «base», à savoir les populations vivant dans cette partie y compris celles de Gao et de Tombouctou. Pourquoi cela n’a-t-il pas encore été fait ? Et pourquoi la médiation internationale n’en fait-elle pas l’observation à ces groupes ?

La démocratie est le modèle de gouvernance auquel adhère cette Communauté internationale partiale. Alors, comment peut-elle accepter que les «habitants» d’une bande de terre entre Kidal et Taoudéni (fameuse Azawad) puissent prendre en otage 15 millions de Maliens et hypothéquer la sécurité d’un pays qui a 1 241 231 Km2 ?

Evidemment, ma chère «KKS» (ne me demander pas la signification), ces trafiquants sont «conseillés par des spécialistes et experts qui sont dévoués à une cause… qui n’est pas celle des rebelles, mais leur propre cause, dont l’obtention passe par les rebelles». Sinon, comment comprendre qu’on les ait laissés quitter Alger sans parapher le document ?

D’ailleurs, est-ce que la France négocie avec les organisations mafieuses de la Corse ? Est-ce que l’Espagne dialogue avec les terroristes basques ? Alors, pourquoi le Mali est-il contraint à s’asseoir à la table de négociations avec des bandits armés sans loi, ni foi ? Oui, c’est le Mali qu’on contraint à négocier avec «une bande de trafiquants, récalcitrants dénommés pour l’occasion rebelles touaregs».

Et tout simplement, comme le dit si pertinemment KKS, parce que le Mali n’est qu’une «République bananière» aux yeux de la France derrière laquelle est aveuglement alignée cette supposée Communauté internationale dont l’incapacité notoire est symbolisée par le drame permanent auquel les Palestiniens sont contraints par l’Etat sioniste d’Israël.

Aujourd’hui, le projet d’accord signé le 1er mars à Alger est dans l’impasse totale. Et ce sera faire preuve d’une grande naïveté que de croire que la Communauté internationale va débloquer cette situation. Elle a beau menacer que le contenu du document ne va pas changer, mais il ne faut pas en espérer qu’elle contraigne la Cma à tenir ses engagements.

Cette Communauté internationale est sous l’influence française. Et personne ne doute aujourd’hui de la partialité de la France dans cette crise. On est  dans une impasse voulue par la France. L’Elysée mise toujours sur le Mnla, on ne sait pour quelles raisons ! De peur que n’éclate au grand jour son vrai rôle dans l’implosion de la Libye et du désordre qui règne au Nigéria à cause de Boko Haram ?

Et si la bérézina de mai 2014 nous avait éloignés de la paix ?

Pourquoi l’Opération Serval s’est arrêtée à la porte de Kidal ? Pourquoi la France a fait pression sur Koulouba pour éloigner du front les officiers les plus compétents dont la présence aurait permis au Mali de ne pas perdre le contrôle de la situation dans cette zone ? Chacun peut avoir sa réponse à ces questions. Mais nous sommes presque tous unanimes à reconnaître que ces situations ne doivent rien au hasard. Faudrait-il alors se résoudre à faire la guerre ?

L’adage dit : «qui veut la paix, prépare la guerre». Est-ce que nous avons les moyens de faire aujourd’hui la guerre ? Les Forces armées maliennes (Fama) sont-elles assez bien préparées pour aujourd’hui laver l’affront du 21 mai 2014 ? Nous ne doutons pas de la vaillance de nos soldats et forces de sécurité. Mais conquérir Kidal n’est-il pas une bataille perdue d’avance ?

La bérézina de mai 2014 a laissé des traces. L’aubaine était si croustillante pour des mouvements aux abois qu’ils ne pouvaient s’empêcher d’en profiter pour enterrer ce qui nous restait comme souveraineté dans l’Adrar des Ifoghas.

Et pourtant, comme l’écrivait dans «L’Indépendant» le doyen Ibrahim Maïga, l’image du Mnla avait été fortement entachée suite aux actes posés pendant la visite tourmentée du Premier ministre de l’époque. «Dans leurs petits souliers, les alliés français et européens du Mnla avaient commencé à venir se faire entendre à Bamako, à tire-d’aile.

Car la bêtise était patente.  Au-delà», écrivait-t-il. À quelque chose, malheur étant bon, après l’agression barbare contre le chef du gouvernement d’alors, l’armée nationale a pu faire entrer un nombre considérable de soldats à Kidal. Ce qui était une première en deux ans de crise. Pas trop, mais pour les observateurs, «assez pour faire une pression d’enfer sur le Mnla».

S’unir pour donner une chance à la paix

«Jamais, telle occasion inespérée ne s’était offerte à nous. Et patatras ! Tout s’effondre parce que des chefs militaires (les politiques leur ont fait porter le chapeau de la déroute) ont pris la décision de débarrasser Kidal des occupants indésirables», pouvait-on lire dans cet article qui est encore d’une brûlante actualité. Conséquence : «tout est fichu». Tous ces acquis ont été anéantis par la mégalomanie nous contraignant à négocier, à «résoudre le problème de Kidal avec la tête et non les muscles» !

La défaite de l’armée malienne à Kidal, le 21 mai 2014, n’a fait que prolonger davantage le chemin nous conduisant à la paix. Et notre confrère avait été bien inspiré d’écrire : «…Rien ne sera plus comme avant entre les factions criminelles et séditieuses embarquées dans le fourgon du Mnla et l’Etat du Mali, après la bérézina de Kidal.

La souveraineté du Mali sur Kidal ? C’est bien ce qu’il faut encore négocier». «Sous quelle forme et dans quel agenda ?», s’était-il interrogé, tout en rappelant que depuis plus de cinquante ans, «Kidal veut être Kidal» et, avec qu’on appelle «Azawad» ou «Kidal», la «césure n’a jamais été aussi nette». La réalité est-elle différente aujourd’hui ?

«Au lieu de t’en prendre à ton point de chute, regarde là où tu as trébuché», dit l’adage mandingue. En dehors de la connivence française et de la duplicité de la Communauté internationale, ceux qui ont orchestré la «contre-offensive» du 21 mai 2014, pour leur aura politique, portent la responsabilité de l’impasse à laquelle nous faisons face aujourd’hui.

Nous voulons la paix pour notre pays. Et elle serait déjà un acquis si ceux qui nous sont imposés comme interlocuteurs avaient la même volonté de faire la paix. Et conscients de la position acquise en mai dernier et du poids de leurs parrains, ils vont longtemps tenter de nous distraire en essayant chaque fois de noyer le poisson.

Parce que leur volonté, ce n’est pas la paix, mais sauvegarder leurs intérêts que leur garantit le no man’s land qu’ils imaginent sous l’appellation «Azawad» ! La paix nous impose l’unité. En effet, comme le disaient des comédiens en herbe de la Faculté des lettres à la cérémonie de clôture de la seconde Biennale des lettres de Bamako, «…tant que nous sommes unis, rien n’est perdu» définitivement !

 

Moussa BOLLY

Source: Le Reporter

Préaccord d’Alger : Pourquoi la Cma doit parapher ce document ?

Après plusieurs séries de négociations entre le gouvernement malien et les groupes armés du Nord, la médiation internationale est parvenue à arracher un préaccord à l’issue du 5ème round des pourparlers.

Mais le hic, c’est que ce préaccord n’a pas été encore paraphé par la Coordination des mouvements armés de l’Azawad (Cma). Alors que le gouvernement malien et la plate-forme des groupes armés du Nord ont tous paraphé ce document au nom de la paix, malgré que tout n’y soit pas rose.

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Pourquoi la Cma a refusé de parapher ce préaccord ? La question fait l’objet de plusieurs commentaires. Pour nombre de personnes, ce refus est une preuve de mauvaise volonté de la Coordination des mouvements armés de l’Azawad à aller vers le processus de paix et de réconciliation nationale tant souhaitées par les Maliens.

Pourtant, une seconde chance lui avait été donnée pour parapher ce document, avec la forte délégation de la médiation internationale qui s’est rendue à Kidal la semaine dernière pour inviter ces «enfants gâtés de la République à revoir leur position». Une tentative qui a été vaine, puisqu’encore la Cma a refusé de parapher ce document sous-prétexte que sa base n’est pas partante.

Ce refus peut être qualifié d’un comportement irresponsable et doit interpeller la Communauté internationale. C’est pourquoi il est grand temps pour elle de prendre des mesures robustes pour mettre la pression sur la Cma. Car, en réalité, le combat du Mnla et de ses acolytes est de faire de la région de Kidal une zone de non-droit, c’est-à-dire une zone de trafic de drogue et d’armes, mais aussi de base-arrière pour jihadistes, ennemis de la paix mondiale.

Et pourtant, en signant ce document, la Cma peut se rattraper et se faire une santé, puisqu’elle sera dissociée de ses alliés jihadistes et associée à la gestion des affaires de l’Etat malien. Une bonne raison donc pour elle de parapher ce document !

 

Alhousseini TOURE

Source: Le Reporter

Tombouctou : la MINUSMA lance un forum sur le rôle de la société civile dans la justice transitionnelle

La division des droits de l’Homme de la MINUSMA, a lancé, le samedi 21 mars dernier au Centre Ahmed Baba de Tombouctou, son premier forum sur laparticipation des victimes et le rôle de la société civile dans le processus de justice transitionnelle. Cette activité avait pour objectif principal de renforcer les capacités des organisations de défense des droits de l’homme et des associations de victimes sur leur rôle et leur participation dans les mécanismes de justice transitionnelle.

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Le Gouverneur de la Région de Tombouctou, Adama Kansaye, a présidé la cérémonie d’ouverture en présence du Maire de la commune urbaine de Tombouctou, et de la Cheffe de Bureau de la MINUSMA. « Il vous appartient aujourd’hui de faire les recommandations pertinentes et adaptées dans le cadre de la mise en œuvre d’une justice transitionnelle pour réparer les atteintes graves aux droits humains ayant meurtries les régions du Nord, sans remettre en cause la paix, la stabilité sociale, le pardon, le vivre ensemble », a déclaré M. Kansaye.

Environ une centaine de participants dont une dizaine de femmes, membres du cadre de concertation des organisations de défenses des droits de l’homme, du Réseau des journalistes et communicateurs traditionnels, du Forum Régional des organisations de la société civile, des leaders religieux, des Chefs de quartiers et de villages,  des présidents des Conseils des cinq (5) cercles de la Région, à savoir, Niafunké, Goundam, Dire, Gourma-Rharous, Tombouctou ont pris part à cette initiative.

Al-Boukhary Ben Essayouti, Chef de la Mission Culturelle  de Tombouctou et Aimé Ntumba, Chef  de l’Unité Justice transitionnelle de la Division des droits de l’homme de la MINUSMA sont respectivement intervenu sur les piliers de la justice transitionnelle ; les mécanismes de la justice transitionnelle et les initiatives prises au Mali dans le cadre du processus.

Selon le Secrétaire-Général de l’ONU, le concept d’ « administration de la justice pendant la période de transition ou justice transitionnelle », englobe l’éventail complet des divers processus et mécanismes mis en œuvre par une société pour tenter de faire face à des exactions massives commises dans le passé, en vue d’établir les responsabilités, de rendre la justice et de permettre la réconciliation. Dans le contexte du Mali, la crise qui a affecté le Nord du pays, a fait de nombreuses victimes dont la cause est portée par différentes organisations de défense de droits de l’Homme.

Dans le cadre de son travail avec les victimes et les organisations de la société civile, la Division des Droits de l’Homme/MINUSMA a mis sur pied des fora en vue de leur permettre de déterminer leur niveau de participation dans la justice transitionnelle au Mali.

Il faut toutefois souligner que les autorités maliennes ont déjà entamé différentes initiatives de mise en place des mécanismes de la justice transitionnelle. « Pour le Mali, il existe une commission Vérité, Justice et réconciliation, un des premiers mécanismes pour la recherche de la vérité. Elle doit respecter certains principes standards internationaux des droits de l’homme, tels que l’indépendance de l’institution et des commissaires, l’autonomie financière », a fait remarquer Aimé Ntumba.

 Renforcer la lutte contre l’impunité 

Lors des débats animés, les participants ont partagé leur préoccupations  sur la protection des victimes et des témoins, les réparations, les modes de preuve des violences sexuelles en cas d’absence de certificats médicaux. Tout en prônant la logique de la recherche de la paix, les membres de la société civile présents se sont prononcés en faveur de la lutte contre l’impunité. « Ce forum est un espace d’échanges. Nous avons pu saisir cette occasion pour expliquer les soucis des femmes victimes et faire des propositions concrètes pour leur réhabilitation ainsi que pour l’application de la loi contre leurs bourreaux », a avancé la présidente de l’Association des femmes victimes de l’occupation de 2012, Sia Abbanassane.

 

Aussi, les participants au forum de Tombouctou se sont réunis en atelier pour dégager des recommandations et les différentes actions possibles que peuvent porter les Organisations de la Société Civile dans la recherche  de la vérité, les mécanismes de réparations et la garantie de non-répétition.

 

Sidi Oumar Adiawiakoye, Premier Vice-Président du Conseil de cercle de Gourma-Rharous, a affirmé que « nous revenons de très loin au Mali, après la crise. Nous avons besoins de réparer l’ensemble des torts causés pendant toute l’occupation du Nord. Le forum d’aujourd’hui a été une grande opportunité pour que chacun comprenne que la société civile doit être fortement impliquée dans le processus de la justice transitionnelle ».

 

A l’issue des travaux en groupe, les recommandations suivantes ont été formulées : a) impliquer les chefs traditionnelles, religieux et les cadis par une restauration et une revalorisation de leurs fonctions ; b) lutter contre l’impunité sous toutes ses formes par une répartition équitable des ressources de l’Etat entre toutes les régions ; assurer le respect des droits de l’homme par la vulgarisation des instruments juridiques sur les droits de l’homme ; c) réparer les préjudices subis par les victimes à travers des mécanismes judiciaires et non judiciaires ; d) créer un centre de mémoire en collaboration avec le réseau des associations de victime où seront archivées toutes les informations ; e) mettre en place les antennes régionales de la commission justice, vérité et réconciliation et respecter les critères de désignation des membres suivant l’esprit de ses textes fondateurs avec l’implication des organisations de la société civile.

 

Au sortir du forum, Yehia Tandina, journaliste membre du Réseau des Journalistes défenseurs des droits de l’Homme de la Région de Tombouctou, a déclaré : « Ce forum est une réussite dans la mesure où la MINUSMA a pu réunir des leaders communautaires et représentants de la société civile de toute la région pendant une journée entière, cela prouve qu’ils veulent s’engager à apporter leur contribution pour la restauration de la paix ». Il pense que la presse doit jouer une part active dans la restitution en vue promouvoir la lutte contre l’impunité et la réconciliation nationale, avant d’ajouter que « Ce forum est une nouvelle dynamique qui est enclenchée ».

 

D’autres fora similaires seront organisés dans les autres régions du Nord. Avec l’aide de la Division des droits de l’Homme de la Mission Onusienne au Mali, les recommandations des organisations seront compilées dans un document cadre à remettre aux acteurs étatiques impliqués dans le processus de justice transitionnelle.

 

Source: Autre presse

Modibo Sidibé à la Table ronde des Forces vives sur le projet d’Accord d’Alger : « L’accord paraphé par le gouvernement ne résout en rien les questions fondamentales relatives à la stabilité du pays… »

Au cours de cette table ronde, tenue le 19 mars dernier, l’opposition républicaine est revenue à la charge en dénonçant le paraphe par le gouvernement d’un document qu’il ” n’a cru devoir  procéder  à de véritables concertations sur les questions de fond ” et qui ne ” résout en rien les questions fondamentales relatives à la stabilité du pays, à l’intégrité du territoire,  à l’unité nationale et à la réconciliation nationale “.

C’est devant le chef de la Délégation malienne au processus d’Alger, le ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et de la Coopération Internationale, Abdoulaye Diop les représentants des partis politiques de la majorité, des organisations syndicales, des ordres religieux et de la société civile, que l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé est revenu sur les réserves de l’opposition par rapport à l’Accord d’Alger paraphé par le gouvernement du Mali.

D’abord pour justifier la présence de l’opposition à cette table ronde, il dira que  » c’est avec une véritable conviction patriotique que les partis politiques de l’opposition se tiennent…aux côtés des  forces vives de la nation dans le seul espoir de faire échec à toute tentative de démembrement de notre pays « . En effet, selon l’opposition démocratique et républicaine « le Mali traverse une période critique de son Histoire. Après trois années de crise profonde, c’est l’existence même  de notre pays qui est menacée aujourd’hui « .

D’après le porte-parole de l’opposition de ce jour, « l’accord qui a été paraphé par le gouvernement, le 1er mars 2015, après plusieurs mois de réunions, ne résout en rien les questions fondamentales relatives à la stabilité du pays, à l’intégrité du territoire,  à l’unité nationale et à la réconciliation nationale « .

Imposture politique

Modibo Sidibé de déclarer que pour l’opposition républicaine et démocratique : «  cet accord n’est pas un bon accord pour le Mali. Il contient les germes d’une désintégration rampante du pays que nous avons connu « .

De ce fait, l’opposition dit  » regretter encore une fois qu’en vue des pourparlers d’Alger, les autorités n’aient pas cru devoir  procéder  à de véritables concertations sur les questions de fond « . Alors, poursuit l’ancien Premier ministre, qu’un « consensus national aurait sans aucun doute conforté la position du gouvernement dans les négociations « .

D’autre part, l’opposition se dit étonnée « que le document paraphé ne fait aucune référence,  ni dans son préambule, ni dans ses Principes, Engagements et Fondements pour un règlement durable du conflit, à la Constitution adoptée par le peuple souverain du Mali en janvier 1992 « .

Pour elle, l’absence, maintes fois dénoncée, de vision refondatrice de nos institutions et donc de cap du Gouvernement dans la résolution du conflit se reflète dans le document paraphé qui n’envisage pas l’avenir du Mali entier, dans son unité, sa dignité, sa sécurité et sa prospérité.

Aussi, l’opposition malienne estime que l’appellation  » Azawad  » citée parmi les trois éléments retenus comme fondements du règlement concerté du conflit et définie comme  « une réalité socio- culturelle, mémorielle et symbolique… », constitue une véritable imposture politique et est porteuse de germes réels de séparatisme qu’aucun malien ne doit sous estimer.

Violation de

la Constitution

De même, toujours selon elle, la disposition qui consiste à  » assurer une meilleure représentation des populations  du nord du Mali dans les institutions et grands services publics, corps et administration de la République  » est une violation de notre Constitution, des règles et valeurs républicaines, qui ne sauraient admettre ni une administration partisane, ni une admintration communautariste.

D’après Modibo Sidibé, le document paraphé conduit le Mali dans un nouveau système d’autonomie de fait des régions avec entre autres l’élection au suffrage universel direct du président de l’Assemblée régionale qui cumule les fonctions de  chef de l’exécutif et chef de l’administration de la région.  Toutes choses qui seront sources de blocage dans le fonctionnement institutionnel de la Région et de l’État. La création d’une police territoriale et la volonté de réserver aux ressortissants des régions du nord, la majorité des effectifs de la  fonction publique territoriale sont porteurs de germes d’un régionalisme destructeur pour notre cohésion nationale, soutient l’opposition.

Ecouter les inquiétudes du peuple malien

Sur les questions de défense et de sécurité, la conviction de l’opposition est qu’une armée nationale et républicaine doit être bâtie en dehors de toute considération d’appartenance régionale, ethnique ou communautaire. Elle estime également que  » l’architecture de l’accord, les multiples engagements, le calendrier de mise en œuvre, les capacités de l’Etat et des collectivités rendent difficiles son application ;  les  mesures préconisées si le calendrier n’est pas respecté peuvent aboutir à des frustrations pouvant conduire à des blocages, voire à des remises en cause « .

En somme, soutient l’opposition, il convient  que le gouvernement sache que sur de nombreux points, le document paraphé suscite de la part de nombre de nos concitoyens  des interrogations et des doutes légitimes.

Aussi, parfaitement conscient de l’impérieuse nécessité pour notre pays de parvenir à une paix véritable, juste et durable, elle demande à la communauté internationale et particulièrement aux Etats du Sahel et autres partenaires bilatéraux d’entendre les inquiétudes et les angoisses du peuple malien  afin que les solutions préconisées aujourd’hui ne soient pas sources d’une plus grande déstabilisation du Mali et de ses communautés.

Se rassembler  pour sauver le Mali

C’est pourquoi, ajoute Modibo Sidibé, l’opposition démocratique et républicaine ne comprend pas que la délégation gouvernementale ait paraphé un tel document.  Avant d’ajouter que le paraphe du document par le Gouvernement sans qu’il le soit par les groupes de la Coordination ne cesse de susciter incompréhension et indignation à travers le pays. « La visite de la médiation à Kidal, le 17 mars et le refus de la Coordination de parapher le document d’Alger ouvrent incontestablement une crise du processus d’Alger « , d’après l’opposition malienne.

Aussi estime-t-elle que le Mali doit reprendre le contrôle du processus  de sortie de crise et s’engager sur le chemin d’un véritable dialogue inter-malien. Pour cela, elle dit lancer un pressant appel  à toutes les forces vives du pays afin qu’ensemble nous conjurions les menaces et les dangers qui pèsent sur le Mali. En conclusion du message de l’opposition  malienne à cette table ronde, Modibo Sidibé a conclu que  » notre peuple doit se rassembler pour sauver notre maison commune « .

Mamadou FOFANA

Source: L’Indépendant

Rapport de l’ONU sur les violations des droits de l’homme au nord du Mali : Les groupes armés du nord et l’armée malienne mis en cause

Les Nations unies ont publié un rapport sur les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises entre novembre 2013 et mai 2014 au Mali.  Bien qu’étant l’un des tournants de la situation dans le septentrion malien, ce document ne prend pas en compte les évènements tragiques des 17 et 21 mai à Kidal, lorsque plusieurs administrateurs maliens ont été froidement exécutés par les séparatistes dans la foulée et après la visite mouvementée de l’ancien premier ministre Moussa Mara. Même s’il reproche aux groupes armés séparatistes d’être à l’origine d’abus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire, le rapport met également en cause l’armée malienne.

Pour la réalisation de ce rapport, l’ONU indique que 36 missions d’enquêtes et d’établissement des faits par les équipes des droits de l’homme de la MINUSMA ont été effectuées dans les régions de Kidal, Gao, Tombouctou et Mopti. En plus d’une visite menée dans 150 lieux de détention dans ces quatre régions ainsi que dans les localités de Sélingué, Dioïla et Markala. Le texte souligne qu’  » au moins 50 cas d’attaques indiscriminées, asymétriques et actes de terrorisme ont été commis par des combattants du MNLA, du HCUA et du MAA-dissident ainsi que par des combattants de groupes armés extrémistes« . C’est le cas notamment des terroristes d’AQMI, du MUJAO et d’Ançar Dine. Aussi, il est reproché à ces groupes des  » exécutions sommaires et extrajudiciaires, arrestations et détentions arbitraires et illégales, des cas de torture, utilisation et enrôlement d’enfants, pillage et destructions de biens « . Concernant les forces armées et de sécurité maliennes, le rapport les met en cause dans des cas d’  »exécutions sommaires et extrajudiciaires, arrestations et détentions arbitraires « .

Ces violations auraient été commises lors du retour progressif de l’armée malienne dans les régions du nord, notamment Kidal, Gao et Tombouctou suite à la signature de l’accord préliminaire de Ouagadougou, le 18 juin 2013.

Outre Kidal, de nombreuses violations ont eu lieu dans les localités d’Anefis, Tarssek, Aguelhok et dans la région de Gao. Ainsi, ils sont environ une dizaine de civils qui auraient été  » exécutés tandis que d’autres ont été victimes de traitements cruels, inhumains ou dégradants, d’arrestations arbitraires et de détentions illégales « . La mission affirme avoir remis des rapports d’enquêtes documentés aux autorités maliennes sur l’implication  de certains militaires dans les violences au nord, mais jusque-là aucune suite n’est donnée à ces affaires.

Les terroristes d’AQMI et leurs mouvements affiliés (MUJAO, Ançar Dine et autres) sont également mis en cause dans ce rapport. Ils sont aussi tenus pour responsables de la détérioration de la situation sécuritaire au nord du Mali. Pour la mission d’enquêtes, l’instabilité constatée dans cette partie du territoire national est due à la persistance des attaques terroristes perpétrées par ces groupes extrémistes. En clair, même si l’intervention militaire franco-africaine lancée en janvier 2013 a permis de les chasser, les terroristes tendent à revenir en menant des attaques asymétriques et en utilisant la guérilla.

C’est ainsi que des soldats maliens, onusiens et ceux de l’Opération Barkhane sont régulièrement confrontés à ces attaques qui se caractérisent par l’installation d’engins explosifs, les tirs de roquettes et d’obus de mortier. Des civils paient également un lourd tribut à ces attaques. Ainsi, des forains sont régulièrement pris pour cibles sans compter ceux soupçonnés de livrer des informations à l’armée française pour neutraliser les terroristes.

Le rapport impute à ces derniers l’enlèvement et l’exécution des deux envoyés spéciaux de RFI, Gislaine  Dupont et Claude Verlon, le 2 novembre 2013. Il est également reproché à ces extrémistes l’enlèvement des civils et du personnel des ONG internationales et des organismes des Nations unies.Toujours selon le rapport, la situation des violations des droits de l’homme au nord du Mali est également exaspérée par des affrontements armés intra et intercommunautaires, particulièrement dans  les localités de Kidal, Gao et Tombouctou. Pour la mission d’enquêtes, ces violences  » ont contribué à entretenir un climat de suspicion propice à la vengeance et à la haine au Mali « . Ainsi, des affrontements ayant opposé les communautés peul et tamasheq dans la région de Gao depuis novembre 2013, ont causé  » au moins 125 victimes dont 75 tués « . Une situation qui aggrave l’insécurité qui prévaut dans cette zone et elle est très souvent suivie d’  » exactions d’une rare cruauté « . Notons que ces cas ont été constatés durant la période s’étalant du 1er novembre 2013 au 31 mai 2014.

Pourtant, dans ce rapport, il est clairement écrit que cette situation s’est particulièrement détériorée au lendemain de la visite mouvementée à Kidal de l’ancien premier ministre, Moussa Mara, le 17 mai 2014. Des affrontements ayant eu lieu après l’exécution des administrateurs maliens et l’occupation des locaux du gouvernorat de Kidal par les séparatistes, le 21 mai 2014. Mais, à aucun moment, ce rapport ne fait état de ces violences commises par les séparatistes du MNLA et du HCUA.

De l’aveu même du directeur de la division des droits de l’homme de la MINUSMA, Guillaume Nguefa, ces  » évènements ont fait reculer les avancées tendant à la restauration de l’autorité de l’Etat et risquent de remettre en cause les efforts nationaux et internationaux visant la consolidation des acquis démocratiques issus des élections de juillet et octobre 2013, notamment en termes de justice transitionnelle « .  Pour la mission d’enquêtes, le rapport sur ces violences sera disponible ultérieurement.  Ainsi, pour remédier à cette situation, la MINUSMA suggère de  » tout mettre en œuvre pour parvenir à un règlement pacifique du conflit dans un climat respectueux des droits de l’homme « .Pour elle, il faut que l’impunité cesse, que les auteurs de crimes soient traduits devant les juridictions et que les victimes soient mises dans leurs droits. C’est d’ailleurs là toute l’idée de l’accord de paix et de réconciliation obtenu à Alger. Lequel, en plus de prévoir une nouvelle architecture institutionnelle qui permettra aux populations locales de s’autogérer, intègre des dispositions pour la poursuite et la sanction des personnes incriminées dans les violations des droits humains en plus d’une réparation pour les victimes. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles les séparatistes refusent de le parapher, contrairement au gouvernement malien et les mouvements armés patriotiques.

Massiré DIOP

Source: L’Indépendant

Deuxième visite du président IBK à Alger : Le processus de paix au Mali au menu des échanges

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta est à Alger depuis dimanche après-midi pour une visite de trois jours sur invitation de son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika. Si les différents aspects de la coopération bilatérale seront passés en revue par les deux chefs d’Etat, l’occasion sera également propice pour discuter du processus de paix inter-Maliens abrité par l’Algérie qui a connu son épilogue le 1er mars dernier après le paraphe de l’accord dit de  » paix et de réconciliation nationale au Mali  » par le gouvernement et la plateforme des mouvements d’autodéfense. Il s’agira pour le président IBK de saluer le rôle joué par l’Algérie et surtout voir comment elle pourra convaincre les séparatistes de parapher ledit document.

ibrahim boubacar keita president malien ibk visite Abdelaziz Bouteflika president algerien

Rappelons qu’en janvier 2014, suite au blocage des négociations entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord du pays, le président IBK s’était rendu à Alger pour demander à son homologue Abdelaziz Bouteflika d’intervenir. C’est ce qui avait valu l’organisation de deux réunions en juin à Alger afin d’identifier les groupes armés avec lesquels des discussions pouvaient être entamées.

Ainsi, après huit mois d’intenses tractations et négociations où l’Algérie a tout pris en charge (transport, hébergement et restauration) un accord a été finalement trouvé à l’issue du 5e round des pourparlers tenu en fin février dernier. Bien qu’étant paraphé par le gouvernement et les groupes armés patriotiques, les séparatistes l’ont rejeté en bloc, car n’incluant pas leurs revendications sécessionnistes.

Selon nos sources, cette visite permettra aux responsables maliens et algériens d’échanger sur  »l’aboutissement de la médiation internationale conduite par l’Algérie en vue de la restauration de la paix au nord du Mali « .Elle sera également une occasion de voir les voies et moyens pour approfondir le dialogue inter-Maliens en vue de résoudre définitivement le conflit qui prévaut dans cette région. Des sources n’excluent pas qu’une demande soit faite aux autorités algériennes pour convaincre les séparatistes de parapher l’accord. Il convient de rappeler que la date de sa signature annoncée pour le 26 mars prochain à Bamako pourrait être reportée. Par ailleurs, il sera aussi question de passer en revue les relations bilatérales qualifiées d’  » excellentes  » pour voir comment les renforcer.

Massiré Diop

Source: L’Indépendant

Acte terroriste : Un présumé poseur de bombes tué hier par son explosif à Gao

Au quartier château de Gao, un poseur  de bombes s’est fait tuer par son explosif, ce lundi soir au environ de 17 heures.

mnla rebelle touareg independanliste bandis armee combattant arabe nord mali azawad kidal gao tombouctou

Selon des sources bien informées, un bâtiment habité par six wahabistes libérés récemment à Bamako a été le théâtre d’une explosion mortelle lundi soir entre 16 heures et 17 heures.  Un des occupants du bâtiment présenté comme le poseur de bombes  a été tué sur le coup. La maison, dit-on, est un peu isolée,  est très fréquentée la nuit par des individus suspectés d’être des collabos  du Mujao qui a régné sur la  région de Gao pendant l’occupation terroriste en 2013.

C’est par suite d’une mauvaise manipulation que la bombe a explosé faisant effondrer toute la maison sur le terroriste et ses complices. Des témoins signalent que des morceaux de chairs étaient éparpillés à l’endroit de l’explosion. De sources concordantes ont assuré que  c’est le corps du poseur de bombes qui a été déchiqueté. A Gao, les populations ont jubilé à l’annonce de la mort du terroriste.

Bréhima Sogoba

Source: L’Indicateur du Renouveau

Modibo Sidibé sur le projet d’accord : « Le document ne résoud en rien les questions fondamentales »

Lors de la récente table ronde des forces vives sur le projet d’accord issu du processus d’Alger, la classe politique de l’opposition a fait des réserves notables sur le document issu du processus d’Alger. Pour l’opposition, le document ne résout en rien les questions fondamentales relatives à la stabilité du pays, à l’intégrité du territoire, à l’unité nationale et à la réconciliation nationale.

 modibo sidibe fare ankawuli

Jeudi 19 mars dernier, le gouvernement a échangé avec les forces vives sur le projet d’accord paraphé le 1er mars dernier. A l’entame de la rencontre, l’opposition a exprimé son regret du fait que les autorités n’aient pas cru devoir procéder à de véritables concertations sur les questions de fond. Selon le porte-parole de l’opposition, Modibo Sidibé, ce consensus national aurait sans aucun doute conforté la position du gouvernement dans les négociations.

« Nous avons des zones d’ombres sur le document paraphé. Il ne fait aucune référence,  ni dans son préambule, ni dans ses principes, engagements et fondements pour un règlement durable du conflit, à la Constitution adoptée par le peuple souverain du Mali en janvier 1992″, a-t-il souligné.

Pour l’opposition républicaine et démocratique, l’accord qui a été paraphé par le gouvernement, le 1er mars 2015 après plusieurs mois de réunions, ne résout en rien les questions fondamentales relatives à la stabilité du pays, à l’intégrité du territoire,  à l’unité nationale et à la réconciliation nationale. « Cet accord n’est pas un bon accord pour le Mali. Il contient les germes d’une désintégration rampante du pays que nous avons connu. L’absence, maintes fois dénoncée, de vision refondatrice de nos institutions et le cap du gouvernement dans la résolution du conflit se reflète dans le document paraphé qui n’envisage pas l’avenir du Mali entier, dans son unité, sa dignité, sa sécurité et sa prospérité », a dénoncé le porte-parole de l’opposition,  Modibo Sidibé.

Il a ajouté qu’en plus de l’appellation de l’Azawad, la disposition qui consiste à « assurer une meilleure représentation des populations  du nord du Mali dans les institutions et grands services publics » est une violation de la Constitution, des règles et valeurs républicaines, qui ne sauraient admettre ni une administration partisane, ni une administration communautariste.

Le président du parti Baobab a aussi rappelé que le document paraphé conduit le Mali dans un nouveau système d’autonomie de fait des régions avec entre autres l’élection au suffrage universel direct du président de l’Assemblée régionale qui cumule les fonctions de  chef de l’exécutif et chef de l’administration de la région.  Toutes choses qui seront sources de blocage dans le fonctionnement institutionnel de la région et de l’Etat.

En outre, l’opposition dénonce la création d’une police territoriale et la volonté de réserver aux ressortissants des régions du nord, la majorité des effectifs de la  fonction publique territoriale. Elles sont porteurs de germes d’un régionalisme destructeur pour notre cohésion nationale.
« Au regard de l’architecture de l’accord, les multiples engagements, le calendrier de mise en œuvre, les capacités de l’Etat et des collectivités rendent difficiles son application. Les mesures préconisées si le calendrier n’est pas respecté peuvent aboutir à des frustrations pouvant conduire à des blocages, voire à des remises en cause », a-t-il expliqué.

Conscient de l’impérieuse nécessité pour notre pays de parvenir à une paix définitive, l’opposition  demande à la communauté internationale et particulièrement aux Etats du Sahel d’entendre les inquiétudes et les angoisses du peuple malien afin que les solutions préconisées aujourd’hui ne soient pas sources d’une plus grande déstabilisation du Mali et de ses communautés.

Le paraphe du document par le gouvernement sans qu’il le soit par les groupes de la Coordination ne cesse de susciter incompréhension et indignation à travers le pays.  « La visite de la médiation à Kidal, le 17 mars et le refus de la Coordination de parapher le document d’Alger ouvrent incontestablement une crise du processus d’Alger. L’opposition démocratique et républicaine estime que le Mali doit reprendre le contrôle du processus  de sortie de crise et s’engager sur le chemin d’un véritable dialogue inter-malien », ont indiqué les partis de l’opposition.

Bréhima Sogoba

Source: L’Indicateur du Renouveau

Terrorisme : AQMI distribue des tracts

Selon une source sécuritaire citée par RFI, Aqmi fait passer un message sur des bouts de papier distribués sur place : l’organisation fera subir le même sort à tout autre civil jouant le rôle d’informateur pour le compte des forces françaises ou de leurs alliés.

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De la région de Kidal en passant par celle de Gao et de Tombouctou, les jihadistes autoproclamés ont certes déjà dans le passé tué et décapité des civils pour les mêmes raisons, mais c’est dans la région de Tombouctou, où se trouverait le chef d’Aqmi au nord du Mali, l’Algérien Yahia Abou Hammam, qu’il y a le plus grand nombre d’exécution.

 

TERRORISME

Une exécution publique pour créer la psychose 

Le civil malien a été tué et décapité il y a quelques jours dans la région de Tombouctou dans le nord-ouest du pays. Il était accusé par ses assassins d’être un informateur des forces françaises.

L’homme accusé d’être un informateur des forces françaises de l’opération Barkhane serait âgé de 39 ans. Ce civil malien a dans un premier temps été enlevé, puis conduit à 120 kilomètres au nord de Tombouctou.

Ce jour-là sur les lieux, une foire hebdomadaire battait son plein. Il y avait du monde. Publiquement, des combattants d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) – qui ont revendiqué leur acte – l’ont tué et décapité.

Pour obtenir la signature de la CMA :

Un dernier round de discussions à Alger ?

A en croire nos confrères de JA, durant la visite d’Etat d’IBK à Alger, il devrait notamment être question de l’organisation d’un dernier round de discussions entre la médiation et les leaders de la CMA à Alger. Le 17 mars, une équipe de médiateurs internationaux s’est rendue à Kidal pour tenter de convaincre les rebelles de parapher le préaccord de paix. Mais la pression et les menaces de sanctions individuelles envisagées par l’ONU n’y ont rien fait : les chefs de la rébellion ont une fois de plus refusé de parapher ce document.

Face à ce qui pourrait être un nouvel échec dans le processus de paix, la médiation entend donc organiser une dernière réunion avec les responsables de la CMA pour prendre en compte leurs observations et surtout obtenir leur signature en bas du texte. Selon un responsable onusien, ce dernier round de discussions pourrait avoir lieu d’ici la fin du mois de mars à Alger. Reste maintenant à obtenir le feu vert des autorités algériennes.

Source: L’Indicateur du Renouveau

L’accord de paix en bonne voie, selon le Président

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Au terme de sa visite de trois jours en Algérie, Ibrahim Boubacar Keïta s’est montré optimiste à propos de l’accord de paix entre les autorités maliennes et les groupes armés au nord du Mali, et ce malgré le refus du mouvement de libération de l’Azawad de signer le document. L’objectif désormais pour lui est de reconstruire le Mali après des années de conflit, particulièrement au nord du pays.

Par Afrik.com

Source: Afrik

Accord d’Alger : Jusqu’où ira la CMA ?

Après avoir opposé un niet catégorique à l’accord d’Alger du 25 février, paraphé par le gouvernement et certains groupes armés, le 1er mars 2015, la Coordination des mouvements de l’Azawad semble obtenir le quitus de la Médiation internationale à l’ouverture de nouvelles négociations sur la base de plusieurs amendements qu’elle a apportés.

La Coordination des mouvements armés de Kidal semble imposer sa loi à la Médiation internationale, dans le processus de dialogue inter-malien pour le retour de la paix dans la partie septentrionale de notre pays.

Selon une source bien introduite, la Médiation aurait amené une délégation des mouvements armés de Kidal, vendredi tard dans la nuit, en Algérie. La même source indique une visite du président de la République dans la capitale algérienne pour la circonstance dans les prochains jours.

Par cet acte, les chefs rebelles ont obtenu (imposé) leur volonté de l’ouverture de nouvelles négociations sur la base de plusieurs amendements qu’ils ont apportés à l’accord paraphé. Point culminant de revendications : la reconnaissance officielle de l’Azawad comme une entité géographique, politique et juridique. Jusqu’où s’arrêtent, dans leur chantage, les enfants gâtés de la République qui mettent à genou aussi bien les autorités maliennes et l’ensemble de la communauté internationale.

Le dimanche 1er mars 2015, l’ »accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger » a été paraphé par le gouvernement malien et les groupes armés de la Plateforme. Mais la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui regroupe le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), la Coalition du peuple pour l’Azawad (CPA) et la CMFPR 2, s’était abstenu d’approuver ce texte, issu de sept mois de négociations censées mettre fin aux tensions dans le Nord du Mali.

Du coup, les rebelles viennent de rouler le gouvernement du Mali et la Médiation dans la farine. Les deux acteurs avaient naïvement cru en la sincérité de ces propos. Pierre Buyoya, le Haut représentant de l’Union africaine pour le Mali, avait lancé aux délégués de la CMA : « Nous vous faisons confiance, nous savons que vous êtes pour la paix. Je n’ai pas de doute. Dans quelques jours, vous viendrez apposer votre paraphe« .

Mais, à peine revenus d’Alger les délégués ont changé le ton, découvrant le vrai visage des rebelles. La rencontre secrète avec la Médiation n’est autre qu’une réponse à la requête du leader des rebelles, Bilal Ag Acherif, le secrétaire général du MNLA, qui a lâché, au cours de la rencontre avec le gouvernement nigérien, en prélude à la réunion de Kidal (pour déterminer la réponse finale de la CMA) : « Nous ne signerons absolument rien du tout et pour rien au monde si ce n’est notre statut particulier et l’ouverture de nouvelles négociations« .

Toujours selon notre source, le niet est catégorique et les rebelles sont en débat en Algérie pour prendre en compte les amendements introduits dans le projet d’accord produit par la médiation. Ces points essentiels introduits par la CMA touchent aussi bien les aspects politico-institutionnels, de défense et de sécurité que ceux liés au développement et aux mécanismes de mise en œuvre.

Mais, tout tourne autour de la reconnaissance officielle de l’Azawad comme une entité géographique, politique et juridique. Cette revendication constitue d’ailleurs le premier point du chapelet de doléances égrenées par les Indépendantistes. Les autres points sont tout aussi inacceptables.

Entre autres : créer une assemblée interrégionale regroupant les régions de Gao, Tombouctou, Kidal, Ménaka et Taoudéni, dont les prérogatives relèvent des domaines spécifiques à l’Azawad, surseoir à l’organisation de toute élection jusqu’au retour des réfugiés et jusqu’à la mise en œuvre du nouveau découpage, prévoir et déterminer le quota qui sera affecté à l’Azawad pour les départements de souveraineté, les grands services de l’Etat, les représentations diplomatiques et les organisations internationales.

Tout porte à croire que le rétablissement de la paix ne soit pas pour demain. Car, si les parties étaient sincères dans leur conviction que l’ »accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger » est réellement bon, l’équipe de Médiation ne devrait pas accéder à cette requête des rebelles.

Bréhima Sogoba

Source: L’Indicateur du Renouveau

Mouvement de chefs séparatistes signalé après leur refus de parapher l’accord d’Alger : Iyad Ag Ghaly à Anefis et Cheick Haoussa à Aguelhok

En dépit du paraphe de l’accord d’Alger par le Gouvernement malien et cinq mouvements armés issus de la plateforme des mouvements d’autodéfense, la paix est loin d’être acquise au nord du Mali, principalement dans la région de Kidal. Le mouvement de chefs jihadistes et de certains chefs militaires de la Coordination des mouvements de l’Azawad aussi bien à Anefis qu’ à Aguelhok est loin d’être rassurant. Il peut cacher, en effet, des préparatifs de guerre.

iyad ag ghaly anssardine islamiste teroriste

Après le refus de la Coordination des mouvements de l’Azawad de parapher l’accord d’Alger, les chefs jihadistes de la région commencent à sortir de l’ombre et multiplier des rencontres. Le chef d’Ansar Eddine, l’organisation terroriste dissoute, Iyad Ag Ghaly,   a effectué un récent déplacement à Anéfis, localité qui abrite l’état-major des séparatistes. C’est dans cette ville que se réunissent le plus souvent  leurs chefs militaires. On ignore ce qui a filtré de cette rencontre. Toutefois une rencontre entre Iyad Ag Ghaly et  ces derniers est fort suspecte et lourde de conséquences pour l’instauration d’une paix durable au nord.

Quand on sait que cette rencontre  intervient au moment où les rebelles de Kidal semblent s’éloigner de la paix. Les narcojihadistes, notamment Iyad Ag Ghaly et les chefs militaires, sont accusés de faire obstacle à  la paix voulue par le Mali et la communauté internationale.

Aussi la rencontre d’Anefis pourrait avoir comme raison fondamentale de placer les troupes en état d’alerte.

En plus de la présence d’Iyad Ag Ghaly à Anefis, verrou stratégique avant Kidal, c’est l’un de ses lieutenants, non moins chef militaire du HCUA, Cheick Haoussa,  qui a effectué un déplacement à Aguelhok. On se rappelle qu’il s’y était rendu, il y a de cela quelques semaines,  pour tenir un meeting à quelques jours du paraphe de l’accord d’Alger.

C’est dans cette localité que plus d’une centaine de militaires maliens faits prisonniers ont été exécutés(par balles logées dans la nuque  ou éventrés avec des sabres) en janvier 2012 par Ansar Eddine dont la branche militaire était dirigée par Cheick Haoussa.

Lorsqu’Ansar Eddine a été placée sur la liste des organisations criminelles et terroristes par le département d’Etat américain et la tête de Iyad Ag Ghaly mise à prix, certains de ses lieutenants, dont Cheick Haoussa,  ont abandonné ce groupe pour créer le mouvement islamique de l’Azawad puis le Haut conseil unifié de l’Azawad (HCUA) la véritable force combattante sur le terrain à l’heure actuelle.

D’autres mouvements d’hommes armés sont signalés à Kidal. Certaines sources annoncent l’arrivée de renforts dans la ville.

    Abdoulaye  DIARRA

Source: L’Indépendant

Accord de paix: Bamako tiendra ses engagements (président)

Le pouvoir malien respectera ses engagements dans le cadre de l’accord de paix conclu avec la rébellion à dominante touareg, a assuré lundi à Alger le président Ibrahim Boubacar Keïta.

president republique chef etat ibrahim boubacar keita ibk parti rpm

“Nous ferons tout pour tenir nos engagements quant au document paraphé le 1er mars à Alger”, a-t-il dit après une rencontre avec son homologue Abdelaziz Bouteflika dont le pays a conduit une médiation entre les parties en conflit au Mali.

“C’est un accord qui ouvre” la voie à “la reconstruction du pays”, à “la paix” et à “la réconciliation”, a souligné le président malien qui a entamé dimanche une visite d’Etat de trois jours à Alger.

Evoquant la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) qui a souhaité une renégociation de l’accord, il s’est dit “optimiste par rapport à nos frères qui n’ont pas encore compris l’urgence pour nous tous d’accepter cet accord équilibré”.

La semaine dernière, la CMA avait appelé à introduire des “points essentiels” dans l’accord, dont la “reconnaissance officielle de l’Azawad comme une entité géographique, politique et juridique”, la création d’une assemblée interrégionale couvrant cette zone et un quota de “80% de ressortissants de l’Azawad” dans les forces de sécurité.

L’accord d’Alger vise à créer les conditions d’une paix durable dans le nord du Mali, qui a connu une série de rébellions touareg depuis les premières années d’indépendance du pays, en 1960.

Cette région était tombée en 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ils en ont été partiellement chassés par une opération militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, et toujours en cours. Mais des zones entières échappent toujours au contrôle de Bamako.

AFP

Source: Libération

A Gao, le gouverneur de Kidal explique comment la capitale des Ifoghas a échappé à Bamako

A Gao, la plus grande ville du nord du Mali, où il était en tournée de sensibilisation pour la réconciliation, la semaine dernière, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation Abdoulaye Idrissa Maïga, a entendu les gouverneurs des différentes régions qui ont partagé avec lui les difficultés auxquelles sont confrontées leurs localités respectives. Les maux évoqués ont pour nom : l’insécurité qui engendre l’absence de l’Etat à tout point de vue (administration, la justice et des moyens de transports et de matériels didactiques indispensables pour la réussite de leur mission).

Abdoulaye Idrissa Maïga ministre Administration Territoriale Décentralisation

Selon le gouverneur de Kidal, après les évènements de 2012 qui ont vu les bâtiments administratifs de la région de Kidal Rechercher Kidal subir d’importants dégâts matériels, l’administration avait amorcé son retour en juillet 2013 à la faveur de la signature de l’Accords préliminaire de Ouagadougou. « Le gouvernement et les partenaires avaient mis en œuvre le Programme d’urgence de développement des régions du nord qui consacrait une bonne partie de son financement à la réhabilitation et à la reconstruction des bâtiments publics. C’est ainsi que la région de Kidal Rechercher Kidal a bénéficié d’une enveloppe financière de 2,7 milliards de F CFA qui a permis dans un premier temps la réhabilitation de 6 bâtiments dont la résidence du Gouverneur et les logements des membres de son cabinet et des responsables des services financiers », a expliqué le gouverneur de Kidal, Adama Kamissoko, rapporte le quotidien malien Le Républicain dont l’envoyé spécial était sur place à Gao.

Le Gouverneur de Kidal Rechercher Kidal trouve malheureux que tous ces efforts et toutes ces ressources aient été anéantis par les évènements de mai 2014, [une visite de l’ancien Premier ministre Moussa Mara a provoqué des affrontements sanglants le 17 mai entre rebelles et armée malienne, et une « guerre » le 21 mai, occasionnant de nombreuses pertes en vies humaines et des dégâts matériels, et l’occupation de toute la région de Kidal Rechercher Kidal et certaines localités des régions de Tombouctou et Gao].

Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, s’est dit conscient des affres que vivent, aujourd’hui, les populations de Kidal Rechercher Kidal à cause de l’absence de l’administration. « Tout est en retard à Kidal, même si certains de nos compatriotes à Kidal Rechercher Kidal n’ont pas compris l’urgence à parapher l’accord d’Alger, nous restons confiants », a dit Abdoulaye Idrissa Maïga.

Boukary Daou, Bamako

Source: Koaci

Le président IBK se rend aux funérailles avec une centaine de gardes armés jusqu’aux dents

Au moment où l’insécurité gagne du terrain à Bamako, le pouvoir semble gagner par la peur. En effet, les Maliens assistent médusés à un déploiement de dispositif sécuritaire impressionnant autour du chef de l’Etat., son domicile, le parcourt du cortège présidentiel, et le palais de Koulouba. ibrahim boubacar keita ibk cortege vehicule garde

Jamais un président malien ne s’est autant barricadé que IBK le fait actuellement. Des véhicules bourrés de gardes (armés jusqu’aux dents) suivent le président de la République partout où il se déplace, y compris dans les lieux de décès où un tel déploiement de forces ne sied pas. Mais il semble que IBK n’est pas homme à écouter les conseils; Pendant ce temps, les citoyens maliens sont livrés à eux. « Nous nous confions notre destin à Dieu » déclare un vieux chauffeur de taxi.

source: l’Aube

Soutien aux rebelles du MNLA : Quand une photo met à nu la sournoiserie de Dr Assadek Ag Amahady

Très respecté pour l’amour de la patrie qu’on lui attribuait et surtout pour ses nombreuses prises de position favorables au Mali concernant la crise du nord, le Dr Assadek Ag Amahady se trouve aujourd’hui projeté au devant de la scène par une photo compromettante qu’il a prise avec les rebelles du MNLA tenant ce qu’ils appellent dans leur imagination le drapeau de l’Azawad. Une situation qui met un doute fort sur la loyauté de cet homme évacué en France grâce à un élan de solidarité nationale initié en sa faveur afin qu’il bénéficie de soins appropriés contre sa « scoliose dorsolombaire ».

Touareg bon teint et paraplégique, Dr Assadeck Ag Ahamady  était un homme apprécié de tous. Surtout à cause de ses prises de position pour défendre la République concernant le dossier de la crise du nord. Lors de nombreuses marches contre l’indivisibilité du Mali, ce professeur de Maths  était toujours devant sur sa chaise roulante. De nombreux  Maliens ont pas été émus par sa récente sortie médiatique à travers laquelle, il lançait un SOS pour une évacuation sanitaire.

Sa lettre ouverte au président de la République avait poussé de nombreuses personnes à réagir. Une lettre ouverte à travers laquelle, il disait ceci : « Cela fait plus d’un mois qu’IBK  ne m’a pas répondu. Mes ami(e)s, je suis atteint de trouble de la marche sur séquelle de la poliomyélite des membres depuis l’âge de deux ans, associée à une déformation de la colonne vertébrale tant thoracique que lombaire avec difficulté de m’assoir. Actuellement, je présente des douleurs pénibles entravant mes activités d’enseignement et à la radiographie dorsolombaire: une scoliose dorsolombaire à convexité thoracique et concavité lombaire sur lombarthrose évoluée avec exostose iliaque bilatérale. Vue la persistance des douleurs et de leur chronicité, le Professeur Mady Macalou, mon médécin traitant et son équipe sollicitent du  président de la République du Mali mon évacuation à Paris pour d’autres investigations plus poussées en l’occurrence l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et une prise en charge chirurgicale de la scoliose. Cela fait plus de 28 jours que la demande a été transmise à Koulouba sans suite. Je remercie des ami(e)s sur les réseaux sociaux qui se reconnaîtront pour la chaîne de solidarité activée pour m’aider. …. ».

Après la publication de cette lettre sur les réseaux sociaux et les sites d’information, nombreux sont les Maliens de l’intérieur et de l’extérieur qui se sont organisés à travers un fonds de solidarité pour son évacuation sanitaire. Toute chose qui va se faire quelques temps après. Mais c’était sans savoir que le Dr Assadeck Ag Amahady était animé d’autres idées derrière la tête. Celles d’aller rencontrer ses enfants et jeunes frères qui ont juré de diviser le Mali : les représentants du MNLA en Europe.

En marge de son évacuation, notre professeur de Maths à la FAST n’a trouvé mieux que de rencontrer ceux-ci avec qui il a pris des photos qui font aujourd’hui le « buzz » sur les réseaux sociaux et les sites d’informations.

Le patriote a-t-il changé de camp ? Est-il la tête pensante du MNLA comme l’ont toujours dit certains ? Ce sont entre autres, les questions qui taraudent les esprits et auxquelles, seul le Dr Assadek Ag Amahady peut répondre.

Cependant, il faut noter que depuis le début de la  crise,  surtout, après l’élan de solidarité initié en sa faveur, nombreux sont ceux qui doutaient de la loyauté de cet homme.

« Ce type n’a rien. Regardez son embonpoint. Il veut juste un viatique pour rejoindre en Europe son frère (la deuxième adresse de sa sébile) qui ne fait que dénigrer le Mali parce que des jeunes en colère ont saccagé sa clinique à Kati qui recevait clandestinement des blessés du groupe de Bahanga d’abord et du MNLA  ensuite. D’ailleurs pourquoi pense-t-il que la Nation doit le prendre en charge ? Il n’est pas le seul malien à souffrir d’une scoliose… »,  avait vigoureusement réagi une de ses connaissances.

source : Tikan

​Des miliciens du Polisario prêtent allégeance aux jihadistes maliens

Quatre pick-up équipés de matériel de transmission et d’armes légères volés par les déserteurs

pickup vehicule rebelle mnla touareg

Des miliciens du Polisario ont échoué à rejoindre le front malien après avoir réussi à dérober dans les casernes des camps de Tindouf, quatre pick-up militaires.
Les fugitifs avaient l’intention de rallier le groupe jihadiste Al-Mourabitoune qui écume le Mali sous le commandement du terroriste algérien, Mokhtar Belmokhtar.

Fruit du mariage de deux groupes importants, à savoir le « Mujao » et « Les Signataires par le sang », tous deux dissidents d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Al-Mourabitoune est aujourd’hui l’ennemi numéro 1 des armées régulières qui agissent au Mali et la tête de son chef a été mise à prix par les Américains pour 5 millions de dollars.

Selon des sources concordantes, les quatre véhicules équipés de matériel de transmission et d’armes légères (mitraillettes et munitions), ont été dérobés le 4 mars courant d’une caserne à Rabouni et abandonnés, le dimanche 8 mars, à 170 kilomètres près du camp dit «wilaya de Dakhla», à cause d’un déploiement massif d’unités mobiles de l’armée algérienne qui a barricadé tous les passages conduisant vers la Mauritanie et le Mali.

Les miliciens du Polisario, non identifiés jusqu’ici, ont néanmoins réussi à emporter avec eux tout le matériel de transmission et les armes légères qui étaient à bord.

Les auteurs de cette opération très audacieuse compte tenu du blocus imposé aux camps de Tindouf, auraient également pris le soin de kidnapper le chef des unités spéciales du Polisario et comptaient le remettre au groupe Al-Mourabitoune. Il convient de rappeler que les groupes jihadistes présents sur le sol malien, comptent déjà parmi leurs combattants, de nombreux éléments qui ont déserté des rangs des milices du Polisario.

Après avoir été partiellement anéanti par l’offensive «Serval», lancée à l’initiative de la France en janvier 2013, Al-Mourabitoune tente actuellement de reprendre des forces en mobilisant  de nouvelles recrues. Ceux provenant des rangs du Polisario y sont accueillis les bras ouverts vu les relations privilégiées qu’ils entretiennent avec certains mouvements spécialisés dans le trafic de drogue,  la criminalité transnationale et la traite d’êtres humains.

L’implication directe du Polisario dans ces trafics ne date pas d’hier puisqu’elle avait été mise en  lumière en septembre 2010 avec l’arrestation de Didi Ould Mohamed, un grand ponte séparatiste impliqué dans l’affaire du «Boeing de la coke» qui avait éclaté en novembre 2009.

Cette arrestation avait confirmé que le trafic de cocaïne partait de l’Amérique latine pour arriver en Europe via les camps de Tindouf où sont embastillés des milliers de Sahraouis marocains. Un trafic qui, ajouté au détournement des aides humanitaires internationales, permet d’enrichir non seulement les dirigeants du Polisario, mais aussi les généraux algériens.

C.C

Source: libe.ma

Gao : un poseur de bombes se fait tuer par son explosif au quartier Château

Selon des sources bien informées, ce lundi soir entre 16heures et 17heures, un poseur de bombes s’est fait tuer par son explosif. L’homme était en train de préparer sa bombe dans une maison au quartier Château.
bombe dynamite explosion minuteur
C’est une maison qui, dit-on, est un peu isolée, mais généralement très fréquentée la nuit par des individus inconnus. C’est par suite de la manipulation que la bombe s’est explosée faisant effondrer toute la maison sur le terroriste.
Des témoins signalent que des morceaux de chairs sont éparpillés à l’endroit de l’explosion. Certainement que c’est le corps du poseur de bombes qui a été déchiqueté. A Gao, les populations jubilent, parce que c’est un terroriste qui s’est fait tuer.
Selon certaines sources, cette maison était fréquentée par des gens soupçonnés de collaborer avec le Mujao.
A. Diakité

Source: Autre presse

Crimes de guerre : FAMa et MNLA épinglés

L’enquêteur des Nations unies a présenté vendredi dernier un rapport sur la situation des droits de l’Homme dans au Mali.

Sa conclusion porte sur la période allant de novembre 2013 à mai 2014. Les Forces armées et de sécurité et les mouvements armés sont tous les deux épinglés pour des cas de violation grave de droits de l’Homme.

Sur la période allant de novembre 2013 à mai 2014, les enquêteurs des Nations unies ont présenté vendredi dernier un rapport sur la situation des droits de l’Homme dans au Mali. Les Forces armées et de sécurité et les mouvements armés sont tous les deux épinglés pour des cas de violation grave de droits de l’Homme.

L’armée malienne est mise en cause pour une dizaine d’exécutions sommaires et plus de 150 détentions arbitraires, essentiellement dans les régions du Nord et à Kati.

Le chargé des droits de l’Homme pour les Nations unies au Mali, Guillaume Ngefa, critique la lenteur dans le traitement des dossiers : « Nous avons porté justement tous ces cas documentés à l’attention des autorités judiciaires maliennes. Elles ont ouvert des enquêtes, mais des enquêtes qui n’avancent pas. Certaines n’ont pas été encore ouvertes, les cas d’exécutions de prêcheurs mauritaniens par exemple. A Diabaly, nous avons le cas d’un ressortissant arabe et d’autres qui ont été enlevés et tués à Tombouctou. L’enquête n’avance pas », a-t-il dénoncé.

Les mouvements armés eux-aussi en prennent pour leur grade notamment dans les territoires qu’ils contrôlent.

« Les groupes armés ont été responsables de plusieurs cas d’exécutions sommaires extrajudiciaires, surtout des personnes soupçonnées d’être des pro-gouvernementaux. Ils ont même enlevé certains individus qu’ils ont accusé d’être des informateurs des forces impartiales », a rapporté M. Ngefa qui pointe un doigt accusateur sur le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) notamment accusé d’avoir « délibérément tué » huit civils à Kidal, lors des affrontements du mois de mai dernier.

Mais, l’enquêteur de l’ONU précise que ces affrontements ont été engagés par les FAMa qui auraient tiré les premiers. Pour tous ces crimes, l’ONU veut des sanctions.

Nabila

Source: L’Indicateur du Renouveau

Gao : visite à la MINUSMA du Ministre malien à la Défense, M. Tieman Hubert Coulibaly

M. Tieman Hubert Coulibaly, le Ministre malien à la Défense et des Anciens Combattants, a été reçu samedi 21 mars au quartier général de la MINUSMA à Gao par le chef de bureau régional Francisco Osler et le commandant du secteur-Est Wade Maname.

Tieman Hubert Coulibaly ministre defense ancien combattant rencontre minusma

Dès son arrivée, le ministre à la Défense a passé les troupes du contingent chinois en revue avant de rejoindre la salle de conférence où les officiers des composantes civiles, militaires et de la police de la Mission onusienne l’attendaient.

Après un mot de bienvenu du chef de bureau suivi par une brève présentation du mandat de la MINUSMA, M. Tieman Hubert Coulibaly s’est adressé à l’assistance : « je vous transmets la reconnaissance du gouvernement malien pour le travail que vous êtes en train de faire au Mali. C’est une mission difficile et complexe, mais une mission importante non pas seulement pour le Mali, mais pour le système que vous représentez : les Nations Unies.  Soyez assurés de notre soutien, de notre amitié et de notre reconnaissance ».

Le Ministre Coulibaly était accompagné du Chef d’Etat-major Général des Armées, le Général de brigade Mahamane Touré, de son chef de cabinet, le Général de brigade Adama Dembélé, ainsi que du Colonel-Major Ibrahim Haidara, commandant du théâtre des opérations MALIBA-FAMa à Gao.

M. Francisco Osler a saisi cette opportunité pour présenter au Commandant du théâtre des opérations MALIBA-FAMa le rapport conjoint sur la situation des droits de l’Homme au Mali ; rapport publié le vendredi 20 mars au cours d’une conférence de presse organisée à l’Hôtel Amitié à Bamako.  Ce rapport documente de nombreuses violations et abus graves du droit international des droits de l’Homme et du droit international humanitaire commis entre le 1er novembre 2013 et le 31 mai 2014 au Mali.

Mali: Aqmi accentue la pression dans la région de Tombouctou

Un civil malien a été tué et décapité il y a quelques jours dans la région de Tombouctou dans le nord-ouest du pays. Il était accusé par ses assassins d’être un informateur des forces françaises.

militaires soldats maliens kidal gao tombouctou

L’homme accusé d’être un informateur des forces françaises de l’opération Barkhane serait âgé de 39 ans. Ce civil malien a dans un premier temps été enlevé, puis conduit à 120 kilomètres au nord de Tombouctou.

Ce jour-là sur les lieux, une foire hebdomadaire battait son plein. Il y avait du monde. Publiquement, des combattants d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) – qui ont revendiqué leur acte – l’ont tué et décapité.

Selon une source sécuritaire, Aqmi en a profité pour faire passer un message sur des bouts de papier distribués sur place : l’organisation fera subir le même sort à tout autre civil jouant le rôle d’informateur pour le compte des forces françaises ou de leurs alliés.

De la région de Kidal en passant par celle de Gao et de Tombouctou, les jihadistes autoproclamés ont certes déjà dans le passé tué et décapité des civils pour les mêmes raisons, mais c’est dans la région de Tombouctou, où se trouverait le chef d’Aqmi au nord du Mali, l’Algérien Yahia Abou Hammam, qu’il y a le plus grand nombre d’exécutions.

Source: RFI

En vue d’entrer dans l’armée et la Fonction publique maliennes, ruée de jeunes vers les groupes armés

Depuis la signature de l’Accord d’Alger du 25 février 2015 par le gouvernement malien, les groupes armés du nord font l’objet de toutes les sollicitations. D’abord de la part de la communauté internationale qui les courtise afin qu’ils signent le document. Ensuite et surtout de la part des Maliens du sud et du nord frappés par la précarité socio-économique.

Depuis la signature de l’Accord d’Alger du 25 février 2015 par le gouvernement malien, les groupes armés du nord font l’objet de toutes les sollicitations. D’abord de la part de la communauté internationale qui les courtise afin qu’ils signent le document. Ensuite et surtout de la part des Maliens du sud et du nord frappés par la précarité socio-économique.

Le lot des rebelles

Il faut rappeler que l’Accord ouvre la perspective de recrutements massifs de cadres issus des groupes armés dans l’armée et dans la fonction publique du Mali.Il y est précisé que les groupes armés auront des quotas et que les ressortissants seront favorisés lors des concours de recrutement. Or, tout le monde sait que les groupes rebelles, majoritairement constitués de Touaregs, n’ont pas des effectifs humains très élevés. Lors des précédentes rébellions, par exemple, ils avaient, dans le cadre des réintégrations, fourni à l’Etat malien des listes de prétendus combattants qui, en réalité, incluaient des dizaines de bergers, de boutiquiers et d’artisans touaregs, maures et arabes ramassés sur les dunes de sable. Une façon pour les rebelles de masquer leurs véritables effectifs tout en donnant du travail à ce qu’ils appellaient les « populations de l’Azawad ». C’est ainsi que dans la gendarmerie, la police, l’armée et l’administration publique, on a vu débarquer, à partir de 1992, des individus de teint clair qui ne savaient même pas écrire leur nom en langue française. Pas plus que dans une autre langue.

Cette année encore,  le scénario se répète etbeaucoup de jeunes gens entendent bien en profiter. A gao, un mécanicien automobile surnommé « Roujo » a, il y a quelques jours, recruté pour le compte du MNLA  une soixantaine de jeunes de toutes ethnies venues de diverses localités du septentrion. Les nouvelles recrues ont reçu la promesse d’une formation militaire en quinze jours, d’un salaire et, bien sûr, d’une intégration dans les corps étatiques maliens en cas d’accord définitif de paix. Le souci du MNLA de se doter de cadres neufs ne date pas d’aujourd’hui: nous vous révélions, il y a près d’un an, que ce groupe séparatiste, qui ne peut se mesurer militairement à ses compères jihadistes, avait envoyé en formation en Europe plusieurs centaines de jeunes Touaregs destinés à régir la future administration de l’Azawad. Le but du MNLA est de l’emporter en termes intellectuels  sur ses concurrents, plutôt tendus vers le maniement des armes.

Pour le MAA et le HCUA, autres groupes rebelles, les recrutements se font à ciel ouvert un peu partout au nord.

Les agents recruteurs, qui ont peaufiné leur art en 2012, sous l’occupation, font miroiter aux jeunes postulants tout l’intérêt d’une carrière dans l’armée mixte qui naîtrait d’un accord de paix avec le Mali. Une armée qui ferait la pluie et le beau temps dans un nord qui ne manquerait de rien, soutenu financièrement par le Mali et les bailleurs de fonds internationaux.

 

Le lot des groupes d’autodéfense

Dans ce contexte, les groupes d’autodéfense pro-Mali, majoritairement formés de Peulhs et de Sonrhais, ne veulent pas se laisser distancer. « Nous recrutons pour faire face aux rebelles en cas de guerre; s’il y a accord de paix, nos combattants seront, à l’instar des rebelles,  reversés dans l’armée et l’administration publique du Mali », nous confie un chef de milice. Il y a tellement de candidats au recrutement dans les groupes d’autodéfense (Ganda Koi, Ganda Izo, etc.) que ces derniers multiplient les bases de regroupement au nord. « On compte unetrentaine de camps dans la seule région de Gao », affirme un milicien. Qui nous apprend que dans le but d’éviter une dispersion de troupes qui constituent un terreau potentiel de recrutement pour le mouvement touareg GATIA, le général Gamou, chef du GATIA, a rencontré à Gao les chefs de milices d’autodéfense pour leur conseiller de limiter les camps de regroupement à deux: Ntilit et Tessit. Pour adhérer aux groupes d’autodéfense, il suffit de se présenter à leur cam, de décliner son identité et de payer des droits d’adhésion de 10. 000 FCFA.

« Nous sommes débordés de candidats au point que la nourriture de nos combattants pose problème; c’est pourquoi nous exigeons désormais que tout candidat soit détenteur de sa propre arme », révèlen chef de milice. La condition, en apparence exorbitante, est, en fait, facile à remplir: sur les marchés du nord, en particulier ceux d’Ansongo,  les armes individuelles se vendent comme de petits pains. La forte demande aidant, la carabine est passée de 75 000 FCFA à 150 000 FCFA alors que le fusil d’assaut AK47 est passé de 150 000 FCFA à  300 000 FCFA.Le tout au nez et à la barbe des forces maliennes, françaises et onusiennes  qui semblent avoir d’autres chats à fouetter…

 

Une enquête d’Abdoulaye Koné et de Tiékorobani

Source: Procès Verbal

Chronique satirique: L’armée de libération nationale

Rien ne sert de compter sur des miliciens: il nous faut une nouvelle armée. Voici son portrait.
LadjiBourama n’a plus son sourire des beaux jours : ses émissaires viennent de passer huit mois à Alger en pure perte. Le fameux Accord que les ministres Zawabi, Abdoulaye Diop et compagnie ont ramené d’Alger vaut moins qu’un chiffon de papier : ni le MNLA, ni le HCUA, ni le MAA n’ont voulu le signer. Ces groupes armés retrouvent, du coup, leur qualificatif antérieur de bandits armés. Et encore, je n’ose vous révéler ce que LadjiBourama pense secrètement d’eux en grec !

militaires soldats maliens kidal gao tombouctou


Au début, j’avais cru que les bandits jouaient au cirque: ruer dans les brancards pour faire croire que l’Accord était plutôt favorable au Mali et ainsi pousser les Maliens, notamment ceux du sud, à y adhérer
. Je commence à me demander si la chose n’est pas plus sérieuse que cela dans la mesure où les médiateurs internationaux ont été obligés de faire, au grand complet et à grands frais, le voyage de Kidal pour aller masser les pieds des rebelles et les inciter à la paix. Ces derniers feront-ils marche arrière ? La question vaut son pesant de chameaux ! En attendant d’y trouver une réponse sûre, je  fais trois constats:

– Les bandits armés ont donné (qui l’eût cru ?) une bonne leçon de démocratie à LadjiBourama en soumettant l’Accord à l’appréciation de leur « base », alors que Ladji n’a jugé utile de consulter personne avant de signer;

– les bandits armés n’ont de « base » populaire qu’à Kidal puisqu’ils n’ont consulté que les Kidalois;

– on a tort de vouloir étendre l’Accord à Gao et Tombouctou dès lors que les bandits armés n’ont de considération que pour Kidal.

Et puis question: maintenant qu’il n’y a plus d’accord, que faire ? Il va falloir mettre la population civile aux abris et renvoyer les soldats au front. Problème : depuis le 21 mai 2014, l’armée malienne n’a plus la moindre bicyclette à Kidal. Le gouverneur Kamissoko (du moins l’ancien), rescapé d’une vaste opération d’égorgement des administrateurs civils, est devenu un chômeur de luxe qui ne sait de Kidal que ce qu’on lui en dit au téléphone. Quant au Premier Ministre Modibo Kéita, c’est un vieux sage qui n’a nulle envie d’aller provoquer, comme le jeune Moussa Mara, les rebelles dans leur fief. Résultat des courses: jusqu’à nouvel ordre, Kidal ne paiera pas d’impôt au Mali.

Tombouctou et Gao ? Le Mali espère les garder en sous-traitant sa défense à une milice dénommée Gatia. Ce faisant, LadjiBourama ne craint pas de mettre ses pieds dans les babouches du « Vieux Commando », qu’il a pourtant accusé d’avoir utilisé des « officiers incompétents et au patriotisme douteux ». Mais passons… Certes, pour l’instant, le général Gamou et ses miliciens du Gatia bottent le train au MNLA; mais sauront-ils infliger le même sort aux jihadistes tapis dans les confins du désert ? Par ailleurs, depuis que le monde est monde, un mercenaire demande sa paie : que donnera-t-on au Gatia en contrepartie de ses  conquêtes territoriales ? Acceptera-t-il facilement de les restituer au Mali à la fin de la guerre ?

A mon humble avis, le Mali ne recouvrera son intégrité territoriale que lorsqu’elle arrivera à mettre sur pied une nouvelle armée. Pas une armée de Papou, de Mamy ou de chercheurs d’emplois, mais une armée de jeunes gens prêts à mourir pour la patrie. Cela suppose, bien entendu, de recruter dans les règles de l’art, de fixer un plan de carrière rassurant, de payer un salaire décent et de garantir une retraite confortable. Il va sans dire que les généraux et colonels bénéficiaires de promotions exceptionnelles seront mis à la retraite avec, à la clé, quelques parcelles de blé dans l’Office du Niger. Il va de soi aussi que tous ceux qui ont fui les combats à une époque récente seront reversés dans les corps de la police et des gardes forestiers. Ainsi, quand la nouvelle armée lancera 20 000 soldats à l’assaut du nord, 10 000 atteindront l’objectif. Vous me parlez d’avions de chasse, de chars Abrahams et de drones d’observation ? Les rebelles n’en ont pas non plus, pardi! Vous parlez d’argent? Mais le Mali, avec un budget annuel de plus de 1500 milliards est infiniment plus riche que ses adversaires ! Vous me parlez du manque de connaissance du désert ? Mais le Mali peut fort bien former ses troupes à Nioro du Sahel ! En un mot comme en mille, tout tient à la motivation des troupes: pour la réhausser, il ne suffira pas de conjuguer les verbes au subjonctif.

 

Tiékorobani

Source: Procès Verbal

Accusé d’espionnage pour le compte des militaires de l’Opération barkhane : Mohamed Mahmoud Ag Oumar exécuté par des terroristes

Depuis quelques temps, la région de Tombouctou connait une vague de liquidations ciblées menée par des terroristes contre des présumés informateurs des forces françaises. Lesquelles effectuent des patrouilles régulières pour traquer les terroristes qui tentent de réinvestir les positions qu’ils ont dû abandonner au nord du Mali suite au déclenchement de l’Opération Serval devenue Barkhane.

Ainsi, le week-end dernier, le corps sans vie d’un dénommé Mohamed Mahmoud Ag Oumar a été retrouvé, dans une localité située à 120 km au nord de Tombouctou. Le jeune homme, âgé d’une trentaine d’années, avait été enlevé dans une localité dénommée Tin Ag Elhadj, à 40 km de Tombouctou, le 26 février dernier. Ses ravisseurs lui reprochaient de collaborer avec les forces françaises de l’Opération Barkhane qui mène une guerre sans merci contre les terroristes. Il lui est également reproché de faire partie des mouvements armés patriotiques regroupés au sein de la plateforme. Ainsi, après plus d’une vingtaine de jours passés en captivité, ses ravisseurs l’ont d’abord ramené chez lui, le week-end dernier, afin qu’ils avouent sa collaboration avec les forces françaises. C’est après cet aveu sous la contrainte, que Mohamed Mahmoud Ag Oumar  a été conduit dans une autre localité, située à environ 120 km au nord de Tombouctou, pour y être exécuté.

Rappelons que c’est dans cette zone que le corps mutilé d’un médecin, répondant au  nom de Hama Ag Sid’Ahmed, a été retrouvé en deux endroits distincts près de Tombouctou.  En effet, le reste de son corps sans la tête avait été suspendu par les pieds sur le château d’eau de la localité de Théya. Quelques jours plus tard, sa tête a été retrouvée en plein cœur du marché de Zoueira, située à 120 km de Tombouctou. Les auteurs de ce crime avaient laissé un message d’avertissement pour dissuader, selon leurs termes,  » tous ceux qui s’opposeraient aux idéaux religieux ou poseraient des actions criminalisant ou interdisant les actes d’AQMI « . Ils ont ainsi menacé tous ceux qui seraient amenés à collaborer avec les forces françaises, notamment pour signaler leurs positions. Ce nouvel assassinat intervient alors que le nord du Mali connait une recrudescence de violences contre de simples civils, des militaires maliens, les Casques bleus et la force Barkhane. Après avoir été défaits par l’intervention militaire franco-africaine de janvier 2013, les terroristes mènent des attaques asymétriques jouant sur l’effet de surprise. Une situation qui a déjà entrainé la mort de plusieurs civils et militaires ainsi que des centaines de blessés.

    Massiré Diop

Source: L’Indépendant

Me Harouna Toureh de la Coordination des mouvements des forces patriotiques (CMFP) : » Les rebelles Kidalois n’ont aucune autorité de réclamer une modification puisqu’ils n’ont pas paraphé l’accord d’Alger

Le président de la Coordination des mouvements des forces patriotiques( CMFP) non moins porte-parole de la plateforme des mouvements d’autodéfense, Me Harouna Toureh, estime qu’une modification de l’accord d’Alger du 1er mars telle que souhaitée par les rebelles kidalois n’est plus possible à partir du moment où ceux-ci ont refusé de le parapher. “

Juridiquement, l’accord en l’état actuel ne peut être modifié qu’à la demande du Gouvernement  et de la plateforme qui en sont les signataires.  Les responsables de la CMA ont commis une erreur monumentale en refusant de le parapher. S’ils sortent de ce processus de cette façon, ils s’en sortent les mains vides et courent le risque de s’opposer à la paix et s’exposer à des sanctions » a déclaré Me Harouna Toureh au cours d’une conférence de presse, tenue le samedi dernier à son cabinet.

Il a apporté un éclairage sur le paraphe qui signifie « l’apposition des initiales sur un acte (traité, accord ou document juridique) par les plénipotentiaires ou leurs représentants à des négociations afin d’authentifier le texte avant sa signature ». L’acte paraphé ne peut être modifié que par la commune volonté des parties, conformément à l’article 65 de l’Accord d’Alger.

Comme pour indiquer que la CMA n’est pas fondée aujourd’hui à demander une modification du document.

Le conférencier de préciser que la conséquence juridique du paraphe est qu’il n’est opposable qu’à ceux qui l’ont paraphé et ne profitent qu’à ces derniers, principalement le Gouvernement malien et la plateforme des mouvements d’autodéfense composée de cinq groupes armés.

Il ajoute que l’accord pourrait à ce titre être exécuté sans la Coordination des mouvements de l’Azawad qui a pris délibérément la responsabilité de se mettre en marge du processus de pacification. Me Harouna Touréh en veut pour preuve l’excuse toute trouvée à Alger par la Coordination des mouvements de l’Azawad qui s’est abstenue de parapher l’accord au motif de s’en référer à sa base. Alors qu’un temps suffisant a été accordé à chacune des parties pour apporter des analyses et études sur le document. C’est après tout cela, explique-t-il, que les belligérants se sont retrouvés à Alger pour parapher. En clair, pour Me Harouna Toureh  » l’argument selon lequel la Coordination doit consulter sa base ne tient pas « . Il indique que l’accord d’Alger comporte des avantages énormes pour l’ensemble des Maliens à ce titre que chaque région aura la possibilité d’élire les représentants de  son choix et de participer à l’exploitation des richesses.  » C’est une vraie force démocratique qui va naitre dans les régions  » a-t-il fait savoir.Toutefois, face au refus de la Coordination des mouvements de l’Azawad qui semble délibérément avoir choisi de ne pas faire la paix, Me Toureh exhorte  » les Maliens à la mobilisation générale en vue de la protection de notre pays. Il est vrai qu’un semblant de cessez-le-feu existe, qu’un accord a été paraphé, mais il faut retenir que rien n’est encore acquis. On n’a pas encore la paix « , a-t-il déclaré. Ajoutant  que pour ce faire  » les Maliens doivent se retrouver pour mobiliser les ressources énormes dont ils disposent et que chacun contribue à la formation et à l’équipement de notre armée « .

En outre, il a souhaité que des contributions régulières soient faites pour le redressement sécuritaire du pays. Avant de déplorer que cette idée n’ait pas fait l’objet de débat au plan politique.

ABDOULAYE DIARRA

Source: L’Indépendant

Accord d’Alger paraphé : Il n’augure de bonnes perspectives

Il n’y a pas si longtemps, s’est déroulée au centre International de Conférence de Bamako(CICB), une rencontre visant la restitution de l’accord d’Alger paraphé par le gouvernement et certains groupes armés. La CEMA n’a pas voulu parapher ledit document. En outre, des représentants des partis politiques de l’opposition dénoncent le contenu de l’accord. Il en est de même pour certaines composantes de la Société Civile. Pour eux, il ya des aspects qu’il convient de l’élucider, afin d’éviter des confusions et des complicités qui pourraient coûter cher à l’avenir.

A la rencontre au CICB, il y avait les représentants de la mouvance présidentielle et de l’opposition, tout comme ceux de la société civile. On peut dire que la montagne a accouché d’une souris car, l’objectif visé par le Ministre des affaires Etrangère et de la Coopération Internationale n’a pas été atteint. En effet, l’adhésion de tous les participants n’a pas été acquise. L’opposition et la société civile ne sont pas convaincues que ledit document est bon comme base de négociation pour le retour d’une paix définitive et durable. Au contraire, pour certains, cet accord paraphé n’augure pas de bonnes perspectives de paix et de sécurité pour le Mali.

C’est pourquoi, ils sollicitent que le gouvernement fasse encore des efforts pour apporter de la lumière sur les zones d’ombres. Il semble que ce ne sera pas le cas, puisque le gouvernement se réjouit déjà du résultat obtenu et se dit déterminé à ne plus aller sur la table de négociations. En faisant cette affirmation, le ministre donne l’impression de s’adresser à ceux qui ont refusé de parapher le document mais, en réalité, par la même occasion, le gouvernement fait  fi des préoccupations de la société civile et de l’opposition.

C’est une très lourde responsabilité que le gouvernement est en train de prendre. A qui profitera cet entêtement ? Que cache-t-on au peuple ? C’est la question qu’on se pose aujourd’hui.

En tout cas, lorsqu’on se réfère sur les déclarations du ministre des Affaires Etrangères ? Abdoulaye Diop, on doute de la sincérité du gouvernement par rapport au peuple, malgré les réactions multiples dans plusieurs localités du pays tendant à positiver ledit document.

Il est temps que les uns et les autres soient suffisamment responsables en mesurant les conséquences des décisions qu’ils prendront pour l’avenir du Mali. Au regard de ce qui précède, nous osons croire que la nouvelle stratégie de communication gouvernementale du ministre de l’Economie Numérique et de la Communication, Choguel Kokalla Maïga, n’est pas encore opérationnelle. Ainsi, il faudra œuvrer à ce qu’il n’y ait pas d’ambiguïté dans la communication gouvernementale, notamment en ce qui concerne les questions aussi sensibles que le retour de la paix et de la sécurité dans les régions nord du pays.

 

Sinaly

Source: Le Pouce

Me Harouna Toureh à propos du jeu de dilatoire des bandits armés de Kidal : «Le Mnla ne peut changer même pas une virgule de cet accord»

Le Président de la CMFPR, porte-parole des mouvements signataires de la Plateforme d’Alger, Me Harouna Toureh, a échangé avec la presse samedi dernier. Cet échange avec les journalistes a tourné autour de l’accord d’Alger du 25 mars et du dilatoire auquel le Mnla et les autres mouvements de la Coordination jouent après le paraphe de document par le Gouvernement et les mouvements de la Plateforme.

maitre avocat harouna toureh amadou haya sanogo

«Le Mnla ne peut pas changer même pas une virgule de cet accord. Parce qu’il ne l’a pas paraphé. Pour qu’il demande sa modification, il faut tout d’abord qu’il le paraphe. C’est seulement le Gouvernement et la Plateforme qui peuvent solliciter sa modification. Il n’y a aucune raison objective pour les mouvements de la Coordination refusent de parapher cet accord.

La Coordination a commis une erreur monumentale en ne paraphant pas l’accord. Il n’est pas question de rouvrir les négociations en l’état actuel. La Plateforme a paraphé ce document pour éviter qu’on ne la considère comme une organisation qui s’oppose à la paix», a déclaré Me Harouna Toureh. Selon l’homme de droit, si les mouvements de la Coordination ne paraphent pas cet accord, il pourra être exécuté sans eux. Car il a vocation à s’appliquer sur toute l’étendue du territoire national.

Pour ce faire, Me Toureh a insisté, il faut que nous soyons unis. A en croire le porte-parole des mouvements républicains, cet accord va renforcer notre démocratie au plan local, par l’élection au suffrage direct des Présidents des assemblées régionales. Selon lui, dans ce schéma, les responsables de l’Exécutif régional ne seront plus liés au ministère de l’Administration territoriale. «Chaque région prendra des hommes et des femmes qui peuvent développer leur région», a-t-il déclaré.

Au cours de cet entretien avec la presse, le porte-parole de la Plateforme a lancé un appel unique aux populations maliennes, la mobilisation des esprits et des énergies de chacun des Maliens, en vue d’assurer la protection du Mali pour qu’il sorte de cette situation exceptionnelle. «C’est vrai que nous avons le soutien de la communauté internationale, mais rien n’est définitif, rien n’est acquis. On n’a pas encore la paix», a-t-il indiqué.

Il a également relevé que les Maliens doivent se donner les moyens d’assurer leur sécurité: «que chacun des Maliens contribue à la formation et à l’équipement de notre armée. L’idée c’est d’amener chaque Malien à apporter sa contribution à l’effort de redressement sécuritaire du Mali. Comme ce fut le cas aux USA, où les citoyens ont été mobilisés pour apporter leur contribution à l’armée. Si on n’a pas une armée organisée et viable, il n’y aura pas de sécurité chez nous».

Selon lui, c’est un défi auquel le Mali doit nécessairement faire face si nous voulons vivre en paix. Car, a-t-il expliqué, «la paix mondiale est menacée par les terroristes qui sont aux frontières, de notre pays, et même à l’intérieur maintenant».

L’avocat a aussi profité de la rencontre pour fustiger le comportement de certains de nos compatriotes qui ont bénéficié de tous les honneurs du pays et qui se trouvent aujourd’hui en alliance avec les ennemis du Mali. «Ils sont des fonctionnaires, ils dorment avec nous à Bamako et ils veulent la séparation de notre pays. Malgré tout, l’Etat continue à payer leurs salaires et à les considérer comme si de rien n’était. Il est inadmissible que l’on laisse nos ennemis se balader parmi nous», a-t-il martelé.

Youssouf Diallo

 

source : 22Septembre

Accords de paix d’Alger : Ne vous en faites pas, ils signeront bientôt !

 

 

Coordination mouvement Azawad chef rebelle touareg mnla cma hcua azawad arabe negociation pourparles

Ne vous en faites pas, les mouvements rebelles signeront bientôt les accords d’Alger. Leur refus momentané relève plus d’une stratégie de communication savamment pensée que d’un réel désaccord avec le contenu d’un accord dont ils savent qu’il leur est plus favorable qu’à l’État. C’est un orchestre dont nous sommes les spectateurs, eux et leurs soutiens les vrais acteurs. Leur refus momentané n’est que du divertissement destiné à brouiller les pistes pour faire mieux accepter l’accord par les maliens. Qui mieux que ces rebelles savent  qu’ils ont tout gagné dans ces accords : reconnaissance officielle de l’Azawad, fédéralisme déguisée et surtout,  la possibilité d’instaurer un apartheid  touareg au nord du Mali où ils restent fortement minoritaires. Ils savent mieux que quiconque qu’aucune démocratie ne leur aurait permis de maintenir un système féodal  qui fait des noirs leurs valets que la guerre cyclique. La stratégie était de ne pas signer en même temps que le Gouvernement. Ce qui a permis de déplacer le problème. Si le Gouvernement et les mouvements rebelles avaient signé au même moment ce serait ici à Bamako et dans tout le pays qu’on aurait assisté à une levée de bois vert contre le Gouvernement. Le ton avait déjà été  donné quand des partis et une bonne partie de la société civile avaient rejeté le texte des Accords d’Alger. Alors ne vous en faites pas, la stratégie est à sa fin et les mouvements rebelles signeront bientôt. Mais nous ne devons jamais oublier qu’aucun accord ne permettra au Mali de gagner définitivement la paix, si sur le terrain nos militaires ne sont pas en mesure de remporter la guerre. C’est à la reconstruction d’une armée de combat, moderne et bien équipée suffisamment motivée  que nous devrons toujours la Paix.

O’BAMBA

source : Inf@sept

Me Harouna Toureh à propos du non paraphe de l’accord : «Le Mnla est dans son rêve»

Juste après le point-presse qu’il a animé le samedi dernier sur l’accord pour exprimer la position de la plate-forme des mouvements d’autodéfense, nous avons rencontré Me Harouna Toureh. Dans cet entretien, il fait le point sur la position de la plate-forme des mouvements d’autodéfense par rapport au non paraphe de l’accord par le Mnla et ses alliés.

harouna toureh avocat sanogo

En tant qu’acteur majeur des négociations, quelle lecture faites-vous de la résistance de la coordination par rapport au paraphe de l’accord ?

Le paraphe est un procédé  juridique par lequel les parties prenantes à des négociations  valident et authentifient le texte d’un accord en y  apposant leurs initiales, ce  avant la signature proprement dite de l’accord. A Alger, comme vous le savez, seuls les gouvernements du Mali et la plate-forme, en présence de la médiation internationale, ont paraphé l’Accord. Les mouvements de la coordination représentés par le Mnla n’ont pas jugé utile de le parapher, motif pris de ce qu’un délai de réflexion doit leur être accordé. En droit, puisqu’ils n’ont pas paraphé l’Accord, celui-ci ne leur est pas opposable, et ils ne peuvent non plus en tirer aucun avantage. Ils sont considérés (Ndlr, les mouvements de la coordination) comme étant des tiers à cet Accord. Tant qu’ils ne l’auront pas paraphé, tant qu’ils ne l’auront pas signé, ils ne peuvent pas prétendre à sa modification. Et même s’ils venaient à le parapher ou  à le signer, ils ne peuvent le modifier sans le consentement des autres parties, en l‘occurrence le gouvernement du Mali et la Plateforme des mouvements. En effet, l’’article 65  de l’Accord  stipule que « les dispositions du présent Accord et de ses annexes ne peuvent être modifiés qu’avec le consentement express de toutes les parties signataires du présent Accord et après avis du comité de suivi. » Vous voyez bien qu’il n’y a aucune crainte à ce jour que cet Accord soit modifié sur la seule initiative  du Mnla et de la Coordination.

Quel doit être aujourd’hui la position du gouvernement malien ?

Le gouvernement du Mali est considéré dans cet Accord comme une partie au même titre que la plate-forme. Il s’est publiquement engagé après s’être vaillamment battu  pour préserver plus que l’essentiel espéré et défendre «les lignes rouges» à ne pas franchir, il lui reste à respecter l’esprit et les termes de l’Accord librement pris. En étant conscients de l’étendue de nos  responsabilités respectives et des défis majeurs à relever pour une bonne fin de cette nouvelle entreprise que constitue la mise en œuvre de l’Accord,  je n’ai aucun doute que le gouvernement du Mali et la plateforme  sauront honorer les attentes légitimes du peuple malien et dissiper les craintes   de tout genre accumulées depuis 2012. Pour avoir vécu les évènements en direct, je puis  vous assurer que ni la Minusma ni la Médiation dirigée par l’Algérie  ne peuvent voir leur responsabilité retenue dans le non paraphe par le Mnla de l’Accord. J’ai la preuve que l’une et l’autre ont tout entrepris pour que l’Accord soit paraphé par toutes les parties prenantes, mais c’est sans compter avec l’obstination et l’amateurisme des dirigeants du Mnla  présents à Alger.

Est-ce que la communauté internationale ne doit pas mettre la pression sur les mouvements de la coordination?

Je pense que cela va de soi dans la mesure où la non reconnaissance par le Mnla des termes de l’Accord constitue une volonté non équivoque de sa part à troubler ou compromettre la paix et la stabilité dans les régions nord du Mali.  La communauté internationale dispose  de moyens juridiques et militaires efficaces de pression contre les non signataires d’un  Accord de paix et contre ceux qui, après l’avoir signé, le violent délibérément. Et une mesure moins contraignante physiquement consisterait déjà à empêcher tous les dirigeants de la coordination qui refuseraient de signer cet Accord après avoir participé pendant plus d’un an aux négociations à Ouaga et Alger à dormir tranquilles dans des hôtels cinq étoiles, de se rendre dans les pays membres de la Médiation. Les cantonner à Kidal, la capitale de leur rêve inachevé, leur ferait beaucoup de bien aux côtés des populations qu’ils ont prises en otage. Ils sont dans leur rêve. Le Mnla est dans son rêve. Ils sont dans une fiction politique, juridique, géographique. Ils n’ont aucune prise avec les réalités sociales, géographiques du pays quand ils vous parlent d’une partie de Mopti comme faisant partie de l’Azawad, ou de Tombouctou ou de Gao. Où sont-ils maintenant? Le Mnla n’est même pas partie à l’accord. Et puisque la coordination n’est pas partie à l’accord elle ne peut pas demander la modification.

Propos recueillis par     Nouhoum DICKO

source :  Le Prétoire

Aqmi décapite un civil malien accusé de travailler pour la France

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Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a tué par balle puis décapité jeudi un civil malien qu’elle accusait de travailler pour les forces françaises au Mali, a-t-on appris dimanche auprès de sources sécuritaires. Les faits se sont produits « en public lors de la foire de la localité de Tichift au nord de Tombouctou », une des principales villes du nord du Mali, a indiqué la même source. Elle a ajouté que les combattants d’Aqmi ont, sur les mêmes lieux, distribué un communiqué pour « mettre en garde » les autres « informateurs » des forces françaises.

Un juge raconte l’horreur de l’occupation djihadiste à Tombouctou

INTERVIEW Le magistrat Patrick Ramaël qui vient de participer à une enquête menée par la FIDH sur les exactions des djihadistes à Tombouctou entre 2012 et 2013, revient sur cette période de chaos.

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Nous sommes le 1er avril 2012. Il est 6 heures du matin. Les milices arabes de la ville de Tombouctou prennent la ville aux Forces armées maliennes (FAMA) et la livrent aux Touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui s’en fait chasser le lendemain par les djihadistes d’Ansar Dine et d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). Ces derniers vont soumettre pendant plus de dix mois les populations à un régime de terreur basé sur la charia. Ils mettent en place des institutions islamiques, dirigées par des natifs de Tombouctou, chargées de faire appliquer la loi islamique. Il faudra attendre le 28 janvier 2013, pour voir ces institutions tomber, deux semaines après le début de l’intervention militaire française au Mali.

Sept organisations de défense des droits de l’homme ont déposé le 6 mars 2015, auprès du tribunal de Bamako, une plainte visant 15 auteurs présumés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pour des actes commis durant cette période de chaos. Le magistrat Patrick Ramaël qui vient de participer à une enquête menée par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) sur les exactions de ces groupes djihadistes, revient sur ces dix mois d’horreur.

Qu’avez-vous découvert sur ces mouvements islamistes durant votre enquête ?

C’est impressionnant. Ils se sont attaqués aux mausolées, ont détruit plus de 4.000 manuscrits. Mais surtout ils ont mis en place tout un tas d’interdictions et de règles d’un autre âge. Le film Timbuctu montre d’ailleurs assez bien cela. Pour une infraction routière, vous aviez le choix entre payer directement une amende ou recevoir dix coups de fouet. La musique et la télévision étaient interdites. Ils réquisitionnaient d’ailleurs les téléviseurs pour eux… Un frère et sa sœur n’avaient aussi pas le droit de marcher dans la rue côte à côte. De manière générale, il y avait une très forte immixtion dans la sphère privée. Ils rentraient dans les cours d’immeubles. Ils s’en prenaient à des musulmans pratiquants. Des femmes qui n’étaient pas assez voilées étaient emmenées au commissariat, elles étaient séquestrées et souvent violées.

Il y avait aussi chez les djihadistes une vraie obsession des cigarettes. Les stocks de cigarettes étaient brûlés sur place et si vous étiez pris en train de fumer vous receviez des coups de fouet. On a eu affaire à un cas où ils ont arrêté un homme. Ils l’ont emprisonné, emmené près d’une rivière, l’ont mis dans un sac cousu et l’ont menacé de le jeter dans la rivière puisqu’il ne voulait pas dire qui lui avait fourni les cigarettes. Ils lui ont ensuite dit qu’ils allaient lui donner de l’argent pour le dédommager mais qu’il fallait qu’il donne des noms.

Combien de femmes ont été victimes de viol durant cette période ?

Nous n’avons pas de chiffres précis mais le viol était utilisé comme une arme de guerre, de façon quasi-systématique. On a interrogé une quarantaine de femmes violées. Ces viols étaient très souvent liés aux mariages forcés. On nous a raconté une situation où les djihadistes se sont rendus dans une famille. Ils ont demandé au père s’il était d’accord pour que sa fille se marie avec l’un des leurs moyennant 20.000 franc CFA (environ 30 euros). Le soir elle a été violée par quatre hommes différents. Ils avaient tous donné 5.000 Franc CFA. Ce genre de situation était assez fréquente. Quelques mois plus tard, la fille a été emmenée devant le tribunal islamique et le juge l’a “démariée”. Elle s’est vu infliger une peine d’amende de 5.000 franc CFA (7,50 euros).

Quel était le profil des chefs qui dirigeaient la ville ?

La ville tenait avec quelques personnages. L’un des plus importants étaient le juge du tribunal Islamique, Ag Alfousseyni Houka Houka. Il a ordonné tout un tas d’amputations, de lapidations, de flagellations et d’arrestations arbitraires. Il a signé des reçus de rançons de plusieurs millions de francs CFA. Le chef de la police islamique était lui un ouvrier. Il donnait ses ordres dans une ancienne banque qui faisait office de commissariat. Le tribunal islamique se trouvait quant à lui dans un hôtel. Il y avait aussi une brigade des mœurs avec un chef important. Il faut également souligner l’importance des moyens financiers dont ils disposaient.Aqmi avait beaucoup d’argent. Ils essayaient d’acheter des gens. “Si vous travaillez pour nous, vous gagnerez 60.000 franc CFA (90 euros) par mois” disaient-ils aux gens. Pour toutes ces raisons, il est très important de ne pas laisser ces crimes impunis. La justice malienne doit agir.

Par Antoine Izambard

Source: Challenges.fr

Gao : Un véhicule du gouvernorat de Kidal enlevé

Un véhicule de service, à disposition du conseiller économique et financière du gouvernorat de Kidal, vient d’être enlevé devant le bâtiment du gouvernorat de Kidal à Gao, par une personne non identifiée, aux environs de 20 heures 30mn.

gouvernorat kidal mnla azawad

« Le chauffeur, qui voulait faire rentrer la voiture dans la maison, est descendu pour ouvrir le garage quand d’un coup un homme s’empare du véhicule » décrit un témoin.

Deux coups de feu ont été retentis dans la zone au moment de l’enlèvement du véhicule, signale le correspondant de sahelien.com à Gao. « Les forces de l’ordre qui gardent le bâtiment ont tiré sur le véhicule pour essayer d’arrêter le bandit » précise-t-il.

Le gouvernorat de Kidal est momentanément délocalisé dans le quartier château de la ville de Gao, depuis quelques temps. La ville de Kidal est sous contrôle des groupes armés, notamment le MNLA et le HCUA.

C’est le deuxième enlèvement de véhicule, en deux mois, en pleine centre-ville de Gao.

Par Sahelien.com

 

Source: Sahelien

Les manuscrits sauvés des islamistes

Les ouvrages anciens ont été évacués secrètement par les habitants de Tombouctou en janvier 2013 (dimanche 22 mars à 22 h 25 sur France 5)

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Ils ont agi par devoir, en prenant tous les risques. Lorsque, en avril 2012, Tombouctou est tombée sous le joug des groupes djihadistes AQMI et Ansar Dine, les habitants de cette ville du nord du Mali ont courageusement sauvé une partie de leurs précieux manuscrits, considérés comme les trésors de la ville, en les emportant secrètement à Bamako, la capitale.

Le documentaire Sur la piste des manuscrits de Tombouctou revient sur cet épisode glorieux de la « ville aux 333 saints ». Il raconte comment le sauvetage a été organisé « de maison en maison, quartier par quartier, après le dîner ». On y apprend que les manuscrits ont d’abord voyagé par la route, entassés dans des malles. A partir de jan­vier 2013, au lancement de l’opération « Serval », menée par les armées française et malienne pour libérer le pays, c’est à bord de pirogues sur le fleuve Niger que les ouvrages ont été transportés.

L’âge d’or de la cité du savoir

Estimés à 100 000, ces écrits témoignent de l’âge d’or de cette cité du savoir qu’est devenue Tombouctou, grâce notamment à l’influence de son université islamique, fondée au XVe siècle. Si personne n’ignorait que les manuscrits étaient en danger lorsque la ville était sous la coupe des fondamentalistes, le documentaire rappelle le degré de la menace. De juin à décembre 2012, les djihadistes se sont méthodiquement lancés dans la destruction des tombeaux des saints musulmans et des mausolées de cette cité classée au Patrimoine mondial de l’humanité.

Les manuscrits étaient visés en tant qu’héritage culturel, mais aussi à cause de leur contenu. Ecrits principalement en arabe et en peul, ils sont pluridisciplinaires : grammaire, pharmacopée, droit, littérature, histoire, astronomie… « Ils donnent aussi des conseils pour réussir l’acte sexuel », apprend-on. Les ouvrages théologiques prônent un islam modéré, ouvert et tolérant, comme celui qui régissait la vie dans la période impériale ouest-africaine. Les manuscrits présentent une société musulmane fondée sur le droit et la justice, loin du djihad et de l’obscurantisme. « Ils sont un rempart contre l’extrémisme », explique Mahamane Mahamoudou, étudiant et chercheur.

4 200 manuscrits ont disparu

Sans s’y attarder, le documentaire rappelle ce qu’était la vie lorsque Tombouctou était dirigée par Iyad Ag Ghali, chef d’Ansar Dine, et ses hommes surarmés. « Tu n’es plus le maire, dit-on un jour à l’édile. Vous allez faire ce qu’on va vous dire : appliquer la charia. » Comme dans le film Timbuktu, d’Abderrahmane Sissako, les jeux sont prohibés, les coups de fouet se multiplient… « Ils se disaient musulmans, mais ils ne respectaient pas les mosquées, se souvient un imam. Ils entraient avec leurs armes et leurs chaussures. »

Les chaînes du monde entier ont montré les images de manuscrits brûlés par les djihadistes, avant leur départ de la ville, libérée officiellement le 27 janvier 2013. Le documentaire raconte qu’en réalité ils n’ont brûlé que les couvertures. Les milliers d’autres pages ont été emportées, probablement pour être revendues. Près de 4 200 manuscrits ont disparu.

La priorité est aujourd’hui de conserver les autres, restés dans les bibliothèques de Tombouctou ou stockés dans la capitale, dans des conditions inquiétantes. A l’université de Bamako, on réclame une traduction des manuscrits et leur étude, car seulement 5 % de leur contenu a été exploité scientifiquement. « Ces livres ont été écrits pour transmettre un savoir et lutter contre l’ignorance, assure Jean-Louis Triaud, historien, spécialiste de l’islam dans les sociétés sub-sahariennes. C’est le message diffusé dans ces livres, et il faut le défendre. » Pour que l’histoire ne se répète pas.

Source: lemonde.fr