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Visite présidentielle à Sikasso : Chronique d’une mobilisation médiatique réussie, la partie visible de l’iceberg, sa partie cachée

D’entrée de jeu, que les détracteurs se rassurent, j’avais tout pour détester IBK car m’ayant fait perdre une année académique 1993 pour une faute dont je n’étais nullement responsable. Malgré tout, j’ai battu campagne pour l’homme en 2013, et j’ai voté pour lui à toutes les échéances électorales par confiance pour l’homme d’État que je voyais en lui.

Au-delà, du 22 au 24 novembre, pendant 3 jours, Sikasso a reçu la première institution du pays. Via des images sur les réseaux sociaux, à la télévision nationale, les qualificatifs n’ont pas manqué : «mobilisation inédite» ; «mobilisation extraordinaire» ; «communion du président de la République avec la population de Sikasso» ; «Sikasso dit Oui à IBK».  Aujourd’hui, on est en droit de se demander ce qui s’est réellement passé. Quel a été le secret de cette mobilisation ?

Les Sikassois sont-ils sortis de gaieté de cœur ?

Tout l’appareil étatique a été mis en branle avec comme méthodes : menaces, intimidations, marchandages. J’ai assisté personnellement à des rencontres préparatoires où le maître mot était : «on n’a pas le choix, soit on réussit à mobiliser, soit nos têtes vont tomber. Les instructions sont claires en la matière».

Des directeurs de services régionaux aux chefs de services techniques, tous, je dis bien tous, ont été mis en demeure, et tous devaient contribuer financièrement et physiquement en s’assurant de la présence physique des travailleurs. J’ai assisté à une rencontre où des SG de département ont eu à menacer de vive voix des chefs de services techniques de les relever immédiatement s’ils ne résolvaient pas des situations qui ne dépendaient même pas d’eux.

J’ai vu l’administration financière s’affairer à débloquer des dus des travailleurs bloqués depuis 8 mois faute de fonds, prétendaient-ils. Les opérateurs économiques ne sont pas restés en marge. L’obtention de futurs marchés dépendra de l’effort fourni par chacun, le mot vient de la chambre de commerce.

Du côté de la couche paysanne, le président de l’Apecam a fait rappeler à travers ses pions : l’octroi de l’engrais pour la saison à venir dépendra de la mobilisation. Ceux qui ont bénéficié de tracteurs doivent sortir pour reconnaissance du bien fait. Au niveau des promoteurs privés d’écoles, des rencontres ont été diligentées pour faire savoir que l’orientation d’élèves dans lesdits établissements pour la prochaine rentrée sera conditionnée tacitement à la présence effective des élèves sur le terrain de la mobilisation.

Au sein de la société civile, l’argent a circulé !

S’agissant du côté financier de la chose, bien malin celui qui pourrait déterminer ce qui a été débloqué en la matière. Chaque parti politique de la région, minime soit-il, a reçu 250.000 comme frais de mobilisation ; chaque radio privée 50.000 pour le matraquage médiatique. Il n’était pas question d’IBK, mais du Mali, disait-on. J’ai vu des factures établies sur place et être payées immédiatement dont des 500.000 comme frais d’eau glacée.

Avec l’Aeem de Bamako à Sikasso, les factures venaient et se payaient au comptant. Ne parlons pas des dizaines de bus Folona, Sama Transport et autres affrétés de Bamako et transportant de la foule (aller-retour), n’ont pas manqué à l’appel. Des cars ont été loués pour le transport des personnes des villages à la ville et à l’intérieur de la ville, sur les grands axes. De l’essence a coulé pour les motos et de l’argent a été distribué pour motiver.

B.K

Le Reporter

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