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GRANDE MOBILISATION CONTRE LA PROROGATION ET LA REVISION CONSTITUTIONNELLE Après le 30 juin, la digue de l’accalmie risquerait de céder

Le régime IBK ayant échoué à rassembler les Maliens autour du Mali, il y a fort à craindre que la digue de l’accalmie consécutive à la mise en place d’un gouvernement de mission risque de rompre. Les partis politiques non signataires de l’Accord politique de gouvernance, certaines  organisations de la société civile et même des groupes de jeunes sont en train de fourbir leurs armes pour s’opposer à la prorogation du mandat des députés et à la révision constitutionnelle. Tous les signaux d’un embrasement sont visibles. L’après 30 juin 2019, date de la fin de la première prorogation, a tout l’air d’être tumultueux au Mali. A qui la faute ?

La conférence de presse de clarification du Front pour la Sauvegarde de la Démocratie, FSD, a sans nul doute été le tournant décisif du combat latent contre la prorogation du mandat des députés et de la révision constitutionnelle. L’espoir suscité par la mise en place du gouvernement Boubou Cissé semble volé en éclats, car une frange importante de la classe politique et de la société civile  adopte désormais  une posture guerrière contre la prorogation du mandat des députés et la révision constitutionnelle en l’état.

Soumaila Cissé ; président du FSD et ses amis étaient devant la presse le jeudi 13 juin 2019 pour se prononcer sur les grandes questions de l’actualité. Sur la prorogation du mandat des députés ils disent être opposés, car la décision du gouvernement est unilatérale et sans fondement juridique. S’agissant de la  Constitution, s’ils ont reconnu la nécessité de la réviser, il n’en demeure pas moins que les mêmes causes pourraient produire les mêmes effets.  Ils ont évoqué les mêmes raisons qu’en 2017, à savoir une insécurité grandissante, l’intégrité territoriale  malmenée avec  l’absence de l’Etat dans les ¾ ; à cela s’ajoute la non inclusivité. Mais pour ne pas fermer totalement la porte, les leaders du FSD ont réitéré leur proposition d’un dialogue politique inclusif regroupant toutes les forces vives de la nation et autour de toutes les questions de préoccupation nationale. Ce dialogue jettera non seulement les bases des futures missions du gouvernement et circonscrira toutes les difficultés rencontrées jusque-là.

Quant aux organisations de la société civile, elles projetteraient  de manifester après le 30 juin pour dire non à la prorogation du mandat des députés et à la révision de la Constitution du 25 février 1992.  Pour réussir le pari de la mobilisation, elles seraient déjà en train de mettre en place des Comités de Défense de la Constitution, CDC, dans les quartiers de Bamako et même dans les capitales régionales. Comme pour dire que c’est  certainement un autre vaste mouvement, à l’image d’ANTE A BANA, qui est en gestation. Il n’est pas à exclure, comme en 2017, que les partis politiques fassent de la récupération en s’alliant avec la société civile,  si cette dernière  arrivait à se frayer un chemin, pour constituer un vaste mouvement contre le régime.  Que doit faire le gouvernement pour étouffer la révolte dans l’œuf ?

Le gouvernement doit  diligenter le dialogue politique inclusif en acceptant les propositions de la frange de la classe politique hostile à la prorogation et à la révision constitutionnelle. Il doit également associer les leaders de la contestation des associations de la société civile pour plus d’inclusivité. C’est à ce prix que le gouvernement pourra sauver la digue de l’accalmie  d’une dangereuse rupture  aux conséquences désastreuses pour le grand malade qu’est le Mali.

Youssouf Sissoko

Source: Infosept

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