L’accord de paix et de réconciliation expliqué aux femmes de Quinzambougou

Sur sollicitation de l’Association Nieta Ton de Quinzambougou, l’ancien Premier ministre, Moussa Mara, a animé une conférence-débat sur l’accord de paix et de réconciliation en cours.

Cette activité organisée par les femmes de Quinzambougou entre dans le cadre de celles de la journée internationale de la femme. La rencontre avait pour cadre  le foyer des jeunes dudit quartier.

A travers cette conférence-débat, l’association, a voulu fêter le 8 mars autrement. Et cela en invitant les femmes à s’impliquer davantage dans le processus de paix et de réconciliation.  La présidente de l’Association Nieta Ton, Mme Guindo Nastou Traoré, a fait savoir que l’objectif de son organisation est de permettre aux femmes de Quinzambougou de se mouvoir tout en développant des activités génératrices de revenues. Selon elle, vu la situation de non paix au Mali, l’Association a, au lieu, d’organiser une manifestation folklorique  préféré  la tenue d’une  conférence-débat afin d’expliquer le contenu de l’accord de paix.   Avant d’ajouter que le choix de ce thème n’est pas fortuit vu le contexte difficile que traverse le pays. Quant au  conférencier, Moussa Mara, il s’est réjoui du choix porté sur sa personne pour animer la conférence sur la paix. Avant de  féliciter les femmes pour leur initiative qui leur offre l’occasion  femmes de connaitre le contenu de l’Accord de paix.  D’entrée de jeu, Moussa Mara, dira que sans paix, il n y a pas de développement. Il affirmera que la guerre est un gâchis qui met le pays en retard. C’est pourquoi, il a invité les femmes à s’impliquer d’avantage dans le processus de paix.  Il a fait savoir que l’accord d’Alger est équilibré et peut amener la paix s’il est bien appliqué.  » Ceux qui disent que cet accord est contre les intérêts du Mali sont des ennemis de la paix  » a-t-il affirmé.  »

Le Mali est un pays de peau blanche et de peau noir. Cette diversité ne doit pas nous diviser. Elle doit être une chance. Pour qu’il puisse y avoir la paix et la réconciliation, il faut que les maliens se connaissent et s’acceptent « , a conclu Moussa Mara.

 Ramata TEMBELY

Accord de paix au Mali : La CMA prête à faire des concessions

Encore un pas supplémentaire dans les discussions portant sur la crise malienne. D’abord, toutes les parties sont à Alger. Ensuite, la CMA, non encore signataire du document du 1ier mars est prête à faire des concessions.

equipe mediation pourparle accord alger kidal

Sur la question de la crise malienne, de nouvelles discussions ont démarré hier à Alger.

Le chef de fil de la médiation tente d’arracher à la Coordination des Mouvements de l’Azawad le paraphe de l’accord de paix.

La CMA est prête à signer l’accord mais exige d’abord de la médiation un document écrit, garantissant l’examen de leurs amendements.

Pour la coordination, le point essentiel à introduire dans l’accord porte sur la reconnaissance officielle de l’Azawad comme une entité géographique, politique et juridique.

Elle demande aussi que les forces de défense et de sécurité à l’intérieur de l’Azawad soient composées à 80% de ressortissants de l’Azawad, ainsi qu’au niveau des postes de commandement.

La CMA veut aussi l’affectation d’un fonds spécial pour I’Azawad sur le budget de I’Etat à hauteur de 40% sur une période de 20 ans en vue de résorber un retard de plus de 50 ans.

 

Almou Ag Mouhamed, chargé de communication du Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad membre de la CMA joint à Alger par Lika Sidibé.

 

Source: Wadr

L’Accord d’Alger dans l’impasse

Une partie de la délégation de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) est venue cette semaine à Alger pour parapher le document.

reunion manifestation population civile mouvement Azawad chef rebelle touareg mnla hcua cma arabe nord mali kidal

Hier, la médiation a débuté par des échanges entre les délégations des mouvements du Nord du Mali, les représentants de Bamako et de la communauté internationale. Il y a quelques jours, la CMA annonçait qu’elle n’entendait pas participer à la cérémonie de ce 15 avril. Pourtant, des groupes membres de la CMA sont en ce moment à Alger.

Il s’agit notamment de la Coalition du peuple de l’Azawad (CPA) et du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA). Ce qui pourrait être un nouveau round du dialogue intermalien prend des allures de «sabotage», selon un membre de la communauté internationale. Mercredi, trois civils ont été tués près de Gao, dans une attaque-suicide contre les soldats de l’ONU, qui a aussi fait seize blessés dont neuf Casques bleus nigériens.

Hier, le ministère espagnol des Affaires étrangères a appelé les parties maliennes à signer l’accord de paix paraphé le  1er mars dernier à Alger par le gouvernement malien et trois groupes maliens  armés, estimant qu’il s’agit du meilleur moyen pour la réalisation de la paix et de la réconciliation nationale au Mali. Le MAE espagnol a également affirmé «le soutien total de Madrid» à la Minusma pour la réalisation de la stabilité et la sécurité au Mali, appelant toutes les parties à respecter ses efforts.

Faten Hayed

Source: El Watan

IBK serait-il le premier malien prêt à accorder l’autonomie/indépendance aux groupes rebelles?

Dès le départ, les pourparlers devant aboutir à un accord entre l’immensité qu’est le Mali et une minorité demaliens affiliées à des étrangers et terroristes était mal parti. Le groupe de négociateurs maliens n’avait ni la bénédiction du peuple malien ni la culture de la négociation du haut niveau. Ces pourparlers n’avaient pas l’adhésion publique malienne parce que les maliens n’avaient aucune visibilité sur ce qu’il fallait céder ou pas.

Copie de modibo keita premier ministre chef gouvernement ibrahim boubacar keita ibk president malien

L’accord issu de ces pourparlers est une somme d’irresponsabilités  avouées par l’exécutif malien. Ceci dit cet accord est la plus belle chose que pourrait obtenir un groupe armé sensé réclamer une répartition juste des ressources du pays. En réalité si le MNLA (CMA=MNLA) avait pour leitmotiv le bien-être  des populations, il signerait cet accord qui est en soit un mauvais précédent pour la stabilité du Mali. Mais certaines réalités inclues dans l’accord constituent un piège pour ses ambitions.

En effet le mode d’élection des présidents de région n’est pas un principe favorable au MNLA. Tout recours au suffrage universel serait un échec pour ses représentants. Partant de là, il joue la montre, laisse le statu quo s’installer dans un vide constitutionnel de sorte à mettre et le Mali et la communauté internationale devant le fait accompli.

Le refus de parapher cet accord exprime deux vérités:

-D’une part la volonté manifeste du MNLA et de sa couverture CMA de piétiner toute initiative conduisant à la paix.

-L’illégitimité du président Ibrahim Boubacar Keita qui peine à se faire respecter par la communauté internationale témoin des faits en amont comme en aval.

Si les pourparlers ont eu lieu à Alger, c’est bien parce que la communauté internationale a contraint le Mali à y aller. On peut aisément confirmer que ces pourparlers avaient l’accréditation de cette communauté internationale. Comment expliquer alors  qu’elle ne contraint pas le MNLA à parapher un document issu de ces pourparlers. Comment expliquer l’incapacité de la diplomatie malienne à emmener la communauté internationale à mettre une pression diplomatique sur la CMA afin qu’elle paraphe l’accord d’Alger? Notre président serait-il aphone, invisible et inaudible à ce point?

Ces questions nous emmènent à nous en poser d’autres.  Que vaut le Mali de IBK sur la scène internationale? Quel est le poids de la diplomatie malienne dans le monde? Y a-t-il un seul puissant pays au monde qui soutienne le Mali?

Le Mali souhaite retourner à la table des négociations mais pour quel but? Souhaite-t-il encore lâcher du terrain à la CMA après tout ce qui a été cédé dans le premier accord ? C’est connu de tous, la CMA réclame l’indépendance d’une partie du Mali et rien d’autre.

En s’entêtant à vouloir retourner à la table des négociations sur cette base, IBK voudrait-il franchir ce pallier si tabou pour les maliens? Les rapports de force actuels sont défavorables au Mali, IBK n’ayant aucun plan veut meubler le temps en retournant à la table des négociations.

La CMA y reviendrait en pole position et n’aura aucune gêne à réclamer haut et fort ce qu’on lui prête depuis toujours. Il reste à savoir jusqu’où pourrait aller le président IBK et la diplomatie malienne dans le morcellement du Mali au profit d’un groupe minoritaire aussi bien dans l’espace que dans le nombre.

 

      Elijah De BLA

Source: RP MEDIAS

Sortie de crise : IBK appelle les groupes rebelles à accepter l’accord de paix discuté en Algérie

La coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) n’a toujours pas paraphé l’accord de paix. Mercredi, la médiation s’est réunie et en coulisse les diplomates ont délivré un message clair aux groupes rebelles du Nord : c’est le moment de s’engager. A Bamako, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita  a profité du 17e sommet du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le sahel(CILSS) tenu le mercredi dernier, pour appeler les groupes rebelles à accepter l’accord de paix discuté en Algérie.

abdoulaye diop ministre affaire etrangere malien pourparle negociation paix accord alger mouvement azawad

La médiation au complet s’est réunie, ce mercredi, à Alger pour analyser les chances d’un paraphe de l’accord de paix par la CMA. Des chances évaluées plutôt avec optimisme. Malgré les tergiversations de ces derniers jours, la médiation dit ne pas perdre espoir de convaincre les plus récalcitrants à aller de l’avant.

Pour les partenaires internationaux du Mali, ce texte reste, malgré toutes les critiques, un bon compromis dans lequel les deux parties peuvent trouver leur compte. Pour calmer les craintes des groupes armés qui s’inquiètent du manque de garantie dans la mise en œuvre de l’accord, la médiation souligne que pour la première fois dans ce dossier c’est toute la communauté internationale qui s’implique.

Lors des accords passés de Tamanrasset ou d’Alger de 2006, l’Algérie était seul médiateur. « Cette fois, ce sont les Nations unies qui sont les garants de la paix », a confié  un diplomate européen à rfi.

Reste un argument ultime, jusque-là évoqué en filigrane : c’est la menace de sanctions internationales qui pourraient toucher le cas échéant ceux qui rejetteraient toute idée de paix. On parle d’interdiction de voyager… Mais à Alger, tout le monde espère encore ne pas en arriver là.

Une dizaine de chefs d’Etat, Premiers ministres et ministres ouest-africains étaient réunis, mercredi, à Bamako pour le 17e sommet du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS). Une occasion que le président IBK a saisie  pour appeler les groupes rebelles à accepter l’accord de paix discuté en Algérie.

Il nous est revenu d’ailleurs que le président de la République qui prend mal la tournure prise par le processus de sortie de crise avait dans un premier temps, refusé d’envoyer des représentants. Il avait posé comme condition préalable le paraphe de la CMA sur l’accord. Mais selon une source occidentale bien informée citée par Jeune Afrique, IBK a finalement accepté de mandater à la dernière minute une équipe gouvernementale à Alger.

En attendant, les tractations se poursuivent dans les coulisses afin de ramener les mouvements de la coordination à être sur la même longueur d’onde avant le paraphe du document.

Fombus

 

Source: Le Débat

Soutien à l’accord d’Alger: L’Alliance des Forces Démocratiques du Mali (AFD) joue sa partition !

Mardi dernier à la faveur d’une conférence de presse, tenue au Grand hôtel de Bamako, l’Alliance des Forces Démocratiques du Mali (AFD), a réaffirmé son soutien à l’accord d’Alger, paraphé par le Mali. Pour l’occasion, plusieurs grosses pointures du regroupement dirigé par Tieman Hubert Coulibaly étaient présentes, parmi lesquelles Bréhima Silimana de l’UDD et Dr Modibo Soumaré de l’URP. Qui avaient à leurs cotés Moctar Baby, Jean Baptiste Diarra et Dr Almoubarak Ag Oumar, tous membres de l’AFD. La conférence de presse a été mise à profit par les conférenciers pour affirmer que l’AFD n’est pas une concurrente de la Convention de la Majorité Présidentielle (CMP).
tiéman Hubert Coulibaly ministres defense Anciens combattants
Actualité oblige, les conférenciers se sont largement penchés sur l’accord d’Alger à travers un manifeste. Qui a été décortiqué par Dr Modibo Soumaré de l’URP. Dans lequel, il est clairement dit que les membres de l’AFD Mali s’opposent à toute forme de violence pour se faire entendre.

« Même blessés nous préférons largement la paix à la guerre », ont-ils fait savoir d’entrée de jeu. Pour les membres de cette Alliance aucun accord n’est parfait mais, il faut faire avec. Dans le raisonnement des conférenciers remettre en cause l’accord sera un recul grave. Car il annihile 8 mois d’efforts titanesques pour aboutir à la paix qui reste le seul gage qui conduit au progrès social. Ce qui fait la force de cet accord a poursuivi les leaders du jeune regroupement de la majorité présidentielle, c’est le fait que la communauté internationale a participé aux pourparlers de paix du début à la fin en termes de soutien logistique, diplomatique, financier, technique et technologique.

Le parrainage de la communauté internationale est un facteur déterminant pour que la Coordination des Mouvements de l’Azawad revienne à la raison pour parapher l’accord d’Alger, une opportunité à saisir afin d’abréger les souffrances des populations du nord qui depuis trois ans ont perdu tout espoir car les enfants ne vont plus à l’école, les réfugiés traumatisés hésitent à rentrer.

Pire, les zones de Tombouctou, Gao et le delta central du Niger qui connaissent une paix relative sont confrontées au fléau de mines anti-personnel qui empêchent les paysans de cultiver. Mais aux dires des conférenciers c’est Kidal qui inquiète le plus en raison de l’absence de l’administration, des agents techniques de l’Etat pour faire fonctionner les infrastructures.

Au cours des débats l’article 6 de la constitution a été évoqué. Pour le regroupement politique AFD, il prévoit la libre administration des collectivités territoriales et une large représentation des populations du nord au sein des institutions publiques. Au regard de ce grand sacrifice consenti, l’AFD-Mali demande aux laborieuses populations de se reconnaître dans cet accord même s’il y a des imperfections.

La question relative au rôle que jouera ce regroupement politique dans le soutien aux actions gouvernementales a également intéressée les conférenciers. Pour le porte parole de l’AFD Mali, Moctar Baby, l’AFD fait partie de la convention de la majorité présidentielle et il en sera ainsi jusqu’à preuve du contraire. Avant, de poursuivre que le regroupement vient en appoint pour soutenir les actions du président de la République, il se donne comme défi de donner un nouveau visage au paysage politique malien.

Faut-il le rappeler l’AFD est composée de 22 partis politiques, d’une dizaine d’associations et s’affirme comme l’une des plus importantes forces de soutien et de propositions aux actions du gouvernement. Dont le fauteuil de ministre de la Défense et des Anciens Combattants est occupé par son président, Tièman Hubert Coulibaly.

Badou S. Koba 

Source: Tjikan

Les discussions s’éternisent autour du paraphe de l’accord de paix

Nouvelle journée de discussion ce jeudi à Alger à propos de l’accord de paix concernant le nord du Mali. Lors de ces nouvelles rencontres avec la médiation, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) n’a toujours pas dit si elle allait ou non parapher le texte.

bilal acherif chef rebelle touareg mnla hcua cma arabe réunion azawad discours

Jeudi, la médiation a rencontré la délégation de la CMA qui reste sur ses positions : on paraphera à condition que les clarifications à faire sur le texte soient inscrites noir sur blanc avant la signature. La CMA demande également à la médiation de s’engager formellement dans la mise en œuvre de l’accord

Conciliante, la médiation a commencé à travailler sur un document en ce sens, mais avec des réserves. « Il n’est pas question de prendre des engagements qui pourraient faire fuir l’autre partie, à savoir les autorités de Bamako », explique un membre de la médiation. D’ailleurs, la délégation ministérielle malienne, qui est attendue aujourd’hui à Alger, n’envisage pas derouvrir des discussions avant le paraphe, précise ce dernier.

Ce jeudi, entre médiation et la CMA il a été beaucoup question de manque de confiance. La CMA dit craindre que la partie malienne ne tienne pas ses engagements au regard des précédents accords de paix. « La confiance, ça ne se décrète pas, ça se construit », leur a rétorqué un médiateur qui souligne qu’un accord reste un processus à peaufiner entre les parties.

Il reste toutefois un préalable que le texte de l’accord soit paraphé par tout le monde.

Source: rfi.fr

Échos d’Alger : Dernier round avant d’éventuelles sanctions

Pour calmer les craintes des groupes armés qui s’inquiètent du manque de garantie dans la mise en œuvre de l’accord, la Médiation souligne que pour la première fois dans ce dossier c’est toute la communauté internationale qui s’implique. Lors des accords passés de Tamanrasset ou d’Alger de 2006, l’Algérie était seul médiateur. “Cette fois, ce sont les Nations unies qui sont les garants de la paix”, précise un diplomate européen. Reste un argument ultime, jusque-là évoqué en filigrane : c’est la menace de sanctions internationales qui pourraient toucher le cas échéant ceux qui rejetteraient toute idée de paix. On parle d’interdiction de voyager… Mais à Alger, tout le monde espère encore ne pas en arriver là.

diplomate minusma rencontre Coordination mouvement Azawad cma chef rebelle touareg mnla azawad hcua arabe pourparles negociation

Pas de modification du texte

La Médiation au complet s’est réunie mercredi à Alger pour analyser les chances d’un paraphe de l’accord de paix par la CMA. Des chances évaluées plutôt avec optimisme. Malgré les tergiversations de ces derniers jours, la Médiation dit ne pas perdre l’espoir de convaincre les plus récalcitrants à aller de l’avant. Pour les partenaires internationaux du Mali, ce texte reste, malgré toutes les critiques, un bon compromis dans lequel les deux parties peuvent trouver leur compte. Donc il n’y aura pas a priori de modification du texte

Par L’Indicateur du Renouveau

 

 

Source: L’Indicateur du Renouveau

Echos d’Alger : Pas de modification du texte

La Médiation au complet s’est réunie mercredi à Alger pour analyser les chances d’un paraphe de l’accord de paix par la CMA. Des chances évaluées plutôt avec optimisme. Malgré les tergiversations de ces derniers jours, la Médiation dit ne pas perdre l’espoir de convaincre les plus récalcitrants à aller de l’avant. Pour les partenaires internationaux du Mali, ce texte reste, malgré toutes les critiques, un bon compromis dans lequel les deux parties peuvent trouver leur compte. Donc il n’y aura pas a priori de modification du texte

reunion manifestation population civile mouvements Azawad chef rebelles touareg mnla hcua cma arabe nord mali kidal

Dernier round avant d’éventuelles sanctions

Pour calmer les craintes des groupes armés qui s’inquiètent du manque de garantie dans la mise en œuvre de l’accord, la Médiation souligne que pour la première fois dans ce dossier c’est toute la communauté internationale qui s’implique. Lors des accords passés de Tamanrasset ou d’Alger de 2006, l’Algérie était seul médiateur. « Cette fois, ce sont les Nations unies qui sont les garants de la paix », précise un diplomate européen. Reste un argument ultime, jusque-là évoqué en filigrane : c’est la menace de sanctions internationales qui pourraient toucher le cas échéant ceux qui rejetteraient toute idée de paix. On parle d’interdiction de voyager… Mais à Alger, tout le monde espère encore ne pas en arriver là.

source : L’Indicateur du Renouveau

Sortie de crise : Incertitude à Alger

Le rendez-vous d’Alger ne progresse pas. 24 heures après ce qui avait été annoncé comme la date du paraphe du document de paix, la situation n’évolue pas. Aucun ordre du jour n’a été fixé. La suite des rencontres demeure incertaine.

diplomate minusma rencontre Coordination mouvement Azawad cma chef rebelle touareg mnla azawad hcua arabe pourparles negociation

Mercredi dans la soirée, dans la soirée le ministre Algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra a convié l’ensemble des délégations à un dîner. Ce rendez-vous a permis d’accueillir officiellement les participants. Hier jeudi n’a pas permis de connaître les intentions de la médiation sur l’agenda de cette nouvelle rencontre. Pas d’ordre du jour et aucun commentaire.

Les journalistes sont tenus plus que jamais à l’écart des délégations pour éviter les fuites et les petites phrases. Du coté de la CMA tous les membres sont présents y compris le MNLA. La délégation du gouvernement attend l’arrivée du ministre des affaires étrangères Abdoulaye Diop.

La plate-forme est également sur place. Certains de ses membres expriment leur agacement devant l’impasse de la situation. A ce stade le processus marque le pas, et apparaît bloqué et sans perspective immédiate.

Avec Tamani

source: L’Indicateur du Renouveau

En un mot : Les deux dames qui bloquent l’accord

Après avoir déclaré closes les négociations le 1er mars 2015, la Médiation internationale a engagé mercredi dernier de nouveaux pourparlers dits « informels » avec la délégation de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) représentés par de seconds couteaux. Le blocage est du côté du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui a du mal à avoir la caution de la branche installée en Mauritanie où deux dames, les nommées Nina Walett Intalou (51 ans) et Zakiyatou Walett Halatine. La première, fille d’un infirmier-major de la gendarmerie, est issue de la tribu des Idnane. Bien qu’élue maire de Kidal en 1997, Nina Walett Intalou n’a jamais pu exercer ses fonctions. Proche du chef militaire du MNLA, Mohamed Ag Najim, elle voue une haine à Kadhafi et à  Iyad Ag Ghali.

aliou dramane kone journaliste editorialiste president maison presse indicateur rénouveau

Ancienne ministre et ex-fonctionnaire aux Nations unies, Zakiyatou Walett Halatine, a quitté Bamako après que sa maison ait été pillée le 1er février 2012 à Kati par des manifestants, époux et enfants de militaires sauvagement assassinés à Aguelhok en janvier 2012.

Toutes les deux sont foncièrement opposées à la paix et bénéficient du soutien fort des autorités mauritaniennes avec qui elles organisent des levées de fonds et des collectes de don pour les « populations de l’Azawad ». Avec les moyens importants dont elles disposent, elles contrôlent le MNLA et sont devenues les bêtes noires d’une Médiation internationale en perte de vitesse et de crédibilité.

DAK

source :  L’Indicateur du Renouveau

A cause du paraphe de la CMA : La CMFPR et Gatia en froid

Méfiance et froid dans les rangs des groupes loyalistes ? Toujours est-il que Me Harouna Toureh évolue depuis un moment au nom de la CMFPR sans son allié le Gatia, qui semble regarder désormais dans une direction différente en sourdine.

patrouille convoie escorte mnla cma rebelle touareg bandis arme combattants arabe nord mali kidal

La Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR), dirigée par Me Harouna Toureh, et le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), deux structures membres de la Plateforme des groupes d’Alger, ne sont plus en odeur de sainteté. Il ne pouvait en être autrement, car les deux organisations ont vu le jour par des concours de circonstance.

Si la CMFPR a la particularité de réunir des anciens du Gandha Koy, un groupe d’autodéfense créé par les sédentaires du Nord du Mali lors de la rébellion des années 90 pour protéger les populations, le Gatia, lui, est une fabrique qui tire son essence dans la crise de 2012 avec en son sein des anciens éléments de l’ex-milice Delta, protégés du général Gamou.

Ici, le dénominateur commun de la CMFPR et du Gatia est la défense de l’intégrité territoriale. Sur ce registre, la première avait déjà capitalisé une somme d’expérience mais la deuxième est d’un grand apport numérique et peut aller se frotter au MNLA, au MAA et autres groupes qui se battent contre le Mali. Le cheminement a été jusque-là correct entre les groupes d’autodéfense avec le MAA loyaliste.

Illustration parfaite de cette entente, Me Harouna a vite fait d’imposer le Gatia avec la mise en la place pendant les négociations d’une plateforme dédiée aux groupes loyalistes.

De fil en aiguille, le Gatia se positionne et se fait un nom au sein de l’opinion nationale qui voit en lui une solution au nébuleux MNLA. Et chacun des faits et gestes du Gatia est vanté. Mais contre toute attente, la CMFPR et le Gatia ne voient pas de la même manière l’évolution du processus de paix.

Intraitable sur une nouvelle chance à donner à la Coordination des mouvements de l’Azawad, Me Harouna Toureh est perçu par les responsables du Gatia comme un allié encombrant qui ne cède pas facilement. La dernière en date du bras de fer entre les deux groupes loyalistes, pendant que le secrétaire général du Gatia Fahad Ag Mahmoud, veut aller au paraphe avorté du 15 avril dernier, Me Toureh oppose un niet catégorique à la participation de la Plateforme au paraphe de la CMA à Alger.

Car, il ne voit plus la nécessité de plaider en faveur d’une coordination passée dans l’art du chantage et de la diversion. C’est une certitude : la position de Me Harouna est qu’il faut réarmer les FAMa pour mettre fin au désordre dans le Nord. Ce qui semble ne pas être partagé par le Gatia qui, faut-il le rappeler, fait face à des parents.

Est-ce la fin de la lune de miel entre la CMFPR et le Gatia ? Le moins que l’on puisse dire c’est qu’une crise de confiance s’est déjà installée et chacun reste sur ses positions.

Alpha Mahamane Cissé  

source :  L’Indicateur du Renouveau

Révision de l’accord d’Alger : Le niet de Pierre Buyoya

Après avoir refusé de parapher l’accord d’Alger, les membres de la CMA ont voulu approcher en catimini Pierre Buyoya pour qu’il intercède en leur faveur. Mais, ils ont été vite déçus, car  Buyoya qui a été l’artisan de la paix au Burundi  est un apôtre de la paix connu dans les milieux diplomatiques comme étant un homme dur comme le roc qui ne concède pas à la première occasion, surtout quand il s’agit de petits voyous comme les crapules du Mnla.

Le refus par la CMA  de parapher l’accord d’Alger n’a pas fini de livrer tous ses secrets. En effet, la coordination à court d’argument a décidé de changer pour la énième fois  de fusil d’épaule  en approchant le représentant de l’UE, le Major Pierre Buyoya. En médiateur avertit il y a tout simplement  opposé une fin de non recevoir en faisant savoir à la CMA  que le Rubicon ne doit pas être franchi. Ces petits aventuriers à la solde des impérialistes n’ont pas à présent  compris  qu’ils sont devenus des pestiférés. Cela n’était pas la première fois que celui qui a ramené la paix dans son pays,  le Burundi   est monté au créneau pour faire comprendre aux groupes armés  que rien n’empêche de vivre ensemble dans la diversité au Mali. Selon lui, le cas du Burundi était encore plus complexe car, il mettait en avant deux ethnies (Hutues et Tutsies) qui se regardaient en chien de faïence. Lesquelles, par la force de compromis ont compris que la paix est possible. L’autre qualité que les séparatistes ignorent chez le diplomate Burundais est son attachement et respect à la parole donnée. La preuve, arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat contre le Colonel Jean Baptiste Bagaza, il a cédé le pouvoir à Melchior Ndadaye  après sa défaite face à ce dernier à l’issue des élections. Il a mérité la confiance de la communauté internationale, tout simplement à cause du fait que face à la menace de génocide, il a déposé le président par intérim Sylvestre Tinbatunganya, amené le système d’alternance qui a permis le partage de façon pacifique du pouvoir entre tutsies  et hutues.

Toutes les cartes de la CMA sont désormais brouillées. Allumés par la compromettante victoire militaire du 21 mai à Kidal sur  l’armée malienne, avec la complicité de combattants de Boko Haram qui sont venus en renfort à bord de 17 véhicules et le soutien de combattants d’AQMI alliés du sinistre  Iyad Aghali,  ils ont voulu reproduire le même scénario, surpris par la contre offensive foudroyante  du GATIA, ils ont accepté de retourner à la table des négociations qui ont abouti aux accords d’Alger. C’est cette pilule amère qu’ils ont voulu rendre en utilisant Buyoya comme vomitif.

Mieux, le ministre sénégalais des Affaires Etrangères,  Manker Ndiaye  en visite au Mali dans le cadre du CILSS a été clair : encourager le séparatisme dans le nord du Mali serait un précédent fâcheux pour le continent. En disant cela, il fait allusion certainement à la situation qui sévit en Casamance, cette riche province sénégalaise qui connaît une rébellion  depuis 1983 entretenue par le MFDC  de feu l’Abbé Augustin Diamacoune Senghor.  Du côté du Niger l’inquiétude est encore plus visible depuis que des informations concordantes ont révélé la présence de touaregs nigériens dans les rangs séparatistes maliens. Ces derniers auraient promis aux touaregs du Niger qu’une fois l’autonomie acquise au nord du Mali, ils leur apporteront  leur soutien  pour que la partie de ce pays qu’ils occupent jouisse de l’autonomie. Même le Faso  qui a une composante touareg est sur le qui-vive surtout avec l’enlèvement d’un expatrié roumain sur son sol.

Badou S. Koba             

source : Tikan

Pour montrer leur volonté de ne pas parapher l’accord : Les séparatistes envoient des seconds couteaux à Alger

Visiblement, le déplacement effectué à Alger par les séparatistes ne sera qu’un de plus. Selon nos informations, ils ne sont pas sur place pour négocier quoi que ce soit, si ce n’est la prise en compte de leurs amendements dans l’accord obtenu à l’issue des pourparlers inter-Maliens d’Alger.

C’est ainsi que leurs chefs comme Bilal Ag Cherif et Alghabass Ag Intalla, ont refusé de se rendre dans la capitale algérienne. Ils ont plutôt laissé partir des seconds couteaux à l’image du Secrétaire général du MAA-dissident, Mohamed Lemine Ould Sidatt, désavoué par une grande partie de ses éléments, Nina Walet, Mahamadou Djeri Maïga, Attaye Ag Mohamed, etc.

De prime abord, l’on sait que ces derniers ne peuvent prendre aucune décision engageant leurs mouvements. Ils ne feront que suivre les instructions dictées par leurs mentors. Bien que ces derniers soient toujours attachés à la prise en compte de leurs amendements relatifs à la reconnaissance officielle de l’  » Azawad  » comme une entité géographique, politique et juridique ; la création d’une assemblée interrégionale couvrant les régions de Kidal, Tombouctou, Gao, Ménaka et Mopti et un quota de  » 80% de ressortissants de l’Azawad  » dans l’effectif de l’armée qui sera déployé au nord du Mali, dans l’accord, il semble qu’une donne motive leur démarche. Il nous est revenu qu’ils souhaiteraient également obtenir une amnistie de leurs chefs notamment Iyad Ag Ghali. Ce qui ne semble pas être partagé par les mouvements de la plateforme qui souhaitent que justice soit rendue aux victimes.

Reste à savoir si la médiation prendra cela en compte alors que l’accord prévoit clairement de punir les auteurs de crimes au nord du Mali. C’est sans doute une chose qui fait peur aux chefs séparatistes quand on sait qu’ils sont presque tous impliqués dans des violations des droits de l’homme.

Massiré

Source: L’Indépendant

Rapport accablant de Human Rights Watch sur la situation sécuritaire au Mali : – 35 casques bleus tués et plus de 130 blessés depuis 2013

- La force de libération du Macina accusée d’avoir exécuté sommairement cinq personnes

Dans un récent rapport, l’ONG Human Rights Watch (HRW)  a déclaré s’inquiéter de la recrudescence des violences et des abus commis le plus souvent par les groupes armés dont le plus menaçant,  ces derniers temps,  est la force de libération du Macina,  accusée de l’exécution de cinq personnes et d’autres cruautés dans sa zone d’intervention. Les groupes armés de Kidal sont aussi accusés d’exécutions, d’actes cruels et barbares sur des civils. Le rapport signale le lourd tribut payé par les casques depuis 2013, date de leur intervention au Mali. L’armée malienne, elle non plus, n’est pas exemptée d’exactions.

Logo Human Rights Watch ong humanitaire

L’ONG a indiqué qu’au  centre du Mali   »  un groupe armé islamiste, parfois appelé la Force de libération du Macina, a commis de graves abus au cours d’opérations militaires contre les forces de sécurité maliennes. Les assaillants ont exécuté sommairement au moins cinq hommes soupçonnés d’avoir travaillé comme guides ou d’avoir fourni des informations à l’armée « .  Le rapport révèle que des témoins ont raconté que des combattants de ce groupe ont traîné le chef d’un village près de Dioura,  hors de sa maison,  avant de l’exécuter, et qu’ils ont abattu un autre homme un jour de marché dans un village près de Nampala.

Le groupe a également incendié plusieurs bâtiments de l’administration et a détruit une tour de communication. Lors des réunions publiques et dans des tracts distribués dans les villes et les villages, le groupe a menacé de mort la population locale si elle collaborait avec les forces françaises, le gouvernement ou la mission de maintien de la paix de l’ONU. L’armée malienne et les autres forces de sécurité ont répondu aux attaques par des  » opérations militaires qui ont entraîné des actes de torture et d’autres mauvais traitements, des vols et des allégations d’arrestation arbitraire, selon les témoignages de nombreux témoins et victimes « , rapporte l’ONG. Human Wrights Watch de signaler qu’  »          au Nord, des groupes armés ont délibérément pris pour cible les Casques bleus des Nations Unies mandatés pour protéger les civils. Les attaques visant la mission des Nations Unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) se sont intensifiées depuis la mi-2014. Depuis la création de la MINUSMA en juillet 2013, elle a fait l’objet d’au moins 79 attaques hostiles, dans lesquelles 35 Casques bleus ont trouvé la mort et plus de 130 ont été blessés. Des groupes armés islamistes ont revendiqué la responsabilité de bon nombre de ces attaques « .

Des bandits et, dans quelques cas, des groupes armés ont attaqué au moins 13 véhicules des organisations humanitaires depuis novembre 2014, compromettant sérieusement la capacité de ces organisations à venir en aide aux populations dans le besoin. La plupart des attaques de banditisme semblaient être motivées par le vol. L’organisation pour la défense des droits humains a aussi dénoncé  » l’utilisation d’enfants soldats, certains à peine âgés de 12 ans, par les groupes rebelles et, dans une moindre mesure, par les milices progouvernementales. En vertu du droit international, il est interdit aux groupes armés au Mali de recruter des enfants de moins de 18 ans ou de les impliquer dans des combats « .

Le rapport précise qu’  » une brève reprise des combats à la mi-2014 a provoqué le retrait des soldats et des fonctionnaires maliens, notamment des fonctionnaires de justice. Ainsi, de vastes portions de territoires se sont retrouvées sans autorité étatique et ont été le théâtre d’abus commis en toute impunité par les séparatistes touaregs, les groupes armés islamistes, les milices progouvernementales et les bandits « .

Enfin, le rapport  a conclu que  » le gouvernement devrait travailler avec la MINUSMA pour garantir une meilleure sécurité aux civils résidant hors des grandes villes et mener des enquêtes afin de  traduire en justice les membres des forces de sécurité, des forces progouvernementales et des groupes armés non étatiques impliqués dans les récents abus graves, et devrait accélérer le déploiement de la police, des gendarmes et du personnel du ministère de la Justice dans les villes et les villages du Nord « .

Abdoulaye DIARRA

Source: L’Indépendant

Face aux manœuvres dilatoires des séparatistes : La CMFPR et d’autres mouvements patriotiques boudent le déplacement d’Alger

Initialement prévu pour hier à Alger, le paraphe de l’accord par la CMA, risque d’être reportée aux calendes grecques. Pour cause, les séparatistes tiennent toujours à la prise en compte dans le document de leurs amendements remis à la médiation, le 17 mars dernier

Ramtane Lamamra ministres affaires etrangere harouna toureh avocat plateforme signature accord pourparles negociation document mnla azawad rebelle


L’autre raison, c’est que plusieurs mouvements patriotiques, au nombre desquels la CMF-PR de Me Harouna Toureh, ne comptent pas faire le déplacement pour Alger afin de protester contre la mauvaise foi des séparatistes et surtout l’insulte faite aux Maliens lors de la célébration de l’anniversaire de leur  » fantomatique République de l’Azawad  » à Kidal, en marchant sur le drapeau national.

Les séparatistes ne semblent être animés d’aucune intention de parvenir à une paix durable au nord du Mali. Selon le président de la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR) pour prouver leur mauvaise foi, les séparatistes ont envoyé à Alger des  » seconds couteaux  » pour remettre en cause les acquis obtenus à travers l’accord paraphé le 1er mars dernier par le Gouvernement et la plateforme des mouvements d’autodéfense. Il affirme que ces groupes hostiles à la paix ne sont donc pas partis à Alger pour négocier de bonne foi, contrairement à ce qui a été rapporté.

Pour lui, les séparatistes ont déjà choisi leur camp en multipliant les actes de provocation envers tous les Maliens. Il en veut pour preuve que la semaine dernière, lors de la commémoration du 4e anniversaire de leur  » fantomatique République de l’Azawad « , les séparatistes ont piétiné et fait marcher des éléments à eux sur le drapeau malien sous les yeux des casques bleus de l’ONU qui n’ont pas bougé le petit doigt.

Pour Me Toureh, à travers cet acte  » ils ont marché sur la CMFPR, ses combattants, les populations du nord et les 15 millions de Maliens « . Pire, il pense aussi que c’est la mémoire héroïque de nos illustres pères de l’US-RDA qui a été insultée. Par ailleurs, il a tenu à saluer l’implication de l’Algérie qui a mis tous les moyens en œuvre pour le succès de ce processus. Mais c’est compter sans la mauvaise foi des séparatistes qui ne semblent pas disposés à s’inscrire dans une dynamique de paix au septentrion de notre pays. Il a enfin indiqué que les  » dirigeants de cette sinistre machine à tuer, à voler, à détruire et à violer ne méritent pas qu’un Malien soit le témoin de leur énième engagement qu’ils violeront même en cas de paraphe du document « . Signalons qu’à travers cette fronde, Me Harouna Toureh est soutenu par le MPSA et une partie de la CPA.

Massiré Diop

Source: L’Indépendant

IBK finalement «trimballé» par le dossier Nord!

On ne me trimballe pas ! On ne me trimballera pas ! Personne ne me trimballera !”, claironnait récemment encore le président de la République lorsqu’ il sentait une pression quelconque ou une demande sociale persistante s’exercer sur lui. Plus que trimballé, le chef suprême des armées du Mali est en vérité, hélas, tiré par le bout du nez par les séparatistes kidalois!

Après huit mois de discussions à Alger sur le devenir politico-sécuritaire du Mali, le gouvernement, les mouvements de la plateforme républicaine et les groupes  rebelles n’arrivent pas encore à se mettre d’accord pour signer un document de sortie définitive de la crise. Malgré tous les efforts en « offre de paix «  faits par le gouvernement, avec à la manœuvre le ministre Abdoulaye Diop, le bellicisme des sécessionnistes de l’Adrar des Ifoghas reste intact. A la main tendue de IBK pour quémander la paix, les va-t-en guerre de Kidal répondent par des attaques meurtrières.

Les récalcitrants du MNLA rechignent à s’engager pleinement dans le processus de paix en paraphant  le document d’accord issu du cinquième round des pourparlers. Paraphé par le gouvernement et les mouvements de la plate -forme depuis le 1er mars, l’Accord peine à avoir l’adhésion de quelques irréductibles qui prennent ainsi en otage le Mali et la communauté internationale, décidée à passer plus de temps encore dans la conciliation.

En effet, jouant au dilatoire avec de multiples tergiversations quant à leur volonté à adhérer au processus de paix, les sécessionnistes de l’Adrar des Ifoghas se voient aujourd’hui «  sensibilisés ou exhortés «  à rentrer dans le train de la paix au Mali. Ce train qui semble avoir pris son départ depuis le quai d’Alger  sous l’égide  de Ramtane Lamamra, le 1er mars 2015 avec les premiers paraphes de « l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali « . Malgré les tirs d’obus et/ou de roquettes, les attaques faisant d’innocentes pertes en vies humaines, les mouvements armés se voient « invités » presque par supplication à la table du paraphe puis de la signature du document faiseur de paix au Mali.

A ce rythme où ils se sentent rois ou du moins adoubés par certaines chancelleries membres de la Médiations internationale, on doit déjà se poser des questions sur la sincérité de ces rebelles invétérés auxquels on finira par arracher une signature. Que vaut alors un tel engagement dans un processus de paix auquel ils n’auront mis ni le cœur (encore faut-il qu’ils en aient) ni la raison mais simplement par…compassion ?

Là se pose d’ores et déjà toute la problématique de la mise en œuvre du document d’Alger que le gouvernement aussi dit avoir accepté, malgré ses douze amendements de taille non pris en compte. En clair, la paix recherchée n’est-elle pas déjà loin du rouleau compresseur que la Communauté internationale hésite à mettre en branle ? En se refusant de mettre à exécution les sanctions prévues contre les torpilleurs du processus de paix, l’ONU et les autres organisations impliquées dans le dossier du nord du Mali retardent simplement l’échéance d’une solution militaire qui, tôt ou tard, apparaîtra incontournable.

Ainsi trimballé, IBK, qui clamait hier qu’un centimètre carré du territoire malien ne sera cédé à aucun groupe, doit finalement se décider à agir. En usant de son influence et de ses relations pour d’abord inverser les positions de force sur le terrain avant d’aller plus sereinement à une table de négociation. Ce n’est qu’à ce prix qu’il fera oublier à son peuple non seulement les humiliations répétitives subies, mais aussi le fait qu’il est déjà trop… «  trimballé« .

                                                                     

 Bruno Djito SEGBEDJI

Source: L’Indépendant

Sidi Aly Ould Bagna: « Aujourd’hui les acquis de cinquante ans sont tous à terre, il faut reconstruire, reconstituer et créer le nouveau Mali… »

Dans une interview à bâton rompu, qu’il a bien voulu nous donner, M Aly Ould Bagna est revenu sur plusieurs faits saillants de la crise, de la réconciliation nationale en passant par les défis majeurs de nos plus hautes autorités. Décryptage !

Sidi Aly Ould Bagna president jeunesse arabe nord mali alcaram

Sirène : Bonjour Monsieur, veuillez-vous présenter à nos lecteurs.

S.O .B : je suis Sidi Aly Ould Bagna, président du bureau national de la jeunesse Arabe du Mali et secrétaire chargé de la sécurité des populations de l’alliance de la communauté arabe du Mali ALCARAM.

La Sirène : M le président, le Mali a traversé une crise sans précédent, aujourd’hui le gouvernement du Mali est en train d’aller vers une réconciliation nationale. Pensez vous qu’elle est possible ?

Sidy Aly Ould Bagna : je pense que concernant la réconciliation on a toujours été optimiste,  quel qu’en soit ce qui se passe, quel qu’en soit ce qui va se passer je crois qu’à un moment donné les enfants du terroir, les fils du pays vont se retrouver autour de l’idéal. L’idéal c’est ce qui nous uni et c’est la République ; ce sont  les idéaux. En un moment donné, certains peuvent être dans un sens. Les gens peuvent avoir des visions différentes mais je suis sûr et certain que les gens ont le même objectif et la réconciliation a toutes les chances de réussir. Je viens d’une tournée à l’intérieur précisément à Tombouctou. Je crois que la réconciliation est en marche. J’y crois fermement.

La Sirène : Actuellement est ce que tous les maliens ceux du nord et du sud sont réellement prêts psychologiquement pour se réconcilier ?

Sidy Aly Ould Bagna : Il ne faut jamais mettre en exergue ce qui s’est passé, il y’a beaucoup de choses qui se sont passées dans ce pays qui fait en sorte que certains ont oublié, certains ont pardonné, certains restent sur leur méfiance et d’autres sont restés réservistes. Il est tout à fait normal que certains gardent leur distance sur les autres pour aller à une réconciliation mais je pense que quel qu’en soit, aujourd’hui les gens sont obligés de croire. On a vu tout ce qui s’est passé en matière d’amalgame, en matière de stigmatisation mais je crois que les gens sont en train de voir la réalité en face, ils sont en train de faire une bonne lecture du processus. Je pense que la réconciliation nationale est possible.

La Sirène : On parle de réconciliation nationale alors que certains acteurs de la crise ont les mains souillées et d’autre part, une partie de la population est victime, est ce que dans cet état on peut aller vers une réconciliation définitive ?

Sidy Aly Ould Bagna : Vous savez on est en train de rentrer dans un fourretout où tout le monde est victime ; aujourd’hui si vous voyez tout le monde se met dans la victimisation, que ce soit la population interne, la population refugiée, que ce soit le gouvernement, que ce soit les groupes armées mais en réalité qui est le bourreau ? Il faut se poser la question, il faut qu’on comprenne le concept pour faire la différence, il y’a des victimes directes et des victimes indirectes, il y’a des conséquences collatéraux qui rendent les gens victimes. C’est vrai il y’a des mains souillées c’est pourquoi aujourd’hui on est en train de se former pour aller vers la justice transitionnelle parce que le peuple malien depuis les années 1960 à nos jours, une partie du peuple n’a aucun droit, il est spolié dans ces biens.  Il n’est pas considéré dans les prises de décision. A un moment donné il est bon que les gens se regardent et se disent la vérité, le plus important aujourd’hui c’est que les gens se disent la vérité. La justice viendra après.

La Sirène : Après la récupération des régions du nord par les forces armées maliennes appuyées par l’opération Serval, il y’a eu des exécutions sur la race blanche notamment les arabes. Est-ce que vous avez tourné cette page ?

Sidy Aly Ould Bagna : Aujourd’hui aucune page ne peut être continuellement et définitivement ouverte. A un moment donné il faut tourner la page. Mais comment il faut tourner la page ? Aujourd’hui des populations sont prêtes à tourner la page au nom de la paix, au nom de la réconciliation nationale mais on ne peut pas tourner la page sans la vérité. Nous avons vu après la libération des régions nord par les forces internationales que la population claire notamment les arabes, les touarègues y compris les peulhs, qui sont restés pour subir toutes les peines qu’on peut imaginer de ceux qui ont occupé les régions nord. C’est quand l’armée nationale du Mali est entrée au sein des villes que les populations claires ont commencé à franchir les frontières et aller au-delà parce qu’ils avaient peur. Ce qui est sûr, les FAMA savent, la République sait et tout le monde sait qu’il y’a eu des exactions, des violations très graves, des meurtres au sein de la population blanche. L’armée malienne sait que les auteurs de ces crimes ont été identifiés notamment l’assassinat du vieux Aly Kabbady, un vieux de 70 ans qui est resté parce qu’il pense qu’il est un patriote et rien ne pourra lui arriver. Celui qui l’a tué on le connait, tout le monde le connait mais au lieu de le punir on lui a octroyé une bourse d’études aux états unis. L’obtention de cette bourse explique qu’il a été félicité pour le travail qu’il a fait ; cela veut dire qu’on autorise et on soutient les exactions de la population blanche. Ce qu’il faut comprendre ce qu’on ne pourra pas éliminer toute une communauté, l’épuration ethnique n’existe pas, elle ne peut pas se faire. Le dernier qui reste se vengera du premier.  Donc ça veut dire qu’à un moment donné les gens doivent mettre de l’eau dans leur vin. Aujourd’hui on ne peut pas aller sur du fau, on ne peut pas se réconcilier sur du fau, il faut qu’on se réconcilie sur la vérité et qu’on se donne la main et la volonté nécessaire pour faire ensemble le reste du chemin parce qu’il est très long.

La Sirène : Depuis quelques mois le gouvernement du Mali et les groupes armés sont en négociation à Alger, pensez-vous qu’une entente entre les parties est-elle possible ?

Sidy Aly Ould Bagna : Une entente  est possible. Aujourd’hui, on est en train  d’aller vers une sortie de crise dans un processus qui n’a que trop duré qui a fait souffrir toutes les communautés de régions du nord,  qui a fait souffrir l’état  central et les réfugiés. Je pense qu’une solution est possible, mais je reste optimiste qu’avec toutes les complications qu’on peut imaginer, on peut avoir une sortie de crise salutaire favorable et honorable pour que tous les enfants se retrouvent.  Moi je pense que toutes les parties ont joué aux enchères donc il est important aujourd’hui de croire à un lendemain meilleur et croire qu’un jour on va se trouver main dans la main et que le vivre ensemble n’est pas loin. Il est là.

La Sirène : Un projet d’accord a été récemment obtenu à Alger et paraphé par toutes les parties à l’exception de la coordination des mouvements armés, est ce que cela ne compromet pas le processus de paix en cours ?

Sidy Aly Ould Bagna : Une partie n’a pas paraphé bien sûr peut être que cette partie n’a pas eu gain de cause ou qu’elle ne se reconnait pas dans l’accord. Mais je pense qu’aujourd’hui il y’a un balai diplomatique qui est en train de se jouer dans les pays voisins, aux nations unies pour ramener tout le monde sur la table de négociations pour qu’il y’ait un accord acceptable par tous et paraphé par tous pour qu’on puisse aller à la vitesse supérieure. C’est-à-dire la mise en œuvre de ces accords pour qu’ensemble, on arrive à reconstruire tout ce qui est gâté. Aujourd’hui les acquis de cinquante ans sont  à terre. Il faut reconstruire, reconstituer et créer le nouveau Mali avec un nouveau contrat social pour qu’ensemble tous ceux qui sont de près ou de loin puissent venir assister et contribuer à la gestion politique de l’état.

La Sirène : Récemment vous étiez à Tombouctou pour une mission, quel était l’objectif de cette visite ?

La Sirène :, je suis allé chez moi rencontrer les jeunes, échanger autour du projet d’accord et la culture de la non-violence en milieu jeunes. A un moment donné on a voulu nous mettre dans une violence intarissable et interminable pour régler les différences entre les gens. Nous sommes allés à Tombouctou avec le centre pour le dialogue humanitaire pour faire un atelier de deux jour et appeler la jeunesse à l’union pour qu’i y’ait moins de mal puisque lorsqu’on est unie il est difficile d’avoir de fissures entre nous est seules les fissures pourraient créer le désastre et le KO.

La Sirène : Quel est le message que la jeunesse arabe lance aujourd’hui à la coordination qui n’a pas encore paraphé le projet d’accord ?

Sidy Aly Ould Bagna : Le message de la jeunesse toute entière et spécifiquement la jeunesse arabe c’est de dire que de l’autre côté, nous n’avons pas des vieux, nous avons des jeunes comme nous ; les jeunes ne sont pas seulement victimes, les jeunes sont aussi des acteurs de cette guerre. Aujourd’hui toutes les parties ont paraphé. Nous ne pouvons demander qu’à la coordination d’essayer de voir la souffrance de nos populations pour essayer de voir le meilleur accord possible pour notre pays pour qu’on sort du puits et qu’on avance parce que le plus grand ennemi, c’est le sous-développement. L’ancien Mali personne n’en veut Aujourd’hui tout le monde est d’accord que le Mali a été géré de façon cynique. Il faut aujourd’hui que la gestion soit consensuelle et recentrée aux populations pour que les populations elle-même reprennent leur destin en main.

Interview réalisée par Mohamed Salaha

 

Source: Sirène

Nord du Mali: la médiation s’active pour faire parapher l’accord de paix

A Alger, la coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) n’a toujours pas paraphé le les accords de paix concernant le nord du Mali. Mercredi, la médiation s’est réunie et en coulisse les diplomates ont délivré un message clair aux groupes du Nord : c’est le moment de s’engager.

abdoulaye diop ministres affaires etrangere malien pourparles negociation signature document accord algerie

La médiation au complet s’est réunie, ce mercredi, à Alger pour analyser les chances d’un paraphe de l’accord de paix par la CMA. Des chances évaluées plutôt avec optimisme. Malgré les tergiversations de ces derniers jours, la médiation dit ne pas perdre espoir de convaincre les plus récalcitrants à aller de l’avant.

Pour les partenaires internationaux du Mali, ce texte reste, malgré toutes les critiques, un bon compromis dans lequel les deux parties peuvent trouver leur compte. Pour calmer les craintes des groupes armés qui s’inquiètent du manque de garantie dans la mise en oeuvre de l’accord, la médiation souligne que pour la première fois dans ce dossier c’est toute la communauté internationale qui s’implique.

D’éventuelles sanctions

Lors des accords passés de Tamanrasset ou d’Alger de 2006, l’Algérie était seul médiateur. « Cette fois, ce sont les Nations unies qui sont les garants de la paix », précise un diplomate européen.

Reste un argument ultime, jusque-là évoqué en filigrane : c’est la menace de sanctions internationales qui pourraient toucher le cas échéant ceux qui rejetteraient toute idée de paix. On parle d’interdiction de voyager… Mais à Alger, tout le monde espère encore ne pas en arriver là.

A Bamako, IBK plaide pour le paraphe des groupes du Nord

Une dizaine de chefs d’Etat, Premiers ministres et ministres ouest-africains étaient réunis, mercredi, à Bamako pour le 17e sommet du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS). Une occasion que le président malien IBK a saisie pour appeler les groupes rebelles à accepter le l’accord de paix discuté en Algérie.

Personne n’a dit que l’accord était parfait.
Ibrahim Boubacar Keïtaprésident malien
Source: rfi.fr

Accord d’Alger : Cette œuvre machiavélique des « Occidentaux » qui fait souffrir les Maliens

Pourquoi la communauté internationale ne demande pas la dent de la panthère à tous ceux qui ont mangé la tête ? Celle-ci est une association de pays occidentaux qui cherche la défense des intérêts économiques des pays membres. Elle n’existe que de nom et sa composition dépend des intérêts en jeu. Elle prend des formes différentes selon les époques. Elle dit régulièrement défendre les petits contre les puissants et exiger le droit partout dans le monde. C’est ainsi qu’elle intervient très souvent dans les pays en développement pour exiger la justice.

abdoulaye diop ministres affaires etrangere malien rebelle touaregs mnla azawad pourparles negociation signature document accord

Après la décennie de crise militaro-politique de 2012 au Mali, il était question d’établir les responsabilités dans cette crise afin d’éviter d’autres jours sombres au pays. Mais cette communauté internationale fait plus de mal que de bien au Mali.  Depuis le coup d’Etat de mars 2012, notre pays est resté fragile. Le point de départ de cette crise demeure la guerre de succession du président sortant d’alors, Amadou Toumani Touré. Pour leur gloire personnelle, les responsables de la classe politique ont tourné le dos aux préoccupations des populations, optant pour le partage du pouvoir et des richesses du pays.

Mais après le fameux coup d’Etat du capitaine Sanogo, l’on avait cru que le pays allait se remettre sur les rails après les élections présidentielles et législatives de 2013. Les Maliens espéraient sortir de cette crise politique et sociale au soir du 1er mars 2015, après le paraphe des accords d’Alger entre le gouvernement et les protagonistes rebelles de la crise malienne. Mais contre toute attente, la coordination des mouvements de l’Azawad a catégoriquement refusé de parapher  cet accord. Et nous revoilà une fois encore à la case de départ. La communauté internationale a perdu la raison

Elle a été appelée à jouer un rôle d’appui au processus de sortie de crise ; mais il ressort des pressions exercées sur le pouvoir de Bamako qu’elle avait visiblement choisi son camp, au mépris du respect des institutions maliennes.

Aujourd’hui, son incapacité à aider les Maliens à se réconcilier montre bien qu’elle a perdu la raison. Si la justice consiste à dire le droit, mais aussi et surtout de chercher la vérité, alors il est possible d’affirmer que la communauté internationale a décidé d’hypothéquer l’avenir du Mali. Elle peine à rétablir la vérité. Car comment comprendre qu’un groupuscule peut prendre en otage toute une nation ? Aujourd’hui les complices des rebelles sont pour la majorité remis en liberté sous le sceau de la paix. Entre celui qui revendique avec les armes et qui tue et celui qui le fait avec les mains nues, les Maliens voudraient savoir qui a fauté ? Les Maliens ne comprennent pas pourquoi ces rebelles du Mnla ne subissent aucune pression de la communauté internationale pour parapher ces accords pour que l’on tourne la page sombre de l’histoire de notre pays ?

Le Mali va très mal malgré le soutien massif de la communauté internationale pour aider le Président IBK. La raison est simple : un peuple divisé ne peut pas construire un véritable développement. Après cette crise militaro-politique de 2012, la fracture sociale est réelle et la réconciliation reste le socle d’un nouveau départ. En effet, la réconciliation entre peuples, communautés, ou ethnies, est sans doute la condition majeure pour une paix durable. Mais au Mali, la communauté internationale a pensé que les pluies de milliards peuvent réconcilier les Maliens.

Au Mali, nous avons tous péché et sommes coupables de ce qui est arrivé à notre pays. Sur le banc des accusés, les hommes politiques sont au premier rang. La communauté internationale pourrait aider le pays en sanctionnant les groupes rebelles qui refusent de s’allier sur le processus de sortie de crise afin de réconcilier les Maliens  pour qu’ils apportent, tous dans leurs diversités, leurs forces à l’effort de développement. Cette façon de prescrire les règles d’une démocratie à minima n’est plus acceptable. A force de jouer avec les principes et de pratiquer la règle du deux poids, deux mesures, la communauté internationale détruit au lieu de construire les pays.

Paul N’GUESSAN

Source: Le Prétoire

Découverte d’engins explosifs à Kati Malibougou : Plus de peur que de mal

Nous vous parlions récemment dans ces colonnes de la découverte d’engins explosifs sous un tas de bois de chauffe au marché de Kati Malibougou. Le mystère vient d’être élucidé par les autorités en la matière.

En effet, après enquête, il s’agissait «d’étuis» d’armements militaires, qui auraient été prélevés sur le champ de tir de Kalifabougou, à une dizaine de kilomètres de Kati.

Les petits malins qui s’en étaient accaparés, de manière parfaitement illégale d’ailleurs, avaient l’intention d’empocher une coquette somme en les revendant au poids à un ferrailleur.

Malheureusement pour eux, au vu de la «ferraille», le «client» potentiel s’est désisté, n’entendant se mêler de débats trop élevés pour lui, ni détenir des biens militaires. D’où le retour des étuis à la case départ, sous le tas de bois.

Plus de peur que de mal donc! Reste que, de sources spécialisées, le règlement stipule qu’après les exercices de tir chaque homme se doit de rapporter le nombre d’étuis correspondant aux munitions utilisées à qui de droit. Qui a failli ce jour-là?

Yaya Sidibé

source : 22SEPTEMBRE

Paraphe de l’accord d’Alger : Les raisons des tergiversations de la CMA

Le 15 avril est passé et la Coordination des mouvements de l’Azawad, dont plusieurs responsables sont à Alger depuis hier, n’a toujours pas paraphé le projet d’accord pour la paix et la réconciliation nationale au Mali, comme annoncé par le médiateur algérien, officiellement, aux autorités maliennes. Quelles questions faut-il encore régler ?

reunion manifestation population civile mouvement Azawad chef rebelles touareg mnla hcua cma arabe nord mali kidal

Plus de quarante-cinq jours après son adoption par la médiation internationale conduite par l’Algérie et les observateurs, le 25 février, et son paraphe, le 1er mars, par les autorités maliennes et les groupes d’autodéfense, le projet d’accord pour la paix et la réconciliation nationale au Mali reste toujours lettre morte. En raison du refus de la coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) de le parapher en l’état actuel, c’est-à-dire sans la prise en compte des amendements issus d’une large consultation avec les bases. En réalité, ces amendements ne sont qu’un prétexte pour masquer les dissensions internes entre les composantes de la CMA, mais aussi au sein de chacune de ces composantes. Depuis que la communauté internationale sur laquelle comptent les groupes rebelles terroristes a entériné le projet d’accord, un statut particulier pour les régions du nord et la reconnaissance officielle du terme Azawad consacrant une réalité juridique et politique à ces régions sont devenus caduques. Aujourd’hui, le divorce est consommé entre les populations du nord qui souffrent le martyre, abandonnées à elles-mêmes et sans ressources parce que le narcotrafic est en net recul grâce aux interventions françaises, et leur élite qui se pavane dans certaines chancelleries occidentales, du Golfe ou même d’Afrique.

Divorce

Le divorce est patent. En effet, la semaine dernière, le ministre algérien des affaires étrangères informe le gouvernement malien que la CMA est prête à parapher l’Accord le 15 avril au cours d’une cérémonie à Alger. Quelques heures plus tard, il est démenti par Mossa Ag Attaher, un porte-parole du Mnla, selon lequel leurs mouvements ne sont pas prêts à parapher le document si les amendements, émanation de la volonté populaire, ne sont pas pris en compte. Il ne précise pas ce qu’ils entendent par « pris en compte », ni comment ni où ni quand cela doit se faire. Est-ce après la signature ? Probablement parce que le gouvernement malien, la médiation, les observateurs et le reste de la communauté internationale ont été clairs : il n’y aura pas de nouveau round de négociations. La récréation est finie, il faut aller à la signature ou subir les pressions. Lors de sa 496ème session à Addis-Abeba, le 27 mars 2015, le conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine (UA) s’est penché sur le processus de paix et de réconciliation en cours au Mali. Dans un document adopté à l’unanimité, le conseil demande à la Cma, qui regroupe le MNLA (mouvement national de libération de l’Azawad), le MAA (mouvement arabe de l’Azawad), la CPA (coordination pour le peuple de l’Azawad) et le HCUA (haut conseil pour l’unité de l’Azawad), de parapher sans délai l’Accord issu du processus d’Alger. Et ce dans l’intérêt des populations qu’elle affirme représenter. De fait cette CMA à laquelle s’adresse l’organisation panafricaine, c’est celle qui regroupe les ailes dures de ses différentes composantes, les modérés ayant compris les dangers de l’intransigeance et où se trouvent vraiment leurs intérêts.

Modérés

Après avoir actionné en vain quelques réseaux, les rebelles terroristes ont dû se rendre à l’évidence : parapher le document en l’état ou encourir le risque, en plus des sanctions internationales, de perdre aussi les avancées concédées par le gouvernement. Autre signe du divorce entre les populations kidaloises et leurs chefs exilés, c’est la présence de représentants directs de ces dernières à Alger, aux côtés des dirigeants traditionnels des rebelles terroristes. Ils sont à Alger, pour certains depuis lundi ou mardi, et ne parlent plus le même langage que leur direction.

Les modérés comprennent très bien que l’UA soit déçue par la CMA qui refuse de parapher un accord au « caractère équilibré », comprenant des « compromis » acceptés par les autres parties au nom de la réconciliation et de la paix. Ils comprennent également que le courant ne passe pas bien entre le Mnla, qui veut dominer les débats, s’imposer aux autres alors que militairement il ne représente plus rien, et le Hcua qui a opéré un rapprochement avec Alger et est seul à avoir une force de frappe significative. Le MAA également est en train de se démarquer du Mnla, mais pas seulement à cause de ce dossier du nord. Les Touareg se seraient beaucoup trop rapprochés du Maroc et de la Mauritanie alors que leurs alliés arabes ont un penchant pour l’Algérie et les Sahraouis. Le jeu trouble et l’inconstance du Mnla au cours de ces derniers mois de négociations ont donc été les facteurs essentiels des dissensions en son sein et au sein de la CMA, amenant les bases à se demander ce que veulent leurs chefs, pourquoi ils font autant de surenchères.

Impunité

Ces bases, sous le commandement éclairé de leur nouvel amenokal, Mohamed Ag Intallah, frère du chef du Hcua, ont décidé de mettre la pression jusqu’à ce qu’une solution définitive voire durable soit trouvée à cette crise qui dure depuis longtemps. Elles sont représentées à Alger et se feront entendre, autrement le Mnla pourrait déjà signer son arrêt de mort. A moins qu’il ne se rabatte, encore une fois, sur ses protecteurs.

En effet, malgré les assurances officielles données par l’UA, l’Union européenne et l’Onu, la position de certains pays qui se disent amis du Mali reste à préciser. Il s’agit de la France dont les politiques et les militaires, notamment la force d’intervention dans le Sahel, ne parviennent pas à s’accorder sur le sort à réserver aux Touareg du Mnla. En outre, le représentant de l’Union européenne pour le Sahel, un Français rompu à la diplomatie équilibriste, ancien ambassadeur de la France rappelé à Paris pour des raisons obscures, Reveyrand de Menthon, soutient que « ni les sanctions, ni les menaces pour non-respect du délai imparti aux dirigeants de la CMA pour consulter leur base sur la date de signature de l’accord de paix ne constituent une solution à la situation qui prévaut au Nord du Mali. C’est le temps qui fera évoluer la position de la CMA. » Autrement dit, à Paris ou à Bruxelles on n’est pas forcément pour les sanctions à l’encontre des chefs de la rébellion. Il y a deux ans déjà, dans les capitales française et européenne, ces chefs se baladaient insouciants alors qu’ils faisaient l’objet de mandats d’arrêt internationaux émis contre eux par la justice malienne pour présumés crimes de guerre, crimes contre l’humanité, atteintes diverses aux droits humains, viols, assassinats, etc. Il n’y a eu aucune suite à la demande judiciaire adressée par les autorités de la transition du Mali à la communauté internationale. Les saigneurs de guerre s’en tireront-ils encore une fois ?

Cheick TANDINA

source : Le Prétoire

Pourparlers Inter-Maliens : L’échec de l’Algérie !

Si le Mali est dans l’impasse aujourd’hui, c’est en partie à cause de manigance orchestrée par l’Algérie. Qui a remué ciel et terre pour être le chef de la médiation internationale entre les groupes armés et l’Etat du Mali. Celle-ci a été auparavant confiée à la CÉDÉAO sous l’égide de Blaise Compaoré. Qu’on ne l’oublie pas. Il y a bel et bien eu des résultats dont, entre autres, l’accord de Ouaga. Qui a permis d’organiser des élections dans la partie septentrionale de notre pays.

processus paix negociation nord mali kidal gao tombouctou rebelle sudiste

Mais l’arrivée d’IBK au pouvoir a fondamentalement changé la donne. Elle a même affaibli le Mali. Les Algériens ont profité de cette faiblesse pour « reprendre » la médiation à la CEDEAO. Conséquences : l’insécurité grandissante au nord ; le renforcement des positions des rebelles et des terroristes ; l’imposition d’un projet d’accord au détriment du Mali et des Maliens.

Aussi, malgré son statut de chef de file de la médiation, l’Algérie n’a pas pu imposer la paix. Même quand le chef de la diplomatie algérienne affirmait que « Pas une virgule ne sera changé dans le projet d’accord », les groupes armés ont montré par leur comportement que cette déclaration s’adressait plutôt au gouvernement du Mali qu’aux rebelles de Kidal.

Qui sont toujours dans la dynamique de partition du pays. Donc, les négociations seraient toujours au point de départ. C’est un cuisant échec. L’échec de la médiation internationale et de l’Algérie. Ce pays voisin aurait fait croire au régime d’IBK qu’il a une certaine influence sur tous les groupes armés du nord. C’était du vent. Pour preuve : la CMA refuse de parapher le projet d’accord. Et c’est l’impasse.

Face à ce camouflet, le chef de l’Etat n’a eu d’autres choix que de s’adresser à un autre voisin (pyromane ?), notamment la Mauritanie, pour aider le Mali à sortir du bourbier. C’est un nouveau challenge qui ne donne aucune garantie d’espoir.

NOMINATION DU CHEF DE FILE DE L’OPPOSITION : De quoi  IBK a-t-il peur ?

Depuis quelques semaines, le principal parti d’opposition (l’URD) a désigné le chef de file de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé, conformément à la loi. Cette désignation devrait être suivie par un décret de nomination de ce dernier par le président de la République. Trois semaines après, c’est silence radio du côté de Koulouba. Ibrahim Boubacar Keïta semble avoir d’autres soucis que de signer ce décret. Il n’a pas daigné promulguer la loi sur le statut de l’opposition et encore moins nommé son chef de file. Du coup, les langues se délient. Le Chef de l’Etat a-t-il peur d’un opposant protégé par la loi ? Où croit-il que la promulgation de cette loi est une faveur faite à l’opposition ? Dans tous les cas, rien ne peut justifier une telle négligence, si ce n’est la volonté manifeste de vouloir torpiller une loi de la République.  

PARAPHE DE L’ACCORD D’ALGER (1) : L’amateurisme du régime…       

Depuis des semaines, le gouvernement malien et ses alliés de circonstance ont déroulé une campagne (d’intox ?) tous azimuts autour de l’accord d’Alger. Le point culminant de cette campagne qui frôle le folklore a été l’annonce faite, jeudi dernier, par le Premier ministre, Modibo Keïta, aux partis politiques, au sujet du paraphe des rebelles. En effet, le Pm s’est substitué à la médiation pour donner «la primeur de l’information ». Mal lui en prit. Dès le lendemain, les mouvements armés de Kidal ont multiplié les démentis. Mais le gouvernement malien a persisté dans l’erreur en campant sur sa position : les mouvements parapheront l’accord le 15 avril. Une annonce soutenue par la télévision nationale, où cette « information «  a fait l’objet d’un traitement spécial ; dans toutes les langues nationales.

Mais, hier, à Alger, il n’y a pas eu de paraphe. Au contraire, les rebelles ont été conviés par la médiation algérienne à venir exposer «de vives voix » leurs doléances au sujet de l’accord qu’ils ne veulent toujours pas signer en l’état.

Voilà comment la médiation joue avec les autorités maliennes. Comme quoi, l’amateurisme et l’agitation du régime en place risquent de coûter cher au Mali.

PARAPHE DE L’ACCORD (2) : Le Hcua hésite, le Mnla et le Maa refusent

A quoi jouent les rebelles de Kidal ? La question mérite réponse. Et pour cause. Depuis des semaines, les trois mouvements armés de Kidal sont dans une surenchère, au sujet de l’accord d’Alger. Il semble qu’une fissure serait perceptible au sein des bandes armées de Kidal. En effet, l’on indique que le Hcua (Haut conseil de l’unicité de l’Azawad), serait hésitant, le Mnla et le Maa seraient dans une logique de refus de parapher l’accord. Mais eux, tous étaient invités à venir s’expliquer, hier, à Alger.

CONFÉRENCE DU CILSS : Les chefs d’Etat boudent le Mali          

Le sommet des chefs d’Etat du CILSS (comité permanent inter états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel) s’est tenu, hier à Bamako. Mais sur les 13 Etats membres, seuls  4 chefs d’Etats ont daigné répondre à l’invitation du président Ibrahim Boubacar Keïta. Il s’agit de Mahamadou Issoufou (Niger), Mohamed Abdel Aziz (Mauritanie), Idriss Deby Itno (Tchad) et Michel Kafando (Burkina Faso).

Et les absents ? Il y a lieu de se poser des questions sur les raisons de leur absence à Bamako. Surtout que IBK, lui-même, ne rate pratiquement aucune occasion pour répondre aux invitations venant de l’extérieur.

ATTAQUE SUICIDE DANS LE NORD DU MALI : 3 civils tués à Ansongo

Hier, mercredi, trois civils ont été tués et plus d’une dizaine de personnes ont été blessées dont neuf Casques bleus dans une attaque suicide dans le Nord, à Ansongo.

Cette attaque a fait neuf blessés, dont deux sérieusement, parmi les Casques bleus du contingent du Niger. En outre, l’explosion a provoqué la mort d’au moins trois civils, tandis que sept ont également été blessés.

Le Représentant spécial et chef de la Minusma, Mongi Hamdi, a condamné dans un communiqué cette attaque “lâche et odieuse”. “Je suis choqué que de valeureux soldats de la paix soient à nouveau pris pour cible, ainsi que des civils innocents. Cet attentat ne détournera pas la Minusma de sa mission de rétablissement de la paix et de la sécurité au Mali”.

MORT ACCIDENTELLE D’UN GENDARME À SIRAKORO MÉGUETANA : La Somagep décline sa responsabilité

Le mercredi 8 avril dernier, Philipe Banou (Mdl de la gendarmerie) a été victime d’un grave accident, survenu à Sirakoro Méguétana. Le jeune pandore a été victime d’une chute dans une  excavation  réalisée dans le cadre d’un projet d’approvisionnement (en eau potable) d’une nouvelle cité en construction. Dès lors, des doigts accusateurs ont été pointés à l’adresse de la société de gestion d’eau potable (Somagep). Mais, cette société rejette les accusations.

 

Selon une source à la Somagep, l’excavation en question aurait été réalisée par une société dénommée Somaprox. Celle-ci avait contacté la Somagep pour réaliser des travaux de raccordement en eau potable de la zone. Il semble que des enquêtes sont en cours pour situer les responsabilités.

Source: L’Aube

Accord d’Alger : Le processus bloqué ?

En choisissant le pourrissement de la situation sécuritaire au Mali, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) dicte toujours sa loi à la médiation algérienne. Cette dernière avait convoqué hier (15 avril) les parties à une réunion à Alger. La CMA y était présente, mais elle n’a pas signé le document de paix issu de plus de 8 mois de négociation. Cette intransigeance des rebelles soulève à la fois l’incapacité notoire des autorités maliennes et la responsabilité de la communauté internationale dans la gestion du dossier du nord du Mali.

abdoulaye diop ministre affaire etrangere malien pourparle negociation paix accord alger mouvement azawad

Le gouvernement malien avait dépêché à Alger une délégation. Or les groupes armés se réclamant de l’Azawad rechignent à parapher le document de l’accord de paix. La CMA a fait savoir qu’elle ne signe pas l’accord car aucune de ses réserves n’a été prise en compte.

Pourtant, ces mouvements armés ont répondu à l’invitation de la médiation algérienne pour, disent-ils, faire savoir leur mécontentement. Mais c’est une CMA divisée qui est partie à Alger. Les plus intransigeants, les membres du MNLA, s’accrochent à l’idée d’un statut politique et juridique pour l’Azawad. Parmi ces indépendantistes, ceux qui ont donné de la voix récemment contre le projet d’accord sont des activistes ayant généralement pris quartier en Mauritanie.

Ce pays voisin a mauvaise image au Mali, au regard du rôle qu’il a joué dans la déstabilisation des régions nord du pays. En plus d’avoir donné gîte et couvert aux rebelles, le drapeau choisi par le MNLA a été imaginé et fabriqué en Mauritanie en 2011. D’ailleurs, le soutien des autorités mauritaniennes aux membres du MNLA étaient à l’origine d’un long froid entre le Mali et la Mauritanie.

Mais la CMA, ce n’est pas que la bande soutenue par la Mauritanie. Il y a aussi le HCUA et le MAA dissident dont des représentants affichent moins de réticence pour la signature du document proposé par la médiation. Un élu de Kidal proche de cette tendance a même proposé l’abandon des poursuites judiciaires contre le criminel Iyad Ag Ghali et l’application de la Charia à Kidal.

Il faudra plus d’un tour de la part de la médiation pour parvenir à une unité de vue des parties présentes à Alger. Le gouvernement malien et les milices d’auto-défense qui ont déjà signé le document ne veulent pas entendre parler de l’autonomie, encore moins de l’Azawad. Et le refus de la CMA entretient l’insécurité.

De quoi demain sera fait ?

Mars dernier, l’Algérie avait mis fin aux tractations en annonçant que les négociations étaient terminées et que même une virgule ne sera changée dans le texte. Cette pression algérienne avait amené le gouvernement et certains groupes armés du Nord à signer l’accord avant de quitter la capitale algérienne. Mais les mouvements se réclamant de l’Azawad ont annoncé qu’ils allaient consulter leur base avant de signer le document.

Depuis, le processus de paix demeure bloqué par ces mouvements indépendantistes qui ont tenu tête à la médiation et à la communauté internationale. En convoquant hier une énième réunions (à la place d’une cérémonie de paraphe), l’Algérie qui avait sonné la fin de la recréation est-elle encore crédible pour conduire les négociations ? S’achemine-t-on vers de nouvelles négociations imposées par les rebelles ? La communauté internationale semble  être dans cette logique.

Dans son dernier communiqué sur la situation au Nord du Mali, le Conseil de sécurité de l’ONU a invité les parties à continuer le dialogue. L’Organisation mondiale n’est pas visiblement dans la logique de prendre des sanctions contre les rebelles qui sont loin d’être des innocents.

L’insécurité qu’ils entretiennent au Nord du Mali coûte quotidiennement la vie à des populations civiles et des casques bleus. Pourtant, le Conseil de sécurité a tous les pouvoirs d’éviter qu’il y ait davantage de victimes civiles au Mali. Comme c’est arrivé ailleurs en Afrique, il suffit de prendre des sanctions contre les rebelles qui font obstacle à la paix.

 

Soumaïla T. Diarra 

Source: L’Aube

Crise au Mali : la médiation internationale s’est réunie hier à Alger

L’équipe de la médiation internationale dans le dialogue intermalien inclusif, dont l’Algérie est le chef de file, s’est réunie hier à Alger afin d’«évaluer la situation». Les parties politico-militaires et le gouvernement malien ont également répondu à l’invitation d’Alger.

mahamadou djeri maiga mnla negociations

La CMA, groupe rebelle touareg qui a manifesté lundi à Nouakchott son refus de parapher l’Accord de paix, a décidé à la dernière minute de se joindre à cette réunion sans son chef de file Bilal Ag Acherif, et sans intention claire de parapher le projet d’accord de paix.

Nouveau rebondissement : finalement, après d’âpres discussions entre groupes alliés, une décision a été prise à Nouakchott d’honorer le rendez-vous d’Alger, mais sans engagement de parapher.

«De nombreux points restent à clarifier», souligne un dernier communiqué de la CMA. Une position qui ne fait pas l’unanimité au sein de la coordination : «C’est regrettable, ce n’est pas responsable», commentent des membres du HCUA et de la CPA, deux mouvements qui accusent, à mots à peine voilés, le MNLA, ou du moins certains cadres du MNLA, de bloquer inutilement le processus.

Car au sein de la CMA, certains craignent les conséquences de la politique de la chaise vide : «On veut arriver à un accord, il faut que la médiation en soit convaincue», explique un cadre de la coordination favorable au paraphe.

La CMA aurait finalement cédé aux pressions exercées par les instances internationales ainsi que d’autres pays tels que les USA. Sommée par les institutions de l’Onu et l’UA et les pays formant la médiation, de parapher les Accords d’Alger, la CMA aurait au final cédé à la pression.

Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères, a indiqué hier, à l’ouverture des travaux de la 7e réunion des chefs des services de renseignements et de sécurité de la région sahélo-saharienne, que l’équipe de médiation se réunira pour évaluer la situation et «décider du chemin qui reste à parcourir». Il a également émis le souhait et «l’espoir» de voir toutes les parties maliennes saisir la «chance historique» et travailler de «bonne foi» à la mise en œuvre de l’accord de paix et de réconciliation au Mali.

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait demandé instamment vendredi dernier aux mouvements politico-militaires du nord du Mali qui n’ont pas signé l’accord d’Alger, de le faire sans délai afin de résoudre la crise, rappelle-t-on.

«C’est le résultat et l’application sur le terrain qui comptent», a souligné le ministre, précisant à ce propos qu’«il faut véritablement que toutes les promesses de cet accord soient tenues et se réalisent sur le terrain car il y a des obligations pour les parties maliennes, pour la communauté  internationale et la médiation».

Il a expliqué aussi que dès l’instant où l’accord sera signé, la médiation se transformera en comité de suivi pour assumer les responsabilités (prévues par l’accord) afin de stimuler, a-t-il dit, la «bonne volonté» des uns et des autres et aller vers une application (de l’accord) «qui bénéficiera d’abord et avant tout aux populations de ces régions (du Mali)».

L’UA salue les efforts de l’Algérie et du président Bouteflika
De sa part, l’Union africaine (UA) a salué la contribution «inestimable» et «les sacrifices consentis» par l’Algérie et son président, Abdelaziz Bouteflika, dans la recherche de la paix et de la réconciliation au Mali.

«C’est le lieu pour moi de saluer, au nom de l’UA, la contribution inestimable et les sacrifices consentis par l’Algérie et son président, Abdelaziz Bouteflika, dans la recherche de la paix et de la réconciliation au Mali», a déclaré le commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, Smaïl Chergui, à l’ouverture des travaux de la 7e réunion des chefs des services de renseignements et de sécurité de la région sahélo-saharienne.

Il a ajouté que la médiation conduite avec l’appui des pays de la région et de partenaires internationaux, a permis, après huit mois de négociations à Alger, d’aboutir à la conclusion de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, dont la mise en œuvre «contribuera durablement à nos efforts de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée».

De son côté, la ministre nigérienne des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Nigériens à l’extérieur, Aïcha Kané Boulama, a appelé mardi soir à Alger les mouvements maliens n’ayant pas encore paraphé l’accord de paix et de réconciliation nationale au Mali à le faire.

«Dans le cadre la médiation internationale conduite par l’Algérie en tant que chef de file, il est question de parfaire le travail entamé le 1er mars dernier (à Alger) par le paraphe de l’accord de paix et de réconciliation au Mali par les mouvements qui ne l’ont pas encore fait», a indiqué Mme Boulama dans une déclaration à la presse à l’issue de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra. Elle a également «salué» le rôle de l’Algérie qui conduit la médiation avec «beaucoup de brio».

Réitérant son «souhait d’aboutir à une paix définitive au Mali», la ministre nigérienne a réaffirmé «l’appui et le soutien du Niger à l’Algérie tant qu’il est question de rétablir la paix, de lutter contre le terrorisme et de créer les conditions de sécurité au Sahel». «Nous comptons sur la détermination et la bonne vision que l’Algérie imprime à ce genre de processus».

 

Mali : Attentat-suicide contre une base de l’ONU, trois civils tués

Trois civils ont été tués près de Gao, dans le nord du Mali, dans une attaque suicide contre une base de l’ONU qui a fait 16 blessés, dont neuf Casques bleus nigériens.

force minusma soldat militaire casque bleus onu maintien paix ville nord mali

L’attaque la plus meurtrière contre la force de l’ONU, en octobre, s’était produite dans le même secteur d’Ansongo, frappant un convoi de ravitaillement du contingent nigérien, qui avait perdu neuf soldats.

En fin de matinée, « un véhicule suicide a explosé à l’entrée du camp de la Minusma à Ansongo dans la région de Gao, alors qu’il tentait d’y pénétrer », a affirmé la Mission de l’ONU au Mali (Minusma).

L’explosion a « provoqué la mort d’au moins trois civils », sept autres étant blessés, a ajouté la Minusma.

11 000 hommes sur le terrain

Le chef de la Minusma, Mongi Hamdi, a condamné cette attaque « lâche et odieuse », se disant « choqué que de valeureux soldats de la paix soient à nouveau pris pour cible ainsi que des civils innocents ».

« Cet attentat ne détournera pas la Minusma de sa mission de rétablissement de la paix et de la sécurité au Mali », a assuré M. Hamdi.

La Minusma qui compte actuellement quelque 11 000 hommes sur le terrain, dont près de 10 000 militaires et policiers, est considérée comme la plus dangereuse des missions de l’ONU en cours, avec près de 40 Casques bleus tués depuis son déploiement en juillet 2013.

Chassés par l’opération Serval

La plupart des attaques contre l’ONU ont été revendiquées par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), deux des groupes qui ont contrôlé le nord du Mali pendant près d’un an, entre 2012 et début 2013.

Ils ont en été pour l’essentiel chassés par l’opération Serval, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, remplacée depuis août 2014 par Barkhane, dont le rayon d’action s’étend à l’ensemble de la zone sahélo-saharienne.

Mais des zones entières du nord du Mali échappent encore au contrôle du pouvoir central où ces groupes continuent de mener des attaques, notamment des attentats suicide, de poser des engins explosifs et de perpétrer des enlèvements.

Anarchie et insécurité généralisées

Dans un rapport publié mardi, l’organisation Human Rights Watch (HRW) déplore que « deux ans après l’intervention militaire menée par la France dans le pays en crise, il règne toujours une anarchie et une insécurité généralisées ».

« La criminalité endémique, les attaques perpétrées par les groupes armés et les abus commis par les forces de sécurité constituent un risque pour les citoyens ordinaires au centre et dans le nord du Mali », selon Corinne Dufka, directrice de recherches sur l’Afrique de l’Ouest à HRW, citée dans le document.

Cette nouvelle attaque coïncide avec une réunion prévue mercredi à Alger de l’équipe de médiation internationale au Mali conduite par la diplomatie algérienne.

L’invitation du médiateur algérien rejetée

La rébellion à dominante touareg du nord du Mali a rejeté la semaine dernière une invitation du médiateur algérien à parapher l’accord de paix déjà signé le 1er mars par le camp gouvernemental.

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion) a expliqué ne pouvoir parapher ce document « dans son état actuel et à la date indiquée », exigeant de nouveau l’intégration des amendements qu’elle réclame.

Parmi ses revendications figurent la « reconnaissance officielle de l’Azawad comme une entité géographique, politique et juridique », en référence à l’appellation du nord du Mali par les rebelles, la création d’une assemblée interrégionale couvrant cette zone, et un quota de « 80 % de ressortissants de l’Azawad » dans les forces de sécurité.

La prise de contrôle du nord du Mali par les jihadistes avait été favorisée par la déroute de l’armée face à la rébellion, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Mali : Human Rights Watch dénonce les violences des groupes armés

Au Mali, l’association de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch a dénoncé ? ce mardi ? dans un rapport, les violences des groupes armés présents dans le pays.
mnla cma rebelles touareg bandis armée combattants arabe nord mali kidal

Plus de deux ans après le début de l’intervention militaire française, puis internationale dans le pays, l’association met en lumière les violences des groupes armés ? dans un rapport édifiant rendu public ce mardi. Elle évoque également l’apparition d’un nouveau groupe djihadiste dans le pays.

« Insécurité généralisée »

Human Rights Watch passe au crible, dans son rapport, les actes de violence menés par Al-Qaïda, les milices pro-gouvernementales, les groupes rebelles du Mouvement de libération de l’Azawad. Cette association pointe du doigt les abus de ces groupes, estimant que le Mali vit une situation « d’anarchie et d’insécurité généralisée », particulièrement au nord du pays.

Les forces de sécurité maliennes et les groupes pro-gouvernementaux ont, selon Human Rights Watch, fait subir des violences à la population malienne.Onze hommes ont montré à Human Rights Watch des signes physiques de mauvais traitements, notamment des cicatrices à la tête, au visage, aux poignets, aux jambes et à la poitrine. De nombreux commerçants, bergers, hommes d’affaires et résidents des villages et des villes sous le contrôle des groupes armés dans le Nord ont évoqué l’utilisation d’enfants soldats, dont certains à peine âgés de 12 ans, par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), le Haut-conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et les factions du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA).

Ces groupes commettent également des vols organisés de bétail. Human Rights Watch s’est entretenu avec 10 bergers dont le bétail : les moutons, les chèvres et les chameaux, ont été volés depuis juillet 2014. Les Casques bleus de la MINUSMA, déployés au Mali en juillet 2013 et mandatés pour protéger les civils et créer des conditions propices à l’apport de l’aide humanitaire, font l’objet de fréquentes attaques et ont, par conséquent, subi de lourdes pertes : 35 morts et plus de 130 blessés.

En plus de ces violences, Human Rights Watch a décelé l’existence d’un nouveau groupe islamiste, Force de libération du Macina, qui a lancé plusieurs attaques dans le centre du pays, depuis janvier 2015. Human Rights Watch accuse ce nouveau groupe djihadiste d’avoir commis de nombreuses exactions comme l’exécution de civils ou encore des menaces de mort à l’encontre de personnes soupçonnées de collaborer avec le gouvernement et l’armée française.

Source: afrik

Une civile abattue par des militaires sous le coup de la peur à Kalani (Bourem)

armee nationale malienne pickup militaire

Une jeune femme est abattue par les militaires maliens aux environs de 1h de ce matin du 15 avril 2015 (au niveau de la météo) à Kalani, un quartier de Bourem. La dame qui s’appelle Fatoumata est du village de Bourem Jindo. Elle ne jouissait pas de toutes ses facultés morales et fonçait droit sur le poste de contrôle que tenaient des militaires maliens qui ont tiré plusieurs tirs dont le dernier atteignait leur cible. Fatoumata était mariée à Bamako où elle a mis au monde un enfant avant de se divorcer.

Par Dakana.org

Source: Dakana

Pour la paix au Mali, la Plateforme de la société civile livre un message fort à Genève

Après avoir séjourné en France, Belgique et Suisse du 25 janvier au 5 février 2015, la délégation  arc-en-ciel de la Plateforme de la Société civile, conduite par El Hadj Ousmane Chérif Madani Haidara vient de boucler une deuxième visite à l’Assemblée générale des Nations Unies du 27 au 28 mars dernier. Les responsables de la Plateforme ont organisé hier dans l’après-midi une rencontre au pavillon des sports pour faire la restitution de leur voyage.

societe civile mali conference Geneve suisse

L’objectif de cette mission à Genève, selon les intéressés, était de rencontrer les amis et partenaires du Mali afin de trouver une solution à la crise qui est en train de ruiner progressivement notre pays.

Selon Chérif Ousmane Madani Haidara, le président et initiateur de la Plateforme, cette mission multiforme visait à montrer aux amis et partenaires du Mali, cette image d’un pays uni dans la diversité où il n’y a ni discrimination raciale, ethnique, sociale, politique et encore moins religieux.

Et c’est ce qui justifiait hier dans la salle du pavillon des sports la présence des membres des partis politiques de la majorité présidentielle et de l’opposition.

A Genève, siège de l’Assemblée générale des Nations Unies, la forte  délégation de 15 membres a exprimé l’engagement de la société civile malienne, dans son intégralité à consolider son unité pour mener à son terme le combat pour l’instauration d’une paix définitive, garantissant  la sécurité, le développement et le retour à la stabilité.

A.T.Dansoko

Source: Autre presse

Trois morts dans une attaque près de Gao

Une attaque suicide a fait au moins trois morts et 16 blessés près de Gao au Mali.

mnla hcua rebelle touareg independanliste bandis armée combattants arabe nord mali azawad gao kidal

Dans un communiqué rendu public ce mardi, la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a indiqué que neuf casques bleus nigériens se trouvaient parmi les blessés.

Elle a précisé que les personnes décédées étaient des civils.

La Minusma a expliqué que l’attaque s’est produite au moment où un véhicule suicide a explosé à l’entrée du camp de la mission onusienne à Ansongo dans la région de Gao.

Source: BBC

Enquêtes de HRW : 79 attaques, 35 casques bleus tués… depuis juillet 2012

Depuis la création de la Minusma en juillet 2013, elle a fait l’objet d’au moins 79 attaques hostiles, dans lesquelles 35 Casques bleus ont trouvé la mort et plus de 130 ont été blessés. Des groupes armés islamistes ont revendiqué la responsabilité de bon nombre de ces attaques.

minusma patrouille kidal

Des bandits et, dans quelques cas, des groupes armés ont attaqué au moins 13 véhicules des organisations humanitaires depuis novembre 2014, compromettant sérieusement la capacité de ces organisations à venir en aide aux populations dans le besoin. La plupart des attaques de banditisme semblaient être motivées par le vol.

De nombreuses personnes ont décrit l’utilisation d’enfants soldats, certains à peine âgés de 12 ans, par les groupes rebelles et, dans une moindre mesure, par les milices progouvernementales. En vertu du droit international, il est interdit aux groupes armés au Mali de recruter des enfants de moins de 18 ans ou de les impliquer dans des combats.

Par L’Indicateur du Renouveau

 

Source: L’Indicateur du Renouveau

Violation de droits de l’homme : Les FAMa accusées d’actes de torture

armee malienne soldat militaire fama arrete bandits armee mnla rebelle

 

L’armée malienne et les autres forces de sécurité ont répondu aux attaques par des opérations militaires qui ont entraîné des actes de torture et d’autres mauvais traitements, des vols et des allégations d’arrestation arbitraire, selon les témoignages de nombreux témoins et victimes recueillis par Human Rights Watch.

Un enseignant coranique âgé d’environ 70 ans a montré à Human Rights Watch sa robe tachée de sang et a raconté que les soldats l’avaient battu en détention : “Dès le moment où j’ai été arrêté dans mon champ, j’ai été brutalisé… dans le camion et dans le camp. Ils [les soldats] m’ont donné des coups de pieds et de poings et ont forcé 18 d’entre nous à boire de l’urine. À cause des coups, j’ai eu du sang dans les urines pendant plusieurs jours”.

 

 

Par L’Indicateur du Renouveau

Source: L’Indicateur du Renouveau

Les vérités de Adoulaye Diop devant le conseil de sécurité

Nous vous livrons ici en intégralité le discours que le ministre des Affaires étrangères de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, vient juste de tenir devant le Conseil de sécurité des Nations Unies à New York.

Madame la Présidente,

abdoulaye diop ministre affaire etrangere malien pourparle negociation paix accord alger mouvement azawad

Permettez-moi de vous adresser les chaleureuses félicitations de la délégation du Mali pour l’accession de votre pays, le Royaume hachémite de Jordanie à la présidence du Conseil de sécurité pour ce mois d’avril, et en même temps, rendre à la République française tout l’hommage qui lui revient pour la perspicacité avec laquelle elle a conduit les travaux du Conseil au cours du mois dernier.

Je voudrais ensuite exprimer la profonde gratitude de Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République du Mali, du Gouvernement et du peuple maliens à l’endroit de notre Organisation commune, les Nations Unies, ainsi qu’à ses Etats membres pour l’appui multiforme et constant au processus de paix au Mali depuis janvier 2012, date à laquelle a commencé la plus grave crise de l’histoire de notre pays.

Dans ce chapitre, je salue et réaffirme la confiance du Gouvernement du Mali dans la Médiation internationale dirigée par l’Algérie, et comprenant l’Organisation des Nations Unies, l’Union africaine, la CEDEAO, l’Union Européenne, l’Organisation de la Coopération Islamique, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Nigéria, le Niger et le Tchad.

Je salue le rôle et la contribution de la France au Mali et tous les sacrifices consentis.

Je voudrais saisir cette occasion pour saluer l’engagement personnel du Secrétaire général en faveur de la paix et de la réconciliation au Mali.

J’adresse les vifs remerciements du peuple malien à toutes les nations amies et organisations internationales partenaires qui ont manifesté leur solidarité vis-à-vis du Mali en envoyant sur le terrain leurs enfants ou leurs experts pour défendre les valeurs qui fondent notre humanité.

Je m’incline pieusement devant la mémoire de ceux qui sont tombés sur le champ d’honneur, au Mali, pour la défense de la dignité humaine, de la liberté, de la démocratie.

Madame la Présidente,

Le Gouvernement du Mali prend acte du rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur l’évolution de la situation au Mali, publié sous la côte S/2015/219 du 27 mars 2015.

Toutefois, il convient d’atténuer l’affirmation selon laquelle je cite : « toutes les parties maliennes ont violé le cessez-le-feu », fin de citation. A ce propos, je tiens à souligner que le Gouvernement n’a jamais violé le cessez-le-feu. Et les mécanismes de vérifications et d’observations mis en place à cet effet, la Commission technique mixte de sécurité (CTMS) et les Equipes mobiles d’observation et de vérification (EMOV), présidés par la MINUSMA, n’ont jamais signalé aux autorités maliennes une quelconque violation du cessez-le-feu par les forces armées et de sécurité du Mali.

Madame la Présidente,

Il vous souviendra que le 25 juin 2014, dans cette même salle, le Conseil de sécurité adoptait la résolution 2164, prorogeant le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

Aux termes de cette résolution, le Conseil de sécurité, je cite : « Exige de nouveau de tous les groupes armés présents au Mali qu’ils déposent les armes, cessent immédiatement les hostilités et renoncent à la violence, et prie instamment tous les groupes armés qui ont rompu tous liens avec des organisations terroristes et reconnaissent sans condition l’unité et l’intégrité territoriale de l’État malien, d’entamer un dialogue sans exclusive ouvert à toutes les communautés du nord du Mali » fin de citation.

En outre, le Conseil « exhorte en particulier les Autorités maliennes à lancer sans tarder un processus de négociation crédible et ouvert avec les groupes armés qui ont signé l’Accord préliminaire de Ouagadougou ou y ont adhéré et avec les groupes armés du nord du Mali qui ont rompu tous liens avec des organisations terroristes et se sont engagés à respecter sans conditions les dispositions de l’Accord ».

Enfin, le Conseil « demande instamment aux parties en négociation, de se concerter avec le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali afin de parvenir à un règlement politique durable de la crise et au rétablissement de la paix et de la stabilité à long terme partout dans le pays, dans le respect de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de l’État malien ».

Madame la Présidente,

Loin de procéder à une lecture fastidieuse de cette résolution, je voudrais simplement faire observer par allégorie, que par les dispositions précitées, le Conseil de sécurité, dans sa grande sagesse, a confié aux parties maliennes en négociation et à la Communauté internationale, l’exécution d’une symphonie à trois partitions devant être jouées sur la plateforme de la paix et de la réconciliation à long terme au Mali.

Si le Gouvernement du Mali a pleinement et entièrement joué la sienne en s’engageant de bonne foi dans le processus de paix enclenché à Alger le 16 juillet 2014 et en paraphant en même temps que la Plateforme des mouvements du Nord l’Accord soumis aux parties par la médiation internationale, tel n’est pas le cas de la Coordination des mouvements du Nord qui a refusé d’aller dans cette direction, en dépit des nombreux appels de la Communauté internationale.

Cette attitude constitue une marque de défiance vis-à-vis de la Communauté internationale à travers la Médiation qui a consacré huit longs mois d’efforts intenses et de sacrifices pour l’avènement de la paix et de la stabilité au Mali et dans la région du Sahel.

Madame la Présidente,

J’ai fait ce rappel pour souligner que conformément aux dispositions pertinentes des résolutions et déclarations du Conseil de sécurité, le Gouvernement du Mali, guidé par les orientations du Chef de l’Etat, le Président Ibrahim Boubacar KEITA, a engagé les Pourparlers inclusifs inter-maliens, sous l’égide de la Médiation internationale menée par l’Algérie.

A l’issue de huit mois d’intenses négociations, les parties aux pourparlers inclusifs inter-maliens ont conclu et paraphé le projet d’Accord pour la paix et la  réconciliation au le Mali, à l’exception de nos frères de la Coordination des mouvements armés qui ont demandé un délai pour consulter préalablement leur base.

Pour sa part, le Gouvernement du Mali a toujours honoré ses engagements. En effet, en paraphant le projet d’accord, en toute responsabilité et malgré la non prise en compte de son Mémorandum de 12 pages d’amendements remis aux membres de la Médiation internationale, le Gouvernement du Mali a montré sa bonne foi dans la recherche de compromis dynamiques permettant de parvenir à une paix juste et définitive à la crise que traverse notre pays, et cela dans le respect strict des principes édictés par le Président de la République du Mali, à savoir le respect de l’intégrité territoriale, la souveraineté, le caractère unitaire de l’Etat du Mali, sa forme républicaine, démocratique et laïque.

Permettez-moi de rappeler, qu’en ce qui le concerne, le Gouvernement malien a organisé, à toutes les étapes des pourparlers inclusifs inter-maliens, des campagnes de sensibilisation des forces vives du Mali (partis politiques, société civile, leaders communautaires, personnes réfugiées et personnes déplacées, forces armées et de sécurité…), en vue d’une adhésion massive des populations au Processus.

Les Maliens dans un mouvement d’ensemble, ont formé une Alliance nationale pour la Paix et l’Unité du Mali et ont organisé des marches gigantesques dans toutes les grandes villes du pays pour montrer leur attachement à la paix et exiger la signature de l’Accord par toutes les parties.

Le Gouvernement malien a donc paraphé l’accord, fort  du soutien de la grande majorité des maliens, qui n’aspirent qu’à la paix.

C’est dire, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité, que nous avons là un momentum à saisir : oui, les Maliens sont prêts pour la paix. Ils sont fatigués de la guerre. Ils veulent tourner cette page sombre de l’histoire de notre Nation, Une et Indivisible. Ils veulent aller de l’avant. Ils veulent surtout être entendus, ils veulent être compris et respectés.

Madame la Présidente,

Au moment où je vous parle, soit exactement 40 jours après le paraphe de ce projet d’accord, force est de constater que la Coordination n’a toujours pas paraphé ce document de compromis. Cela :

  • malgré l’engagement qu’elle a pris, le 9 juin 2014 à Alger, de s’investir pour résoudre pacifiquement le conflit du Nord du Mali à travers un accord de paix global et définitif avec le Gouvernement du Mali ;
  • malgré les nombreux appels lancés par votre Conseil et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine;
  • malgré la visite, le 17 mars 2015 à Kidal, de la Médiation internationale pour amener la Coordination de ne pas rester en marge du Processus de paix.

Un refus de parapher et de signer un accord obtenu à l’issue d’un processus inclusif, vous en conviendrez avec moi, comporte des risques énormes pour la paix au Mali et dans la région, voire au-delà. Il crée une atmosphère non propice à la consolidation de la confiance tant nécessaire entre tous les protagonistes pour la poursuite du processus de paix  et prépare le lit d’initiatives malsaines susceptibles de remettre en cause l’édifice chèrement bâti au cours des huit  mois de négociations.

Le refus de la Coordination de parapher le projet d’accord favorise également les groupes terroristes et de narcotrafiquants dans leurs actions de déstabilisation du Nord du Mali et de toute la région du Sahel, voire au-delà. En témoignent les attentats terroristes perpétrés depuis mars 2015 à Bamako, Gao, Kidal, Boni…

Je dois dire ici que le processus de négociations a été marqué par des consultations directes et indirectes avec l’ensemble des parties prenantes maliennes, parfois sans la Médiation, car certaines discussions directes ont eu lieu souvent dans nos chambres d’hôtel et dans les couloirs.

Madame la Présidente,

C’est le lieu de rappeler que ce n’est pas le Gouvernement du Mali qui a mis fin aux négociations. La Médiation, après avoir longuement écouté toutes les parties maliennes, y compris la société civile, a proposé le projet paraphé, en tant que compromis dynamique et équilibré permettant de résoudre définitivement la crise actuelle dans notre pays.

Nous saluons le courage et le sens de compromis de la Plateforme des mouvements, qui a clairement fait le choix de l’unité du pays et de la paix.

Nous sommes convaincus que beaucoup de nos frères et sœurs de la Coordination n’aspirent qu’à la paix. Ils nous l’ont dit et nous croyons en leur bonne foi. Cependant, leurs voix restent encore peu audibles, à côté de celles de quelques radicaux qui, pour des motifs inavoués et par des manœuvres dilatoires et des tergiversations, veulent faire obstacle à la paix.

Le Conseil de sécurité et les bonnes volontés doivent aider ceux qui veulent la paix à assumer leur choix avec courage et à le faire savoir.

Notre appel ardent est que la Coordination des mouvements saisisse l’occasion historique de faire la paix, dont la première étape est le paraphe et la signature en l’état du projet d’accord pour la paix et la réconciliation. Car, il n’y a pas d’alternative à la paix.

Il est donc inacceptable que le processus de paix au Mali, espoir de 15 millions de Maliens, soit pris en otage par un groupe d’individus radicaux et extrémistes. Ceux qui, malgré tout, auront choisi de se mettre en travers du chemin menant à la paix, ne laisseront à la Communauté internationale que le choix de les isoler et de les traiter comme tel en leur imposant des sanctions, conformément du reste à la Déclaration de votre Conseil du 6 février 2015.

Nous saluons donc, toutes les initiatives visant à encourager nos frères de la Coordination à s’inscrire résolument dans la dynamique et à faire en sorte que le mois d’avril soit le mois de la décision pour le paraphe et la signature de l’accord.

A cet égard, nous sommes encouragés par l’annonce faite par l’Algérie de la cérémonie de paraphe par la Coordination des mouvements, prévue pour le 15 avril 2015 à Alger, avec l’espoir qu’elle aboutira rapidement, sans condition ni préalable, à la signature par toutes les parties de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.

Madame la Présidente,

Le statut quo nous met en face d’une question de sécurité nationale, sous-régionale, régionale voire internationale. Nous demandons au Conseil de sécurité de ne pas se laisser distraire par l’aile radicale de la Coordination qui instrumentalise les populations pour faire croire à la communauté internationale que sa « base a rejeté l’Accord ».

Aujourd’hui, la Communauté internationale, à l’image de ce qu’elle fait dans d’autres régions, devrait tout mettre en œuvre pour extirper les terroristes, les narcotrafiquants et les forces hostiles à l’Accord de paix au Nord du Mali. Un travail déjà entamé dans ce sens devrait être achevé.

Madame la Présidente,

Je suis venu devant le Conseil de sécurité des Nations Unies pour lui demander :

  1. d’endosser l’Accord paraphé, le 1ermars 2015, comme l’a fait le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, dans son Communiqué, adopté le 27 mars 2015 à Addis-Abeba et dont copie vous a été distribuée ;
  2. d’apporter son plein appui à l’Accord paraphé à l’image de la France qui l’a déjà fait à Alger le 1ermars 2015;
  3. de continuer à exercer les pressions nécessaires pour amener la Coordination des mouvements du Nord à parapher l’Accord sans délai en vue de sa signature à Bamako courant avril 2015 et le cas échéant, envisager des mesures, y compris celles contenues dans votre déclaration présidentielle du 6 février dernier à savoir les sanctions ciblées contre ceux qui font obstacle au processus de paix d’Alger.

Enfin, je suis venu vous demander de ne pas cautionner une reprise quelconque des pourparlers d’Alger pour la simple raison qu’une telle option est inacceptable pour mon Gouvernement et pour la Médiation internationale ; car elle fait courir le risque d’un précédent dangereux.

Je voudrais saisir cette occasion pour réaffirmer que le Gouvernement du Mali n’a jamais fermé la porte du dialogue avec nos frères de la Coordination. Mais les négociations sont terminées.

Le Gouvernement a d’ailleurs commencé à prendre certaines mesures dans le cadre de l’application de cet accord. Ainsi, les agences de développement régionales ont été créées ; les dates des élections communales ont été repoussées en vue de la participation de toutes les collectivités à ces échéances électorales de proximité ; les campagnes de sensibilisation sur l’accord paraphé ont été menées dans les régions, à Bamako et dans les camps de réfugiés dans les pays voisins.

Madame la Présidente,

Pour terminer, je voudrais rappeler que nous sommes à une phase cruciale du Processus d’Alger. Le Gouvernement du Mali a pris toutes ses responsabilités en s’engageant pour la paix. La Plateforme des mouvements a fait de même.

La Médiation internationale, menée par l’Algérie a, à l’unanimité, paraphé cet accord. La France l’a également paraphé et les Etats-Unis d’Amérique ont fait une déclaration de soutien à l’accord paraphé.

Nous saluons l’unité d’action de la Médiation internationale, qui est essentielle pour l’aboutissement du Processus de paix.

Aujourd’hui, le Conseil de sécurité des Nations Unies est, à son tour, mis devant ses responsabilités.

Le Peuple malien vous regarde. Les pays de la région et le monde épris de paix et de justice vous observent.

 

Je vous remercie de votre aimable attention.

Source: L’Informateur

Accord d’Alger : paraphe de la Cma ce mercredi et signature finale avant la fin du mois

Après beaucoup de cacophonies et d’incertitudes autour de la signature du projet d’accord d’Alger, la Coordination des mouvements de l’Azawad paraphera ce mercredi 15 avril à Alger, comme l’avait annoncé la Médiation internationale.

De sources bien informées, le paraphe de la Cma se fera ce mercredi à Alger et la signature finale du document est prévue probablement avant la fin du mois dans une ville du Nord du Mali. Et cela, malgré les nombreuses tentatives d’empêcher l’engagement de la Coordination en faveur du texte adopté le 1er mars à Alger. L’implosion qu’on vous annonçait dans notre parution de la semaine dernière sera effective ce jour, car une délégation de la Coordination se rendra bel et bien à Alger pour le paraphe du document.

negociation pourparlers paix dialogue touareg mnla hcua maa azawad rebelle conference reunion

Selon nos sources, depuis le jour du paraphe du document par les autres parties, une tendance de la Cma voulait signer le texte, mais elle avait été empêchée par d’autres membres de la coordination farouchement opposés à l’accord. Et depuis cette date, ceux-ci continuent de faire barrage à toute résolution, à travers des campagnes de désinformation et d’intox. Qui parapheront l’accord ? Que vaudra cet accord ? Qu’adviendront de ces opposants à la paix ? Quel traitement leur sera réservé ? Voilà entre autres questions qui se posent aujourd’hui.

Selon toutes vraisemblances, le Hcua, la Cmfpr 2, et probablement le Maa dissident seraient prêts à s’engager en faveur du projet d’accord. Le Mnla qui a démenti tout projet de paraphe ces derniers jours, semble isolé. Mais, vu le grand soutien dont bénéficie le mouvement auprès des puissances européennes, l’on se demande que vaudra cet accord et comment sa mise en application sera fait.

Pourtant, bien avant l’enclenchement des pourparlers inter-maliens de paix, il a été dit que tous ceux qui constitueront des obstacles au processus, seront considérés comme les ennemis de la paix et de la réconciliation au Mali. Et qu’ils seront traités comme tels. Les nombreux communiqués de la Minusma et du Conseil de sécurité de l’Onu faisaient les mêmes mises en garde.

Après la signature de cet accord, nous verrons si ces déclarations seront traduites en actes. En tout cas, pour permettre une mise en œuvre efficace, ces ennemis de la paix qui n’ont aucun intérêt au retour de la paix, devront être éradiqués au même titre que les groupes narco-jihadistes.

SORO

Source: Le Katois

Paraphe de l’accord d’Alger : confusion et cafouillage au sein de la Cma

Le peuple malien avait poussé un ouf de soulagement dès l’annonce par le Premier ministre, Modibo Kéïta, la semaine dernière, du paraphe de l’accord d’Alger par la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma). Mais voilà que dans un communiqué signé le 10 avril depuis Nouakchott par Mossa Ag Attaher, chargé de communication de la Cma, on assiste à un retournement spectaculaire de veste de la part des bandits armés du Mnla et de leurs acolytes : pas de signature prévue normalement pour le 15 de ce mois.

 Coordination mouvements Azawad cma chef rebelle touareg mnla azawad hcua arabe cmfpr

À quoi jouent les irrédentistes rebelles du Mnla et leur bande de criminels et de narco-trafiquants ? C’est la question qui taraude actuellement les esprits de nombre de Maliennes et de Maliens qui aspirent à la paix. Annoncé à la télévision nationale par le Premier ministre, Modibo Sidibé, le paraphe de l’accord d’Alger devait avoir lieu demain 15 avril 2015. Mais, depuis Nouakchott en Mauritanie, Mossa Ag Attaher déclare que la Cma ne paraphera pas cet accord. Et cela, dans un communiqué laconique.

«La Coordination des mouvements de l’Azawad/Cma informe l’opinion nationale de l’Azawad et l’opinion internationale qu’en réponse à sa lettre du 04 avril 2015 le chef de file de la Médiation, par lettre officielle en date du 06 Avril 2015,  l’a informée de l’organisation du paraphe, le 15 Avril 2015 à Alger, de  ’’l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali’’. La Cma, tout en réaffirmant sa disponibilité à donner toutes les chances à l’aboutissement d’un paraphe, réitère, encore une fois, son attachement à la prise en compte des amendements qu’elle a remis à la mission internationale, le 17 mars 2015 à Kidal, amendements qui constituent l’essentiel des revendications de l’Azawad. Par conséquent, la Cma informe  qu’elle ne pourra pas parapher «l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali» dans son état actuel et à la date indiquée. La Cma  remercie vivement la médiation et particulièrement son chef de file pour les efforts inlassables déployés avec dextérité et dévouement depuis bientôt une année. En même temps, elle réaffirme son ferme engagement à poursuivre le dialogue tout en sollicitant la médiation pour davantage d’efforts afin de prendre en compte les préoccupations issues de la volonté du Peuple de l’Azawad», souligne le communiqué.

Questions : Pourquoi ce communiqué depuis Nouakchott ? La Mauritanie serait-elle un «parrain» des rebelles armés du Mnla et ses alliés ? Communément, c’est Bilal, le patron officiel de la Cma qui signe les communiqués de la Cma. Pourquoi alors cette fois-ci il ne l’a pas fait ? En tout cas, d’aucuns susurrent qu’il y a une menace d’implosion au sein de la Cma et certains mouvements seraient prêts à parapher l’accord d’Alger, tandis que d’autres s’y opposent catégoriquement. Un cafouillage monstre !

Il nous revient que de plus en plus, la Coordination des mouvements armés de l’Azawad (Cma) se dirige vers son éclatement, car rien ne va plus entre les différents groupes armés qui la composent. Notamment entre la branche politique et celle dite militaire. Ces divergences sont apparues entre les différents groupes armés qui composent la Cma au moment où la communauté internationale tente de convaincre cette Coordination à parapher le préaccord d’Alger. Selon notre source, il s’agit d’un véritable problème de conception et de vision. On se souvient que depuis le paraphe du document de paix le 1ermars dernier dans la capitale algérienne par le gouvernement malien et les mouvements armés de la plate-forme du Nord, la Cma, de son côté, avait refusé de parapher cet accord, sous prétexte qu’elle va consulter sa base. Un mois après, les dissensions sont apparues au sein de cette Coordination. Et ce sont ces dissensions qui ressurgissent autour du paraphe dudit accord de paix prévu pour le 15 avril.

Et la communauté internationale dans tout ça ? Amorphe et apathique, elle assiste en spectatrice à la scène troublante que nous livre la Cma. Et pourtant, au lendemain du paraphe de l’accord d’Alger par le gouvernement et les groupes armés pro-Mali, elle avait martelé sur tous les toits qu’elle ne tolérera plus la comédie de la Cma et qu’en cas de refus, elle prendra de lourdes sanctions contre les responsables de la Cma. Que va-t-elle faire maintenant avec cette volonté manifeste des bandits armés à ne plus aller vers la paix ? Nous attendons de le savoir…

Bruno E. LOMA

source : Reporter

Soumeylou Boubèye Maïga dans l’émission «An Kan Ben» de Radio Klédu : «Le président de la République doit rassembler tous les Maliens autour de l’accord d’Alger»

Le samedi 11 avril 2015, l’émission hebdomadaire «An Kan Ben» (Faisons la paix)  de Radio Klédu avait comme invité l’ancien ministre de la Défense et des Anciens combattants, Soumeylou Boubèye Maïga, et non moins président du parti Asma/Cfp. Avec lui, il a été question de l’accord d’Alger, de la situation sécuritaire et de la présence du parti Asma/Cfp dans la majorité présidentielle. Soumeylou Boubèye Maïga (SMB) a répondu aux questions des auditeurs qui ont porté sur les armements militaires, l’affaire Amadou Haya Sanogo et compagnons et les surfacturations dans l’achat des équipements militaires.

soumeylou boubeye maiga ministre defense

Dès l’entame de l’émission, Soumeylou Boubèye Maïga a affirmé que son parti s’est engagé à aider le gouvernement pour la bonne application de l’accord d’Alger 2015. Car le document, bien avant sa signature, doit être décortiqué point par point avant sa mise en application. Cela permettra, selon lui, à tous les Maliens d’avoir un point de vue commun lors de l’application. «Si nous ne nous entendions pas, il n’y a pas assez de solutions. C’est pourquoi nous devrions nous retrouver autour d’une table pour faire face à ceux qui ne sont pas d’accord avec nous. Il n’y a pas d’entente au sein de la Cma ; cela s’explique par ce qu’ils font tous les jours ; leurs propos changent du jour au lendemain», a-t-il déclaré. Leurs  comportements, dit-il, ne doivent pas surprendre les Maliens, ni les faire retourner en arrière, même s’il y a des gens qui veulent le retour en arrière.

Dans la position de la Cma, poursuit-il, il y en a parmi ses membres qui veulent parapher l’accord. C’est avec ceux-là que le Mali doit continuer le processus. «Ce que je sais, c’est qu’il y a certains parmi les membres du Mnla basés en Mauritanie qui ne sont pas d’accord pour le parapher. Même le communiqué qu’ils ont fait, n’a pas été signé par leur président, mais c’est une autre personne qui l’a signé. Ça veut dire que le président du Mnla n’est pas d’accord avec leur position», explique SBM. Selon lui, les Maliens doivent savoir comment continuer avec ceux qui veulent parapher l’accord, pour ne pas être otages d’une minorité. De ce fait, il demande aux Maliens de ne pas refuser l’accord d’Alger. Il ajoutera que le mot Azawad qui est dans le document ne doit pas faire peur, dans la mesure où en cas de régionalisation les populations seront libres de choisir le nom qu’elles veulent. Mieux, il y aura une rencontre nationale pour déterminer beaucoup de points de l’accord qu’on trouve problématiques, y compris le mot Azawad.

Si le Mali ne signait pas cet accord, affirme SMB, on allait rester dans une position statique alors que les militaires maliens ne peuvent pas aller à Kidal, à Ménaka et dans bien d’autres localités. L’Etat ne sera pas partout si cela continue pendant deux à trois ans. Si le Mali ne signait pas, la deuxième chose qu’il peut faire, c’est la guerre, alors que tout le monde sait que cela n’est pas facile avec l’état actuel de notre armée. «C’est pourquoi nous ne devrions pas avoir peur de l’accord. Mais il faut que les Maliens se retrouvent, s’entendent sur quelque chose avant les prochaines étapes. C’est le président de la République qui doit réunir les Maliens pour trouver une voix commune. Parce que c’est lui qui a été élu et les Maliens n’ont pas voté pour lui pour qu’il fasse la politique d’un seul parti ou de quelques partis politiques. Les gens ont voté pour lui afin qu’il puisse sortir le pays de la crise. Il doit donc réunir les Maliens pour construire le pays. Il faut une union car la crise du Nord est le cœur même du Mali. Et même après la signature de l’accord, les Maliens doivent planifier ensemble sa mise en œuvre.

Parlant de la situation sécuritaire, il pense qu’il faut des mesures visibles, des actions concrètes pour rassurer les Maliens ; c’est ce qui a manqué d’après lui. Car, depuis l’attentat du 6 mars 2015, les rues de Bamako sont vides la nuit ; les restaurants, les bars et les espaces de loisirs sont vides. Les réunions et les grandes rencontres se font rares à Bamako parce qu’il n’y aucune action. Alors que tout doit être fait, selon lui, pour mettre les forces de sécurité dans les conditions afin qu’elles puissent accomplir leur mission régalienne. «Tout ce qu’on voit aujourd’hui, que ça soit à Bamako, Gao, Nampala, Diafarabé ou ailleurs, le but est d’installer la peur, l’incertitude dans les esprits de tout le monde, mais surtout transporter les menaces et les attaques partout afin que les gens aient peur partout au Mali et créer une panique générale», a-t-il ajouté. Les populations doivent jouer aussi leur rôle en informant les forces de sécurité, car d’après Soumeylou Boubèye Maïga, le Mali n’a pas assez de policiers, ni de gendarmes, seuls les gardes sont nombreux.

Sur les autres questions comme l’arrestation du capitaine bombardé général, Amadou Haya Sanogo, il a fait savoir que c’est la justice qui a fait une demande et la hiérarchie militaire n’a fait que le mettre à la disposition de la justice. Les différents dossiers sont au niveau de la justice malienne, a-t-il affirmé. Concernant son implication dans la mutinerie du 30 septembre 2013, il a dit ceci : «Ce sont des jeunes militaires qui se sont révoltés, nous avons vu qu’il y avait un problème. Les barrières qui étaient autour de Kati, nous les avons enlevées ; nous avons libéré des rues, demandé et obtenu le transfert d’Amadou Haya Sanogo de Kati à Bamako. Il ne pouvait y avoir deux commandements dans le Mali. C’est ce que nous avons fait. Le reste, c’est la justice qui fait son travail».

Pour ce qui est de l’affaire de Kidal, il pense que l’ancien Premier ministre Moussa Mara a tout dit devant l’Assemblée nationale ; lui-même a été écouté par la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale. D’après lui, «ils attendent tous le résultat de ce rapport». «Je ne vois pas ce que je vais ajouter à tout ce que Mara a dit devant les députés. Maintenant, qu’ils publient le résultat de leur travail ! Nous, on attend la suite», lance SMB.

Par ailleurs, il dit n’avoir jamais côtoyé la junte. «J’ai passé trois semaines en prison à Kati. J’ai été arrêté comme les anciens ministres d’ATT. Comment pouvais-je pratiquer la junte…?», a-t-il dit. Évoquant les surfacturations dans l’achat des équipements militaires, il a fait savoir que beaucoup de contrats annulés dans ce cadre sont actuellement en exécution par les mêmes fournisseurs et il reste la livraison des matériels par les fournisseurs. Là aussi, SBM pense que les gens sont allés trop vite en besogne.

Soumeylou Boubèye Maïga souhaite l’entente et la cohésion entre les Maliens et pour le Mali. «Les divergences politiques sont normales. C’est cela la démocratie, mais à condition que la Nation existe d’abord». Et pour cela, il lance un appel au président de la République pour qu’il réunisse tous les Maliens en vue d’une meilleure mise en application de l’accord d’Alger, afin d’éviter d’autres problèmes au pays.

Kassim TRAORE

source : Reporter

Cacophonie autour du paraphe de « l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali » par la Coordination des Mouvements de l’Azawad : signera ou signera pas ?

Après huit mois de négociation entre le Mali et les mouvements armés en Algérie, un document dit « l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali » a été présenté à toutes les parties pour être paraphé.

Ce qui a été fait par le gouvernement malien et les mouvements dits de la plate forme le 1er mars 2015. Quant à la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), elle a demandé un délai supplémentaire pour consulter sa base.

Après plus d’un mois d’attente,  la médiation algérienne a informé le gouvernement malien  qu’à la date du 15 avril 2015, la CMA paraphera ledit document. C’était le soulagement général à Bamako. Le 1er Ministre Modibo Keïta a réuni dans la salle de conférence de la primature le jeudi 9 avril 2015 les représentants de la classe politique et de la société civile pour les informer de la décision de la CMA de parapher « l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali ». Il a profité de cette occasion pour souligner que le document paraphé par le gouvernement et certains mouvements le 1er mars est un bon compromis pour aller à la paix et que la CMA a accepté de parapher le document le 15 avril prochain. Le lendemain, le Mali entier était stupéfait d’entendre dans un communiqué signé de Mossa Ag Attaher de la cellule de communication de la CMA depuis Nouakchott et daté du 10 avril 2015 de la position de la CMA de « ne pas pouvoir parapher l’accord en son état actuel et au temps indiqué ….. sans la prise en compte des amendements qu’elle a remis à la médiation le 17 mars dernier à Kidal ». La question que l’on est en droit de se poser est de savoir si la médiation algérienne a eu à vérifier la source de son information ? Si oui alors de qui est-ce que la CMA se moque-t-elle ? Pourtant c’est le porte-parole de la CMA, Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune qui a confié à nos confrères de Studio Tamani que son mouvement a décidé  de parapher l’accord d’Alger le 15 Avril prochain comme annoncé aux autorités maliennes par la médiation algérienne.

Mieux encore, le HCUA s’est déclaré favorable à la signature de l’accord et selon son porte-parole Mohamed Ag Aharaib, la CMA n’a jamais remis en cause l’accord. “Nous n’avons pas rejeté cet accord. Et il n’est pas question pour nous de le rejeter”. Alors pourquoi le MNLA se montre-il si intransigeant? Ces déclarations pour le moins contradictoires confirment les dissensions qui existent dans le rang des séparatistes. Va-t-on assister à l’éclatement de la CMA, en tout cas c’est le moins qu’on puisse lui souhaiter. Selon des observateurs bien informés, le MAA, une autre composante de la CMA, a l’intention de  parapher l’accord d’Alger et même certains cadres du MNLA sont entrain de négocier leur retour au sein de la mère-patrie. A tout cela il faut savoir que les populations de Gao, de Tombouctou, de Ménaka sont hostiles à ces irrédentistes du MNLA qui déclare pourtant se battre en leur nom. Pour notre part, nous demandons à l’ONU d’accentuer la pression sur eux pour qu’ils paraphent afin que nous fassions face à l’essentiel, la lutte pour le développement. Au moment où les grandes nations cherchent à se regrouper, nous, nous cherchons à nous séparer. Ne dit-on pas que « celui qui est à dos d’éléphant n’a rien à craindre de la rosée » ? Le MNLA n’a rien à craindre car ses commanditaires sont tapis dans l’ombre, sinon comment comprendre qu’une minorité parmi une minorité puisse prendre en otage un processus de paix validé par le monde entier ? Une chose est sûre, personne ne fera la paix à la place de nous les maliens. Equipons notre armée nationale tout en tendant la main à nos frères car nous ne pourrons pas négocier indéfiniment. A notre cher président IBK, retrouvez-vous autour d’une table, vous les anciens présidents pour qu’ensemble, vous dégagiez une stratégie de sortie de crise. Chacun de vous à eu à faire face à ces rébellions récurrentes et vous avez tous une part de responsabilité là-dedans. La politique, c’est aussi se pardonner pour l’intérêt national.

 

Mr Séran SACKO

source : L’Informateur

PM : Modibo Keita : ‘’La CMA va parapher l’accord le 15 avril prochain’’

Unilatéralement paraphé le 1er mars dernier par le gouvernement malien et les mouvements armés d’autodéfense, l’accord proposé par la médiation algérienne n’a jusque là pas connu l’adhésion de la coordination des groupes armés autonomistes du nord. Or, selon le Premier ministre Modibo Keïta, jeudi dernier face à la classe politique et les acteurs de la société civile, la CMA qui a longtemps boudé le document algérien a décidé de le parapher le 15 avril prochain à Alger.

Toutefois, à noter que c’est une information à prendre e avec des pincettes. Pour la simple raison que les bandits armés du nord du Mali ont depuis début mars, refusé de parapher le projet d’accord sous prétexte qu’ils vont consulter leur base. Laquelle base, à leur entendement d’autonomistes, concerne les populations du nord qui ne les ont pourtant, jamais délégués à réclamer l’autonomie ou l’indépendance. Pire, à Kidal (avec moins de mille habitants) où ils font la loi (sous les yeux doux de l’armée française), la majorité de la population est soumise à leur diktat. Pratiquement, ici, tout le monde est obligé de se plier aux volontés de la famille Intala et de ses proches armés.

Par ailleurs, c’est après avoir dramatisé l’accord qu’ils ont affirmé avoir rejeté que les groupes armés décident de revenir adhérer à son contenu.

Quant à la médiation algérienne, aucune concertation n’est encore possible pour un éventuel amendement du document. C’est donc, si on s’en tient aux propos de Modibo Keita, un désaveu pour les groupes armés qui reviennent sur leur décision. Ce,  après avoir marché sur le drapeau national malien la semaine dernière.

Par contre, dans certains milieux intellectuels, très sceptiques, on estime que la boude orchestrée par les groupes armés n’est autre qu’une manière pour eux de se convaincre que Bamako est bien prêt à signer l’accord qu’ils savent largement décrié par les Maliens.

Avant de voir le mnla et acolytes parapher le projet d’accord, prévu d’être définitivement signé à Bamako, il n’est permis d’être sûr de rien. Ces groupes armés qui auraient décidé de parapher le document n’ont aucune crédibilité pour rassurer les observateurs.

IMT

source Révélation

Joseph Brunet-Jailly, Consultant et enseignant en Sciences Po à Paris : « L’accord d’Alger, en évitant les mots pour le dire, organise l’autonomie et l’indépendance des régions du Nord »

L’accord dit d’Alger que le Gouvernement du Mali, ses amis de la communauté internationale et la foultitude de négociatateurs veulent faire entériner , à coups de millions, par les populations à la base et par le MCA n’est plus ni moins qu’une vaste opération de démantèlement en vue d’une recolonisation prochaine, par les puissances d’argent, d’une partie du territoire malien et au delà de toute la zone sahélo-saharienne. Du fait de la faiblesse notoire de son leadership et de la carence de ses décideurs , les Maliens plus que des spectateurs sont devenus des complices actifs de la disparition de leur pays. Aucune pugnacité à faire valoir ses points d’intérêt, aucune innovation dans l’analyse et surtout aucune référence à quelques cas dans le monde pour servir ce que l’on se propose de “vendre” aux Maliens… L’administration IBK est -elle seulement consciente qu’en signant , sans en référer à sa population, qu’il vient de poser le premier acte de la dislocation du pays et que l’autorité centrale disparaissant de fait, huit à dix pays -états vont se superposer, se jalouser puis se combattre, que les communautés vont s’entre-déchirer, que le socle social des terroirs va voler en éclat ? L’indivisibilité du Mali du fait que l’Accord dit d’Alger “ne s’attaque pas aux racines du mal” risque de ne plus être qu’un lointain souvenir. Cependant, malgré les apparences et les erreurs tactiques , il est encore temps que les Maliens prennent en main leur destin, en toute lucidité, crânement, pour imprimer leur marque à leur pays . Aucun négociateur ne saurait le faire à leur place, aucun parrain , en particulier ceux qui ont nourri et formé la rébellion, ne pourrait décider à leur place. C’est pourquoi, ils doivent se convaincre que ” s’il ne faut pas craindre de négocier, il est hors de question de négocier dans la peur… il est hors de question de transformer le Mali en une pâle copie de lui même”. C’est là tout le sens de l’analyse de Joseph Brunet-Jailly que nous vous proposons.

 Joseph Brunet Jailly Consultant enseignant Sciences Politique france

Les nombreux pays qui se sont montrés solidaires du Mali lors de la réunion de Bruxelles (Conférence des donateurs pour le développement du Mali, 15 mai 2013) et les innombrables institutions nationales ou internationales, publiques ou privées, qui tentent de se donner un rôle dans l’apaisement du conflit, né en 2012 d’une initiative malheureuse du MNLA, devraient se poser la question.

Répéter sans se lasser « la paix avant tout !», « la paix avant telle date !», comme le font en chœur beaucoup de Maliens et beaucoup d’étrangers, n’est qu’une façon d’éviter de se poser cette question pourtant essentielle : l’accord d’Alger est-il un bon accord ? Jusqu’à ces derniers jours, la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) refusait de parapher cet accord, qui, à son avis, n’a pas pris en compte des éléments essentiels de « ses aspirations » (déclaration finale de la CMA suite aux journées de concertation tenues du 12 au 15 mars 2015 à Kidal, dépêche Reuters du 16 mars). La médiation algérienne a cru pouvoir annoncer que la CMA signerait le 15 avril, mais elle a été démentie.

Il apparaîtra ci-dessous que l’accord révèle cependant déjà quelles sont ces « aspirations », qui d’ailleurs ont été redéfinies encore plus clairement pour justifier le refus de parapher, et auxquelles il vient à nouveau d’être fait allusion : la CMA considère que les amendements qu’elle a proposés n’ont pas été pris en considération. Un point de vue bien différent a été énoncé par un journaliste : ce projet d’accord « ne s’attaque pas aux racines du mal » (Yaya Sidibe, Journal 22 septembre, 19 mars 2015).

En effet, la solution des problèmes du Nord du Mali n’est pas seulement au Nord du Mali. Cette solution n’est pas dans un démantèlement du Mali, qui serait la première étape d’une hyper-balkanisation au cœur du Sahel, au moment où la désintégration de toutes les structures sociales est le seul objectif de groupes jihadistes qui s’attaquent à toute l’Afrique, au Nord, à l’Ouest, au Centre et à l’Est. Dans ce contexte, il est évidemment suicidaire, pour le Nord du Mali comme pour le Mali tout entier, d’organiser l’autonomie d’un territoire difficile à contrôler, et sans ressources actuelles.

Or, c’est ce que fait, en évitant les mots pour le dire, le pré-accord d’Alger : il organise l’autonomie d’une vaste région, dont les gouverneurs seraient élus au suffrage universel et disposeraient d’une force de police et de budgets conséquents attendus de l’Etat (40% des ressources de ce dernier) et de l’aide extérieure, d’un organe de développement capable de traiter avec des bailleurs étrangers, d’un droit de regard sur l’exploitation des ressources du sous-sol de son territoire, d’un prélèvement de 20 % sur les ressources tirées de cette exploitation…

Du fait de la faiblesse notoire de l’Etat au Mali, ces régions seraient alors de facto indépendantes : plus précisément, elles seraient dans la main des puissances étrangères – Etats, multinationales ou groupes privés armés – qui trouveront intérêt à les coloniser par leurs subsides ou par leurs troupes. Ce n’est pas en découpant le territoire en vastes régions placées sous la bannière d’« une réalité socio-culturelle, mémorielle et symbolique » (art. 5) ne concernant en fait qu’une infime minorité qu’on favorisera l’adhésion d’une population bigarrée à un projet de vivre-ensemble.

La CMA a précisé ses aspirations sur ce point depuis le 16 mars 2015 : l’accord devrait reconnaître l’ensemble des « régions de Gao, Tombouctou, Kidal, Ménaka et Taoudéni » comme une « entité géographique, politique et juridique » (« Points essentiels à introduire dans le projet d’accord produit par la médiation »). « Le point crucial qui constitue l’épine dorsale des aspirations légitimes du pays de l’Azawad, c’est la réalité du statut politique et juridique de l’Azawad, et ce statut est complètement ignoré dans les documents, alors que ce statut politique demeure le nerf de notre lutte et de notre combat depuis toujours », a déclaré tout récemment Moussa Ag Attaher, porte-parole du MNLA (Maliweb, 11 avril 2015).

Pourtant, dans la situation concrète du Mali dans son ensemble et du Nord du Mali en particulier, il n’a pas suffi de donner plus de pouvoirs aux collectivités territoriales (art. 6) pour rapprocher la décision des populations. Un effort en ce sens a été tenté au Mali dans les années 1990 (1), il a été abandonné dans la décennie suivante : les administrations centrales ont repris tous les pouvoirs, et à la base la démocratie a été réduite au temps électoral, un temps de discours, de fêtes villageoises et de cadeaux, d’achat des voix.

Tous les observateurs ont déjà pu mesurer combien les collectivités territoriales manquent de cadres, et celles du Nord – dont les élites ont été notoirement hostiles à « l’école des Blancs » – tout particulièrement. Et les cadres politiques sont préoccupés non pas d’étendre la pratique démocratique, mais de pérenniser leurs positions de pouvoir et d’en tirer tous les avantages.

La structure de la société au Nord rend toute évolution encore plus difficile qu’au Sud. L’accord ne contient aucune disposition qui puisse laisser espérer une revitalisation effective des processus de décentralisation et de démocratisation. L’élection au suffrage universel direct du Président de la Région, qui serait également chef de l’exécutif et de l’administration de la région (art. 6), signifie clairement le démantèlement de l’Etat : il faut être ministre de l’actuel gouvernement pour déclarer sans rire que l’Etat exercera sa tutelle, et que l’unité nationale sera garantie de cette façon.

L’ouverture du Haut Conseil des collectivités aux représentants des notabilités traditionnelles, aux femmes et aux jeunes (art. 6) ne peut être justifiée que par l’échec de la représentation de la population par ses députés. Cet échec est évident, mais empiler les institutions ne rendra le processus de décision que plus complexe et plus inefficace en diluant à l’infini les responsabilités : on n’y gagnera que quelques sinécures supplémentaires. Il vaudrait mieux supprimer les institutions qui se sont avérées inopérantes, donc concevoir une nouvelle structure institutionnelle.

Quant au souci de donner du poids aux notabilités traditionnelles, il s’interprète sans difficulté : il ne s’agit pas de favoriser la participation de la population, il s’agit de renforcer le pouvoir de ses petits chefs traditionnels. Aucun effort n’a été fait au cours des négociations pour imaginer une nouvelle représentation de la population et une nouvelle répartition des pouvoirs de décision, alors que l’un des problèmes dont souffre le Mali est bel et bien là. Comme le bilan de la démocratisation de la vie politique n’a été fait ni au Mali dans son ensemble, ni dans ses régions du Nord, les obstacles réels à surmonter n’ont pas été identifiés.

Bien au contraire, les parties à l’accord sollicitent du gouvernement « la prise des mesures pour permettre l’appropriation au niveau local des nouveaux outils démocratiques convenus dans l’Accord, notamment à travers l’actualisation des listes électorales, l’encouragement à l’enrôlement et à la participation aux élections locales, et l’accompagnement de la création des institutions et procédures nouvelles » (article 60).

Cela signifie en réalité que les parties à l’Accord se sont entendues pour que la vie politique suive son cours ancien, celui d’une démocratie de pure façade, qui a conduit le pays à la situation catastrophique où il se trouve. Comme le bilan du désastre éducatif n’a pas été fait, les mesures citées dans l’annexe 3 laissent entendre, elles aussi, qu’il suffit de continuer comme avant : construire des locaux, donner plus d’avantages aux maîtres, développer les cantines scolaires…

Les parties n’ont donc examiné aucune idée nouvelle susceptible de transformer le système d’assistance sociale qu’est actuellement l’éducation au Mali en un système de formation capable de doter la jeunesse de capacités à comprendre le monde dans lequel elle vit et de le transformer.

Les propositions en matière de santé, d’hydraulique, et de relance de l’économie locale sont tout aussi creuses, et l’annexe 3 reprend les mêmes thèmes que les documents fournis aux bailleurs (les fameux Cadres Stratégiques pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté, exigés par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International, sur lesquels s’alignent les bailleurs bilatéraux ; ou le Programme de relance durable, présenté par le Mali à la réunion de Bruxelles).

Les parties n’ont pas un projet de société, elles veulent seulement obtenir des financements pour continuer les errements du passé, sur le modèle de l’accord de Bruxelles qui n’a réglé aucun problème. S’il est parfaitement justifié qu’on se préoccupe de définir une « stratégie spécifique de développement […] adaptée aux réalités socioculturelles et géographiques ainsi qu’aux conditions climatiques » (art. 31), cela vaut pour chacune des grandes régions géographiques du Mali, et ne justifie pas une solution particulière pour les régions du Nord (la création d’une zone de développement, art. 33 et 34).

La possibilité donnée aux régions de lever des impôts adaptés à leur structure économique et à leurs objectifs de développement (art. 13) confirme le projet de démanteler l’Etat, dont l’une des fonctions essentielle est précisément la redistribution d’une partie des richesses entre les collectivités territoriales, notamment par le biais de la fiscalité. Donner aux régions le droit de lever des impôts, c’est favoriser leur égoïsme et donc inévitablement leur développement inégal.

Ceux qui ont pris les armes contre leur pays ont prétendu que c’était contre le développement inégal qu’ils entreprenaient de lutter, mais ils ont oublié cet argument lorsqu’ils se sont trouvés à la table des négociations. Réserver la majorité des recrutements dans la fonction publique territoriale à des ressortissants de la région considérée (art. 6 dernier tiret), c’est non seulement enfermer dans sa médiocrité l’administration des régions dont la jeunesse est le plus mal formée, mais encore, par un nouveau moyen, contribuer au démantèlement de l’Etat.

L’Etat a besoin d’agents disposés à le servir dans toutes ses régions comme si elles n’en faisaient qu’une. Revendiquer un quota pour les ressortissants d’une région particulière dans « les Départements de souveraineté, les grands services de l’Etat, les représentations diplomatiques et les organisations internationales » (cf. « Points essentiels à introduire dans le projet d’accord produit par la médiation »), c’est chercher à placer ses amis et connaissances, ce n’est pas le moyen d’obtenir « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut » pour le pays.

La promotion des langues et écritures locales, comme toute adaptation de l’enseignement de base aux réalités socioculturelles locales, doivent être mises en balance avec les objectifs de solidarité nationale et panafricaine, et par exemple avec les efforts de longue portée entrepris en Afrique de l’Est pour doter les collectivités d’une langue, le kiswahili, qui devienne la langue nationale et qui soit en même temps langue de communication entre plusieurs pays et peuples d’Afrique. Sur ce point encore, le pré-accord d’Alger prépare l’hyper-balkanisation de l’Afrique de l’Ouest au lieu de s’inspirer d’une vision d’avenir à l’échelle des défis de l’heure.

Il est très insuffisant, si l’on veut s’attaquer aux causes réelles des problèmes qui ont amené le Mali dans la situation dramatique où il se trouve, de se contenter d’un « engagement à mettre en œuvre une réforme profonde de la Justice pour la rapprocher du justiciable, améliorer ses performances, mettre fin à l’impunité et intégrer les dispositifs traditionnels et coutumiers » (art. 46) : non seulement parce que des modalités pratiques très précises devraient être définies, mais encore parce que la solution envisagée est bancale, les « dispositifs traditionnels et coutumiers » (il s’agit des cadis et des chefferies traditionnelles) ne pouvant que renforcer le caractère autoritaire de l’organisation sociale au lieu de favoriser sa démocratisation. Les dispositions de l’accord en matière de sécurité et de défense ne paraissent pas mieux élaborées.

Il est question, à l’article 23, de la « nécessité d’entreprendre, en profondeur, une Réforme du secteur de la sécurité (RSS) ». Un Conseil National pour la Réforme du secteur de la sécurité devrait être créé « en vue d’entreprendre une réflexion approfondie sur une nouvelle vision nationale de la sécurité et de la défense » et de proposer « des mécanismes novateurs en ce qui concerne les nominations aux postes dans les grands commandements et services » (article 26).

Mais alors que rien n’est dit dans l’accord de la composition de ce conseil, l’annexe précise : « Dans les 60 jours suivant la signature de l’accord, le décret portant création du Conseil National pour la RSS sera révisé afin d’accroitre la représentation des mouvements signataires de l’accord et des différentes communautés et de convenir des réformes et du plan de mise en œuvre. » (Annexe 2 : Défense et sécurité, point V.a.).

Et, depuis le 16 mars, dans ses « Points essentiels à introduire dans le projet d’accord produit par la médiation », la CMA revendique, pour les forces de sécurité et de défense, qu’elles comptent 80 % de ressortissants de la région, y compris dans les postes de commandement, et elle se réserve non seulement l’établissement de la liste des combattants mais encore la détermination de leurs grades. L’essentiel est donc de faire la meilleure place aux rebelles dans l’armée nationale, alors que le problème de fond serait de reconstituer une armée nationale digne de ce nom et capable de faire obstacle aux djihadistes qui infestent le Sahel. Les observations qui précèdent ne sont pas toutes nouvelles.

Plusieurs organisations de la société civile et partis politique ont exprimé des critiques similaires dès le mois de novembre 2014. Récemment, ces critiques ont été reprises et développées notamment par le Collectif des ressortissants du Nord (COREN), par le parti de l’ancien Premier Ministre Modibo Sidibe, par le parti de l’ancien Premier Ministre Soumana Sacko, et encore par un ensemble de formations politiques regroupées dans l’Opposition Républicaine et Démocratique à la suite de la table ronde du 19 mars 2015.

Elles montrent en particulier que s’il « n’est question ni d’autonomie ni fédéralisme dans l’accord », comme le martèle le Ministre Mohamed Ali Bathily dans les meetings qu’il organise actuellement, c’est qu’on a soigneusement évité les mots pour mieux organiser la chose. Elles soulignent l’absence dramatique de toute vision refondatrice des institutions et de leur fonctionnement concret. Elles appellent le Mali à reprendre le contrôle du processus de sortie de crise et à s’engager sur le chemin d’un véritable dialogue inter-malien.

La presse a d’ailleurs souligné que les délégations se sont très rarement rencontrées face à face, pour privilégier les discussions entre chaque partie et la médiation. Les idées qui sont dans l’accord sont donc celles de la médiation, qui a le souci d’éviter les mots qui fâchent, de proposer ce qui peut être massivement financé par l’aide internationale, et par là d’offrir des opportunités personnelles intéressantes à beaucoup de rebelles. Il va de soi toutefois que la responsabilité des négociateurs maliens est lourdement engagée.

Evidemment, chacun sait que le gouvernement du Mali était dans une position de grande faiblesse au début des négociations. Mais rien ne l’obligeait à se contenter de dire et répéter que la solution des problèmes du Nord était « dans un approfondissement de la décentralisation » : personne ne pouvait savoir mieux que lui à quel point l’expérience de la décentralisation avait tourné court au Mali.

La négociation a commencé et s’est poursuivie sans que gouvernement mette jamais sur la table des propositions précises de réforme des institutions, et plus largement même une vision pour le Mali revenu à la paix. Ni le personnel politique du Mali ni ses élites n’ont été mis à contribution pour réfléchir sur les causes réelles de la crise du Nord et de l’effondrement de l’Etat, et pour imaginer, sur cette base, des modalités de sortie de crise et des perspectives de développement susceptibles de recevoir l’adhésion des populations du Nord et des populations du Sud. Et ce sont des manœuvres bassement partisanes qui ont abouti à la nomination des délégués envoyés à Alger, et qui ont entravé leur liberté de pensée et d’intervention dans les débats.

Il va de soi tout autant que la responsabilité de la médiation et celle de ses nombreux parrains est également engagée. Qui a décidé que certains groupes armés étaient des interlocuteurs acceptables, et d’autres non ? Qui a favorisé la réimplantation du MNLA à Kidal, alors qu’il en avait été chassé en 2012 par les jihadistes qui se sont joué de lui ? Qui, de l’étranger, a soutenu ces interlocuteurs, les a hébergés, les a formés à la négociation, les a aidés à préparer des argumentaires et des tactiques de négociation ? Comment a-t-on pu leur faire confiance après la dramatique erreur de jugement qu’ils ont commise en ignorant que, prenant les armes contre leur pays, ils ouvraient la porte à des jihadistes bien plus puissants qu’eux ? Certes, ils ont servi de supplétifs à l’opération Serval, mais leur courte vue n’aurait pas dû être si vite oubliée.

Et leurs capacités tactiques ne sont pas meilleures. Comme l’écrit un analyste très averti de la scène malienne, aujourd’hui « le MNLA et ses alliés paient en fait une énorme faute tactique : ils s’étaient mépris sur l’importance d’Alger V et n’avaient pas correctement interprété les signaux que leur avait fait parvenir la Médiation. Signaux qui leur indiquaient que cette réunion était celle de l’effort final, celle au cours de laquelle devaient être mis sur la table et discutés les derniers compromis ». (G. Drabo, L’Essor, 17 mars 2015).

La responsabilité de la médiation et de ses parrains est également engagée dans le calendrier des négociations. Ils ont rapidement pu remarquer que les parties n’étaient pas prêtes à aborder les vrais problèmes, et se préoccupaient essentiellement « d’acheter la paix » en prévoyant des espèces sonnantes et trébuchantes tant pour les collectivités territoriales que pour les chefs traditionnels, notables, et cadis, sans oublier les hommes qui ont pris les armes et leurs chefs.

Au lieu de laisser mûrir la discussion, ils ont fixé des délais rapprochés, qui n’étaient compatibles qu’avec un travail très superficiel. La France, dont l’armée avait parfaitement préparé l’intervention militaire de 2012, s’est retrouvée, immédiatement après le succès de Serval, sans stratégie politique : les capacités d’analyse du Ministère des affaires étrangères se sont avérées extrêmement réduites, et l’on a commencé à naviguer à vue.

On en est toujours là, hélas ! Et donc, après huit mois de négociations, le Mali se retrouve « gros jean comme devant. » Pire, il découvre aujourd’hui que les interlocuteurs qu’il s’est choisis, sous l’égide de la médiation algérienne et de nombreux parrains aux intérêts divergents, ne sont pas ceux qui décident ; et que celui qui leur interdit de signer est un intermédiaire toujours utile à divers groupes armés, à l’Algérie, à la France… et au Mali lui-même, Iyad Ag Ghaly, adossé à AQMI. Tout en intitulant un récent éditorial « Sans négociation, quelle solution ? », Adam Thiam, éditorialiste de grand talent, reconnaît qu’aujourd’hui, à nouveau, « Kidal se mobilise » (Le Républicain, 20 mars 2015).

Un de ses confères est plus explicite après avoir interviewé un responsable de la CMA à propos de l’éventualité d’une action militaire contre elle dans l’Adrar des Ifoghas : « Si on ne respecte pas nos propositions et qu’on veut nous combattre militairement, nous allons faire appel à nos frères berbères de la Libye, de l’Algérie et partout où se trouve notre communauté » (Alpha Mahamane Cissé, L’indicateur du Renouveau, 20 mars 2015).

En attendant, les groupes armés se multiplient, les factions s’organisent, l’insécurité gangrène le pays. Les négociateurs d’Alger ont cherché à biaiser avec les faits pour obtenir « la paix à tout prix dans le plus bref délai » en échange de grands moyens qui seraient fournis par l’aide internationale. Mais aucune perspective novatrice n’a été dégagée, qui aurait été susceptible de rétablir la paix et de favoriser le développement du Nord du Mali.

Aucun problème de fond ne sera résolu par cet accord : ni celui du fonctionnement des institutions, ni celui du chômage massif de jeunes qui sortent su système scolaire sans aucun niveau de connaissances, ni celui du développement spécifique des régions du Nord, ni celui de la redistribution des richesses nationales, ni celui de l’emprise de la religion sur la vie politique, ni celui de la corruption de la justice, ni celui de la faiblesse insigne de l’armée nationale, ni celui de la drogue….

Si elles ne continuent pas immédiatement, la crise politique et la guerre, un temps gelées en immobilisme politique et insécurité rampante, devraient donc, hélas, reprendre à brève échéance, et le nombre de leurs victimes augmenter encore, tant que ceux qui prétendent parler au nom de la population ne prendront pas collectivement et soudainement conscience –ce sera une révolution– du fait que le Mali fait face à des difficultés très profondes, et que l’intérêt public doit s’imposer et réguler la course aux prébendes.

PAR JOSEPH BRUNET-JAILLY

////////////////////////////////

Joseph Brunet-Jailly, un ami du Mali

Ancien Représentant de l’Institut de Recherche pour le Développement à Bamako, actuellement consultant et enseignant en Sciences Po à Paris, Joseph Brunet-Jailly est un ami du Mali. Il est sociétaire de l’association Djenné Patrimoine. En effet « Djenné d’hier à aujourd’hui », est un livre qui a été écrit sous sa direction.

En outre, avec Adam Bâ Konaré, Doulaye Konaté, Drissa Diakité, il a participé à l’élaboration du livre « Le Mali contemporain », (sous la direction d’une quarantaine de chercheurs maliens et français), dont le lancement a eu lieu le 23 février 2015.

Au même moment, il jetait un regard scientifique sur le film documentaire sur Djenné, réalisé par notre confrère de l’Ortm, Lamine Tiécoura Coulibaly, en faisant un brillant témoignage.

C’est cet ami du Mali, cet homme pétri à la moule de la culture universelle, lui qui ne recule devant rien pour parler de façon frontale, qui est l’auteur de cette importante contribution sur l’accord d’Alger dont la signature est encore en stand by.

Source: Lerepublicainmali

Coordination des Mouvements de l’Azawad Qui parle au nom de qui ?

Début avril 2015, le Hcua, un des groupes de la Cma, a envoyé une délégation à Alger pour déclarer qu’ils étaient finalement prêts à signer le texte de l’accord pour la paix. Quelques jours plus tard, le 10 avril, le porte-parole du Mnla, Mossa Ag Attaher, informe dans un communiqué signé au nom de la Cma que la coordination «ne pourra pas parapher l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali dans son état actuel et à la date indiquée». C’est à ne rien y comprendre ! Qui parle au nom de qui ?

bilal acherif chef rebelle touareg mnla hcua cma arabe réunion manifestation marche population nord azawad

Le Hcua joue-t-il sa propre partition en voulant faire plaisir à l’Algérie, pays dont la plupart des membres sont originaires ? La Cma est-elle en train d’éclater ? Le Hcua, le Maa et le Mnla sont-ils en train de se disputer la région de Kidal ? Les Ifoghas cherchent-ils à s’arroger l’exclusivité du contrôle de Kidal en renvoyant les autres membres du Mnla chez eux, dans les cercles de Gao, Bourem, Ménaka, Ansongo et même à Tombouctou ?

Quels sont les conseils extérieurs que reçoit aujourd’hui chacun de ces groupes  pour accepter ou refuser de signer cet accord, alors qu’ils sont assis côte à côte à la table des négociations depuis juillet 2014 ? Il faut peut-être chercher à repérer qui n’a pas intérêt à ce que l’Algérie triomphe en réussissant cette paix au Mali. Est-ce le Maroc qui ne pardonne pas à l’Algérie de soutenir le Front Polisario au Sahara occidental ? Le Maroc, qui héberge certains leaders du Mnla s’invite-t-il discrètement à la table malienne pour déstabiliser l’Algérie et régner ainsi sur le Sahel ?

Outre les rivalités géostratégiques entre ces deux pays du Maghreb, on ne peut passer sous silence les relations occultes entre les narco-jihadistes et les groupes de la Cma, car cela peut aussi expliquer la valse hésitation autour de la signature de cet accord. Il est probable que les groupes de la  Coordination subissent des pressions variées de leur part. Les Mujao, Al-Mourabitoune, Aqmi et Ansardine, qu’on distingue parce qu’ils ont des leaders et des noms différents, n’ont-ils pas tous en effet un seul et même objectif : protéger leurs trafics auxquels les groupes armés sont mêlés d’une façon ou d’une autre ? N’ont-ils pas tous intérêt à œuvrer pour la réhabilitation d’Iyad Ag Ghali par exemple ?

Une chose est certaine, la signature de l’accord de paix dérange les ennemis de la paix, les grands trafiquants de drogue et leurs complices, ceux qui sont leurs intermédiaires et ceux qui s’affichent comme de grands islamistes. En fait, l’embryon de paix que l’accord pourrait faire naître dérange toutes les composantes de la déstabilisation du septentrion et du Mali en général. Ce qui est très différent entre le texte de cet accord et celui du Pacte national, c’est qu’il n’y est prévu ni intégration directe, ni amnistie. Donc, ceux qui sont responsables de ce qui a eu lieu au Nord craignent de ne rien gagner en signant et surtout, à terme, d’être traduits en justice. En refusant de signer, ils expriment clairement leur refus de la paix et font une véritable déclaration de guerre.

Dans le septentrion, entre le 23 mars et le 6 avril 2015, il y a eu 10 attaques qualifiées de terroristes. Il semble que plus l’étau se ressert, plus ces groupes caméléons choisissent de perturber la vie quotidienne. Ils rappellent ainsi que la sécurité dépend d’eux et pas de l’accord. Ceux qui ont vécu l’occupation savent que les jihadistes ne braquent pas et ne tuent pas les civils après les avoir fait descendre des véhicules. Ils peuvent lancer des obus et des roquettes et égorger ceux qui les trahissent en informant les forces armées en présence de leurs positions ou, comme ils l’ont fait quand ils contrôlaient les 3 régions, arrêter et juger ceux qu’ils estimaient avoir violé les principes de la religion, mais, contrairement aux groupes armés, ils n’attaquent pas  les gens en brousse juste pour les détrousser. Ceux qui ont subi leurs méthodes en 2012 savent faire la différence. Dans le Gourma, vers Mopti, c’est encore autre chose. Des maisons ont été brûlées, exactement comme le fait Boko Haram ailleurs. L’inquiétude enflera si cela se reproduit.

Malgré tout ça, les populations septentrionales vaquent à leurs occupations en essayant d’oublier un peu. Elles se sont habituées à ce climat d’insécurité. Elles «font avec». Elles savent que l’insécurité ne sera pas vaincue demain. Elles ont l’expérience des accords précédents. Elles savent qu’à court terme, l’insécurité va même s’aggraver. Il y aura des règlements de comptes, comme toujours. Elles savent qu’à plus long terme,  cela s’atténuera.

Mais, elles sont convaincues que le terrorisme et tous ses trafics perdureront si l’Etat ne se réinstalle pas partout, jusque dans le plus petit village. Ce qu’elles craignent par dessus tout, en effet, c’est de voir les communautés s’armer pour se protéger, car l’ethnicisation mène toujours les pays vers la guerre civile.  Et ce chaos-là, à priori, personne n’en veut au Mali. Il faut que ce qui est arrivé au Soudan fasse raison garder à tous, fussent-ils les plus radicaux !

Françoise WASSERVOGEL

Source: Le Reporter