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Abdoullah Coulibaly, Président de l’IHEM à la table ronde sur la bonne gouvernance : « Il ne s’agit plus de s’arcbouter sur une fierté nationale quelconque pour refuser les conseils de ceux qui financent notre économie… »

Au moment où toute la République est éclaboussée par des scandales de corruption à répétition, des affaires de surfacturation, de pot de vain, népotisme au plus haut sommet de l’Etat etc., la «bonne gouvernance, transparence, développement », « l’avenir c’est aujourd’hui», étaient les préoccupations au cœur d’une table ronde internationale hier 23 octobre 2014 au Centre International de Conférence de Bamako(CICB). Cette rencontre de haut niveau a été une occasion pour les différents panélistes d’inviter les autorités nationales à la bonne gouvernance et à la transparence. C’est le cas de Abdoullah Coulibaly, vice Président de la Forum de Bamako(FFB) qui, en s’adressant aux autorités nationales accusées de toute part de mauvaise gouvernance ces derniers temps, dira que : «il ne s’agit pas de s’arcbouter sur une fierté nationale pour refuser les conseils de ceux qui financent notre économie…»

Abdoullah Coulibaly forum

Organisée par la Fondation Forum de Bamako(FFB), l’institut des Hautes études en Management(IHEM) et la Fondation  Friedrich Ebert(FES), cette table ronde  avaient pour objectifs, entre autres de: servir d’opportunité d’échanges sur les voies et moyens de renforcer la transparence et la gouvernance dans l’activité du gouvernement du Mali, dégager des pistes susceptibles d’améliorer la pratique de la bonne gouvernance et la transparence au Mali, contribuer à construire un Etat du Mali qui soit capable de faire face aux problèmes : politique, économique, social et sécuritaire interne et externe.

Organisée sous le parrainage du Président de la Réplique Ibrahim Boubacar Keïta,  elle s’inscrit dans le cadre de la visite de Peter EIGEN, Fondateur de Transparency International dans notre pays. Les différentes communications étaient assurées, à la fois, par éminentes personnalités, d’universitaires confirmés, que des représentants des pouvoirs publiques et de la société civile.

Dans son discours introductif,  Abdoullah Coulibaly, Président de l’IHEM, affirme que le procès fait à la corruption comme étant l’un des facteurs du mal développement de nos pays est une nécessité impérieuse. «C’est avec un esprit de responsabilité que nous abordons cette thématique important pour le Mali  conformément à l’engagement des plus hautes autorités du Mali à faire de l’année 2014 celle de la tolérance zéro à la corruption », a-t-il dit. Pour Mr Coulibaly,  les faits de corruption, lorsqu’ils font le choux gras de la presse, entrainent la défiance des citoyens envers leurs élus et leurs élites.

De ces propos, il ressort que ce sont les nations les plus pauvres qui ont l’indice de perception de la corruption le plus élevé. Avant de s’empresser de préciser que « si la corruption est moins importante dans les pays développés, ce n’est pas parce qu’ils sont riches, mais parce qu’ils ont consolidé l’Etat de droit, une justice saine et indépendante ».

A cet effet, il rend hommage à la presse et à l’opposition malienne  à travers leur comportement vigilant et responsable lors des affaires de corruption qui ont défrayé la chronique ces derniers temps. De même, il a rendu grâce aux partenaires de notre pays qui, selon lui,  ont dans un élan de solidarité exemplaire, aidé le Mali à se consolider.

Selon le président de l’IHEM, « Il ne s’agit plus de s’arcbouter sur une fierté nationale quelconque pour refuser les conseils et les recommandations de ceux qui, malgré les difficultés de leurs économies s’efforcent de financer la nôtre et assurer notre sécurité et notre stabilité ».

Dans les pays en crise comme le Mali, la République Centrafricaine, la Sierra Leone ou la Libye, on assiste à une accélération du phénomène de corruption. Selon l’indice de corruption de Transparency International,  de 2008 à 2011, notre pays est passé de la 96ème à la 118ème avant d’être, finalement, rétrogradé à la 127ème sur 177 pays classés en 2013.

Pour Jan H Fahlbusch, représentant résident de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung(FES), les différentes analyses des causes de la crise malienne ont indexé la mauvaise gouvernance, et la solution qui revient souvent est la refondation de l’Etat se traduisant par le changement de mode de gouvernance.  Selon une enquête de cette fondation, en termes de défi, la corruption occupe la troisième place avec 66,7% derrière l’insécurité (86%) et le chômage (80,7%). Ensuite suivent la santé (64,3%) et l’éducation (61,9%).

Dans son discours d’ouverture des travaux, premier ministre, Moussa Mara, qui l’importance de cette table ronde n’est plus à démontrer. Car elle, selon lui, contribution aux efforts de l’édification  d’un Etat du Mali qui répond à la vision du président de la République. Il a annoncé que la cour assise, prévue pour le mois de novembre, sera une occasion pour le peuple Malien de vérifier que la lutte contre la corruption n’est pas un vain mot dans notre pays. « Sans sanctions, la lutte contre la corruption reste un vain mot » précise  Moussa Mara.

Pour Peter EIGEN, la lutte contre la corruption est un défi international très important. Il constate avec satisfaction que les autorités nationales sont en train de corriger leur copie sur le dossier d’achat de l’avion présidentielle. Les assises de cette dernière table ronde ont à aboutir de fortes recommandations pour l’amélioration de la gouvernance dans notre pays.

Abdoulaye Ouattara

Source: Lerepublicainmali

 

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