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Violences basées sur le genre : le collectif «j’en suis une s’engage»

Le phénomène des violences faites sur les femmes devient de plus en monnaie courante et inquiétante dans notre société. C’est pourquoi le collectif «j’en suis une» a organisé le vendredi 1er décembre 2017, à l’hôtel Azalaï Salam, une conférence-débat sur le thème : «violences basées sur le genre».

Les conférenciers étaient Moussa Guindo, conseiller juridique au ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille ; Bouaré Bintou Founé Samaké, présidente de l’Ong Vildaf, et Keïta Joséphine Traoré, ancienne directrice du Programme national de lutte contre l’excision. C’était en présence de la présidente du collectif «j’en suis une», Naba Aminata Traoré.

Keïta Joséphine Traoré, ancienne directrice du Programme national de lutte contre l’excision, a fait son exposé sur le cas des pratiques néfastes des violences basées sur le genre. Selon elle, les violences basées sur le genre se définissent comme tous actes perpétrés contre les femmes causant ou pouvant causer à elles un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques, y compris la menace d’entreprendre de tels actes, l’imposition de restrictions ou la privation arbitraire des libertés fondamentales, que ce soit dans la vie privée ou dans la vie publique, en temps de paix, en situation de conflit ou de guerre.

Elle a expliqué que les pratiques traditionnelles néfastes des violences basées sur le genre, ce sont toutes les pratiques nuisibles à la santé et au bien-être de la fille et ou de la femme pouvant nuire à toute la famille, voire à toute la communauté. Selon la conférencière, de nombreuses pratiques nuisibles à la santé de la fille et de la femme existent au Mali depuis les temps immémoriaux.

Keïta Joséphine Traoré a noté 16 pratiques nuisibles ayant des effets néfastes sur la santé des filles et des femmes. Il s’agit, entre autres, des mutilations génitales féminines, des mariages précoces ou forcés, du lévirat et du sororat, du gavage, etc.

L’exposé de la présidente de l’Ong Vildaf,  Bouaré Bintou Founé Samaké, a porté sur les types de violences enregistrés par son Ong, les services rendus aux victimes et les défis à relever. Selon elle, au Mali, les violences faites aux femmes revêtent plusieurs dimensions et se manifestent partout au point de constituer véritablement une réelle question de société.

Bouaré Bintou Founé Samaké dira que la violence envers les femmes est influencée par les attitudes et les valeurs sociales. Aux dires de la conférencière, en 2016, Vildaf a enregistré 1012 cas de personnes venues chercher de l’aide pour plusieurs raisons. Parmi lesquelles, 885 sont des violences faites aux femmes et aux filles. À l’en croire, les victimes de ces violences ont un âge compris entre 3 ans et 72 ans.

Concernant les services rendus aux victimes, la présidente de l’Ong Vildaf a parlé de l’écoute, de l’enregistrement, de l’assistance psycho-juridique, du référencement vers les structures sanitaires et de l’assistance juridique. Parmi les défis à relever, la conférencière a noté, entre autres, le fait d’oser en parler, l’accès des victimes à la justice, la lutte contre l’impunité, etc.

Pour sa part, le conseiller juridique du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Moussa Guindo, a détaillé les efforts entrepris par le gouvernement dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Selon lui, le phénomène est social et culturel dans notre société. Il a alors mis l’accent sur la sensibilisation, mais aussi sur la répression des auteurs. Moussa Guindo a par ailleurs informé qu’il y a une loi concernant le sujet en projet. Avant de proposer une relecture du code de la famille qui prévoit de marier les filles à 16 ans.

Diango COULIBALY

Le Reporter

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