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Politique: ou va la France

La France renvoie l’image d’un pays au système politique essoufflé, en déclin à cause de la médiocrité des acteurs et des débats. Comme une grande partie de son destin se joue en Afrique et puisque nos ancêtres seraient Gaulois, comment ne pas se sentir concerné ?

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Le passage en revue des présidents de la Vème République permet de dresser un tableau à deux colonnes. D’un côté, les grands hommes qui ont animé le débat politique ; de l’autre les seconds et les troisièmes couteaux dont on se demande avec qui ils ont appris le métier. Grand parmi les grands, le Général Charles De Gaule est une véritable icône et une figure emblématique en France, en Afrique et même dans le monde. Certains hommes qu’il a inspirés ont continué d’illuminer la scène politique : George Pompidou, Valéry Giscard D’Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac notamment. Tous ont eu des relations particulières avec l’Afrique et les Africains.
Après eux, une nouvelle ère a commencé avec des présidents à la vie familiale instable, plus calculateurs et moins attentifs à l’être humain en tant qu’entité sociale. La France semble avoir jeté son dévolu sur des hommes politiques moralement fragiles, plus opportunistes que dogmatiques, avec comme résultat un basculement des équilibres longtemps préservés. Le corps social semble s’être métamorphosé au point d’obliger les hommes politiques à scruter sans cesse les statistiques et les sondages, et à changer continuellement de position. Sinon, comment comprendre qu’aucun des grands partis traditionnels de la gauche et de la droite n’ait pu porter un candidat au 2ème tour de l’élection présidentielle ?
Ce qui ressort de l’analyse des trois dernières élections présidentielles est également inquiétant, car les présidents sortants ont du mal à obtenir un deuxième mandat. Nicholas Sarkozy a été battu en 2012 pendant que François Hollande sentant la débâcle venir, a préféré renoncer en 2017 dont le second tour de l’élection opposera une candidate de l’extrême droite à un inconnu sans véritable parcours politique. Les mœurs sociales des uns et des autres expliqueraient-elles ces difficultés?
Sarkozy a inauguré son mandat avec le divorce de sa première épouse qui sera remplacée dans la foulée par une chanteuse. Une première en France. C’est après la disqualification de Dominique Strauss- Khan, un homme que le monde entier va découvrir sous les traits d’un prédateur sexuel que François Hollande sera élu. Célibataire endurci devant l’Eternel, les couloirs de l’Elysée retentiront régulièrement de frasques dignes d’un roman. Le seul homme qui est présent au second tour est en couple avec une femme qui pourrait être sa mère. La psychanalyse expliquera certainement un jour les motivations réelles de ce possible futur président. Quelle image tout cela contribue-t-il à donner de la France ?
La vérité est que depuis quelques années, malgré les déclarations de circonstances, la France ne parvient pas à intégrer correctement sa riche diversité à l’instar des Etats-Unis d’Amérique. La pratique sociale laisse voir un fossé dont la profondeur est effrayante. En plus de problèmes anciens en sommeil (indépendantistes corses, basques, kanakes, ou harkis d’Algérie), des affaires récentes comme le foulard islamique, le voile intégral ou le burkini, ont donné l’occasion à des Islamistes de frapper le pays à plusieurs reprises. En outre, après avoir longtemps exploité la main d’œuvre africaine, la France s’inscrit désormais dans une logique de fermeture de ses frontières et d’expulsion des migrants africains.
Devant choisir entre une candidate connue pour ses dérives xénophobes et un homme porteur d’un slogan aussi simpliste que « En marche », la démocratie française est à la peine, d’autant plus que les coups bas et attaques personnelles enregistrés pendant la campagne électorale tiennent des mœurs politiques africaines. Entre le mal qu’ils connaissent bien, représenté par l’héritière Le Pen et le mal qu’ils redoutent avec l’inconnu Macron, les électeurs français voteront- ils le 7 Mai 2017 avec le sentiment du devoir accompli ? Comme il n’est pas certain que les incessants appels de détresse d’hommes politiques disqualifiés ou rejetés profitent au candidat Macron, on se surprend à craindre pour l’avenir politique de la France. Cette France qu’on a de plus en plus de mal à reconnaître et qui se trouve véritablement dans la panade.
Face au désarroi actuel de la classe politique française et à certaines prises de position extrême, l’Union Européenne et l’Union Africaine devraient, à toutes fins utiles désigner des observateurs pour superviser le second tour de l’élection présidentielle.

Mahamadou CAMARA
Email : [email protected]

 

Source: info-matin

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