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Cinéma malien : Moussa Diabaté nouveau DG du CNCM

Le nouveau directeur général du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) n’est pas un inconnu dans le 7e art. Il y est actif depuis des années dans sa spécialité de costumier dans plusieurs films maliens.

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Né à Goundam dans la région de Tombouctou, Moussa Diabaté a grandi à Sikasso où il a fait ses études primaires et secondaires avec brio. Enseignant de formation, M. Diabaté a été maître du premier puis du second cycle et professeur de l’enseignement fondamental. Ambitieux, le jeune enseignant se retrouve administrateur civil. Autodidacte dans l’art de la confection et de la décoration sur le textile traditionnel. Ce statut lui a valu d’être chef de service recherche technologique appliquée au Centre de développement textile. M. Diabaté ayant la culture dans le sang, de fil à aiguille, il a servi comme costumier dans le film «Da Monzon», la conquête de Samagnana Bassi, puis assistant costumier de Kandioura Coulibaly (paix à son âme) avant d’être titularisé sur Toile d’araignée et le feuilleton «Concession».

Les années passent mais ne se ressemblent pas. Moussa Diabaté fait office de chef de département registre public de la cinématographie de 2009 à 2011. En 2012, il quitte ce poste pour la délégation générale des Maliens de l’extérieur. Très familier avec le monde de la culture notamment du cinéma, le nouveau DG du CNCM est un cadre très aguerri qui a toujours eu l’ambition d’aider ses collègues. Sûr de ses compétences, Moussa Diabaté n’a pas hésité une seule seconde à déposer sa candidature dès l’ouverture de l’appel à candidature au poste de DG du CNCM, en remplacement de l’ancien directeur général, Moussa Ouane, qui a eu droit à faire à valoir ses droits à la retraite.

Parmi les dossiers présélectionnés par la commission de sélection, celui de M. Diabaté a séduit. Lors d’un conseil des ministres, son nom a été annoncé comme étant celui qui aura la responsabilité de diriger le CNCM. Et Moussa lui-même est conscient des défis qui l’attendent. «Optimiste de nature», Moussa Diabaté sait qu’avec le soutien de tout le monde, notamment du personnel du CNCM, il arrivera à bon port. Diabatex comme l’appelle ses intimes a commencé à concevoir des tenues traditionnelles de chasseurs avec la technique particulière du Bogolan dès 1990. En 2000, Moussa a proposé le projet de faire porter ces créations à l’African Hunters Conférence de Bamako, par les représentants du gouvernement du Mali. Le ministre malien de la Culture de l’époque, Pascal Baba Couloubaly, ainsi que le Premier ministre portaient les tenues de chasseurs traditionnelles signées Moussa Diabaté. D’autres personnalités célèbres telles que Cheick Oumar Sissoko, Oumou Sangaré, Habib Koité, ont porté les costumes et les conceptions de la marque «Diabatex». Bon vent directeur !

Les chantiers du nouveau directeur général

Trois semaines après avoir pris fonction, le nouveau directeur général du CNCM, Moussa Diabaté, a nourri de grandes ambitions pour le Centre national cinématographique du Mali (CNCM), pour le cinéma malien.  Depuis le 5 avril 2017, le CNCM a un nouveau directeur à la personne de Moussa Diabaté. Bien connu dans le milieu de la culture et du cinéma malien, le nouveau DG n’est pas venu en touriste au CNCM. En trois semaines, il voit grand pour la maison du cinéma. Sa mission va s’inscrire dans la continuité des actions de ses prédécesseurs, c’est-à-dire la consolidation des acquis des anciens directeurs généraux, car, pour lui, chaque directeur «a posé des actes pour que le CNCM soit là où il est. Les grandes actions du nouveau s’articulent autour de plusieurs actions dont les plus importants s’inscrivent dans l’élaboration des Réformes et l’exécution des actions salvatrices qui permettront au CNCM de se retrouver de plus en plus sur la voie du progrès.

Ces dernières années, le CNCM connaît une vague de départ à la retraite de ses cadres. Ces départs, aux dires du DG Diabaté, «occasionneront de sérieux problèmes si rien n’est fait». Pour combler le vide, Moussa Diabaté entend mettre l’accent sur la formation des jeunes dans les différents secteurs du cinéma afin, dit-il, d’assurer la relève. Pour mieux identifier le problème à ce niveau, dès sa prise de fonction, il a entamé une visite de certaines structures qui œuvrent dans la promotion cinématographique et audiovisuelle.

Pour sa première sortie, il a mis le cap sur «Brigo films». Après avoir pris langue avec des responsables de la structure, l’un des problèmes a été identifié : la formation. Pour le DG, «Brigo films» va bénéficier de l’assistance du CNCM : l’organisation d’un Master class. Les autres structures visitées ne seront pas épargnées de cette vague de formation qui lui tient à cœur. «Chaque structure visitée aura l’accompagnement du CNCM», a promis M. Diabaté. Dans le même ordre d’idée, des formations à l’internationale sont programmées dans l’agenda du DG du CNCM. Les pays avec lesquels le CNCM a des accords de coopération seront la destination pour des formations. Il s’agit de : la France, du Danemark et des Pays Bas sans oublier le Maroc et l’Allemagne, Cuba où des pourparlers sont en cours pour les trois derniers pays.

«Nous sommes obligés de faire face aux réalités et de trouver ensemble les solutions pour que le cinéma malien retrouve ses lettres de noblesse d’antan. Le Mali est un pays de cinéma et il faut que nous reprenions la place qui est la nôtre», a-t-il affirmé. Les réformes seront constatées également à travers la mise en place de la structure de gestion du Fonds d’aide à l’industrie cinématographique promis par le gouvernement. «Ceci pour concrétiser le bel élan d’esprit que le gouvernement a manifesté à l’endroit du cinéma malien». L’avant-projet de loi du Fonds est sur la table de l’Assemblée nationale.

Autre projet à court terme du DG Diabaté, c’est le tournage du film long métrage «Chetane» d’Assane Kouyaté en mai prochain. Un film qui sera tourné en huit semaines dans le Mandé, à Bamako et à Ségou. Moussa Diabaté n’entend pas rester en si bon chemin. Il compte poursuivre le dossier de construction des deux complexes de cinéma sur les deux rives promis par le département de la Culture. L’animation des cinémathèques de Bamako : CNCM, Musée national, Bibliothèque nationale, des Facultés, les Universités, fait partie du programme du DG. Dans cet ordre d’idée, les populations des communes de Bamako et des quartiers périphériques ne seront pas en marge de l’initiative du CNCM.

«Nous voulons approcher davantage le cinéma des populations. Cela permet aux populations de pénétrer la chose cinématographique». Projeté au Fespaco 2017 dans la catégorie panorama, «le film Koussaw» d’Ibrahim Touré, qui n’a pas connu de promotion nécessaire, le sera sous la direction du nouveau DG. Le lancement et l’exploitation à l’échelle nationale commenceront bientôt.

Assane  KONE

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