Suivez-nous sur Facebook, Telegram, WhatsApp pour ne rien rater de l'actualité malienne

Yogoro et Sala Wale Wale : Folklore ou tradition

Ces pratiques ancestrales, appelées “Yogoro” et “Sala Walé” sont des traditions maliennes perpétuées par les enfants, filles comme garçons, qui animent les rues pendant le mois de ramadan. Munis d’instruments conçus par eux-mêmes, ils chantent et dansent principalement à partir du 10e jour du jeûne.

Depuis des générations, cette coutume se transmet et rassemble les enfants en groupes de 5 à 12 personnes. Après la prière du nafilah, ils vont de porte en porte en chantant chez les familles, qui leur offrent en retour de l’argent ou des céréales.

Le “Yogoro”, qui signifie “peur”, est une tradition portée par les garçons. Ceux-ci se déguisent en revêtant des robes confectionnées avec des sacs de riz “bôrô” et en portant des masques en carton. Certains se barbouillent de kaolin ou de craie pour effrayer, mais surtout pour faire rire les spectateurs.

Quant au “Sala Walé”, il est réservé aux jeunes filles. Le principe reste similaire au “Yogoro”, à la différence que les filles ne se déguisent pas. Elles chantent et dansent en s’accompagnant d’une calebasse flottant sur l’eau, utilisée comme instrument de musique. Sur le rythme mélodieux de cet instrument, elles exécutent leurs chants et, comme les garçons, reçoivent en retour de l’argent ou des céréales.

Certaines personnes plus âgées, nostalgiques, se rappellent avec émotion l’époque où elles pratiquaient cette tradition. L’argent collecté tout au long du mois sert ensuite à organiser un festin après le ramadan dont tout le monde profite.

A l’origine, dans les sociétés africaines traditionnelles, et particulièrement au Mali, l’entraide et les liens sociaux occupent une place essentielle. Ces pratiques jouent un rôle fondamental en renforçant les relations dès le plus jeune âge.

Elles permettent aussi aux enfants d’exprimer leur talent aux adultes, que ce soit à travers la confection des masques, l’exécution des pas de danse ou l’interprétation des chants. La manière de faire varie selon les régions, mais l’objectif principal demeure le même : consolider la cohésion entre les enfants.

Un déclin progressif de la tradition ?

Malheureusement, cette magnifique tradition tend à disparaître. Mme Fatoumata Traoré, ménagère à l’Hippodrome I, constate :

“Aujourd’hui, on voit très peu d’enfants pratiquer cette tradition. A notre époque, le ramadan tombait pendant les grandes vacances, ce qui facilitait la participation. Mais ce n’est plus le cas actuellement, et beaucoup de parents interdisent à leurs enfants de sortir, car ils vont à l’école le lendemain. C’est compréhensible”.

Si la période du jeûne semble jouer un rôle crucial dans ce déclin, d’autres facteurs sont également en cause. L’insécurité croissante, la transmission défaillante des chants et des règles, ainsi que le désintérêt progressif des familles y contribuent fortement. Certains estiment que le “Yogoro” actuel n’a plus son essence d’antan, qu’il est devenu un simple vacarme dénué de sens. L’essor des réseaux sociaux détourne aussi les enfants de cette pratique, les incitant davantage à se divertir autrement.

Au vu de ces évolutions, faudrait-il s’attendre à voir cette tradition disparaître dans un futur proche ?

Nènè Mah Zasso Théra

(stagiaire)

Source: Mali Tribune

Suivez-nous sur Facebook, Telegram, WhatsApp pour ne rien rater de l'actualité malienne
Ecoutez les radios du Mali sur vos mobiles et tablettes
ORTM en direct Finance Les plus bas prix du Mali Acheter à bas prix au Mali Achat terrain à Bamako Terrain à vendre Bamako Immobilier titre foncier TF à Bamako ORTM en direct, RTB en direct RTN tele sahel niger ne direct