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Sadio Lamine SOW, au sujet du débat politique : «Je ne serai ni neutre, ni inactif»

Il avait été l’un des ministres les plus emblématiques du premier gouvernement de Cheick Modibo Diarra dont il était le numéro deux. Peu connu en son temps, il était une véritable énigme pour les Maliens qui découvraient cet homme discret, peu bavard bien que communicateur de son état, dont le rôle dans le passé de conseiller personnel du président burkinabé Blaise Compaoré avait nourri bien de fantasmes. Il a accepté, en exclusivité pour notre journal, de s’exprimer pour la première fois depuis son départ du gouvernement en aout dernier et sa démission de la Primature après le départ forcé de l’ancien Premier ministre.Sadio Lamine Sow

 

L’Express de Bamako : Que devenez-vous depuis que vous avez disparu de l’actualité ?

Sadio Lamine Sow : C’est vous qui le dites parce que je n’intéresse plus la chronique politicienne. Je suis définitivement installé dans mon pays, je m’occupe de mes fermes agricoles, j’honore des contrats de consultant pour certains gouvernements et institutions internationales. Croyez-moi j’ai du travail et le Mali est au cœur de mes activités.

 

 

L’Express de Bamako : Comment avez-vous vécu votre exclusion du gouvernement après seulement quatre mois de présence ?

Sadio Lamine Sow : Mon départ du gouvernement était mon choix. Comme l’était mon entrée à la demande du Premier ministre Cheick Modibo Diarra. Je n’en dis pas plus pour le moment. Moi seul ai choisi ces deux termes.

 

 

L’Express de Bamako : Vous étiez perçu comme l’homme de Blaise Compaoré et votre nomination a fait dire à certains que le Mali était désormais sous tutelle.

Sadio Lamine Sow : Que voulez- vous que je réponde à telles affirmations ? Mon action comme ministre des affaires étrangères, témoigne ou témoignera pour moi. Mais tout de même, c’est bien sous la houlette du président Comparé que s’est tenue au Burkina la réunion des forces vives du Mali et c’est bien à Ouagadougou que se sont tenues les discussions entre les rebelles du MLNA et l’émissaire du Président Dioncounda Traoré. Je vous rappelle d’ailleurs qu’aussitôt nommer cet émissaire s’est rendu en premier à Ouagadougou tout comme le président de la commission dialogue et réconciliation. Est-ce moi qui ai organisé ces évènements ? Il faut alors considérer que tous ceux qui se sont rendus auprès de Blaise Comparé sont comme moi, ses obligés.

 

 

Pour ma part je ne mettrais rien sur la place publique, sauf à dire que mes accusateurs anonymes que je connais savent que je sais ce que précisément eux veulent cacher aux Maliens. Ils sont les plus mal placés pour critiquer Blaise Compaoré. J’ai une mémoire d’éléphant. Et plus encore…

 

 

L’Express de Bamako : Votre nomination comme Conseiller Spécial du Premier ministre avec rang de ministre après le remaniement du mois d’aout 2012 a soulevé des polémiques auprès de la classe politique…

Sadio Lamine Sow : Quelle classe politique ? S’il s’agit de celle qui a conduit notre  pays dans  son état actuel, je ressens comme un honneur d’être sa cible. Ceux qui ont contribué à précipiter notre pays dans l’abîme n’ont certainement pas de leçon à donner. J’ai en mémoire le commentaire enjoué d’un quotidien manifestement heureux de mon «éjection» du gouvernement selon sa terminologie- je vous fait remarquer au passage que ce terme haineux en dit long sur l’état d’esprit de ce journal- pour lequel je n’avais pris que les devants avant ma destitution inéluctable   de mon poste de, tenez-vous bien, «conseiller spécial chargé des affaires étrangères et de la coopération internationale»  alors que l’intitulé exact de ma fonction était «chargé des relations internationales». Il y a évidemment une grande différence et vous voyez bien que ces éminents journalistes-politiciens ne se donnent même pas la peine de fournir et de commenter l’information exacte, obnubilés qu’ils sont par leurs fantasmes et leur désir de nuisance. C’est un préjudice causé à toute la presse. Cela dit, vous aurez constaté que les attaques ont cessé dès lors que j’ai libéré la place.

 

 

L’Express de Bamako : Que pensez-vous de la politique étrangère menée actuellement par votre  successeur ?

Sadio Lamine Sow : Ne personnalisons pas les choses. Je connais le ministre Tiéman Coulibaly de longue date, il se bat dans un contexte très difficile et je crois qu’il obtient des résultats, c’est cela qui est important.

On ne vous entend pas dans le débat politique et notamment sur les prochaines échéances électorales.

Ne vous méprenez pas. Je suis très attentif et j’observe. Croyez-moi, je ne serai ni neutre ni inactif.

 

 

L’Express de Bamako : Votre commentaire sur les candidats déjà annoncés pour la présidentielle ?

Sadio Lamine Sow : Je connais certains d’entre eux qui ont de vraies qualités d’homme d’Etat.

 

 

L’Express de Bamako : Avez-vous déjà été sollicité par ceux-là ?

Sadio Lamine Sow : Ils ne  souhaiteraient certainement pas que je réponde, donc aucun commentaire.

 

 

L’Express de Bamako : Comment envisagez-vous votre avenir personnel ?

Sadio Lamine Sow : En démissionnant de la Primature j’ai indiqué que je servirais la patrie de toutes mes forces où que je sois. Je reste dans ce crédo. Je remercie Dieu du destin qu’Il a choisi pour moi en me mettant jusqu’ici à l’abri du besoin. Que demander de plus ?

 

 

L’Express de Bamako : Que pensez-vous de la Commission Dialogue et Reconciliation ?

Sadio Lamine Sow : Je crois que le Président Dioncounda Traoré qui est un homme avisé a eu raison de mettre sur pied cette Commission d’autant plus qu’elle est dirigée par un homme de grande vertu, expérimenté, serein et respecté. Je suis sûr que notre pays n’en tirera que des avantages.

 

 

L’Express de Bamako : Que voulez-vous ajouter au terme de cet entretien ?

Sadio Lamine Sow : Que notre pays relève le défi des présidentielles de juillet. Notre prochain président ne pourra pas faire l’économie d’une véritable refondation de l’Etat. Il doit promouvoir une nouvelle gouvernance, vertueuse, impartiale et inflexible dans la lutte contre la corruption, les prébendes, le laxisme. Nous devons tous admettre qu’une reconversion des mentalités est indispensable pour promouvoir un nouveau Mali. Nous sommes déjà une nation constituée, ce dont peu de pays en Afrique et même dans le monde peuvent se prévaloir. Ne gâchons plus cette chance unique.

 

 

Réalisé par Abass Ba avec Nouvel Horizon

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