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Conseil national de Transition : Les réserves des partis et regroupements politiques

Bamako, 12 Nov (AMAP) Les réactions de la classe politique, qui s’est vue attribuée onze représentants, ne se sont pas faites attendre, à la publication des décrets présidentiels sur la clé de répartition des membres du Conseil national de transition (CNT) par entité et leurs modalités de désignation.

Dans un communiqué publié, le 11 novembre, la Coalition des forces patriotiques (COFOP) dit constater « une confiscation du rôle des politiques », ajoutant que cela est une entrave à la démocratie malienne et un danger pour l’avenir de notre pays. Et, par conséquent, la conférence de ses présidents a décidé qu’elle ne fournira pas de dossiers pour participer au CNT.

Le même jour, le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) a réagi, dénonçant de « nombreuses irrégularités aussi bien dans la forme que dans le fond des deux textes ».

Pour le M5-RFP, le délai de 48 heures imparti aux candidats pour déposer leurs dossiers procède d’une méconnaissance totale des réalités au Mali. Aussi, le Mouvement trouve inadmissible que le vice-président de la Transition, encore président du CNSP non encore dissout, dispose d’un pouvoir de censeur pour choisir les bons et mauvais candidats en lieu et place des entités concernées. Selon le M5-RFP, « ces manœuvres sur la mise en place du CNT ont fait tomber les masques et dévoilé la nature purement militaire de la Transition avec un habillage civil qui ne trompe personne ni au Mali ni parmi les observateurs internationaux ». En conséquence, « le M5-RFP, qui refuse de servir de faire-valoir à un régime militaire déguisé, a unanimement décidé de ne pas participer au CNT dans le format proposé ».

NON PARTICIPATION – C’est la même réaction du côté du parti Yèlèma, qui a informé ses militants qu’à l’issue de sa réunion extraordinaire du 11 novembre, il a pris la décision de ne pas postuler pour des sièges au CNT. Le parti de l’ancien Premier ministre Moussa Mara estime qu’il peut jouer sa partition dans la réussite de la Transition, sans être dans ses organes.

Le Parti pour l’action civique et patriotique (PACP) est du même avis. La formation politique de Niankoro Yeah Samaké a indiqué que compte tenu des ambiguïtés autour des procédures de désignation des membres du CNT, il se réserve de postuler, en l’état, à ce Conseil national de la Transition.

L’Espérance nouvelle Jigiya Kura, l’un des derniers nés des regroupements politiques au Mali a, dans un communiqué, dénoncé un manque de concertation dans la démarche des autorités de transition concernant le CNT. Selon ce regroupement, «  le mode de désignation proposé ne respecte aucun texte ni de la Constitution ni de la Charte de la transition encore moins des partis politiques ». C’est pourquoi, l’Espérance nouvelle Jigiya Kura s’abstient de participer au CNT dans ces conditions et se dit « inquiète » quant à la conduite des réformes politiques, institutionnelles, administratives et électorales.

Tout comme ce regroupement, la Convergence pour le développement du Mali (CODEM) dit constater avec regret, le manque de concertation permettant d’aboutir à l’attribution des quotas aux formations politiques et aux couches sociales de la nation. « Tout en dénonçant la volonté manifeste des militaires à s’ingérer dans le jeu politique, la CODEM s’abstient de participer au CNT dans ces conditions », a précisé ce parti.

Pour sa part, l’Alliance Ensemble Pour le Mali (EPM) a d’abord fait des observations sur les articles 4 et le décret n° 2020-0142 du 09 novembre 2020 qui attribuent au vice-président de la Transition seul, les prérogatives de recevoir les candidatures et, après examen, d’arrêter la liste des membres du CNT. L’EPM déplore, aussi, que ce décret « ne donne aucun critère et principe motivant la fixation des quotas », avant d’indiquer que cela a été effectué « sans consultation aucune de la classe politique ». Dénonçant la faiblesse du quota réservé aux partis et regroupements politiques (11 sièges sur les 121 membres du CNT), la non implication des autres organes légaux de la Transition, notamment le gouvernement, dans la procédure de sa mise en place, la large représentation des militaires au nombre de 22, la conférence des présidents de l’Alliance EPM décide « de ne pas designer de représentants devant siéger au sein du CNT ». Avant d’exhorter toute la classe politique à « observer le devoir de la non-participation des représentants des partis politiques au Conseil ».

L’une des rares formations politiques à exprimer sa volonté d’y participer est l’Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence des forces patriotiques (ASMA-CFP). Dans un message, l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, a indiqué que « l’ASMA-CFP est clairement engagée à présenter des candidats pour siéger dans le Conseil national de Transition ». Et de préciser que « c’est conformément à notre option d’accompagner la transition dans un esprit constructif et de concessions mutuelles ». Tout comme l’ASMA-CFP, les Forces patriotiques pour la refondation du Mali (FPR-Mali) ont décidé de participer et de porter leurs candidatures au compte des regroupements politiques pour le CNT, afin d’apporter leur contribution.

Après la désignation du président et du vice-président, la nomination du Premier ministre et la formation du gouvernement, le CNT est le seul organe de la Transition qui reste à mettre en place. L’attente devenait longue et faisait place à toutes sortes de rumeurs. Par deux décrets, en date du 9 novembre dernier, le président de la Transition, Bah N’Daw, a fixé les modalités de désignation des membres du CNT et puis la clé de répartition des sièges entre les différentes entités.

DD/MD (AMAP)

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