Boni, localité située dans la région de Douentza, n’est plus sous blocus des groupes armés depuis le vendredi dernier. L’information qui a d’abord été relayée sur les réseaux sociaux a été confirmée par certains habitants de la localité. Sur place, l’espoir renaît peu à peu, mais les défis demeurent énormes.
C’est la fin de plusieurs mois de calvaire pour la population de Boni et environs. Pour ce transporteur routier qui a requis l’anonymat, cette levée de blocus est une difficulté de moins, mais les défis restent énormes pour les transporteurs qui empruntent cet axe. « La levée du blocus est une bonne chose, mais il n’y a pas de route. Il y a des mines enfouies. Souvent, les hommes armés nous arrêtent et prennent les téléphones des passagers. On est obligé de faire des détours car le tout droit n’est pas bon » déplore notre interlocuteur.
Certaines sources affirment que cette levée de blocus a été possible grâce à l’implication des médiateurs civils ainsi que des autorités religieuses et traditionnelles dans les négociations.
« Cette nouvelle est synonyme de la reprise des activités économiques ».
Pour la société civile des localités concernées, cette nouvelle est synonyme de la reprise des activités économiques. De quoi susciter de l’espoir chez certains. « En tout cas, ça va permettre à ceux-là qui veulent se sacrifier pour aller à Bamako par voie terrestre d’y aller. La circulation est timide, mais quand même elle est possible » en témoigne un habitant. Un autre poursuit « La ville commençait à s’asphyxier, parce qu’elle n’était pas ravitaillée. Tout était coupé en denrées alimentaires. Maintenant que le blocus est élevé, la vie à plus ou moins repris de là-bas ».
Le blocus est levé, mais les inquiétudes demeurent quant à un possible retour de cet isolement. Pour certains citoyens, les autorités doivent renforcer la sécurité sur ces axes et réhabiliter les routes dont l’état chaotique constitue un blocus en soi.