Suivez-nous sur Facebook pour ne rien rater de l'actualité malienne

UNION AFRICAINE : quelles priorités pour Kagamé ?

Comme cela était annoncé, le sommet de l’Union africaine s’est achevé hier à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, le siège de l’institution. Il en ressort comme conclusion principale, l’arrivée à la tête de l’instance panafricaine du Rwandais Paul Kagamé comme président en exercice. Un nouveau président que l’on dit fringant, pragmatique et maîtrisant les rouages de l’institution dont il conduit d’ailleurs le processus de réforme. Cependant, pour Paul Kagamé, pour son prédécesseur, les défis ne manquent. Tout au contraire, les chantiers sont tels qu’on se demande par où devrait-il commencer et ce qu’il devrait privilégier. D’autant qu’en réalité, tous les défis sont prioritaires.

Logiquement, la lutte contre la corruption devrait être le fil conducteur du mandat de Paul Kagamé. L’éradication de ce fléau et de ces pratiques assimilées est la cause que les dirigeants du continent dédient à l’année 2018. Une cause particulièrement noble quand on sait que ce sont des milliards que le phénomène fait perdre à l’Afrique. Cependant, on ne s’attend pas à ce qu’il y ait une révolution en la matière. Les pratiques frauduleuses sont si ancrées en effet que ce n’est pas en une année qu’on en viendra à bout. D’autant que dans de nombreux cas, l’engagement des dirigeants est en réalité, loin d’être acquis. Dans la mesure où ce sont bien eux qui tirent les ficelles et qui récoltent les fruits des pratiques qu’ils prétendent combattre.

Du coup, c’est davantage sur le chantier des réformes de l’Union africaine que Paul Kagamé est attendu. Ayant personnellement piloté ce dossier depuis que l’idée a germé, il a ici des atouts réels. Ainsi, avec lui, on s’attend à ce que la fameuse taxe sur les importations des produits non-africains se concrétise davantage. De même qu’il devrait convaincre ses pairs de réduire le nombre de sommet de l’instance panafricaine de deux à un seul par an. Le nombre laisserait ainsi la place à la densité dans les débats et à l’efficacité dans les actions. De fait, on dit Kagamé résolu à en finir avec les sommets que d’aucuns assimilent à des vacances déguisées. Envisageant les défis sous forme de projets, il raisonnerait en termes de stratégie et de performance. Cependant, ses approches que d’aucuns qualifient de cavalières ne font pas l’unanimité. Sa démarche altière agacerait aussi quelques-uns de ses homologues qui redoutent le côté quelque peu cassant du président rwandais.

Enfin, il y a le chapitre des crises qui requièrent l’attention de l’Union africaine, et donc de son président en exercice. A ce niveau, les situations les plus préoccupantes sont la Libye qui ne se remet toujours pas du chaos consécutif à la chute de Mouammar Kadhafi ; le Soudan du sud où les violences se poursuivent de plus belle, en dépit d’un cessez-le-feu signé par les parties au conflit ; le Mali et son improbable retour à la normale, ainsi que la République démocratique du Congo (RDC) que Joseph Kabila continue à régenter comme son patrimoine personnel. Le Togo non plus, ne rassure pas. Au Tchad, le pouvoir ne subsiste que par le biais de la terreur ambiante qu’il a instaurée en connaissance de cause. Enfin, pour le Burundi, l’avenir ne s’annonce pas non plus radieux. De toutes ces crises et de celles qui vont germer par la suite, Paul Kagamé doit s’en charger et œuvrer dans le sens de leur extinction. Encore qu’il a un handicap lié au déficit démocratique dans son propre pays, en général, et de la modification constitutionnelle, de manière spécifique. On pense ainsi qu’il n’est pas le mieux indiqué pour exiger des autres dirigeants le respect des principes démocratiques.

 Boubacar Sanso Barry

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Suivez-nous sur Facebook pour ne rien rater de l'actualité malienne
Ecoutez les radios du Mali sur vos mobiles et tablettes
ORTM en direct Finance