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Syndicats de la magistrature : Un combat dévoyé

Au Mali, les arrestations des journalistes, activistes, animateurs et comédiens pour outrage à magistrat laissent sceptiques les observateurs de la vie politique. La dernière en date, c’est la plainte des syndicats des magistrats à savoir le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) et le Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) contre Mohamed Youssouf Bathily dit Ras, son père Me Mohamed Ali Bathily, ancien ministre de la Justice et Me Kassim Tapo, Bâtonnier et ancien ministre de la justice sous IBK.

Dans un État démocratique, la liberté d’expression et de la presse doit être respectée pour la bonne marche de la démocratie et aussi pour le fonctionnement de la société. Mais, aujourd’hui, les magistrats sont devenus les intouchables de la République, personne n’aurait le droit de les critiquer. Pourtant, la justice malienne est critiquée par les justiciables car il est difficile pour le pauvre de gagner un procès contre un riche sur la vérité.

D’ailleurs, les présidents de la République à savoir ATT et IBK ont ouvertement exprimé leur mécontentement du phénomène de corruption au sein de la justice malienne. Ces derniers étaient les chefs suprêmes de la magistrature.

Certes, il y a plein des magistrats honnêtes et intègres qui ne fléchissent pas sous l’influence de l’argent pour troquer la vraie sentence du procès. Qu’à cela ne tienne, il existe les mauvais juges qui se laissent corrompre : « S’il n’y a pas une bonne justice dans un État, ce pays se dirige vers le chaos. Les magistrats maliens doivent savoir qu’ils sont là pour le peuple malien et ils sont payés par les impôts de ce peuple et ils doivent rendre la justice au nom de ce peuple en disant la loi. Donc, ils doivent cesser d’arrêter les gens arbitrairement pour les outrages », s’exprime Alassane Camara. Quant à Daouda Traoré, il met en doute le mérite de certains magistrats : « Vous savez au Mali on sait comment beaucoup des magistrats sont devenus magistrats aujourd’hui. Ils ont payé le concours pour embrasser ce noble métier et d’emblée ces derniers sont devenus les businessmans. Alors, les syndicats des magistrats doivent d’abord mettre leurs éléments sur le rail et en leurs inculquant qu’ils doivent rendre la justice en disant seulement la loi ».

On se rappelle que les magistrats ont fait des grèves illimitées pour que leur condition du travail et de vie puisse changer en leur permettant de travailler sans être corrompu par les riches. Cependant, la justice doit être un instrument d’espoir pour l’ensemble du peuple malien surtout pour les pauvres.

Selon l’article 147 du code de procédure pénale, lorsqu’un ou plusieurs magistrats de l’ordre administratif ou judiciaire, lorsqu’un ou plusieurs assesseurs auront reçu dans l’exercice de leurs fonctions ou à l’occasion de cet exercice, quelque outrage par parole, par écrit ou dessin non rendus publics tendant dans ces divers cas à porter atteinte à leur honneur ou à leur délicatesse, celui qui leur aura adressé cet outrage sera puni d’un emprisonnement de quinze jours au moins et d’un an au plus. Si l’outrage par parole a eu lieu à l’audience ou dans l’enceinte d’une cour ou d’un tribunal, l’emprisonnement sera de trois mois au moins et deux ans au plus.

L’outrage fait par geste ou par menace ou par envoi d’objets quelconques dans la même intention et visant un magistrat ou un assesseur dans l’exercice de ses fonctions, sera puni d’un mois à six mois d’emprisonnement ; si l’outrage a eu lieu à l’audience d’une cour ou d’un tribunal, il sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans.

Bien que les textes protègent les magistrats, ces derniers devraient se tourner vers de vrais problèmes à résoudre comme contribution à la bonne marche de la nation.

Seydou K. KONE

Source: Bamakonews

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