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Réseau africain de l’Économie sociale et solidaire: le Maroc passe le flambeau au Mali

Les travaux de la 4e rencontre bisannuelle des Réseaux africains d’économie sociale et solidaire (RAESS), tenus sous le thème : « L’Économie sociale et solidaire, vecteur de la forte résilience des peuples africains » ont pris fin par de pertinentes recommandations. Aussi, le Maroc a-t-il passé le flambeau de la coordination du RAESS à notre pays.

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Dans la déclaration qui a sanctionné cette rencontre de Bamako, les participants ont estimé que la volonté publique exprimée par plusieurs pays du continent africain pour faire valoir le partenariat public-privé devait réserver une attention particulière à la question de transfert d’une partie des responsabilités aux acteurs de l’Économie sociale et solidaire (ESS). Des acteurs qui ont la possibilité d’animer et d’encadrer un territoire et de répondre aux attentes socioéconomiques des populations concernées en se basant sur le principe de la subsidiarité.
Les responsables de l’ESS ont invité les gouvernements à repenser l’ESS pour qu’elle ait la place qu’elle mérite sur l’échiquier des modèles de développement et des politiques choisies pour une économie juste et équitable. Pour ce faire, affirment-ils, il y a lieu de considérer l’ESS comme une nouvelle façon de concevoir le développement dans une dimension transversale, intersectorielle et non comme un secteur à caractère vertical relevant d’un portefeuille ministériel unique.
Pour eux, les politiques publiques et les instances qui gouvernent l’économie de marché doivent jouer un rôle important pour humaniser les investissements à caractère lucratif et mercantiliste de telle sorte que la primauté humaine soit reconnue en lieu et place du capital. De même, souhaitent-ils que la dimension environnementale constitue une préoccupation majeure dans les stratégies et plans d’action à venir, notamment devant le débat universel sur les enjeux des changements climatiques COP21/COP 22.
« L’ESS doit être inscrite dans toutes les démarches et les initiatives des pouvoirs publics et du privé qui tentent d’installer la déconcentration, la décentralisation et la régionalisation. Cette considération doit tenir compte du rôle incontournable des Collectivités locales qui doivent désormais jouer le rôle de promoteur en faveur d’un développement inclusif et d’une économie juste et équitable territoriale. Les aspects juridiques et règlementaires qui régissent le champ de l’ESS doivent faire l’objet d’un examen approprié pour promouvoir la contribution et la mission des coopératives, des associations, des mutuelles et des entreprises sociales. Ces aspects doivent connaitre une certaine harmonisation entre les pays du continent, ce qui va accélérer l’intégration des sous-régions du continent ainsi que développer la coopération et l’échange entre les grandes familles ESS des pays membres », a recommandé la rencontre de Bamako.
Les participants venus de plusieurs pays d’Afrique et d’ailleurs ont également suggéré de suivre l’exemple de la dynamique malienne qui a amené les représentants du peuple (Assemblée nationale) à se constituer en réseau pour défendre les politiques et les programmes de l’ESS dans le pays et de travailler de concert avec la société civile.
Ils soutiennent que l’ESS du continent africain a besoin de capitaux patients et structurants. Pour cela, les experts estiment que les pouvoirs publics, les acteurs privés et la société civile doivent ensemble identifier les voies et les moyens appropriés pour rendre disponible un financement solidaire et mutualisé capable de répondre à la demande de petits producteurs dans les différents domaines économiques en privilégiant le monde rural et les zones enclavées.
Dans le domaine agricole, il est recommandé d’accorder une attention particulière aux petits producteurs agricoles afin de leur offrir les conditions nécessaires et suffisantes pour qu’il devienne une sécurité pour sa famille et un contributeur en vue de la sécurité alimentaire du pays. Pour que cela soit une réalité, la suggestion a été faite d’observer une organisation sectorielle qui doit être basée sur le principe de l’agrégation pour que la corporation des petits producteurs soit possible et compétitive par rapport aux gros capitaux investis dans le domaine de l’agriculture.
Parmi les préoccupations majeures, les participants ont également recommandé la prise en compte du genre et de la jeunesse dans tous les programmes de développement préconisés.
L’ESS, il faut le souligner, réserve un espace de choix à cette préoccupation du genre pour résorber le chômage des jeunes et l’exclusion des femmes. Elle constitue une alternative pour lutter contre la déperdition du capital humain du sud, provoquée par le phénomène migratoire.
La liste des recommandations faites lors de cette rencontre de Bamako des acteurs de l’Économie sociale et solidaire n’est pas exhaustive.
Un autre temps fort de la cérémonie de clôture a été le passage du flambeau de la coordination entre le Maroc et le Mali. C’est désormais le RENAPRESS dirigé par notre compatriote Madani KOUMARE qui assurera la coordination des Réseaux africains de l’économie sociale et solidaire.

PAR MODIBO KONE

Source: info-matin

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