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Le piège malien

Décréter la guerre ou le principe de la guerre est une chose, la faire en est une autre autrement plus compliquée. Surtout quand on n’a pas l’intention de mettre un doigt de pied sur le terrain et pas forcément les moyens de le faire d’ailleurs.

Le Sahel d’Aqmi et de ses alliés djihadistes n’est pas la Libye de Kadhafi. Il n’existe ici aucun mouvement structuré sur lequel s’appuyer, aucune force identifiée capable de mener un conflit au sol.

L’État malien est au bord du collapsus et il ne reste rien de son armée. Quant à l’idée de confier les rênes d’une opération militaire à une coalition africaine, elle relève tout simplement de l’utopie. À part l’armée nigériane, déjà assez occupée chez elle par la guerre civile qui ne dit pas encore son nom, aucune troupe de la région n’est crédible. Et celles qui le sont (Algérie, Mauritanie) n’entendent pas s’impliquer physiquement dans ce traquenard qui sera long, coûteux en hommes et en dollars et dont l’issue est plus qu’incertaine.

Les quelque 5 000 combattants islamistes mâtinés de truands qui font régner leur loi là où il n’y en avait plus représentent en effet une opposition redoutable. Déterminés, suréquipés, formés au combat, extrêmement mobiles et connaissant parfaitement cette zone immense, ils ont les moyens de faire face. Et d’infliger de lourdes pertes à leurs ennemis, risque qu’aucune démocratie ne prendra plus.

Le drame humanitaire qui se joue au nord du Mali et la perspective, chaque jour plus affirmée, de voir cette partie du globe devenir le sanctuaire terroriste qu’al-Qaïda n’a pu durablement établir en Afghanistan oblige pourtant l’Occident à l’action. C’est le sens du ballet diplomatique qui s’est intensifié du côté d’Alger ces derniers jours.

Seulement, l’Algérie, sans qui rien n’est possible dans cette zone, surtout pour la France, rechigne elle aussi à mettre un doigt dans l’engrenage. La peur de voir resurgir le spectre du terrorisme qui avait ensanglanté le pays est là-bas trop présent. C’est pourquoi Bouteflika privilégie une solution négociée qui serait déjà une victoire pour les islamistes. Le piège est en train de se refermer.

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