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Le Niger décrète un deuil national de trois jours après la tragédie d’Inates

« Reposez en paix, dignes fils du pays », lance en Une le journal nigérien Le Sahel, Une en totalité couverte par les trois couleurs, rouge, blanc, vert, du drapeau national, sur lequel se dessine, figée dans un impeccable garde à vous, la silhouette d’un militaire sanglé dans son uniforme de cérémonie.

Dans son éditorial de Une, Le Sahel dénonce ce qu’il appelle un « attentat » perpétré au Niger, dont l’exposition à l’insécurité est née du « désordre » créé par les « inconséquences occidentales en Libye », s’indigne-t-il.

Au-delà des conditions locales servant d’engrais à cette insécurité, ce journal dénonce aussi les « solidarités tribales très agissantes au sein de ces groupes terroristes » auxquelles sont confrontées les « Forces Armées Nigériennes » dont la « vaillance » ou la « témérité » ont leurs « limites » face au « rapport de force ».

Le journal Le Sahel n’a pas de mots assez durs contre « l’irresponsabilité de la Communauté internationale », mais aussi contre « la Force G5 Sahel » qui en est, selon ce quotidien nigérien, « réduite à une existence virtuelle ».

Solidarités tribales ? Étant rappelé que cette attaque revendiquée par l’organisation terroriste État islamique au grand Sahara, a été perpétrée dans la zone dite des « trois frontières », celles du Niger, du Mali et du Burkina Faso, le journal burkinabè Le Pays estime que « tout porte à croire que tant que (Kidal) la ville rebelle du Nord-Mali échappera au contrôle de Bamako et sera l’objet d’ambigüités de la part de la communauté internationale, les pays du Sahel ne connaîtront jamais la paix. À commencer par le Mali lui-même. »

De son côté, Wakat Sera dépeint la tragédie d’Inates comme un « véritable film d’horreur » qui s’est joué dans cette région sahélo-saharienne devenue un « cimetière à ciel ouvert », où les terroristes sévissent presqu’en toute impunité, « traversant comme couteau dans du beurre, les frontières aussi poreuses que du gruyère », s’effare ce quotidien ouagalais.

Etant rappelé que le sommet des chefs d’État du G5 Sahel voulu par le président français Emmanuel Macron, qui devait initialement se tenir très bientôt à Pau, a été reporté à janvier prochain après cette attaque d’Inates, Wakat Sera lance une suggestion : « pourquoi ne pas tenir maintenant cette réunion, dont l’annonce continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive, dans la ville martyr d’Inates ? Ce ne serait que justice rendue à ces centaines de soldats, français ou africains, morts dans les sables chauds du Sahel », propose ce quotidien ouagalais.

En France aussi, la tragédie d’Inates ne manque pas d’émouvoir la presse, Norbert :

71 morts, une douzaine de blessés, une trentaine de disparus, cette l’attaque, revendiquée par l’État islamique au grand Sahara, aura donc été « la plus meurtrière jamais enregistrée au Niger », souligne Libération. Et elle illustre la « faiblesse de l’État et la défiance à l’égard de la présence militaire française », énonce ce quotidien, une défiance qui aujourd’hui est une « évidence ». Et pour Libé, le report du sommet de Pau « arrange finalement tout le monde ».

Le Figaro n’écrit pas autre chose, qui souligne qu’« alors que le front social est devenu bouillant, Emmanuel Macron vient sans doute de se retirer une aiguille du pied sur le front sud. Après l’attaque djihadiste contre un camp militaire au Niger […] il a décidé de reporter, en accord avec le président nigérien Issoufou, le sommet sur le Sahel prévu à Pau ».

Toutefois, complète Le Figaro, l’attaque perpétrée au Niger n’en rend pas moins « nécessaire » un sommet du G5 Sahel, car la situation dans cette région d’Afrique « vaut bien une remise à plat. Car la question sahélienne va rester pour longtemps », souligne ce quotidien, selon lequel la France « pourrait donner d’autres formes, moins lourdes, à son action au Sahel », énonce, sans plus de précisions, ce quotidien conservateur français.

Rfi

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