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Le Dialogue national inclusif. Partagez-vous ce point de vue ?

« Lorsque tu parles, tu ne fais que répéter ce que tu sais déjà. Mais si tu écoutes, tu pourras sûrement apprendre  quelque chose de nouveau. »

 

Cette citation de Dalaï Lama, le souverain spirituel et temporel du Tibet, illustre combien il est important de dialoguer avec l’autre pour parvenir à panser les plaies. C’est dans ce contexte qu’en cherchant la solution à sa crise multidimensionnelle, le Mali organise le dialogue national inclusif.

 

Ce dialogue peut être défini comme le règlement pacifique de la crise par lequel les différents participants exposeront leur point de vue dans le but de trouver une solution honorable. Il est national parce qu’il ne concerne que les maliens. Le problème étant malien, la solution est malienne. Il est surtout inclusif parce que  tout le monde est censé concerner : l’Etat, la société civile, les partis politiques, les citoyens,  les groupes armés ainsi de suite.

Mais, de 2012 à nos jours, le Mali semble dialoguer trop.  La politique de dialogue s’avère la seule politique réussite de toutes les politiques. On parle beaucoup, on pratique peu. Ce qui nous amène de nous poser la question suivante :

À quoi sert donc le dialogue national inclusif en cours si ce n’est de partager l’argent et les promesses d’intérêts personnels qui en découlent ?

 

Si on s’en tient à faire le bilan des dialogues précédents, on se rend compte que celui en cours n’est pas nécessaire. Mais, la paix étant un processus qui prend du temps, l’espoir est peut-être permis.

Le dialogue national inclusif en cours est une répétition de ce qui a été déjà dit. Il ne reste qu’à pratiquer ce dont nous nous répétons à toutes les grandes rencontres : donnons-nous les mains pour le bonheur commun ; nous avons le même père et la même mère.

En effet, pour ne rappeler que quelques uns, il y a eu le forum national sur l’éducation en 2008, les états généraux sur la corruption et la délinquance financière en 2008, les assises nationales sur le nord en 2013, les états généraux sur la décentralisation en 2013, et tout récemment la conférence d’entente nationale du 27 mars au 2 avril 2017 qui regroupa toutes les sensibilités politique, civile et religieuse de la République.

 

Cette dernière a fait toute une liste de recommandations sur la gouvernance, la sécurité, la gestion des diversités et la lutte contre les formes d’exclusion, le développement socio-économique et la gestion des ressources naturelles, la promotion des valeurs sociétales et du sens civique, la paix et la réconciliation nationale et des recommandations spécifiques.

Malgré une telle mobilisation de toutes les couches de la société, la  réconciliation et la paix tardent à devenir une réalité. Il nous faut donc s’imprégner de l’article premier de la Déclaration de Yamoussoukro de 1986 sur la paix dans l’esprit des hommes, qui affirme que : «  la paix est un comportement. » 

Aussi, la crise amena le Mali à créer un Ministère spécialement pour les affaires religieuses et de cultes. Ce Ministère mène des actions de sensibilisation des fidèles de toutes les confessions religieuses, afin que les maliens puissent se réconcilier. Dans les mosquées, dans les églises, il est constamment prêché l’amour de son prochain. Aucune cérémonie religieuse ne passe sans qu’on inculque aux fidèles la paix. Si ces religions, qui sont les seules crédibles en ce temps de crise, n’ont pas pu réconcilier les maliens, il serait difficile de croire que la politique parviendra à le faire.

 

Le dialogue national inclusif est donc une perte de temps. Mais, il y a des raisons d’être optimiste, car il n’est jamais trop tard pour dialoguer.

D’abord, la paix est un processus qui prend du temps. Il est plus facile de se faire la guerre que de se faire la paix. Il nous faut la patience en travaillant dans le sens d’établissement de la paix. Pour cela, toutes les initiatives sont les bienvenues. Comprenons nous alors ce passage de l’ancien Président ivoirien  Houphouët BOIGNY au sujet de la paix : « L’eau qui tombe goûte à goûte peut percer le rocher le plus dur.»

Ensuite, le dialogue national inclusif a des spécificités par rapport aux dialogues précédents. Il associe le monde rural en donnant d’abord la parole aux communes, cercles et régions. Cela a pour avantage non seulement de permettre aux citoyens de résoudre les conflits dormants, mais aussi de faire des propositions pertinentes aux autorités publiques pour une sortie de crise. La démocratie trouve là son sens réel, puisqu’elle est concrétisée et consolidée. Cette particularité donne droit à être optimiste sur l’utilité du dialogue envisagé.

Pour finir, même si toutes les conditions sont réunies pour être pessimiste quant à l’utilité du dialogue national inclusif en cours ; son caractère spécifique de la démocratie participative donne un minimum d’espoir.

Denis  KAMATE

Spécialiste en Droits de l’homme et Justice internationale

malivox

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