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Intervention militaire de la Cedeao au Niger : Les réserves de Mahamadou Samaké

Alors que les négociations se poursuivent avec les putschistes du Niger, notre compatriote, Mahamadou Samake, lors d’une vidéo-conférence tenue le samedi 19 août, a affirmé que l’option militaire de la Cedeao n’a aucune chance juridiquement (droit international public) de se concrétiser.

 

Enseignant en France et diplômé en droit international public, M Samake était l’animateur d’une vidéo-conférence sur l’intention de la Cedeao d’user de la force au Niger en vue de restaurer l’ordre constitutionnel interrompu, depuis le 26 juillet, après le Mali, le Burkina Faso et la Guinée Conakry. «Nous avons assisté à un durcissement de ton de la CEDEAO avec son tout nouveau président, également président du Nigéria», a constaté le conférencier, en déplorant qu’aux sanctions habituelles, qui ne se reposant sur aucun fondement, s’ajoute cette fois-ci l’embargo sur les produits pharmaceutiques. «Cette mesure est contraire à la législation internationale. Quand on touche à l’humanitaire, on bascule au blocus. Ce qui est une violation du droit international et une agression conformément à la Charte des Nations unies », a soutenu Mahamadou Samake. D’où, explique-t-il, la réponse des Nations unies aux chefs d’État de l’organisation sous-régionale dont les décisions ne doivent pas affecter la situation humanitaire dans ce pays, l’un des plus pauvres au monde. Et de rappeler une précédente alerte du Fonds des Nations-Unies pour l’Enfance (UNICEF) selon laquelle plus de deux millions d’enfants touchés par la crise ont désespérément besoin d’une aide humanitaire. En définitive, les mesures de la Cedeao, selon le conférencier, contribuent plus à la vulnérabilité d’une population déjà confrontée aux conséquences de l’insécurité et du terrorisme avec des déplacements massifs. Et, comme si ces sanctions n’étaient pas suffisantes, l’instance sous régionale a, dans son planning, prévu une intervention militaire au Niger pour restaurer l’ordre constitutionnel par la force, malgré les alertes de certains pays dont l’Algérie et la Russie, a fait remarquer le conférencier, en indiquant qu’hormis «la légitime défense, c’est le droit international public qui intervient dans le cadre d’une intervention». Et de marteler que «l’option de la Cedeao n’a aucune chance de réussir juridiquement »,  tout en rappelant l’opposition de la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité. «Sauf si la Cedeao agit en dehors de toute légalité comme l’Otan l’a fait en Libye, il n’y a aucune chance que l’ONU donne un mandat à des armées mal équipées d’intervenir au Niger », a déclaré le jeune chercheur et enseignant en France.

Selon lui, la question est politique et il faut des négociations avec les militaires qui ont renversé le président Mohamed Bazoum. « S’ils (les Chefs de la Cedeao, ndlr) ont accepté la démission du président IBK, du président Rock Marc Christian Kabore, la Cedeao doit accepter le fait accompli pour avancer», estime M. Samake parce que l’option de l’offensive militaire est la pire solution pour ses conséquences qui remettent en cause l’existence même de l’organisation sous-régionale. «Les effets négatifs d’une intervention militaire au Niger seront plus importants que celle de l’Otan en Libye avec des ramifications de guerre entre les États membres de la Cedeao. Une action de force au Niger serait apocalyptique », prévient-il.

 

Amidou Keita

Source: Le Témoin
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