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Industries culturelles en Afrique : LE RESSORT DES NOUVELLES TECHNOLOGIES

Elles offrent l’occasion de promouvoir les productions des entreprises culturelles et d’atteindre un public hors des frontières

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En marge de la 11è édition du Festival sur le Niger qui a pris fin voilà une semaine à Ségou, le directeur de Zhu Culture et président de « Art Moves Africa », Luc Mayitoukou, a animé un colloque sur le thème : Culture et emploi, quelle industrie culturelle pour l’Afrique ? Il a rappelé, durant sa présentation, que le concept d’industrie culturelle a été introduit par T. Adorno et M. Horkheimer dès 1947 avant de définir les industries culturelles qui possèdent de nombreuses variantes. Elles peuvent être formalisées comme « l’ensemble en constante évolution des activités de production et d’échanges culturels soumises aux règles de la marchandisation, où les techniques de production industrielle sont plus ou moins développées, mais où le travail s’organise de plus en plus sur le mode capitaliste d’une double séparation entre le producteur et son produit, entre les tâches de création et d’exécution ».
« Dans les années quatre-vingt-dix, le concept d’industries créatives voit le jour en Australie puis se développe au Royaume-Uni », a indiqué le directeur de Zhu Culture pour qui, « si les industries culturelles y font appel tout comme les industries créatives, les premières requièrent également un contenu culturel, artistique ou patrimonial ».
« Ainsi, au-delà des industries culturelles traditionnellement reconnues que sont l’édition, le cinéma, la musique, la radio, la télévision et les arts de la scène ainsi que, depuis peu, les jeux vidéo, la notion d’industries créatives peut inclure l’architecture, le design, la publicité, l’artisanat, la mode ou le tourisme culturel », a précisé Luc Mayitoukou.
Pour lui, ces concepts incluent non seulement les produits, mais aussi les secteurs d’activité permettant aux biens, aux services et aux activités de contenu culturel, artistique ou créatif de parvenir jusqu’au public et/ou sur le marché. Il s’agit aussi de la reproduction et la duplication, le support technique, la promotion, la diffusion, la circulation, la vente et la distribution, etc.
Les activités liées au patrimoine culturel et naturel, les produits dérivés et services de musées, de sites archéologiques et historiques et de paysages culturels, les arts de la scène et autres festivités, les spectacles, festivals ; productions musicales, les arts visuels et artisanat peuvent être classées comme industries culturelles et créatives.
La peinture, la sculpture, la photographie, l’artisanat d’art, la presse et les livres, les journaux et publications périodiques, physiques et numériques, ainsi que les bibliothèques et salon du livre en font partie. Design et services créatifs mode, décoration audiovisuelle et médias interactifs films et vidéo ; radio et télévision et jeux vidéo y figurent également.
Pour le président de « Art Moves Africa », s’investir dans une entreprise culturelle en Afrique nécessite aujourd’hui la prise en compte de plusieurs facteurs qui vont assurer sa survie sur le long terme. Il s’agit de l’environnement socio-économique dans lequel on évolue, l’existence d’une réelle demande, l’existence d’un marché pour les produits que l’on souhaite mettre à la disposition du public, l’existence de dispositifs d’accompagnement et l’existence d’une stabilité socio-politique.
Les entreprises culturelles en Afrique longtemps pénalisées par les moyens et les méthodes de communications, peuvent aujourd’hui, de l’avis de Luc Mayitoukou, jouir de tous les outils qu’offrent les nouvelles technologies pour promouvoir leurs productions et atteindre un public hors de leurs frontières.
« Mais pour prétendre à un quelconque développement des industries culturelles et créatives en Afrique, plusieurs préalables sont indispensables pour garantir la durabilité et la constance dans la croissance », avertit cependant le directeur de Zhu culture qui préconise, par ailleurs, une dynamique de formation et le renforcement des capacités.
« Les entreprises culturelles en Afrique gagneraient donc à s’adosser, dans un premier temps, sur les valeurs et les richesses culturelles que renferment leur patrimoine culturel, en tenant compte des besoins des populations locales et, ensuite, en utilisant tout le potentiel économique et humain qu’elles détiennent, en s’appuyant sur les outils standards de développement existant aujourd’hui pour un développement durable et constant de leurs activités », analyse le président de « Art Moves Africa ».
S. TANGARA

source : L Essor

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