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Hommage national aux treize militaires français morts au Mali : Les larmes muettes d’IBK

On n’a l’habitude de le dire : les grandes douleurs sont muettes. C’était vraiment le cas, ce vendredi 2 décembre, dans la Cour de l’hôtel des Invalides : plus de deux mille personnes, en grande majorité, toutes vêtues  de noir. Un silence assourdissant.

14h55, la délégation malienne arrive. Les représentants des confessions religieuses sont conduits vers un couloir, IBK, le président malien, reçu par Jean Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, est placé à l’entrée officielle pour accueillir son homologue français, Emmanuel Macron.

15h, ce dernier arrive, salutations et accolades avec son invité. Les deux échangent quelques mots que l’on peut imaginer, en pareille circonstance. Macron poursuit les salutations d’usage, suivies de la revue des troupes, soutenue par la Marseillaise.

Tout vêtu de noir, avec une coiffure noire, IBK est à la loge officielle devant les ministres du gouvernement français et les deux anciens présidents : Nicolas Sarkozy et François Hollande. Durant une heure et demie, comme un soldat, IBK, à l’instar des autres, débout, avec des lunettes noires, qui cachent mal sa douleur, assiste aux funérailles des treize soldats morts au Mali.

La sobriété de cette cérémonie contraste avec le choc médiatique et surtout des ragots distillés sur les réseaux sociaux, au Mali.

Dur ! Très dur ! Les corps arrivent un après l’autre, portés par d’autres soldats, au son d’un tambour battant. Les cercueils, enveloppés du drapeau français sont posés calmement dans la cour pavée des Invalides, sous le regard triste des familles, amis et frères d’armes.

L’heure est grave, la tête haute, la démarche pesante, le visage grisaillé, Emmanuel Macron se dirige vers le pupitre. Il prononce un discours d’une trentaine de minutes environ.

Il revient sur les circonstances de leur mort, avant de s’incliner devant leur sacrifice « Ils sont morts pour nous tous. Ils sont morts en opération, pour la France, pour la protection des peuples du Sahel, pour la sécurité de leurs compatriotes et pour la liberté du monde ». Avant d’ajouter : « Pour nous tous qui sommes là ».

Avec gravité, solennité, Macron retrace le parcours des soldats morts au Mali. Sans oublier d’avoir une pensée pieuse pour leurs familles, pour « treize enfants désormais orphelins ». L’émotion est grande, des larmes discrètes coulent dans cette Cour des Invalides.

A titre posthume, ils sont faits chevalier de la Légion d’honneur. Cette cérémonie tire vers sa fin avec la sonnerie aux morts qui voit les cercueils emportés un à un, suivis du passage des veuves et orphelins, sous le regard d’IBK, avec un geste particulier : le garde-à-vous pour chacun d’eux ! On peut bien comprendre en ce moment l’émotion qui étreint IBK, avec ses larmes muettes, des yeux couverts d’une buée, comme pour dire les « petits maux sont loquaces, mais les grandes peines sont muettes ».

El Hadj ChahanaTakiou

Envoyé spécial à Paris, Cour des Invalides

 

Ils ont dit

Cardinal Jean Zerbo

« Nous sommes venus participer à la souffrance du peuple français »

« Nous remercions notre seigneur qui fait de notre génération de grands témoins. Nous remercions le président de la République pour son invitation à cette cérémonie. Nous sommes venus pour participer à la souffrance des familles des 13 militaires tués sur notre territoire, participer à la souffrance du peuple français. Nous remercions le seigneur qui a donné cette belle initiative à IBK. C’est une dimension religieuse. Ils ont sacrifié leurs vies pour défendre des gens. Que le seigneur donne du réconfort aux amis et familles des victimes ! »

L’imam Mamadou Kallé

« Nous sommes là pour montrer la solidarité du Mali à la France »

« Nous devons reconnaitre les efforts faits par la France dans la lutte contre le terrorisme. Pour l’honneur de notre pays, nous devons compatir avec la France, avec les familles des militaires tués au Mali. Nous sommes là pour montrer notre solidarité à l’égard de la France ».

 

Pasteur Nouh Ag Yattara

« Nous sommes venus avec IBK pour présenter notre empathie à Macron »

« Nous sommes venus avec IBK pour présenter notre empathie à Macron. Les amis se font connaitre dans le malheur. C’est un geste fraternel d’IBK envers Macron. Nous devons soutenir ceux qui ont des valeurs de solidarité, de paix et de tolérance. C’est ce qui nous a amené ici à Paris. Nous devons faire front commun pour combattre l’ennemi et éviter l’amalgame ».

Thiam du HCI

« Nous à Paris pour encourager IBK, affecté par la douleur »

« Nous sommes à PARIS pour les obsèques des 13 militaires tués sur notre sol, morts pour le Mali par accident. Nous sommes donc là pour les accompagner par des bénédictions. L’homme c’est l’homme. Nous devons apporter notre solidarité en pareille circonstance. Nous sommes là aussi pour accompagner et encourager IBK, affecté par la douleur.

Les Maliens doivent aujourd’hui aller vers l’essentiel : sauver le Mali ! »

Doucouré, plateforme des jeunes musulmans

« Nous sommes là pour afficher notre solidarité »

« Nous sommes venus manifester notre solidarité à l’endroit de la France, en cette circonstance malheureuse. Nous exprimons nos regrets, suite aux soldats tués sur notre territoire. Notre compassion est profonde. Aujourd’hui plus qu’hier, nous devons mettre le pays au-dessus de nos intérêts particuliers pour espérer trouver une solution à la crise ».

Source: Le 22 Septembre

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