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Entre Nous : Quelle jeunesse pour lutter contre la corruption ?

Selon une étude en 2016 par le Projet JUPREC (Justice, Prévention, Réconciliation), 65% des jeunes maliens sont passifs devant la corruption. «Ils sont résignés en disant qu’ils ne peuvent rien faire pour contrecarrer la corruption». 18% des jeunes au Mali sont «prêts à corrompre et à être corrompus pour réussir. Ils estiment que la corruption directe ou indirecte est la seule alternative viable pour devenir une célébrité».

La corruption est un mal qui ronge la société malienne. Elle fait des ravages et obstrue les voies d’un développement durable. Modibo Seydou Sidibé, Professeur d’économie à la Duke University (États-Unis), a publié une tribune sur le site internet de «Jeune Afrique» sous le titre : «Au Mali, la corruption est la source de tous nos maux». «Aujourd’hui, la corruption s’étend à tous les secteurs économiques et sociaux : douanes, impôts, marchés publics, police, justice, hôpitaux, etc. Elle ne conduit pas uniquement au gaspillage des maigres ressources publiques, elle asphyxie l’appareil productif et fait du Mali un paradoxe économique… Bien que très peu de personnes aient un travail stable, Bamako achète presque tout à l’étranger. La corruption a biaisé l’arbitrage des acteurs économiques, rendant l’importation presque toujours plus profitable que la production locale», écrit l’universitaire. Un diagnostic sans complaisance.

Les différents rapports publiés par les structures de lutte contre la corruption donnent chaque année des chiffres alarmants. Des sommes colossales sont détournées. Des milliards planqués dans des paradis fiscaux pouvaient servir à créer des emplois et à améliorer la fourniture des services sociaux de base.

Ces chiffres sur la perception de la jeunesse pour ce qui est de la corruption font froid dans le dos. En réalité, ils reflètent une triste réalité sous nos cieux où une frange importante de la population pense que ceux ou celles qui ne volent pas le bien commun sont des «enfants maudits». Il ne sert rien de se voiler la face. Le Mali est malade de sa jeunesse. Une jeunesse mal formée qui pense que tout ce qui brille est de l’or. Une jeunesse qui triche à l’école ne peut pas lutter contre la corruption. Une jeunesse qui achète les diplômes et les concours ne peut pas lutter contre la corruption.  Le Mali a besoin d’une jeunesse consciente qui refuse la compromission. Une jeunesse qui accepte de se former. Une jeunesse qui refuse le suivisme. Une jeunesse qui ne vend pas son âme aux plus offrants lors des joutes électorales. Une jeunesse qui rejette la corruption sous toutes ses formes. Une jeunesse qui croit aux vertus du travail.

Chiaka Doumbia

Le Challenger

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