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Comment les religieux peuvent mieux contribuer au développement du Mali.

Le mouvement « Ançar Dine »  du Chérif  Haïdara réclame plus d’un million de fidèles qui cotisent mensuellement 1.650 francs, il y en a qui donnent plus que cette somme. Cela fait 1, 650 milliards de francs par mois, environ 20 millards de francs par année, soit plus de 35 millions de dollars. Ne cherchez surtout pas à savoir où va cet argent. La colère éclate aussitôt , on vous traite d’égoïste. Cependant, on voit de très belles maisons, des scooters, des centaines d’hectares, des maisons en France, des voitures de luxe roulant sous les regards et même des tentatives d’acheter un avion, tandis que l’écrasante majorité peinent à prendre trois repas par jour.

Au Mali, les religieux ne font que parler de la politique et de l’argent. Plus ils parlent, rien ne change curieusement. Et plus, l’Etat leur déversent des milliards dans les poches. C’est tout simplement parce qu’ils utilisent leur influence, non pour la mettre au service du développement en vue de venir en aide aux Maliens, mais pour intimider les hommes politiques qui tremblent devant eux comme des bambins. Tout le temps, c’est les Maliens effarés qui les voient recevoir de grands cadeaux du gouvernement, qu’ils prennent volontiers et ne daignent jamais les partager avec les citoyens pauvres qu’ils prétendent défendre pourtant. Ces biens reçus sont leurs propriétés privées, ils n’appartiennent plus au peuple.

Quand les religieux sont critiqués pour leurs démarches louches et leur accointance coupable avec le milieu politique, ils menacent de faire couler le sang des Maliens, leurs fidèles allument tous les feux possibles dans leurs yeux. Qui défend qui, qui se soucie de qui ? Hommes politiques ainsi que religieux ont quelque chose à perdre donc et qu’ils défendent à coups de menaces. Ceux qui ont tout perdu, plutôt qui n’ont rien gagné encore, ce sont les Maliens qui les suivent, avec des yeux fermés, dont ils tiennent leur influence. Plus ils deviennent riches, plus les  le peuple devient pauvre. Les hommes politiques sucent les ressources et budget  maliens, les religieux sucent le budget et la poche des citoyens. Voilà la réalité actuelle dans le pays. Rien ne vient de Dieu.

Or, si ces religieux veulent réellement se soucier du bien-être des populations, ils peuvent user de leur popularité et de leur grande influence pour aider. Par exemple, si le Chérif Haïdara demande aux Maliens de cotiser même 1000 francs par mois pour des projets sociaux en faveur des enfants, des femmes et des jeunes ; si d’autres imitent son exemple en appelant leurs fidèles, il y aura des millions de Maliens qui s’exécuteront. Supposons 10 millions de personnes. Cela fera  10 milliards par mois, ou 120 milliards par année (plus de 216 millions de dollars !)  En plus de l’argent qui entre de la diaspora au pays (400 millions de dollars), le pays pourrait bien se passer de l’aide publique budgétaire étrangère ou la diminuer considérablement. On devient libre et indépendant quand on a plus besoin d’aide.

Avec cet argent, s’il n’est pas utilisé rien que pour ériger des mosquées et des médersas, ce sont des hôpitaux et des maternités, des écoles et des maternelles, des ateliers d’artisanat, des machines agricoles en appui aux femmes dans les villages, des projets pour les jeunes, du matériel sanitaire, informatique et scolaire, et beaucoup d’autres choses utiles qui pourront être réalisées. Non seulement cela contribuera à apaiser la tension sociale, à amorcer de grands pas en avant, mais aussi à augmenter davantage le respect, l’influence  des religieux dans le pays. Personne n’ira chercher des poux dans leurs cheveux. Les hommes politiques qui ne font rien seront complètement submergés et effacés. S’ils ne veulent pas disparaître de la scène, ils seront obligés à leur tour de faire des gestes réels pour le peuple. Sinon, ce sera la République islamique du Mali, avec des imams à Koulouba, et des hommes politiques comme gardiens de sécurité!

Le comportement actuel des religieux est néfaste pour deux raisons. La première est qu’eux-mêmes ne travaillent pas, ne souhaitent pas le faire, alors qu’ils vivent dans une opulence criante, préférant dire que c’est Dieu qui leur donne tout. En effet, ils parlent rarement de travail dans leurs prêches. Leur prédilection est connue: la politique et l’argent. Ainsi donc, ce comportement pousse le pays, surtout les jeunes, à la paresse. Pourquoi travailler donc ? Il suffit de prier chaque jour, quand Dieu entendra les prières, on deviendra riche. Helas ! Cela ne se passera jamais, car c’est le travail qui paie et non des prières. L’Afrique prie déjà plus de 400 ans, qu’est-ce qui a changé dans sa vie ? Rien !

La deuxième raison est que dans un futur proche, ces religieux commenceront à perdre de leur influence, un conflit ou même un divorce n’est pas exclu avec la jeunesse qui constate tout déjà : malgré les multiples prêches, les espoirs attendent désespérement d’ être remplis.  Les uns ont tout, pendant qu’il est demandé aux autres de continuer à prier. Si lors de la campagne électorale de 2018, les religieux donnent des consignes de vote, le conflit avec la jeunesse consciente sera inévitable et portera un  coup décisif à leur l’influence.

D’ailleurs aujourd’hui, le coup d’envoi est parti déjà. Fatiguée des hommes politiques et des religieux, la jeunesse se tourne peu à peu vers de nouveaux acteurs sur la scène. Nous aurons ainsi donc des dizaines de « Ras Bath ».

Espérons que le changement viendra de ces nouveaux personnages.

Sekou Kyassou Diallo.

Alma Ata, Kazakhstan.

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