Suivez-nous sur Facebook pour ne rien rater de l'actualité malienne

Bras de fer SNESUP-Doyen de la FSEG: soutien d’un collectif d’enseigants au Pr Kante

Après le Collectif des Doyens, le Collectif des recteurs, le collectif des étudiants ; le Doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG) vient d’avoir un autre allié de taille dans le bras de fer qui l’oppose au Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP), à savoir : le Collectif des enseignants de la FSEG.

faculte-universite-bamako-fseg-fsjp

L’information a été donnée, dimanche après-midi, au cours d’une conférence de presse sur la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG) tenue dans les locaux de la faculté.
Cette conférence de presse était animée par le porte-parole du collectif, le Dr Sékou DIAKITE, entouré, pour la circonstance, des chefs de DER de la FSEG, à savoir : le Dr Salif DIOP, chef DER gestion ; le Dr Boubacar SY, chef DER économie générale ; le Dr Babacar NIARE, DER Analyse quantitative et politique économique ; le Dr Boubacar SOUMARE ; le représentant du collectif des enseignants vacataires, Kaba DIAKITE, avec au fond de la salle, un collectif d’étudiants acquis à la cause de leur Doyen.
Selon ses initiateurs, cette rencontre avec les hommes de média vise à clarifier les choses et donner leur version des faits en toute neutralité.
Depuis le 25 juillet 2017, l’enseignement supérieur est paralysé au Mali par un mot d’ordre de grève illimitée lancée par le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP). Cette situation préoccupe un collectif des enseignants la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG) qui a décidé de dire sa part de vérité pour éclairer les lanternes des observateurs de crise.
D’entrée de jeu, le conférencier souligné que toute cette crise au niveau de l’enseignement supérieur se focalise autour de la question de la révocation du Doyen Ousmane Papa KANTE, exigé par le SNESUP.
Selon le conférencier, depuis l’arrivée de l’actuel Doyen en 2011, la FSEG a toujours organisé des examens sans problème avec le système classique. En 2015 et 2016, la faculté a viré dans le système LMD.
Tous les succès enregistrés au niveau de cette faculté ont été réalisés dans une synergie d’action entre les deux syndicats (SNEC et SNESUP).
« Depuis le temps que le Doyen est aux affaires, il n’y a jamais eu de problème au niveau de cette faculté entre le corps professoral et l’administration », a-t-il dit.
Mais tous les problèmes ont commencé avec le préavis de grève en date du 20 mars déposé par le SNESUP, selon le conférencier.

Genèse
Dans son exposé liminaire, le porte-parole du collectif, le Dr Sékou DIAKITE, le Pr d’économie appliquée, a rappelé que suite à ce préavis de grève en date du 20 mars 2017, le SNESUP a décrété une grève illimitée jusqu’à satisfaction de ses revendications le 18 mai 2017.
Face à cette situation, le Doyen de la FSEG avec 6135 étudiants en 1re année, de l’avis du conférencier, ne pouvait suivre ce mouvement au risque de compromettre définitivement cette année et avec des conséquences ingérables pour l’année prochaine, d’autant que la faculté recevra, selon les prévisions, le double de l’effectif de cette année.
Pour le conférencier, en tant qu’administrateur, le Doyen était dans son rôle de trouver une solution alternative à cette situation de grève illimitée qui affligeait les étudiants.
En la matière, la FSEG a été la seule faculté qui a su continuer normalement ses cours en dépit du mot d’ordre de grève, a-t-il expliqué. Car plusieurs autres enseignants de rang ‘’A’’ ; certains assistants et les professeurs vacataires ne suivirent pas le mouvement.
La grève eut lieu du 4 avril 2017 au 18 mai 2017. Malgré tout, les cours se déroulèrent normalement à la FSEG. Lorsque la grève du SNESUP prend fin, a-t-il dit, certains assistants-grévistes dirigés par la secrétaire aux affaires sociales du Syndicat, l’assistante Anna TRAORE, voulurent récupérer de facto leurs cours sans se référer ni à leur chef de département ni à leur chef d’équipe pédagogique, prétendant être titulaires de ces cours, alors que certains modules étaient déjà terminés et d’autres étaient à leurs derniers chapitres.
Il a rappelé, à ce propos, que ce sont les professeurs de rang ‘’A’’ qui dirigent les équipes pédagogiques et à défaut, les maîtres assistants.

Nouveau mot d’ordre de grève
Pour les grévistes, les cours dispensés et les notes d’examen en leur absence ne sont pas valables, quelle que soit la qualité des professeurs ayant travaillé à leur place. À ce propos, le conférencier a fait savoir que les grévistes ont voulu monter les enchères alors que ceux qui ont dispensé les cours en leur absence faisaient partie des mêmes équipes pédagogiques.
Cette situation a été à l’origine d’une nouvelle tension entre l’administration et les grévistes au point que la direction a fait appel à la police pour empêcher l’accès de certains ex-grévistes à l’amphi où les professeurs remplaçants étaient censés achever les modules présentés pendant le période de grève.
Face à cette attitude du Doyen, un second mot d’ordre de grève a été lancé par le SNESUP avec pour principale revendication, la révocation du Doyen de la FSEG.

Suspension du Doyen
Pour ce faire, un préavis de grève de 48 heures est déposé par le SNESUP, demandant la révocation du Doyen le 30 mai 2017 pour les avoir empêché d’accéder à l’amphi. Le Doyen est convoqué à une commission informelle de conciliation au cabinet du ministre le 12 juin 2017, sans succès.
En conséquence, par la lettre n° 2017- 0234/USSGB-R/SG du 12 juin 2017, le recteur décide de suspendre le doyen. Pour le conférencier, la décision de suspension est en violation avec toutes les dispositions en matière de sanction contre un Doyen de faculté, notamment l’article 83 du Décret n° 2011- 731/P-RM du 03 novembre 2011, portant organisation et fonctionnement de l’Université des Sciences sociales et de Gestion de Bamako.
À la suite de cette suspension, le mot d’ordre de grève du SNESUP a été levé. Mais contre toute attente, le Recteur se rend compte de l’erreur et en informe le cabinet par lettre confidentielle en date du 14 juin 2017. Le 16 juin, soit 4 jours après, la suspension du doyen est levée suivit d’une demande d’explication.

L’intox
Le conférencier dit constaté, avec regret, que lors de cette seconde phase, il y a eu trop de diffamations, trop d’informations malsaines véhiculées au niveau de l’opinion nationale sur le compte de la faculté ; notamment sur le Doyen, les chefs de DER, les enseignants, les vacataires, et même sur l’AEEM.
Pour le conférencier, si on n’y prend pas garde, cette intoxication de l’opinion risque de salir l’image de la FSEG très réputée pour ses bonnes performances.
C’est la raison pour laquelle, le collectif qu’il représente a décidé de rompre avec le silence pour dire sa part de vérité.
Parmi les faits de diffamations, l’organisation des examens spéciaux, à savoir les oraux payants.
Après avoir expliqué les mesures prises par les parrains pour organiser ces examens, le conférencier a souligné que plus de 612 étudiants avaient été recalés à ces examens.
Pour gérer le cas de ces étudiants, le conférencier a indiqué qu’un consensus intervenu entre la direction de l’établissement et l’AEEM a permis la tenue de ces évaluations moyennant le paiement de 10 000 F CFA par étudiant recalé, comme frais d’encadrement et d’organisation des examens.
Dans cet accord, il a été précisé que le paiement de cette somme (10 000 F) ne signifie pas forcément « Validation » des Unité d’Enseignement (UE) par les étudiants.

La tension
Sur la question de la restitution des cours aux enseignants permanents, le conférencier a expliqué que le Doyen de la FSEG, soucieux du sort des 6135 étudiants du semestre 1 et des 3080 étudiants du semestre 3, du fait de la grève déclenchée le 4 avril par le SNESUP, a procédé à un réaménagement des emplois du temps de cours magistraux et travaux dirigés pour pallier à une insuffisance de chargés cours.
C’est ainsi qu’il eut recours en plus des enseignants permanents non grévistes à des enseignants vacataires, notamment en Statistiques.
À la fin de cette grève, les enseignants grévistes de l’Équipe pédagogique de Statistiques ont décidé un jour d’aller à l’amphi de 1000 places où se tenaient les cours magistraux, pour faire sortir de force les enseignants vacataires et de revenir sur tous les enseignements qui ont été faits au cours de la grève.
Une situation qui n’était pas sans risque d’affrontement entre enseignants voire entre enseignants et étudiants. C’est pourquoi le Doyen a fait recours à la police pour maintenir de l’ordre dans l’amphi.

Le coupable ?
Autre point d’achoppement : les Heures supplémentaires. À ce propos, le conférencier a expliqué que les projets d’heures supplémentaires au titre de l’année universitaire 2016-2017 ont été élaborés conformément aux textes en vigueur comme pour les autres années depuis le début du premier mandat du Doyen en 2011. Une copie de tous les arrêtés des heures supplémentaires signés par les différents ministres a été envoyée au bureau du Vérificateur Général. Aussi, aucun gréviste n’avait remis en cause les arrêtés des heures supplémentaires, depuis 2011. C’est pourquoi la remise en cause de l’arrêté des heures supplémentaires 2016-2017 est une sorte de diversion.
Au regard de la détérioration de la situation, le conférencier a pointé un doigt accusateur sur le chef de département en charge de l’enseignement supérieur le Pr Assétou Founé, SAMAKE MIGAN, et le recteur de l’USSGB, le Pr Samba DIALLO, qui, de son avis, n’ont pas été assez responsable dans la gestion de cette crise.

Par Abdoulaye OUATTARA

 

Source: info-matin

Suivez-nous sur Facebook pour ne rien rater de l'actualité malienne
Ecoutez les radios du Mali sur vos mobiles et tablettes
ORTM en direct