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Ahmad Ahmad, un président sous liberté conditionnelle

À moins de cinq mois du début de la CAN 2019 en Égypte, un brouhaha entoure toujours ce premier tournoi à 24 équipes. Les décisions hasardeuses du président de la CAF Ahmad Ahmad plongent le football africain dans un chaos inédit. Mais à quoi joue-t-il?

Le pouvoir confère-t-il tous les droits? Non, assurément non. Mais l’actualité nous prouve pourtant quotidiennement le contraire. L’ascension sociale, par quel que biais qu’elle se fasse, procure visiblement à certains un sentiment de totale impunité, qui leur fait croire, à tort, que tout leur est permis et que tout leur est dû.

Et les dirigeants du football en Afrique n’échappent pas à ce triste phénomène. Dernier exemple en date: le président de la Confédération africaine de football, Ahmad Ahmad.

Arrivé en mars 2017 en lieu et place du Camerounais Issa Hayatou, critiqué pour sa gestion trop autoritaire de l’instance dirigeante du ballon rond africain, le Malgache devait refaire de la CAF une organisation crédible, mais presque deux ans après son intronisation, ces décisions se conjuguent toujours au conditionnel.

Qu’est-ce qui ne tourne pas rond?

Une des premières décisions d’Ahmad Ahmad était d’augmenter le nombre de nations participantes à la Coupe d’Afrique des Nations, compétition reine de la CAF, et la décaler au mois de juin au lieu de janvier.

Ainsi les pays hôtes désignés sous l’ère Hayatou pour abriter les éditions 2019, 2021 et 2013 devront accueillir 24 équipes au lieu de 16 comme prévu dans le premier cahier des charges.

Un changement de dernière minute qui a mis le Cameroun dans l’embarras. Le pays de Paul Biya ne pouvant pas assurer une Coupe d’Afrique à 24 équipes s’est vu retirer la compétition. La CAF a eu l’ingénieuse idée de lui confier celle de 2021 à la place de la Côte d’Ivoire (qui devrait récupérer 2023).

Suite à cette annonce, la CAF a lancé un appel d’offres pour trouver un remplaçant au pays des Lions Indomptables, mais les candidats ne se bousculent pas pour sauver le Malgache d’une humiliation certaine.

Le Maroc, longtemps annoncé comme plan B, a annoncé via son ministre de la Jeunesse et des sports, Rachid Talbi Alami, qu’il ne comptait pas se présenter pour accueillir la CAN. Suite à cette déclaration, l’Égypte, qui avait fait savoir qu’elle soutiendrait le Maroc si ce dernier décidait d’y aller, a déposé officiellement sa candidature.

Pour éviter de se ridiculiser, la CAF a persuadé l’Afrique du Sud à se porter également candidate.

Le 8 janvier dernier à Dakar, la CAF annonce que le pays des Pharaons est l’hôte de la CAN 2019. Ahmad Ahmad peut tirer un grand ouf de soulagement!

Vers un report de la CAN?
Le Malgache croyait vraisemblablement que ce problème était définitivement réglé, mais c’était sans compter sur les violences qui ont éclaté lors du match Ismaily-Club africain dans le cadre de la Ligue des Champions de la CAF. Le public local a envahi le terrain et poussé l’arbitre à stopper le match avant son terme.

Si la CAF a exclu le club égyptien, depuis, cet incident a montré que le pays dirigé par Abdel Fattah al-Sissi présentait des lacunes au niveau sécuritaire.

À cela vient s’ajouter la décision du président de la Fédération égyptienne de retransmettre en clair l’intégralité des matchs de la Coupe d’Afrique des Nations 2019 sur les chaînes de son pays.

Avec cette annonce, l’Égypte ne défie pas seulement beIN Sports, détentrice des droits TV jusqu’en 2028, mais également la CAF qui est liée par des contrats avec le groupe Lagardère.

Et pour ne rien arranger, les Fédérations nord-africaines ont demandé de repousser le début de la compétition d’une semaine à cause du ramadan.

Ahmad Ahmad n’a toujours pas tranché sur ce point, mais selon les médias égyptiens, il ne serait pas contre. Une autre preuve de sa fumisterie dans les prises de décisions.

À moins de cinq mois du début de cette grand-messe continentale, la réputation de faiseur de miracles et sa crédibilité du président de la CAF sont en jeu. Le compte à rebours peut commencer.

Le360.ma

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