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60è anniversaire de la mort de Mamadou Konaté : LE DESTIN EXCEPTIONNEL DUN HOMME HORS DU COMMUN

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Tous les témoignages décrivent son engagement courageux et total pour les causes qui lui tenaient à cœur. Parmi ces causes, la liberté, la justice, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes 

Il y a 60 ans, disparaissait Mamadou Konaté, l’un des pères de l’indépendance du Mali. L’association qui porte son nom a décidé d’organiser du 6 au 11 mai, les cérémonies commémoratives de ce 60è anniversaire. Le coup d’envoi de ces activités a été donné vendredi dernier à l’école du Quartier du fleuve qu’il a créée et qui porte son nom.

La cérémonie a été présidée par le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéïta. C’était en présence notamment du président de la Cour suprême, Nouhoum Tapily, des membres du gouvernement, des représentants de la famille Konaté et bien sûr des membres de l’Association Mamadou Konaté (AMK).

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a été accueilli par une grande haie d’honneur formée par les élèves et les enseignants de cette école emblématique de la capitale, puis par un détachement de la Garde et de la fanfare nationale et les pionniers. Après l’exécution de l’hymne national, ces derniers ont chanté l’hymne des pionniers dont le refrain est consacré à  Mamadou Konaté et dont le deuxième couplet dit : « Notre père Konaté, dans la dignité, nous suivrons ta voie, nous voulons ta foi, la bataille du souvenir, la bataille de l’avenir, nous saurons les gagner. »

Dans une intervention de circonstance, le président de la République a souligné que tout homme est mortel, mais que certains morts ont plus de poids que d’autres. La mort de ceux qui se sont battus durant toute leur vie pour la liberté, la dignité et la survie des autres, comme c’est le cas de Mamadou Konaté, pèse  évidemment très lourd, a dit en substance le chef de l’Etat. Et de rappeler que la mort de celui que l’on surnommait le « Saint-Père » ébranla à l’époque non seulement le Soudan français (l’actuel Mali), mais aussi toute l’Afrique.

« Il fut de ces hommes dont la célébration est un devoir pour l’Afrique et particulièrement notre pays. C’était un homme à cheval sur le respect des lois et des règlements. Il voulait la liberté, la justice et l’équité. Ce genre d’homme mérite d’être raconté à la jeunesse. Nous fûmes quand d’autres n’étaient pas grâce à des hommes comme Mamadou Konaté. Quand on est descendant de ce genre d’homme, il est bien de le savoir, pour que l’on ne se trompe pas de chemin », a encore indiqué le président Ibrahim Boubacar Keïta.

Pour le ministre de l’Éducation nationale, Kénékouo dit Barthélémy Togo, il est des hommes auxquels le Destin attribue une dimension hors du commun. « Je serais tenté de dire qu’il s’agit d’êtres humains exceptionnels  tant leur œuvre surpasse ce qui est communément perçu comme ordinaire ! Ces hommes sont rares, très rares même ! Pourtant, notre patrie, qui, émergeant de la nuit des temps, a repris son nom d’antan, Mali, symbole de grandeur et de gloire, a abrité quelques-uns de ces hommes rarissimes. Mamadou Konaté que nous célébrons aujourd’hui, est de ceux-là », a assuré le ministre.

Toujours selon Kénékouo dit Barthélémy Togo, « rares sont les hommes, au Soudan français devenu République du Mali, et au-delà dans le monde, à avoir été autant adulés, glorifiés que Mamadou Konaté à toutes les étapes de sa vie, une vie prodigieusement riche et bien remplie ».

Le ministre de l’Éducation nationale est ensuite revenu sur le parcours de l’illustre disparu, indiquant que « dès ses premiers pas à l’école coloniale, il se révéla doué dans les études, tant et si bien que premier de sa classe, il eût le mérite d’être choisi pour intégrer la célèbre École normale William Ponty, à l’Île de Gorée, au large de Dakar, prestigieuse école fédérale de l’Afrique occidentale française (AOF) d’où sont issus plus de 2000 élèves. Parmi lesquels des noms célèbres comme Félix Houphouët-Boigny, 1er président de la République de la Côte d’Ivoire, ami intime et compagnon de lutte de Mamadou Konaté, Modibo Kéita, 1er président du Mali, qui fut son élève. Tous les trois furent, en 1946, les cofondateurs du Rassemblement démocratique africain (RDA).

Sorti major de sa promotion de William Ponty en 1919 comme instituteur, il propagera à travers le Soudan français le savoir, le savoir-faire, le savoir-être à des centaines de jeunes pendant 27 ans jusqu’en 1946, année de sa première élection à l’Assemblée nationale française dont il deviendra, à sa troisième élection en 1956, vice-président.

Désormais engagé en politique, avec la même détermination, il sera un militant acharné de l’émancipation des populations autochtones de l’Afrique de l’ouest à l’Océan indien. C’est ainsi qu’il  défendit avec une admirable ténacité les victimes malgaches de la répression sanglante du pouvoir colonial français en mai 1947.

Homme de conviction, Mamadou Konaté avait fait sien l’adage selon lequel « rien de grand ne peut se faire sans passion ». Ainsi,  se donnait-il  toujours sans compter dans tout ce qu’il entreprenait.

La présentation du ministre souligne que les témoignages sur lui sont légion, le décrivant comme un homme hors du commun par son engagement courageux pour les causes qui lui tenaient à cœur.

Ainsi, le directeur de l’École William Ponty appréciait Mamadou Konaté en ces termes à son examen de fin de cycle de trois ans, le 15 septembre 1919, à 22 ans : « Excellent caractère, posé, sérieux, ferme, dévoué, affectueux, travailleur acharné, et méthodique. A su acquérir beaucoup d’autorité sur ses condisciples et a fait un bon surveillant général. Sorti 1er sur 30 élèves au certificat de fin d’études normales avec la mention très bien. Conduite : très bien. Travail : très bien ! ».

L’inspecteur des écoles avec l’approbation du gouverneur du territoire (Soudan) appréciait aussi l’homme : « Mamadou Konaté est un de nos meilleurs instituteurs. Son travail est excellent et il obtient des résultats remarquables. Mérite compliments et promotion au choix ».

En politique, les appréciations étaient de la même tonalité comme en témoigne Mahamane Alassane Haïdara, président de l’Assemblée nationale pendant la 1èreRépublique du Mali : « Konaté logeait à la Cité des instituteurs. Il menait une vie simple et bien ordonnée. Bon musulman, il ne buvait pas d’alcool, ne fréquentait pas les lieux de plaisir. Respectueux des nobles traditions familiales, il prenait, quoique marié, ses repas dans la grande famille avec son père et ses jeunes frères. A la fin de chaque mois, il remettait la totalité de sa solde à son père qui en disposait comme il voulait ».

Grâce à sa conduite exemplaire, il acquit une grande notoriété fondée sur sa réputation de grand serviteur du peuple. Il avait le don de remettre sur le droit chemin certains jeunes collègues auteurs de fautes professionnelles graves et leur inculquait une conscience professionnelle dont ils ne se départissaient plus. A Bamako-Coura où la famille Konaté avait élu domicile après avoir quitté Kati où Mamadou Konaté vit le jour vers 1897, il jouissait de la confiance de tous ses voisins dont il réglait souvent les litiges, en tout genre, y compris conjugaux.

Il ne s’agit là que d’un aperçu sommaire de l’action d’un homme qui a aimé son pays et l’Afrique de façon passionnelle. Son exemple pour l’amour du travail bien fait, pour l’amour de la nation mérite encore aujourd’hui d’être médité et mérite surtout que les actuelles et futures générations s’en imprègnent pour une gestion saine et efficace de notre société.

Le programme d’anniversaire du décès de celui qui fut le premier président de l’US-RDA et vice-président du RDA à sa création, prévoit entre autres activités une exposition à la galerie Médina et une lecture du Coran  dans la famille Konaté à Bamako-Coura.

Y. DOUMBIA

Source : Essor

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