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Sanctions de la CEDEAO contre le Mali : La Côte d’Ivoire, victime collatérale

Les sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest contre Bamako n’affectent pas uniquement le Mali. La Côte d’Ivoire voisine, membre de la CEDEAO, n’en sort pas totalement indemne.

 

Près d’un mois que le Mali subit les sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette situation n’affecte pas uniquement l’économie malienne. La Côte d’Ivoire, pays membre de la CEDEAO, qui entretient d’importantes relations commerciales avec le Mali et où vivent plus d’un million de Maliens, n’en sort pas totalement indemne, à en croire les organisations et autorités interrogées.
L’un des secteurs affectés est celui du commerce, du transit et des transports routiers inter-Etats. En effet, avec la fermeture des frontières, un grand nombre de camions sont à l’arrêt.
Selon le responsable du poste de police des frontières, le lieutenant Lath Bressou, les consignes sont claires. En dehors des camions vides et des camions chargés de vivres, ou de produits de première nécessité, aucun usager n’est autorisé à fouler le sol ivoirien depuis le 09 janvier 2022.
Ainsi, au poste-frontière de Nigoumi à Tengrela, ville frontalière ivoirienne, l’agence de presse ivoirienne rapporte qu’une longue file de camions poids lourds est en stationnement, le long des derniers mètres de goudron séparant les deux pays. Ceux qui ne peuvent attendre, rebroussent chemin.
L’autre secteur affecté est celui de la filière bétail dépendant du Mali et du Burkina Faso. La Côte d’Ivoire reçoit par mois, plusieurs centaines de camions chargés de moutons et de petits ruminants. Avec l’embargo, il y a un déficit qui se crée.
Cissé Ibrahim, premier vice-président de la Fédération nationale de la filière bétail viande de Côte d’Ivoire, interrogé par l’Agence Anadolu, admet l’impact, mais estime, toutefois, qu’il est minime.
« Il n y a pas une grande incidence de la fermeture de la frontière malienne. Ce que le Mali fournit à la Côte d’Ivoire, est actuellement entre 10 à 20%. L’incidence est plus sur les moutons, pas les bovins, car la Côte d’Ivoire en produit maintenant », a-t-il confié à AA.
Toujours selon lui, la Côte d’Ivoire n’a pas à craindre d’une éventuelle inflation. Car le marché ivoirien continue d’être ravitaillé à partir du Burkina Faso et du Niger. Cependant, notre interlocuteur craint que si la crise burkinabé venait à perdurer, le marché ivoirien en serait affecté.
« Si le Burkina Faso reste fermé. Il y aura un problème. Il y aura cherté de la vie, une flambée des prix de la viande », a-t-il prévenu.
Abordant dans le même sens, l’économiste Assane Yapi, estime que l’impact reste faible puisqu’« il n’y a pas un domaine où il y a exclusivité ».

– Le gouvernement ivoirien veut anticiper

La Côte d’Ivoire n’entend pas rester les bras croisés. A en croire le secrétaire d’Etat en charge des PME, Félix Anoblé, interrogé par l’Agence Anadolu, le gouvernement ivoirien « est en train d’anticiper sur un certain nombre de secteurs d’activités ».
Aussi rappelle-t-il que la Côte d’Ivoire a vécu un peu cette situation avec la crise liée au coronavirus. Ainsi donc, « la stratégie mise en place pour protéger les PME ivoiriennes face à cette situation, va se poursuivre pour permettre de se réorganiser pour l’avenir », a-t-il souligné.

Le mercredi 26 janvier 2022, en marge du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, par ailleurs ministre de la Communication des médias et de la francophonie, a reconnu l’impact de la crise malienne et Burkinabè sur l’économie ivoirienne.
A l’en croire, les sanctions de la CEDEAO contre ces pays donnent lieu à des situations difficiles pour tous les pays voisins. Pour lui, ce sont des mesures prises dans le but d’appliquer les textes de l’organisation sous-régionale qui unissent ces différents pays de l’Afrique de l’Ouest.
« Ce sont des décisions prises de façon collégiale. La démocratie a un prix, nous acceptons de payer le nôtre pour qu’elle puisse s’installer partout dans l’espace de la CEDEAO. C’est clair qu’il y a un impact », a-t-il déclaré.
Au haut conseil malien de Côte d’Ivoire, face au ralentissement de l’activité, le président Mohamadou Diawara appelle la CEDEAO et l’UEMOA à privilégier la négociation.
« Je suis opérateur économique, je sais ce que ça coûte à l’économie. Ce n’est pas que je suis Malien. Ça coûte à tout le monde. Je demande à la CEDEAO de revenir à la table des négociations pour qu’on puisse aller de l’avant ensemble », a-t-il confié à l’Agence Anadolu

Source : Anadolu Agency

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