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Sahel : Les confidences d’un commando marine

Invité d’Europe 1, alors que les soldats français sont présents au Sahel depuis 8 ans avec l’opération Barkhane, l’ancien chef de groupe de commandos marine qui a notamment combattu au Sahel, Louis Saillans, se confie dans un livre. Il se demande notamment pourquoi, malgré les succès militaires, “on ne gagne pas”.  

 

INTERVIEW

Il a combattu le terrorisme par les armes, il veut désormais le faire par le savoir. Alors que l’opération Barkhane souffle ses huit bougies, Louis Saillans*, ancien chef de groupe dans les commandos marine qui a servi “au Sahel et Moyen-Orient” pendant 10 ans se livre dans un ouvrage. Dans Chef de guerre – au cœur des opérations spéciales avec un commando de marine, ce soldat d’élite de 34 ans raconte non-seulement ses missions secrètes, mais pose également une question : “pourquoi on ne gagne pas ?”

 

Gagner le cœur des populations

Et pour lui, la réponse ne tient pas dans les résultats militaires, mais dans le fait de gagner le cœur des populations du Sahel. Après l’opération Serval (2013-2014), qui a notamment vu la libération du Mali par les forces armées françaises, “il y avait des panneaux François Hollande à l’entrée de Tombouctou”. Mais aujourd’hui la donne a changé et un sentiment anti-Français croît. “Je pense qu’il y a une usure dans les esprits”, avance Louis Saillans pour expliquer le phénomène.

“La population a vu des libérateurs militaires arriver, mais ces libérateurs sont devenus des gens qui restent. Et ce ne sont que des militaires.” Concrètement, “rien ne se développe plus [au Mali] que les infrastructures militaires”, affirme-t-il. Et si Louis Saillans assure que les soldats tricolores ont de bonnes relations localement avec les populations, il pointe un manque. “Qu’est-ce qui est fait pour qu’on soit plus qu’une simple force d’occupation ? Parce que c’est comme cela qu’on est perçu maintenant.”

“Combattant au sein de la société civile”

S’il va quitter l’armée en juillet prochain, Louis Saillans compte combattre le terrorisme sur un autre théâtre d’opérations. Le militaire veut devenir “combattant au sein de la société civile”. “Ce qui m’intéresse, c’est de rechercher la vérité. Aujourd’hui dans le combat dans le terrorisme, je pense que les choses ne sont pas assez définies. L’Islam regroupe par exemple une myriade de courants, alors s’arrêter à ce mot c’est mal définir l’ennemi.” Alors pour que tout le monde aient une bonne définition de l’ennemi que la France combat notamment au Sahel, Louis Saillans envisage de “donner des conférences, si possible auprès des jeunes, dans les collèges et lycées”.

* Louis Saillans est un nom d’emprunt pris par le militaire pour “protéger sa famille et ses proches”. 

 Source : europ1

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