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Lutte contre la COVID-19 : Les fonds dilapidés !

Alors que les audits révèlent le détournement de plus de 50 milliards du fonds destiné à lutter contre le Covid-19, la pandémie reste une menace au Mali. Les miettes qui restent doivent servir toujours la cause des plus vulnérables. Ainsi, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a présidé, le week-end dernier, la cérémonie de remise d’un chèque de 700 millions de francs aux secteurs de l’artisanat, de la culture, de l’hôtellerie et du tourisme, fortement impactés par la pandémie.

 

Mais ce que les Maliens souhaitent, ce sont des poursuites contre ceux qui ont gaspillé l’argent destiné à la lutte contre le coronavirus. En attendant, le chef du gouvernement garde le silence. Il a rappelé que l’appui fait la semaine dernière est une promesse du gouvernement à ces secteurs, afin d’amoindrir l’impact de la crise sanitaire sur les professionnels concernés qui se sont montrés particulièrement vulnérables aux restrictions liées à la Covid.

Le Premier ministre a également annoncé un appui exceptionnel et par personne de 90 000 francs, qui sera bientôt versé à 15 000 acteurs des secteurs de l’artisanat, de la culture, de l’hôtellerie et du tourisme, via le Programme de filets sociaux « Jigisemejiri ». Le président de la Fédération des artistes du Mali (Fedama), Adama Traoré, a remercié le Premier ministre pour la remise de ce chèque, venu à point nommé.

Mais il faut plus d’argent pour continuer à lutter contre le coronavirus au Mali et les conséquences des restrictions sanitaires. Il est clair que le fonds Covid a été mal géré. L’équipe de vérification du Bureau du vérificateur général (BVG) a constaté que, par lettre confidentielle M°00609/MEF-SG du 19 mai 2020, le ministre de l’Economie et des Finances a ordonné, sur demande du ministre de l’Industrie et du Commerce, suivant sa lettre N°0055/MIC-SG du 11 mai 2020, une subvention de 2 085 600 000 FCFA au profit du Moulin Moderne du Mali (3M) pour la prise en charge des surcoûts liés à la vente de produits alimentaires à Kidal et à Ménaka sur trois mois en réponse aux impacts de la maladie à coronavirus (Covid -19).

Il ressort des travaux de vérification que cet appui a été accordé à un fournisseur sous forme de subvention des surcoûts de ses opérations de vente dans le cadre de l’approvisionnement des régions de Kidal et de Ménaka, en réponse aux impacts de la maladie à coronavirus (Covid-19) sur trois mois. Ladite subvention est composée d’un montant de 1 443 888 000 FCFA par le mandat n°27 du 14 août 2020 pour la région de Ménaka et de 641 712 000 FCFA par mandat n°34 du 18 septembre 2020 portant prise en charge du plan d’urgence d’approvisionnement de la région de Kidal sur trois mois.

Ce montant a été payé à l’opérateur 3M pour qu’il vende des produits alimentaires à Kidal et à Ménaka sans rehausser ses prix, contrairement à la politique de subvention de l’État à travers le CSA. Pourtant, Kidal avait reçu du CSA 77 tonnes de céréales, Taoudénit 875 tonnes, Abeïbara 59 tonnes, Tessalit 92 tonnes, Tin-Essako 28 tonnes.

En plus, elles ont bénéficié du transport de riz kr 17 de Bamako vers le Centre et le Nord (1 009,140 tonnes). La subvention a été réglée avant la réalisation desdites ventes et l’opérateur n’a pas pu fournir la preuve de l’effectivité des ventes effectuées. Ainsi, du début de la pandémie au 25 janvier 2021, neuf mois plus tard, sur un total de 7 983 cas positifs confirmés à la Covid-19 au Mali, la région de Kidal n’a enregistré que 61 cas dont l’ensemble provient du camp de la Minusma (aucun cas dans la population de Kidal). Et à Ménaka, il n’a été détecté que trois cas le 25 décembre 2020 et un cas le 08 janvier 2021.

Les responsables de la santé n’ont pas connaissance de vente de produits alimentaires de l’opérateur en question. Ces deux régions, Kidal et Ménaka, étant les régions les moins touchées avec respectivement 0,8% des cas et 0,1% des cas, étaient loin d’être les plus impactées par la pandémie pour recevoir une subvention, au-delà des céréales reçues dans le cadre du Plan national de réponse du Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA).

 

Madou COULOU

Source : La Preuve

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