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L’excision, une « violation manifeste des droits humains »

Malgré de nombreuses initiatives pour éradiquer l’excision, la pratique reste toujours d’actualité dans plusieurs pays. À l’occasion de la Journée internationale contre les mutilations génitales féminines (MGF), le 6 février, l’ONG Plan international a exprimé ses inquiétudes sur le sujet.

Des problèmes vaginaux, des saignements abondants, des infections, voire de la déscolarisation ainsi que des douleurs en urinant ou pendant les rapports sexuels et les menstruations, voilà des conséquences, peut-être inconnues, liées à l’excision. Selon l’ONG Plan international, elles sont 200 millions de filles et de femmes à être touchées par cette pratique dans 30 pays du monde.

L’Afrique est la plus touchée

L’Afrique, où près de 91,5 millions de femmes et de filles de plus de 9 ans vivent avec les conséquences de cette pratique, est la région où le plus d’efforts restent à consentir dans la lutte contre ce fléau. Dans cette région du monde, chaque année, environ 3 millions de filles courent des risques d’excision. « Si les tendances actuelles se poursuivent, 86 millions de filles supplémentaires âgées de 15 à 19 ans risquent, elles aussi, de subir des mutilations génitales d’ici à 2030 », alerte l’ONG Plan international.

Au Mali, la pratique reste toujours d’actualité. Selon une démographique de la santé en 2018, le taux de la pratique des mutilations génitales s’élevait à 96 % dans les régions de Koulikoro et Sikasso, et 95 % à Kayes.

Malgré toutes ces conséquences et l’urgence de la question, le Libéria, la Sierra Leone et le Mali n’ont toujours pas adopté de loi contre les mutilations génitales féminines. « Cette forte propension à l’excision dans ces pays s’explique essentiellement par la dimension traditionnelle, culturelle et/ou religieuse de la pratique, en place depuis des siècles », explique Plan international.

Mais de nos jours, l’excision a perdu ce côté traditionnel. Dans la plupart des localités où elle est pratiquée, l’opération est réalisée « avant l’âge de 5 ans en milieu rural et dans les 40 jours suivant la naissance en milieu urbain ». Pourtant, elle faisait partie du rituel de passage à l’âge adulte.

Des « problèmes ne survenant » qu’au moment de la puberté 

Malgré tout, cette pratique à la peau dure résiste à l’usure du temps. « [ndlr] les amalgames avec la religion musulmane, les croyances et les superstitions très ancrées dans les communautés font de l’excision une des pratiques traditionnelles néfastes les plus difficiles à éradiquer au monde », souligne Plan international qui indique qu’il s’agit pourtant d’« une violation manifeste des droits humains ». Selon Henrietta Fore, directrice générale de l’UNICEF, « les professionnels de la santé formés qui pratiquent les MGF violent les droits fondamentaux, l’intégrité physique et la santé des filles ». 

Notons que l’ONG Plan International mène plusieurs actions afin de mettre fin à cette pratique. Elle travaille auprès des mères, des pères, des chefs de communautés ainsi que des chefs religieux. Dans ses sensibilisations, elle tente de faire changer les opinions sur cette pratique ancestrale en attirant l’attention des communautés sur les conséquences de cette pratique traditionnelle. Cette ONG forme également des bénévoles pour la diffusion des messages aux populations.

Malgré tous ces efforts, il faut souligner que la majorité des femmes excisées qui rencontrent des « problèmes ne savent pas que ceux-ci sont liés à l’excision dont elles ont été victimes enfants, ces problèmes ne survenant pour la plupart qu’au moment de la puberté ».

Fousseni Togola

Source : Phileingora

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