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GUINEE: le mariage d’enfants, l’affaire de tous

C’est dans les locaux de la bluezone de Kaloum que s’est tenue la table ronde sur le mariage des enfants le vendredi 11 août dernier. Organisée par la Direction Nationale de l’Enfance, avec l’appui de l’UNICEF, cette table ronde était l’occasion pour les différentes parties prenantes de débattre sur l’abandon du mariage des enfants. Elle intervient au bon moment, pourrait-on dire, car il y a quelques jours, a eu lieu à Kindia, un atelier de relecture du Code de l’Enfant. Le mariage des enfants y a tenu une bonne place !

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Les panélistes ont durant deux heures, abordé le mariage des enfants sous différents angles et selon leurs expertises. En effet, il s’est d’abord agi pour eux de s’entendre sur une définition du mariage des enfants qui impacte plus les filles, tant pour leur éducation (abandon scolaire), que sur le plan physique, psychologique, sans compter les grossesses à risques auxquelles elles sont exposées. Si la pauvreté reste l’un des facteurs qui poussent les parents à marier leurs filles dès le plus jeune âge, n’oublions pas de souligner que ce phénomène reste principalement une pratique socio-culturelle en Guinée. Selon le professeur KABUYA Muyimona, « Le mariage précoce est un problème sociétal, donc la solution ne peut être qu’à base communautaire ».

« Les textes sont beaux, mais pourquoi ne les appliquons nous pas ?»

Mohamed CAMARA, Juriste intervenant sur la vulgarisation des textes de Loi

Sur le plan juridique, les panelistes ont noté des dysfonctionnements dans l’application des textes, notamment au niveau de l’Etat-Civil. Ce qui fait dire au Juriste CAMARA Mohamed qu’il faut vulgariser les informations concernant les textes de Loi et les procédures à suivre avant la célébration d’un mariage. Il faut préciser que le cadre légal guinéen concernant le mariage des enfants est complet et clair : l’âge légal du mariage y est fixé à 18 ans.

Également présent, El hadj NABE Aboubacar Sidiki, représentant le Secrétariat Aux Affaires Religieuses, abondant dans le même sens, a affirmé qu’il y a une nécessité de cohérence entre le religieux et le civil concernant la célébration des mariages. Il a souligné le fait que la population guinéenne est majoritairement de confession musulmane, ce qui explique la célébration des mariages à la mosquée. Cette célébration à la mosquée dans la pratique, suffit pour sceller l’union sur le plan religieux entre deux personnes, y compris celui des enfants. Une fois ce mariage célébré, la plupart des familles se limitent à cette célébration religieuse.

« Pour résoudre ce problème sociétal, Il faut partir d’un mécanisme à base communautaire ! »

Le professeur KABUYA, intervenant sur les perspectives dans l’abandon du mariage des enfants

Cette table ronde a été aussi l’occasion non seulement de soulever les problèmes, mais également de proposer des perspectives de solutions. C’est ainsi qu’il a été suggéré par tous les participants de diffuser des informations sur l’âge légal du mariage des enfants qui est fixé à 18 ans, y compris les textes de Loi, les Décrets ainsi que la Convention relative aux Droits de l’Enfant, comme l’a cité madame BAH Moussa Yero.

Ces messages seraient diffusés en différentes langues nationales avec l’implication active d’associations de communicateurs traditionnels. Les jeunes constituent de véritables relais dans ce processus, car ce sont les principaux concernés. Pour les armer, il sera question de les informer sur leurs droits, favoriser des ateliers de partage et d’échanges avec les différents partenaires autour de cette question, sans oublier d’impliquer les enseignants qui sont également en premier lieu concernés.

Toutes ces recommandations devraient permettre de décourager et punir les personnes qui continueront cette pratique néfaste. Selon le professeur KABUYA Muyimona, « c’était une rencontre riche en échanges, à renouveler avec les différentes parties prenantes, pour débattre sur le sujet du mariage des enfants. Une fois que nous avons abordé le sujet sur différents plans, une synergie d’action devrait être mise en place».

Madame Anita INGABIRE B. chef de section protection UNICEF

Anita Ingabire B. Chef de la section Protection de l’UNICEF présente également ce jour, a rappelé que tous les éléments étaient réunis pour favoriser l’abandon du mariage des enfants. Elle a évoqué notamment le lancement de la campagne contre le mariage des enfants en juin dernier « Seule une réponse multisectorielle, et coordonnée à tous les niveaux y compris au niveau des communautés et des familles, nous permettra de mettre fin à cette pratique. J’aimerais, à ce propos, insister sur l’importance de renforcer la capacité du système de protection de l’enfance en Guinée, et particulièrement les Communautés Villageois de Protection de l’Enfant, pour une meilleure protection des enfants contre le mariage précoce et contre toutes autres formes de violences, d’abus et d’exploitation ». Elle saluera ainsi l’implication très active des jeunes dans les différentes activités qui ont marqué la célébration du mois de l’enfant, dont la lutte contre le mariage des enfants était le thème central et ont su exprimer très clairement que tous leurs droits soient respectés.

Madame TOURE Tiranké KABA, Directrice Nationale Adjointe de l’Enfance

Madame TOURE Tiranké KABA, Directrice Nationale Adjointe de l’Enfance clôturera la table ronde en ajoutant que les initiatives déjà réalisées et en cours, doivent être soutenues à tous les niveaux pour mettre fin à cette pratique néfaste. Elle a conclu le débat en remerciant tous les participants ainsi que l’UNICEF et les différents partenaires techniques et financiers tout en réitérant l’engagement du Ministère de l’Action Sociale.

Il s’en suivra une session de questions-réponses avec le public et les autorités présentes ce jour.

Photo de famille des participants à la table ronde

L’on pouvait compter parmi les panelistes autour de la table, Mohamed CAMARA, Directeur National Adjoint des Affaires Consulaires et Juridiques au Ministère des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger, participant à cette table ronde en tant que juriste, KABUYA Muyimona, Professeur d’Université, Consultant en Genre et Droits Humains, Jeanne SOUMAH, membre de la Fédération Guinéenne des Parents et Amis de l’Ecole (APAE), Moussa Yero BAH, journaliste et Présidente de l’ONG Femme Développement et Droits Humains en Guinée, Kadiatou KONATE membre du Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée, Aliou SOUARE Chargé de l’Etat-Civil dans la Commune de Matoto, El hadj Aboubacar Sidiki NABE, Directeur Adjoint du Bureau de Stratégie et de Développement au Secrétariat Général aux Affaires Religieuses, représentant les Affaires Religieuses et le député junior Abdourahamane BAH, du parlement des enfants de Guinée.

La séance a été modérée par monsieur Akoye Hector GUILAVOGUI, Responsable de Division, Protection de l’Enfance à la Direction Nationale de l’Enfance.

Roukiat Guissé, stagiaire, UNICEF Guinée

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