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Grippe aviaire : la filière avicole entre inquiétudes et appréhensions

Des cas d’infections au virus de la grippe aviaire ont été détectés dans des exploitations avicoles à Kati, Sikasso et Bamako. L’information a été donnée la semaine dernière par le ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la Pêche à la suite d’investigations de la direction des services vétérinaires et du Laboratoire central vétérinaire de Bamako. La souche découverte dans notre pays est le H5N1, précise le directeur national adjoint des services vétérinaires dans une interview accordée, à nos confrères de Studio Tamani.

 

«Pas de panique. La situation est parfaitement maîtrisée. Toutes les exploitations touchées par cette maladie sont déjà sous surveillance étroite des services vétérinaires. Les produits issus de ces exploitations ne sont pas sur le marché», rassure le responsable des services vétérinaires.

Dr Boubacar Kanouté insiste : «Nous pouvons donner l’assurance à la population que tous les produits qui sont sur le marché viennent des exploitations qui sont saines». Les acteurs de la filière, eux, sont partagés entre déni et inquiétude. Tee-shirt noir déteint sur les épaules, Zangué Traoré est assis devant ses cages de poulets. Ce jeune originaire de Ségou vend des poulets au marché à volailles de Hamdallaye depuis 2005. La puanteur qui s’y dégage ne semble pas déranger les jeunes assis à côté.

Le manque d’affluence actuel des clients est dû à la cherté de la vie, pense le volailler. Rien à voir avec la présence de cas de grippe aviaire constatée dans certaines exploitations avicoles du pays ? «Je n’ai pas eu connaissance de l’apparition de cette maladie des volailles au Mali», confie Zangué Traoré, d’un air étonné. Le vendeur s’approvisionne chez les producteurs de Moribabougou, Samaya et environs. Il confirme avoir constaté des morts de coqs provenant de chez les producteurs. «Pendant le mois précédent, nous avions constaté que des poulets mourraient en quantité. Sur 70 à 65 sujets, je constatais la mort d’environ 7 à 10», explique-t-il.

Le constat général est que dans ce marché à volaille, clients et vendeurs ne semblent pas au courant de l’existence de cette maladie. Fatoumata Dicko est venue acheter des poulets pour la consommation domestique. Accompagnée de sa sœur pour l’occasion, elle est accueillie par de jeunes rabatteurs. La dernière fois qu’elle en a entendu parler remonte à quatre ans. «C’est inquiétant parce que je ne sais pas comment cette maladie se manifeste», lance-t-elle, avant d’ajouter : «Si c’est confirmé, je vais m’abstenir d’acheter de la volaille».

Même sentiment de peur chez Mohamed Kébé, cofondateur d’une société spécialisée dans la distribution de viande de poulets. Il vient d’acheter 120 sujets qui sont déplumés dans le marché. «J’espère qu’une solution sera vite trouvée. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les affaires», commente-t-il.

à la Fédération des intervenants de la filière avicole du Mali (Fifam), les sentiments sont partagés. Pour le secrétaire chargé des affaires techniques et de la formation, Dr Karimou Konaté, les soupçons relevés par les laboratoires nationaux doivent être confirmés par des laboratoires internationaux agréés par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). «Officiellement, nous n’avons pas l’information confirmant des cas de grippe aviaire. On parle de mortalités massives qui peuvent être dues à la grippe aviaire. C’est différent de dire qu’il y a la grippe aviaire au Mali», spécule-t-il.

En attendant, la Fifam est en train de recenser les aviculteurs qui ont enregistré de fortes mortalités. Elle en informe au fur et à mesure la direction nationale des services vétérinaires, explique Dr Konaté. Il précise que quand l’infection est confirmé, la zone doit être circonscrite avant de procéder à l’abattage systématique de tous les sujets concernés sous le contrôle de l’état, des services vétérinaires et des représentants de l’OIE. Les producteurs touchés doivent être accompagnés, préconise-t-il. Car, «un investissement sur 20.000 sujets par exemple n’est pas loin de 60 à 100 millions de Fcfa», indique-t-il.

Mohamed TOURÉ

Source : L’ESSOR

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