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Révélations sur l’attaque de Fakola : Les autorités étaient informées depuis plus de 20 jours

Des preuves irréfutables montrent que l’attaque par les jihadistes dimanche 28 juin du village de Fakola dans le cercle de Kolondiéba est de l’inertie des autorités face aux alertes de la population sur la présence des groupes armés dans la forêt de Sama. Les révélations d’un villageois.

foret arbre Faya

Lundi 29 juin, un habitant du village de Fakola nous a contactés. Il a bien voulu s’entretenir avec nous sous le sceau de l’anonymat. Selon ses témoignages, un front jihadiste semble se développer dans la forêt de Sama, Commune rurale de Fakola. Ce village, qui héberge les assaillants, est situé à une vingtaine de kilomètres de Fakola et bénéficie d’une forêt dense. Les assaillants qui troublent le sommeil des paisibles citoyens à la frontière ivoirienne se réfugient dans cette localité depuis un moment.

Notre source explique que dans le même temps, les populations ont établi des contacts avec les autorités locales et administratives pour une synergie d’action visant à traquer ces individus dont les comportements laissent persister un doute sceptique. Il s’agissait d’informer les autorités de Bamako pour appuyer les militaires de la caserne de Fakola.

Malgré la volonté manifeste des populations d’informer les autorités d’alors de ce qui se tramait dans cette forêt dangereuse, le commandement militaire n’avait pas pris les alertes au sérieux.

C’est ainsi que les jihadistes ont envahi dimanche tôt le matin le village de Fakola. Le premier groupe aperçu au village était constitué d’une quarantaine de personnes, lourdement armées, souligne notre source. Aussitôt entrés en ville, ils ont trouvé six militaires seulement en service au camp de la localité, qui ont par la suite changé leur disposition tactique de sécurité.

 

Territoire à part

Le peu d’éléments en service a pris la fuite laissant un important matériel d’armement à la portée des ennemis. Durant 6 h, les djihadistes ont mis le village à feu. Aucun corps chargé de la sécurité n’a pu faire face. En plus d’être lourdement armés, notre source, indique que les combattants étaient enturbannés. Ils avaient le drapeau noir-et-blanc et psalmodiaient des versets du Coran. Ils ont d’abord attaqué le camp de la gendarmerie et ensuite le camp militaire.

Les bâtiments administratifs, notamment la sous-préfecture, le domicile du sous-préfet, la mairie, la gendarmerie, le camp militaire, les véhicules de service des militaires et le camp des eaux et forêt ont été brûlés, avant de quitter le village aux environs de 11 h, en direction de la forêt, fief de tout ce le Mali compte comme groupes dangereux dans la frontière ivoirienne. Et d’ajouter que le renfort des forces armées et de sécurité venues vers midi, a poursuivi les assaillants dans le village de Sama. Des pertes humaines ont été enregistrées de tous les côtés. Selon le responsable d’ONG à Fakola, la situation était pire que ce que l’opinion imagine.

La situation a dégénéré par la négligence des autorités. « Au cours de mes enquêtes, le chef du village m’a fait savoir qu’il a formellement adressé une correspondance aux autorités de Fakola relative à la présence d’individus dans la forêt, mais personne n’a réagi pour riposter à la menace. Ils ont leur base dans la forêt de Sama Fakola sert de lieu d’échange commercial… », explique-t-il.

En réalité, toutes les actions menées contre l’Etat malien dans la partie sud ont été planifiées dans la forêt de Sama.

Bréhima Sogoba

 

Source:  L’Indicateur du Renouveau

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