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NOUVEAU GOUVERNEMENT : Un contexte sociopolitique défavorable!

A peine installé, le nouveau gouvernement doit s’atteler à davantage apaiser le front social en instaurant non seulement un dialogue fécond avec tous les fils du Mali, y compris les partis politiques, mais aussi en apportant des solutions concrètes aux problèmes urgents. Telle est la condition sine qua non de son succès.

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Après les multiples commentaires suite à la nomination du nouveau premier ministre et de son gouvernement, l’attention des Maliens se focalise à nouveau sur les difficultés actuelles du pays. Sans être des oiseaux de mauvais augure, nos compatriotes se demandent si le gouvernement d’Abdoulaye Idrissa Maïga est capable d’apporter des solutions aux problèmes que la précédente équipe n’a pas pu résoudre. Il ne serait pas judicieux de faire un mauvais procès à un gouvernement qui vient à peine d’être mis en place, mais toute œuvre humaine doit avoir des fondements solides afin d’avoir des réelles chances de succès. Le team d’Abdoulaye Idrissa Maïga doit s’atteler à davantage apaiser le front social en instaurant non seulement un dialogue fécond avec tous les fils du Mali, y compris les partis politiques mais aussi en apportant des solutions concrètes aux problèmes urgents. En 2013, après des élections présidentielles jugées « acceptables », les dirigeants de la transition politique ont légué au président Ibrahim Boubacar Keita un Mali bien parti pour une sortie de crise idéale. Cependant, le chef de l’Etat s’est mélangé les pinceaux dans la gestion d’une nation qui s’enfonce jour après jour dans le gouffre. Malgré les limites perceptibles de sa gouvernance, les partisans d’IBK implorent la patience des Maliens. Son quatrième premier ministre en autant d’années à la tête du Mali prendra-t-il finalement le taureau par les cornes ou poursuivra-t-il sur la courbe descendante du boss de la République?

Le climat social est loin d’être apaisé au Mali. Le nouveau gouvernement a certes pris le train en marche, mais l’Etat étant une continuité, il doit s’atteler à désamorcer les bombes latentes que représentent certains mouvements sociaux. En dépit de la fin de la grève des médecins, il existe d’autres terrains dangereux pour le gouvernement. Au nombre de ceux-ci se trouve aujourd’hui le football. Le 8 mars dernier, le ministre des Sports, Housseini Amion Guindo a dissout le bureau de la fédération malienne de football (Femafoot) dirigé par l’inspecteur général de police à la retraite Boubacar Diarra « Baba ». Les partisans et les opposants à cette décision ministérielle continuent de se regarder en chien de faïence.

Contestations

Comme réponse du berger à la bergère, le Collectif des ligues et clubs majoritaires, un regroupement favorable à la dissolution de la Femafoot, a organisé mardi dernier une marche de soutien à l’initiative du ministre Guindo. Une manifestation qui faisait suite à celle organisée quelques jours plutôt par les partisans de la Femafoot dissoute. En l’espace d’une semaine, le nouveau PM a reçu dans ses bureaux des représentants des deux camps. Et dans son message aux marcheurs relayé par la cellule de communication de la Primature, Abdoulaye Idrissa Maïga a appelé à l’apaisement et s’est voulu rassurant quant à la gestion diligente de cet épineux dossier par le gouvernement. Combien de temps les Maliens devront-ils encore patienter pour dire adieu aux tensions liées à l’une des plus graves crises du football national?

Des interrogations demeurent aussi quant à une possible collaboration entre le gouvernement et l’opposition politique. Contrairement aux discours réunificateurs du chef de l’Etat, l’opposition ne fait pas partie du gouvernement. Cette absence représente des compétences de moins pour l’équipe dirigée par Abdoulaye Idrissa Maïga. Et pour ne rien arranger entre les deux parties, l’Union pour la République (URD) exige l’annulation du décret de nomination des membres du gouvernement Abdoulaye Idrissa Maïga. L’URD vient d’adresser une requête au président de la section administrative de la Cour Suprême à ce sujet. Le chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaïla Cissé, et ses camarades estiment que la composition du gouvernement ne respecte pas la loi et le décret instituant la promotion du genre. « S’il est théoriquement évident que le président de la République nomme les membres du gouvernement sur proposition du premier ministre, il est tout de même incontestable que ce dernier, en proposant une liste de 35 personnes dont 8 femmes, soit moins de 30% de l’effectif, a méconnu la loi N°2015-052 en date du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives », explique clairement la lettre du parti de la poignée de mains à la section administrative de la Cour Suprême.  Une autre épine entre les pieds du nouveau gouvernement, dont l’opposition conteste la légitimité.

Au-delà de l’opposition politique, le nouvel exécutif ne peut pas compter sur la majorité présidentielle dans sa plénitude. Cette dernière est minée par des divergences internes et des frustrations. Beaucoup de partis politique de la majorité ne se sentent plus obligés de soutenir les actions d’un gouvernement dont ils ne font pas partie. Déçues par la gouvernance actuelle, d’autres formations de la même majorité envisageraient de se lancer à la course au palais présidentiel l’an prochain.  Pour ces formations peu importent le gouvernement et ses œuvres, l’essentiel étant de ne pas manquer le rendez-vous présidentiel de 2018. Dans ces conditions, le gouvernement semble mal loti s’agissant de la mobilisation d’une majorité forte derrière ses actions.

Ogopémo Ouologuem

(correspondant aux USA)

 

Source: lesechos

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