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Mme Sacko Kady Kamissoko, présidente de l’association des sœurs unies des logements sociaux de N’tabacoro : “Si les femmes sont valables, elles finiront par prendre leurs places par mérite et non par favoritisme lié au genre…”

Présidente de l’Association des Sœurs unies des Logements sociaux de N’Tabacoro, Mme Sacko Kady Kamissoko estime que la Journée internationale des droits de la femme, célébrée le 8 mars prochain, est une belle occasion pour la société civile et les pouvoirs publics pour faire le bilan des acquis et envisager les perspectives en matière des droits des femmes. Il s’agit aussi de faire entendre leurs aspirations toujours dans un processus d’amélioration des conditions des femmes. Elle est convaincue que les femmes doivent continuer à se battre par la qualité de leur formation.

Aujourd’hui-Mali : Pouvez-vous vous présentez ?

Mme Sacko Kady Kamissoko : Je suis la présidente de l’Association des Sœurs unies des Logements sociaux de N’Tabacoro

Quel sens donnez-vous à la Journée internationale des droits de la femme ?

La Journée internationale des droits des femmes, officialisée par l’ONU en 1977, est célébrée pour évaluer le chemin parcouru par les femmes dans le cadre de leur émancipation politique et socioéconomique. C’est l’occasion pour la société civile et les pouvoirs publics de faire le bilan des acquis et d’envisager les perspectives en matière de droits des femmes, mais aussi pour faire entendre leurs aspirations toujours dans un processus d’amélioration des conditions des  femmes.

“Leadership féminin, pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19”, est le thème international de l’édition 2021, quel est votre point de vue par rapport ça ? Et sur le thème national qui est “Leadership féminin, pour plus d’égalité au Mali dans le contexte de la Covid-19” ?

Le mouvement féministe se développe très rapidement au Mali.  Nous avons un ministère dédié à la Femme, plusieurs ONG et des associations. Partout au Mali, les femmes sont organisées en dehors même des clivages politiques pour la défense de leur cause légitime. Au sein de ces différents regroupements toutes les problématiques sont abordées : de la pauvreté à l’éducation des enfants, en passant par l’emploi, l’hygiène, l’assainissement, la cessation des violences faites aux femmes, etc. Donc par rapport à la santé et particulièrement la Covid-19, les femmes sont en première ligne en tant qu’éducatrices, mères et actrices économiques. Leur rôle est primordial.

Est-ce que vous pouvez nous parler de votre (association, entreprise, poste…)

L’Association des Sœurs unies des Logements sociaux de N’Tabacoro dont le sigle est Asulost” est l’initiative des femmes des logements sociaux de N’Tabacoro qui dispose d’un récépissé de déclaration d’association n°018 du 13 janvier 2016. Elle compte au jour d’aujourd’hui 302 femmes et œuvre pour les objectifs suivants :

–      Renforcer la cohésion sociale et la solidarité entre toutes ses adhérentes,

–      Promouvoir l’hygiène, l’assainissement et la protection de l’environnement,

–      Améliorer les conditions de vie des femmes à travers des activités de formation génératrices  de revenus au  profit de ses membres. C’est connu que lorsque la femme gagne, c’est toute la famille qui en profite.

–      Engager à jouer notre partition dans le développement de notre cité en lui donnant, par nos efforts de tous les jours, par engagement et dévouement pour servir la cause humaine à travers les opérations de dépistage sur le col de l’utérus, du cancer de sein, de don de sang pour aider les centres hospitaliers à sauver des vies. En clair, pour contribuer à la santé des populations de la cité et au-delà.

A votre avis, quel est le rôle que la femme malienne joue ?

La femme malienne a été de tous les combats socioéconomiques et politiques et ce depuis la colonisation jusqu’à nous jours en passant par les indépendances et les luttes pour la démocratisation. Aujourd’hui, la priorité concerne l’égalité des chances, l’émancipation et la réduction de la pauvreté. Il y a aussi des pesanteurs culturelles à éradiquer.

En réalité, quelle est sa situation ?

La situation est très contrastée selon les milieux et les niveaux de vie. On peut citer, entre autres, les atteintes aux droits des femmes résultant du vide juridique et de la persistance des traditions et pratiques néfastes, les mutilations génitales féminines et autres pratiques néfastes à la santé des femmes, les violences domestiques, la discrimination en matière d’emploi et la participation de la femme à la vie politique et publique et sa représentation à l’échelle internationale, la discrimination dans tous les domaines de la vie économique et sociale, le trafic et l’exploitation de la prostitution des femmes, les violences comme le mariage forcé et le lévirat, etc.

Nous assistons aujourd’hui à la recrudescence de la violence faite aux femmes, quel message à l’endroit des autorités ?

Il revient aux autorités de légiférer dans ce sens, même si je pense que les textes actuels portant sur les coups, blessures, injures et traitements inhumains et dégradants peuvent s’appliquer.

Avez-vous une fois été victime ?

Non pas directement Dieu merci.

C’est quoi l’entreprenariat féminin

Pour moi c’est la création et le développement d’entreprises par les femmes. Ce concept a pris depuis une dizaine d’années une importance croissante dans la plupart des pays aussi bien industrialisés que ceux en développement, mais nous savons tous qu’au Mali les femmes ont toujours été entreprenantes dans tous les domaines : maraîchage, transports, BTP, etc.  Il faut juste un soutien accru des structures de financement.

Peu de femmes qui occupent les postes de responsabilité dans notre pays, qu’est-ce qu’il faut pour changer la donne ?

Continuer à se battre par la qualité de la formation des femmes. Pour moi c’est la qualité qui compte dans tous les domaines. Si les femmes sont valables, elles finiront par prendre leurs places par mérite et non par favoritisme lié au genre.

Avez-vous reçu de distinctions dans votre carrière ?

Non !

Avez-vous en tant  présidente de l’Association un message à l’endroit de vos sœurs et filles ?

Je suis présidente par la volonté et le choix de mes sœurs, un choix dont je suis honorée, le message que j’ai à dire à toutes et à tous en ce jour de célébration du 8 mars Journée internationale de la femme c’est le pardon, la réconciliation, l’unité pour sauver notre cher pays qui traverse une crise difficile. Je ne parlerai plus du grand rôle que la femme, mère, épouse, sœur et fille peut jouer pour la paix des cœurs. Puisse Dieu le Tout Puissant bénir nos actions.                                 Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA

Source: Aujourd’hui-Mali

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