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« Mana mana ko », le nouveau message de Mylmo aux Maliens

Dans Manamanako, titre extrait de son troisième album programmé en mai, le rappeur de 31 ans dénonce les tares de la société malienne et de la classe politique avec un style dont lui seul a les secrets. Le nouveau est disponible sur les plateformes de téléchargement depuis ce mardi.

Décor bleu ciel et noir, une dizaine de trophées sur des étagères, des haut-parleurs bruissent. A Sokorodji, quartier populaire situé au Sud de Bamako, dans un studio, les frères de la rue (FDR), Mylmo, Fouken- J et R-Flay sont en répétition. A l’absence du quatrième élément du groupe de Rap, créé en 2012,  Penzy, en voyage aux USA, les trois artistes et l’ingénieur de son, Bala, préparent leur deuxième compilation.

« Les gens pensent que notre groupe n’existe plus, mais les Frères de la rue sont toujours ensemble », précise Mylmo N Sahel. T-shirt gris glissé sur un pantalon marron, Smartphone en main, l’air décontracté, le rappeur de 31 ans sort ce mardi un nouveau titre, ‘’Mana mana ko’’.  Le morceau est un extrait de son troisième album ‘’Safa’’ dont la sortie officielle est programmée en mai. Touche particulière : le futur album, composé au moins de quinze titres, contiendra trois featuring avec trois gros calibres de la musique africaine : Cheick Tidiane Seck, Ismaël Isac et Rokia Traoré. « C’est la preuve que le Rap n’est pas une musique de délinquants », défend l’artiste, les doigts sur la barbe. « C’est un symbole de sagesse », plaisante-t-il.

Interrogé sur les dérapages de la jeune génération de rappeurs maliens, Mylmo temporise.  « C’est un phénomène de mode, ça va passer », espère-t-ilEt d’ajouter: « le Rap est né arrogant. C’est à nous de l’adapter à nos valeurs ».

Marié et père d’un garçon, ce fils de cordonnier revendique ses origines avec fierté. Né au Gabon et élevé au Mali par son oncle, Hamey Soumbounou, parolier de renom, Mylmo a remporté son premier prix de meilleur rappeur et meilleur parolier du Mali en 2009. Deux ans plus tard, il décroche le même trophée avec son premier album intitulé « wuli bali » (vérité crue en français). Son idole : le rappeur français d’origine congolaise Youssoufa. « Je l’écoute beaucoup, parce qu’il a une belle plume. Ses textes sont bien inspirés », explique-t-il.

Diplômé du Conservatoire Bala Fasséké Kouyaté, en multimédia, celui dont le thème de mémoire portait sur « la problématique de la dépendance au tabac » a arrêté de fumer depuis quelques semaines.  Si ses collaborateurs, R-Flay et Bala n’y croient pas trop, Mylmo, lui, compte bien vaincre son appétit pour  pour la cigarette. La raison : préserver son timbre vocal.

Ce mois de février dans son agenda artistique figure, deux grands rendez-vous: le Festival sur le Niger à Ségou et le Festival du vivre ensemble à Tombouctou.

Jamais à court d’inspiration, le plus poète des rappeurs maliens prépare son premier roman titré « Ma femme m’a tué », dans lequel il raconte l’histoire d’un homme riche mort ruiné par son épouse.

À 31 ans, il compte réaliser un rêve: construire à Sokorodji un Centre de formation pluridisciplinaire pour les enfants et les personnes du troisième âge. « Dans ce quartier, la majorité des enfants sont issus de familles pauvres. Avec un Centre de formation, ils pourront apprendre des métiers, les jours où ils ne vont pas à l’école. La nuit, les personnes âgées peuvent apprendre à lire le Coran », explique-t-il.

Les fondations du futur centre ont été construites, mais l’artiste manque encore de fonds nécessaires pour réaliser son projet.

En attendant, les fans peuvent se régaler avec ‘’Mana mana ko’’.

Lassina NIANGALY

Le Jalon

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