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Macron veut ouvrir “une page d’avenir” avec l’Algérie

Première visite officielle du président français à Alger 
    * Il appelle à un partenariat "pragmatique" et "dépassionné" 
    * Création d'un fonds d'investissement franco-algérien 
    * Un "geste" mémoriel 


 
 (Actualisé avec conférence de presse, détails) 
    par Lamine Chikhi et Sophie Louet 
    ALGER/PARIS, 6 décembre (Reuters) - Emmanuel Macron, en 
visite-éclair à Alger, a exprimé mercredi le voeu d'ouvrir "une 
page d'avenir" avec l'Algérie loin des passions et antagonismes 
passés dont il a regretté qu'ils "bloquent" encore le 
partenariat entre la France et son ancienne colonie. 
     Dix mois après ses propos qualifiant la colonisation 
française de "crime contre l'humanité", le chef de l'Etat, qui a 
rencontré le président Abdelaziz Bouteflika et déjeuné avec des 
membres de la société civile, a appelé à des "gestes 
réciproques" pour aider au travail de mémoire. 
    Pour cette première visite officielle en Algérie, il s'est 
ainsi dit prêt à ce que la France restitue les crânes d'insurgés 
algériens tués au XIXe siècle par l'armée française et conservés 
au Musée de l'Homme à Paris. 
    Pressé par des jeunes, lors d'un bain de foule dans le 
centre d'Alger, de "donner des visas", le président français a 
défendu un partenariat économique ambitieux entre les deux pays 
afin de donner des perspectives locales à la jeunesse. 
    "J'ai vu ce matin trop de jeunes qui m'ont simplement 
demandé d'avoir un visa. Ce n'est pas un projet de vie", a-t-il 
déclaré lors d'une conférence de presse à l'issue de son 
entrevue avec Abdelaziz Bouteflika. 
    "Construire les choses" de manière "pragmatique", 
"dépassionné" : le président français a assorti son message de 
renouveau de deux annonces. 
     
    "MOI JE NE SUIS PAS BLOQUÉ" 
    La création d'un fonds d'investissement franco-algérien "qui 
permettrait d'accompagner les entrepreneurs algériens 
investissant en France et les entrepreneurs français désireux de 
se rendre en Algérie." Le chef de l'Etat n'a pas précisé le 
montant de ce dispositif. 
    Il a en outre annoncé la fondation prochaine d'une école 
pour la formation des jeunes en matière de numérique, sur le 
modèle de l'école "42" de Paris créée, notamment, par Xavier 
Niel. "Le jeunesse veut faire et nous devons la laisser faire". 
    "L'ambition que j'ai pour la relation entre l'Algérie et la 
France n'a rien à voir avec ce qu'on a fait depuis des 
décennies. C'est une histoire nouvelle qui s'écrit", a souligné 
Emmanuel Macron. 
    Il a vivement répliqué à un journaliste algérien qui 
l'interrogeait sur la période coloniale : "Ne me posez pas les 
questions d'il y a vingt ans, de quelqu'un qui vit encore dans 
des complexes qui n'ont plus cours." 
    "Ses repères bloquent la relation bilatérale, ils ne 
m'intéressent pas", a-t-il lancé. 
    "Moi je ne suis pas bloqué, je suis très décomplexé. J'ai 
dit les choses sur le passé (...) j'ai reconnu les choses, 
toutes les pages, j'ai demandé aussi des efforts au gouvernement 
algérien parce qu'il y a chez moi des Françaises et Français qui 
aiment furieusement l'Algérie, qui veulent pouvoir y revenir", 
a-t-il poursuivi en appelant de ses voeux une relation "d'égal à 
égal" qui ne soit pas "étouffée". 
    Dans un entretien au quotidien algérien El Watan, le 
dirigeant de 39 ans affirme ne pas être "otage du passé". 
     
    "LES OBSTACLES EXISTENT" 
    "C'est une page d'avenir que je viens ouvrir avec la 
nouvelle génération algérienne, qui doit regarder différemment 
la France, qui doit regarder différemment les promesses de son 
pays", a-t-il insisté en marge de son bain de foule. 
    "Tourner la page" - un souhait exprimé par ses prédécesseurs 
à l'Elysée - s'annonce difficile, selon les observateurs. "La 
France est restée 130 ans en Algérie et donc, pour tourner la 
page, c'est difficile car elle est lourde. Il faut la lire et 
cela prend du temps", a souligné l'historien Benjamin Stora, qui 
a accompagné Emmanuel Macron à Alger, sur France Inter. 
     "Bien sûr, les obstacles existent", reconnaît Emmanuel 
Macron dans El Watan, "mais il nous appartient de les surmonter 
avec tous les acteurs de nos sociétés" 
     L'Algérie est devenue au cours de ces dernières années un 
acteur clef dans la résolution des conflits régionaux, en Libye 
mais également au Sahel où la France est présente militairement 
via son opération antiterroriste Barkhane.  
    Quelques jours seulement après son élection, Emmanuel Macron 
avait haussé le ton, prévenant que la France ferait preuve d'une 
"exigence renforcée" vis-à-vis de ses partenaires, notamment de 
l'Algérie, soupçonnée d'apporter son soutien, à Iyad Ag-Ghali, 
chef du mouvement djihadiste malien Ansar Dine  .  
    "Ma position n'a pas changé", indique-t-il à El Watan. 
"J'attends une coopération totale de tous ceux qui partagent 
l'objectif d'une paix durable au Mali. Et en effet j'attends 
beaucoup de l'Algérie" dans la lutte contre le terrorisme.  

boursorama.com

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