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Macron et l’Afrique : Adieu la Françafrique?

Avant sa victoire à l’élection présidentielle française, nombreux sont ceux qui ont reproché à Emmanuel Macron de ne pas avoir de programme de campagne à proposer au peuple français. Encore aujourd’hui, on estime que certains points de son “projet” demeurent trop flous. Il en va de même de sa politique africaine.

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En effet, même s’il s’est exprimé à plusieurs reprises sur ce sujet, il n’a pas stipulé précisément son programme, hormis qu’il souhaitait mettre fin à la Françafrique, une expression souvent utilisée de façon péjorative pour désigner la relation spéciale, qualifiée de néo-coloniale, entre la France et ses anciennes colonies en Afrique. Mais quel président français de ces dernières années n’a pas émis ce souhait?

“Tout d’abord, je tiens à agir dans la transparence, loin des réseaux de connivence franco-africains et des influences affairistes dont on a vu que, malheureusement, ils subsistent encore dans le système politique français, en particulier à droite et à l’extrême-droite. Dans cet esprit, je veux m’appuyer sur les forces vives africaines et françaises : les intellectuels, les ONG, les entreprises françaises et africaines, la diaspora française en Afrique et africaine en France. ”, a expliqué le candidat Macron à Jeune Afrique quelques jours avant sa victoire aux présidentielles.

Toujours dans cette interview, le désormais président de la République française qui n’a cessé de décrire l’Afrique comme “un continent d’avenir”, a émis le voeux d’accorder “plus d’attention et de place à la jeunesse africaine, qui est dynamique et créative, et au développement du secteur privé”. Sa vision de la politique française pour l’Afrique semble ainsi axée sur un resserrement des relations étatiques avec la société civile africaine. Mais, comment va-t-il s’y prendre concrètement?

Il va “relancer l’aide bilatérale en Afrique, mobiliser plus de financements publics et privés pour financer les PME et les infrastructures africaines, et promouvoir le rôle des femmes en doublant le financement des projets liés à l’égalité femmes-hommes”, a-t-il expliqué dans l’édition du 12 avril 2017 du quotidien français Le Monde.

Par ailleurs, interrogé sur l’avenir du Franc CFA qui continue à faire l’objet d’un vif débat sur le continent africain, il a fait savoir que le choix appartenait d’abord et avant tout aux Africains. “Je note qu’en général les gouvernements africains restent, avec raison, attachés aux deux espaces monétaires (Afrique centrale et Afrique de l’Ouest) qui constituent la zone du franc CFA et qui contribuent à la stabilité économique et à l’intégration régionale. Je serai entièrement à l’écoute des souhaits de nos partenaires dans ce domaine de coopération exemplaire.”, a souligné le président français encore candidat à l’époque auprès de Jeune Afrique.

Enfin, quant à la question de la sécurité sur le continent africain vis-à-vis de la lutte contre le terrorisme, Emmanuel Macron, que beaucoup décrit comme étant l’héritier de François Hollande, prévoit d’allier tous les pays concernés (l’Union africaine, le G5 Sahel et l’Algérie, la Tunisie et le Maroc) aidé du renseignement américain. Ainsi, l’Afrique subsaharienne va rester un théâtre d’opérations où la France ne pourrait pas se désengager à court terme, notamment au Mali. Emmanuel Macron semble donc vouloir garder une influence française militaire en Afrique mais davantage basée sur un renforcement de la coopération entre pays. Il a en effet, a précisé qu’il “faudra agir en étroite coordination avec l’Union africaine”.

Vitraulle Mboungou

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