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Lutte contre la déforestation au Mali : les Jeunes de Moribabougou perpétuent un rite

En marge de la campagne de reboisement 2017, l’Association Jeunesse Unie pour le Développement de MORIBABOUGOU (JUD) a organisé une journée de reboisement dans ladite commune .C’était le samedi 22 juillet.

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Une tradition. Depuis plusieurs années, à travers le projet ‘’Nous devons à notre environnement’’, laJUD plante chaque année des  pieds d’arbres dans la Commune de

MORIBABOUGOU.   Demba  Dramane TRAORÈ, ex- président de l’association, explique cet engagement par la conscience des siens de l’importance de l’arbre dans l’écosystème. Les jeunes de Moribabougou envisagent lutter contre la déforestation par ces actions.

L’association mène ces activités avec  l’accompagnent  de partenaires de bonne volonté. Mais également grâce au dévouement de ses membres, a rappelé Traoré,avant d’exhorter d’autres acteurs à s’impliquer pour la protection de l’environnement dans la commune.

Dognoume DIARRA

 

La place de l’arbre dans l’écosystème et dans la vie de l’homme

 Rôle psychologique :

L’arbre peut renforcer l’attention spontanée et détendre le système sensoriel. On peut aiguiser notre concentration lorsqu’on se promène dans des espaces verts. Des études ont montré que les patients hospitalisés qui peuvent regarder des arbres guérissent plus rapidement et souffrent moins de complications que ceux qui n’ont pas accès à ce type de paysage. (FAO, 1995). De plus, de nombreux panoramas où dominent les arbres stimulent la reprise psychologique car il provoque des sentiments positifs, atténuent les émotions négatives telles que la peur, la colère et la tristesse, peuvent bloquer ou réduire les pensées créatrices de tension nerveuse (Bory, 2000)

  • Rôle de détente et de loisir :

Les arbres donnent une fourniture directe et/ou indirecte d’ombre et ont une valeur récréative puisqu’ils représentent une aire de jeux et de détente pour les enfants.

  • Rôle d’isolation phonique :

Les arbres et autres types de végétaux peuvent former des écrans qui ont la capacité de réduire l’intensité du bruit engendré par la circulation des véhicules sur les routes et par les industries bruyantes. Selon des études, environ 20% de la population est gêné par les bruits de la rue. Le bruit peut atteindre des niveaux de 100 dB de façon intermittente et 75 dB en permanence à proximité des principales routes urbaines. Or une exposition prolongée à des niveaux sonores de 85 à 90 dB(A) peut entraîner la perte de l’ouïe. Pour être efficace les écrans végétaux doivent être denses, hauts et larges (25 à 35m de largeur), leur efficacité est d’autant meilleure s’ils sont situés à proximité immédiate de la source de bruit.

  • Rôle décoratif :

L’utilisation de végétaux dans les aménagements paysagers spécifiques comme les jardins, les parcs d’ornements mais également dans des conceptions plus naturelles (végétation de berges) ou plus rigides (autoroute, immeuble), permet de décorer et d’embellir les espaces, surtout urbain. De plus la présence de l’arbre est rassurante.

  • Rôle de traitement des maladies :

Les forêts réduisent les maladies infectieuses. Les forêts tropicales non perturbées peuvent exercer un effet modérateur sur les maladies provoquées par les insectes et les animaux.
De nombreuses plantes sont utilisées également dans la médecine africaine. Celles-ci permettent des traitements par méthode douce de maladies de tout genre. En Afrique de l’Ouest plus de 80% de la population a recours à la médecine traditionnelle et aux plantes médicinales pour ses soins de santé primaire.

Le rôle de l’arbre pour les écosystèmes 

Rôle de lutte contre la pollution :

Les arbres ont également un rôle important à jouer dans la purification de l’air, ils absorbent et neutralisent de nombreux polluants gazeux (ozone, dioxyde de soufre, etc) et interceptent les matières particulaires. Les arbres soutirent de l’atmosphère le CO2, le gaz à effet de serre le plus répandu pendant la photosynthèse et piègent dans la biomasse ligneuse. Les chercheurs estiment qu’un arbre planté en milieu urbain peut séquestrer de 5 à 10 fois plus de carbone qu’un arbre planté dans les secteurs ruraux.

Un arbre en bonne santé est capable de soutirer de l’air de plus de 7000 particules de poussière/litre d’air, on ne peut nier alors qu’il est un « appareil » de climatisation et de purification efficace. Dans beaucoup de villes du monde en développement, la concentration et la composition des polluants atmosphériques sont déjà à même de provoquer des maladies chez des sujets vulnérables et la mort prématurée des personnes âgées, notamment celles atteintes de troubles respiratoires. Au niveau du sol, les structures végétales de type haie, constituent d’excellents régulateurs, en absorbant tout ou une partie des produits phytosanitaires utilisés en excès sur les parcelles cultivées (engrais, pesticides), limitant ainsi les problèmes de pollution de sols, de rivières ou de nappes phréatiques.

  • Rôle de lutte contre le ruissellement et l’érosion :

Les arbres interceptent et emmagasinent l’eau de pluie à la surface des feuilles et des branches, réduisent la descente vers le sol, favorisent son infiltration, diminuant ainsi le ruissellement et l’érosion et retardant la formation des débits de pointe. Les forêts urbaines peuvent également servir de laboratoire vivant pour l’éducation environnementale et en milieu urbain. Elles contribuent à combler le fossé entre les populations urbaines et les forêts.

  • Rôle de protection

La forêt abrite 80% de la biodiversité terrestre. Elle protège donc la diversité et constitue l’habitat de nombreuses espèces animales et végétales.

Impact de l’homme sur l’arbre : la déforestation

Il y a 4 siècles, 66 % des terres étaient recouvertes de forêt, aujourd’hui, seulement un tiers. Alors qu’en 1990 les forêts couvraient environ 4,128 milliards d’hectares ou 31,6 % de la superficie mondiale des terres, en 2015 elles ne couvraient plus que 3,999 milliards d’hectares soit 30,6 % (FAO, 2015). Selon le World Resources Institute, 80 % de la couverture forestière mondiale originelle a été abattue ou dégradée, essentiellement au cours des 30 dernières années. Au total, quelque 129 millions d’hectares de forêts – une superficie presque équivalente en taille à l’Afrique du Sud – ont été perdus depuis 1990. Tous ces chiffres sont alarmants et montrent une surexploitation de l’homme, avide de conquête. La déforestation touche toutes les forêts tropicales, en particulier en Amazonie, en Afrique équatoriale et en Asie du Sud-Est (Indonésie). Ces actions ont des conséquences importantes, du fait notamment de tous les rôles que l’arbre assume.

Les conséquences de la déforestation

La perte de biodiversité :

Les forêts hébergent plus de 80% de la biodiversité terrestre et représentent l’un des derniers refuges pour de très nombreuses espèces animales et végétales. C’est pourquoi, la déforestation est une catastrophe aussi bien pour l’Homme que pour les autres espèces puisque on estime que 27 000 espèces animales et végétales disparaissent chaque année à cause d’elle. Cette perte de biodiversité, qui peut être irréversible, coupe l’humanité de services et ressources inestimables. En effet, les systèmes alimentaires sont fortement dépendants de la biodiversité et une proportion considérable de médicaments est directement ou indirectement d’origine biologique.

Ainsi, les forêts tropicales fournissent une panoplie de plantes médicinales servant aux soins de santé. 80% des habitants des pays en développement dépendent des médicaments traditionnels : 50% d’entre eux proviennent de la forêt. Et plus d’un quart des médicaments modernes sont tirés des plantes forestières tropicales !

  • L’aggravation des maladies :

Contrairement aux idées reçues, les forêts réduisent les maladies infectieuses. Les forêts tropicales non perturbées peuvent exercer un effet modérateur sur les maladies provoquées par les insectes et les animaux. Environ 40 % de la population mondiale vit dans des régions infestées par le paludisme. Or, dans les zones fortement déboisées, le risque de contracter cette maladie est 300 fois plus élevé que dans les zones de forêt intacte !

  • Diminution de la ressource en eau :

Les forêts aident à reconstituer les nappes phréatiques si cruciales pour l’eau potable. Ainsi, les trois quarts de l’eau accessible proviennent de bassins versants forestiers.

  • Les changements climatiques :

La déforestation contribue également à libérer des tonnes de CO2 dans l’atmosphère et contribue ainsi à l’effet de serre

Bien sûr, ces pertes sont en partie compensées par le reboisement. Malheureusement le déclin s’accélère et la reforestation ne peut compenser, dans un temps court, les pertes d’espèces (dont la valeur peut être inestimable) qui vivaient dans les forêts défrichées. De plus, le reboisement volontaire masque trop souvent la plantation d’espèces qui ne sont pas adaptées à leur milieu ou qui ne favorisent pas une biodiversité riche (à cause d’une monoculture).

Les forêts sont un des habitats naturels des espèces sauvages. Si ces habitats ne sont pas protégés et sont détruits, les espèces sauvages fuient alors ces endroits pour trouver un nouvel environnement bon pour leur survie. Mais c’est durant cette fuite qu’ils peuvent se faire capturer par des commerçants qui réalisent ensuite un trafic illégal. La protection des forêts et des arbres est donc importante. La plantation de nouveaux arbres peut aussi permettre de recréer des habitats naturels aux espèces sauvages.

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