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Levée de l’embargo: le Mali va-t-il capituler ?

Le Premier ministre DR Choguel Kokalla défenestré et sacrifié pour apaiser le courroux politique et la formation d’un gouvernement d’union nationale ou un gouvernement d’ouverture pour sacrifier aux diktats de la CEDEAO, tels seraient les termes d’un accord secret conclu entre Koulouba et le médiateur Goodluck Jonathan. Voilà ce que rapportent les réseaux sociaux ce lundi 27 juin 2022, sans tirer les conséquences d’un tel accord. Fantasmes ou bruits de couloirs, l’hypothèse n’est pas dantesque, mais simplement shakespearienne. Mais en haut lieu, elle ne fait pas sourire, car elle est synonyme de capitulation sans la fin de la bataille des autorités face aux impositions de la France et de la CEDEAO.

 

Le souhait de voir l’actuel locataire de la Primature céder son fauteuil à un autre politique moins clivant, plus perméable à la défense des intérêts de la France et la communauté internationale.
Toutefois, à part quelques petites chapelles marginales, aucun parti ou aucun regroupement politique n’a fait du départ de Choguel Kokalla Maïga la condition sine qua num de son soutien à la transition.
La ligne de fracture, pardon la friture entre les autorités de la Transition et la ‘‘classe politique’’ adoubée par la communauté internationale, est la hiérarchie des priorités et missions assignées à la Transition. Tandis que l’ancienne majorité politique disait qu’il faut des élections ici et maintenant comme l’avait préconisé le chronogramme du gouvernement Ouane (27 février 2022 pour la présidentielle) les autorités de la rectification estiment comme l’ancien ministre des Affaires étrangères Thiéman Hubert Coulibaly le 5 novembre 2012 que les prochaines élections ne pourraient être organisées que si le nord du pays était libéré.
Pour rappel, celui qui anime l’opposition depuis Abidjan où il s’est réfugié avait déclaré : « je ne vois pas comment on peut prétendre organiser des élections alors que des territoires sont occupés. C’est pour piéger 4 millions d’habitants ? Nous voulons vite organiser les élections, mais pas celles de la honte ».
Quelle différence y a-t-il aujourd’hui entre la situation sécuritaire du Mali d’avril 2012 et celle d’aujourd’hui ?
Mais comme une partition bien coordonnée les ‘‘politiques’’ en marge des aspirations du peuple et la communauté internationale soufflent bizarrement dans la même trompette en exigeant conjointement le respect de la durée de la Transition et la tenue de la présidentielle le 27 février 2022.
Pendant que la Charte de la Transition dit que «la durée de la Transition est fixée conformément aux recommandations des Assises nationales de la Refondation. La Transition prend fin avec l’élection présidentielle organisée par les autorités de la Transition, la prestation de serment et la passation des charges au nouveau Président élu. » (Article 22 nouveau).
Dans un contexte similaire, l’Organisation des Nations Unies, à travers le Conseil de sécurité dans sa résolution N°2100 du 25 février 2013 qui a mis en place la Minusma, avait engagé «les autorités de transition maliennes à tenir des élections présidentielles et législatives libres, régulières, transparentes et sans exclusive, dès que ce sera techniquement possible». Il n’est pas inutile de souligner «DÈS QUE CE SERA TECHNIQUEMENT POSSIBLE».

Neuf (9) ans plus tard, le même conseil de sécurité, à contre-courant des aspirations légitimes des Maliens réduit la crise que le pays traverse à sa simple dimension électorale et exige dans résolution N°2584 du 29 juin 2021 «toutes les parties prenantes maliennes à faciliter la reprise et la pleine réalisation de la transition politique et le transfert du pouvoir aux autorités civiles élues, réaffirme à cet égard l’impérieuse nécessité de respecter la période de transition de 18 mois qui a été décidée lors de la réunion des chefs d’État de la CEDEAO tenue le 15 septembre 2020 et qui est définie dans la charte de transition, réaffirme également le calendrier électoral annoncé qui prévoit que les élections présidentielles et législatives doivent avoir lieu le 27 février 2022, et demande que soit rapidement mis en place le mécanisme visant à assurer le respect de la transition politique dans les délais fixés qui devrait associer étroitement l’Organisation des Nations Unies et les autres partenaires essentiels du Malié.
Simplement coïncidence ou pronunciamiento contre le Mali et les intérêts du Mali ? L’histoire le dira comme elle retiendra qu’en érigeant le rétablissement de la sécurité comme la mère des priorités le colonel Assimi Goïta et ses compagnons d’armes ont été en phase avec les attentes du peuple.
Ces politiciens patentés qui ont trinqué avec tous les régimes vont-ils renoncer à leurs exigences (durée de la Transition à 18 mois et priorité aux élections) pour la tête de Choguel Kokalla Maïga ? Fils du Mali, ils sont tout de même des hommes d’honneur pas que de vils chercheurs de place…
L’adoption et la promulgation de la loi électorale envers et contre la position du gouvernement et du M5-RFP ont donné du vent au moulin des adversaires du Premier ministre. En hissant la question sur le plan des principes, ceux qui demandent la démission du Premier ministre font flop et se plantent sur toute la ligne. Car aucun principe républicain n’oblige un gouvernement à démissionner parce que le parlement n’est pas allé dans son sens sur un texte. Un peu de respect pour ces honorables qui n’ont pas été «nommés » que pour applaudir le gouvernement. Ils sont chargés de veiller à l’orientation, au contrôle et au suivi-évaluation de la feuille de route de la transition (article 16 de la Charte de la Transition) après avoir adopté «le Plan d’action de la Feuille de route de la transition présenté́ par le Premier ministre (article 15 de la Charte de la Transition).
Que le CNT ne suive pas le gouvernement, que le président de la Transition passe outre le mémorandum du M5-RFP et promulgue la loi électorale, c’est un fait que nul ne peut négliger. Mais conditionner la démission du Premier ministre à l’adoption d’un texte sur lequel le gouvernement n’avait pas engagé sa responsabilité, c’est méconnaître les procédures parlementaires et les relations entre Exécutif et législatives. Rien n’oblige dans les principes et le cas présent le gouvernement à démissionner si ce n’est pas un problème d’ego et de susceptibilité. Or, le service de la nation dans le contexte que nous vivons doit aller au-delà des ego et des mesquineries.
Quid de l’accord secret entre le président de la transition et la CEDEAO sur un éventuel départ de Choguel Kokalla Maïga et de la formation d’un gouvernement d’ouverture aux pions de la France ? Malgré nos efforts, nous n’avons aucune confirmation de cette infox diffusée sur les réseaux sociaux.
À l’analyse, elle ressemble à une intox pour mettre sous pression, sur les nerfs, le président de la Transition comme pour son patriotisme, son indépendance d’esprit par rapport au clan des chefs d’État francophones.
Connu pour intransigeance et son indépendance, l’infox fait apparaître le Colonel Assimi Goïta comme quelqu’un qui au bout de cinq (5) mois d’embargo a finalement craqué et capitulé face à la fermeté de la CEDEAO. Or, il n’en est rien. Si Assimi Goïta était homme à céder facilement, il n’y aurait pas eu la rectification et Choguel K Maïga n’allait jamais être Premier ministre. C’est parce qu’il a tenu et qu’il tient toujours que la dignité et l’honneur du Mali se restaurent au quotidien, que les FAMa, en dépit de la barbarie des terroristes, continuent d’être la fierté et le point de convergence de toute la nation.

Ce n’est pas aujourd’hui que plusieurs politiciens rêvent de voir Choguel K Maïga quitter la Primature, et un gouvernement d’ouverture se former dans lesquels ils figureraient. S’agit-il d’un souhait émis par certains hommes politiques qui l’ont fait passer pour une réalité actée sur les réseaux sociaux ?
Le timing de la formation de ce gouvernement d’union nationale ou d’ouverture paraît dès plus bancal. Comment en effet, après un an de rectification et 5 mois d’embargo, les autorités de la transition et le Peuple malien qui a accepté tous les sacrifices pour sa souveraineté accepteraient de se plier aux exigences de la CEDEAO pour mettre en place un gouvernement selon sa dictée ? Est-ce à dire que le Mali renonce à sa souveraineté en déléguant à la CEDEAO le pouvoir et le droit de nous imposer quel genre de gouvernement nous devrions avoir et à quel moment ?
Si d’aventure, le Mali et les Maliens acceptent tout ça, Koulouba disposerait-il suffisamment de temps pour le mettre en place avant le 3 juillet ? Entre le sommet de la CEDEAO et la fête quel gouvernement peut-on concocter ?
Au regard de l’énormité de l’hypothèse et de l’étroitesse de la fenêtre d’opportunité, beaucoup d’observateurs de la scène politique pensent qu’un gouvernement d’ouverture n’est pas pour demain, en tout cas dans l’immédiat au Mali.

PAR ABDOULAYE OUATTARA

Source : Info-Matin

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