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Le rendez-vous 2018, tour d’horizon… Priorité ? Il faut sauver le Mali !

Mon intime conviction est établie: Ni le conseil de sécurité des Nations-Unies, ni la MUNISMA, ni BARKHANE ne pourront mettre un terme à la crise malienne sans une union sacrée de toute la nation!

 

2018, année de tous les dangers, de toutes les incertitudes et ce n’est pas être un oiseau de mauvaise augure que de le dire, 2018, c’est une année électorale au Mali, les citoyens auront un rendez-vous avec l’histoire, celui du peuple malien face son destin, du ou des choix qui vont déterminer la vie publique, l’avenir pour les 5 prochaines années, soit jusqu’en 2023; il s’agit d’un tournant historique, d’un choix décisif, d’un changement générationnel ou de l’avènement d’une génération du changement, pour rompre avec les engagements non tenus, le non-respect de la parole politique; le peuple malien devra choisir entre deux infinitifs à l’issue de la consultation électorale présidentielle: Sortir ou reconduire.

Dans le 1er cas, ce sera une alternance et dans la seconde hypothèse une continuité du régime en place.

 

Le triptyque présidentiel 

Do kèra, waati séra, walahi  tchèkoroba wilila

Nul doute que la campagne électorale est déjà lancée et du côté du parti présidentiel, l’on affûte les armes, lors de la présentation des vœux de la majorité présidentielle, le chef de L’État a envoyé un message clair à ses partisans, il a sonné la mobilisation générale: «Majorité réfléchissez, réfléchissez, je vous donne du travail là!»

Nul doute que le Président IBK est désormais candidat à sa succession, du point de vue du droit constitutionnel, rien ne l’en empêche ou le lui interdit, le choix de ne pas être candidat ne devrait émaner que de sa volonté claire et non équivoque même si le slogan «BOUA KA BLA» est entrain de se propager.

– Lorsque le Président de la République annonça «Waati sé ra», il y a de fortes probabilités qu’il eût voulu faire allusion au tour de vis répressif constaté lors des dernières manifestations pacifiques, celle des femmes «HUICOMA» de Koulikoro, du mouvement WAATI SÉ RA et des AMAZONES: le pouvoir a décidé de montrer ses muscles, de «mater» et cela n’annonce rien de bon à quelques encablures des prochaines échéances électorales.

Le peuple malien eût voulu que le Chef de L’État adoptât la même posture de fermeté au début de son quinquennat, dans la résolution de la crise dans le Nord du pays, or, l’image donnée à travers cette sortie, c’est la fermeté et la répression envisagée pour les uns, l’impunité pour les autres enfants gâtés de la République, ceux de la CMA qui défient l’autorité de L’État, trimballent la République et se jouent du pouvoir!

Le hic, c’est qu’il ressort du discours présidentiel que cela est planifié, quand on entend le Chef de L’État dire: «Waati sé ra ka charia la tama!» (le temps est venu de faire régner, l’ordre, la justice!).

– Annoncer, marteler «tchèkòròba wilila» à 7 mois de la fin du quinquennat, que faudrait-il en déduire? Pendant plus de quatre années, il ne s’était pas réveillé??

Vu et entendu sous un autre angle, il faudrait comprendre autrement, oui «le Vieux s’est réveillé» pour la conquête de son second mandat!

– Évoquer l’éventualité d’un retrait des fonds alloués au chef de file de l’opposition, la somme de 500 millions F CFA, votée par la représentation nationale, en des termes menaçants à peine voilés constitue une erreur de communication monumentale de la part du président de la République, et la colère est mauvaise conseillère, la vindicte n’est point appropriée!

D’ailleurs, l’opposition pourrait allègrement se servir de cette sortie du chef de L’État pour en faire un «boomerang» dévastateur en prenant à témoin l’opinion publique nationale: dans la conception du pouvoir selon IBK, l’opposition en acceptant les fonds publics alloués par L’État, doit avoir une «muselière», se taire, ne pas contester, ne pas protester, ne pas dénoncer les dérives, la mauvaise gouvernance…curieuse conception de la démocratie, des droits et libertés fondamentales consacrés par la constitution de la République!

 

Rétrospective, perspective…

Si l’année 2017 fut agitée sur le plan politique, avec le projet de révision de la constitution, social avec les différents mouvements de contestation et de protestation, la plus grande crise avec la grève des personnels de santé aux conséquences lourdes avec le décès de plusieurs de nos compatriotes suite à la surdité du pouvoir politique, les grèves des magistrats, des enseignants et élèves, l’année 2018 commence avec un nouveau gouvernement, et le constat est implacable: qu’il y ait autant de remaniements ministériels, 5 premiers ministres, plusieurs équipages, cette instabilité chronique de l’exécutif dénote un véritable problème de gouvernance au sommet de l’État, et appelle à plusieurs observations:

– Ou bien les différents chefs de gouvernements sont incompétents, alors se pose le problème de leur choix par le Président de la République.

– Ou bien c’est le Président de la République qui n’a pas de cap, qui mène un pilotage à vue.

ATT de retour au Mali…

Le retour de ATT, c’est ce qui a fait l’actualité au Mali, en Afrique en fin d’année 2017

Quoi qu’on puisse dire, l’ex président de la République jouit d’une popularité incontestable, bien sûr on peut être pour ou contre lui et d’ailleurs il serait prétentieux de croire qu’il fait l’unanimité, même les prophètes ont été critiqués.

Tout a été dit sur le Général Commando depuis 2012, il serait souhaitable qu’il livre pour le Mali, pour l’histoire, pour la postérité, sa part de vérité sur la fin de son règne, la gestion de la crise du septentrion malien, dans ses mémoires.

Certains ont voulu faire un parallèle entre le retour de l’ancien président ATT et une éventuelle libération des putschistes de 2012, Amadou Aya Sanogo et autres, en oubliant que ces derniers sont dans les liens de la prévention pour des crimes de sang, le charnier de Diago et les restes du colonel Youssouf Traoré retrouvés dans un puits n’étaient pas du cinéma!!!

Oui, l’on peut se poser la question sur leur procès que L’État n’arrive pas à tenir au bout de quatre années de détention, l’exigence de justice prônée par le Président de la République devient lettre morte et se trouve en porte à faux avec le discours tenu: QUI A PEUR DU

PROCÈS DES PUTSCHISTES DE 2012?

Dans un tout autre registre, la loi d’entente nationale sortie de la boîte à outils du président de la République, est une autre fuite en avant: Le gouvernement malien va proposer une loi « d’entente nationale » exemptant de poursuites « tous ceux impliqués dans une rébellion armée », à condition qu’ils n’aient « pas de sang sur les mains », « Le projet de loi sur l’entente nationale » qui sera présenté dans les semaines à venir prévoira donc « l’exonération de poursuites de tous ceux impliqués dans une rébellion armée, mais qui n’ont pas de sang sur les mains ».

Il comportera également « des mesures d’apaisement après l’accélération des procédures en cours et les réparations accordées aux victimes reconnues », ainsi qu’un « programme de réinsertion pour tous ceux qui déposeront les armes et s’engageront publiquement à renoncer à la violence », a affirmé le chef de l’Etat.

Mais il « ne constitue ni une prime à l’impunité, ni un aveu de faiblesse. Encore moins un déni du droit des victimes », a-t-il assuré, soulignant que d’autres pays confrontés aux mêmes phénomènes « ont pratiqué une démarche similaire », en référence notamment à la loi de « concorde civile » en Algérie voisine.

Ceux qui n’ont pas de sang sur les mains…

Et ceux qui ont été les instigateurs de tout ce qui arrive au Mali aujourd’hui, qui ont été et sont les têtes pensantes pour cautionner des actes de rébellion et de guerre contre les forces armées nationales, de terrorisme, de barbarie à l’endroit de paisibles populations, d’actes ignobles, de lapidations, d’amputations, viols de femmes, saccages, pillages, destructions de mausolées classés dans le patrimoine  mondial et qui s’assimilent à des crimes contre l’humanité? (Liste non exhaustive).

Une réconciliation sur fond d’impunité, une amnistie pour certains et l’injustice pour d’autres… ironie de l’histoire, au même moment où le Président de la République a pris cette initiative, une délégation de la CMA a été invitée par une ONG américaine, et reçue en grande pompe par les diplomates de plusieurs états et DIEU seul sait quel est leur calendrier, le tout sera couronné par le pied de nez du MNLA comme un défi, une provocation ultime au pouvoir de Bamako par la célébration prévue de cette funeste date du 17 janvier 2012 qui a vu ce mouvement terroriste attaquer l’État du Mali, ouvrant ainsi la voie à la déstabilisation et à la crise multidimensionnelle que vit le pays encore.

L’équation malienne, la quadrature du cercle ?

Entretien avec H K, affecté à Niakunké, à Bamako au moment de notre conversation à bâtons rompus, c’est le témoignage poignant de quelqu’un qui a vécu, qui vit la crise sécuritaire dans le septentrion, le terrorisme au quotidien;

La situation dépasse tout ce qu’on peut imaginer, lorsqu’on écrit confortablement sur nos murs, à coups de publications pour réagir à l’actualité; lorsque HK évoque l’immensité du nord du Mali, j’ai tout de suite levé les yeux vers le ciel avec l’intime conviction que la République du Mali ne peut pas assurer à lui seul la Sécurité dans cette vaste zone dans l’État actuel des moyens, des hommes; Le nord est entrain d’échapper petit à petit à l’État malien: les djihadistes, terroristes, narcotrafiquants menacent tout ce qui représente l’État, ne veulent plus d’écoles, du moins exigent un enseignement religieux (coran), saccagent, pillent, brûlent tout ce qui représente une quelconque entreprise et si on ajoute à cela le sentiment d’abandon que les populations du nord et du centre du pays nourrissent, comme des laissés pour compte, c’est une situation chaotique!

Contrairement à ce qu’on a voulu faire croire à l’opinion publique nationale et internationale, la guerre contre les envahisseurs, les terroristes, djihadistes n’a jamais été gagnée, du moins les Nations-Unies avec la France à la tête d’une coalition internationale n’ont jamais voulu mettre fin à cette guerre sinon elle aurait été gagnée en quatre années.

Le cas de Kidal n’a jamais été résolu, une partie intégrante du territoire de la République du Mali est toujours occupée par un groupe de bandits armés qu’est le MNLA CMA avec ses alliés djihadistes, narco trafiquants obscurantistes terroristes criminels voleurs pilleurs et violeurs d’Aqmi, d’Ansar dine et du Mujao recyclés au vu et au su de la force Barkhane et de la MINUSMA!!!

Que valent alors les dispositions des différentes résolutions des Nations Unies qui réaffirment sans aucune ambiguïté leur attachement ferme et notamment dans la 2164 du conseil de sécurité aux principes de souveraineté, d’unité et d’intégrité territoriale du Mali?

Les frères égarés de Kidal, du moins ceux qui sont dans la rébellion touarègue, qui ont un autre calendrier, qui jouent le jeu des pompiers pyromanes, qui ont peut-être succombé aux perspectives alléchantes qu’on leur fait miroiter doivent savoir qu’ils seront tôt ou tard les perdants de cette situation, les dindons de la farce et ce n’est qu’une question de temps!

Le tableau n’est guère reluisant: l’insécurité a atteint un niveau d’une inquiétude sans précédent dans le nord, au centre du pays et jusque dans la capitale; Selon les renseignements recueillis, il ressort que du 23 décembre 2017 au 15 février 2018, la ville de Bamako serait la cible d’attentats terroristes planifiés par les hommes de Iyad Ag Ghali et d’Amadou Koufa; il faudrait noter également que les forces de sécurité sont sur le pied de guerre, en tout cas à

Bamako, il n’est pas rare de croiser à une certaine heure de la nuit des patrouilles en 4×4 ou à Motos, de policiers lourdement armés pour assurer la sécurité de la capitale, tant mieux!

 

Recul de l’autorité de l’État…

Le recul de l’autorité de L’État se manifeste et se ressent dans la circulation qui est un baromètre concret, l’incivilité a atteint un tel niveau au point que certains croient que tout est permis.

Le recul de l’autorité de L’État, c’est la spéculation foncière qui a le vent en poupe du fait de prédateurs sans foi ni loi et crée des situations dramatiques ;

Le recul de l’autorité de L’État, c’est le problème estudiantin, c’est le reflet d’une dérive de l’éducation nationale qui a commencé avec l’avènement de l’ère démocratique, le milieu scolaire et estudiantin a été politisé, manipulé par les différents pouvoirs, et petit à petit, l’école de la République a connu une descente aux enfers qui connaît actuellement son paroxysme avec ce que les maliens médusés ont vu sur leurs petits écrans: une violence inimaginable, on croirait à un terrible cauchemar, des morts, blessés par balles, et surtout un véritable arsenal de guerre qui dépasse l’entendement: Machettes, gourdins, barres de fer, couteaux…

Le recul de l’autorité de L’État, c’est le déni de justice, c’est aussi et surtout la défaillance de la gouvernance, du leadership au point que la tentation pour une large partie de la jeunesse, c’est de se créer un imaginaire collectif en trouvant un exutoire du vide, la tentation de la rue!!!

Le front social n’est pas en reste, l’exaspération née du sentiment d’injustice est en train de monter petit à petit comme un volcan en ébullition.

Le constat sur les réseaux sociaux, c’est un éveil des consciences d’une jeunesse mobilisée, active, mais cela devient une cacophonie et ça part dans tous les sens; le danger qui guette, c’est le suivisme aveugle, l’effet de masse, ceux qui croient savoir la réalité de la situation alors qu’ils sont incapables d’analyse globale!

2018, année de tous les dangers ?

Quelle sera la configuration politique des différents états-majors pour la conquête du pouvoir?

Le Phénomène Ras Bath, faudrait-il l’appeler ainsi, car il est indéniable que c’est une première dans l’histoire récente de la République: voilà un jeune qui a osé, qui a mis sa vie en danger pour être le porte-parole des sans voix, pour dénoncer la mal gouvernance, les abus en tous genres, la corruption, le népotisme, les malversations, les droits des plus faibles bafoués, l’injustice…et le moins que l’on puisse dire, il est très populaire, soulève les foules partout où il passe, tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur; Ras Bath à lui seul fait plus que toute l’opposition réunie serait-on tenté de dire; l’absence de mobilisation, le vide laissé en termes de propositions concrètes et crédibles par l’opposition, l’inexistence d’un leadership affirmé qui suscite l’espoir, réenchante le rêve malien en perspective, ont favorisé l’émergence de ce jeune activiste au point qu’une bonne partie de la jeunesse en quête d’un désir d’avenir s’est créée un imaginaire collectif en se retrouvant en lui comme un guide.

Ou bien Ras Bath mène un combat pour être un acteur majeur de la scène politique, ou alors il roule pour une figure de l’ombre, time will tell!

La contestation et la protestation n’ont jamais été un projet de société et voilà les limites d’un tel combat!

L’irruption du Général Moussa Sinko Coulibaly avec fracas sur la scène politique est tout sauf anodine,  et a été l’objet d’informations, et de rumeurs dans les salons bamakois; pour en appeler sans détour à l’avènement d’un nouveau pouvoir, en balayant l’actuel régime, c’est que cet officier a dû mesurer toutes les conséquences d’une telle prise de position: cela va-t-il bouleverser le paysage politique pour autant? Si le Général peut bénéficier de l’effet «Blietzkrieg» en espérant sur une adhésion populaire à son mouvement politique (qui va être lancé selon des informations de plus en plus insistantes), en comptant sur sa virginité politique, il est fort probable qu’il sera fortement attendu au tournant par ceux qui n’hésiteront pas à lui rappeler son passé de putschiste, pour avoir fait partie de la junte militaire qui a renversé le pouvoir du président ATT en 2012, précipitant le pays dans le chaos suite à la rupture de la chaîne de commandement militaire.

J’ai également lu quelque part que la «Maskirovka» est une stratégie militaire russe pour tromper l’ennemi par la dissimulation, l’effet de surprise, nul ne sait ce que l’Ex Général aura comme stratégie pour convaincre et susciter l’adhésion à son mouvement politique.

Du côté des religieux, la rupture semble être consommée entre une partie non moins importante des anciens alliés du pouvoir et c’est un secret de polichinelle que l’influent président du Haut Conseil Islamique est en froid avec le pouvoir.

Et l’opposition politique ?

L’histoire nous enseigne que les grandes victoires se construisent en équipe, et dans une équipe, il n’y a pas d’individualités, il y a une équipe dans chaque individualité, si cela pouvait être le leitmotiv de l’opposition pour la bataille électorale qui s’annonce!

Dans cet ordre d’idées, l’union dans le cadre d’un large rassemblement autour du candidat qui est à même de porter l’espérance, est un gage de dynamique de victoire.

Si l’opposition pense qu’elle va cueillir le fruit mûr de la contestation, de la protestation sociale, de l’exaspération liée aux injustices, de la fracture sociale et morale entre gouvernants et gouvernés due à la gestion du pouvoir en place, si elle ne fait pas le véritable travail d’adhésion des masses populaires à un véritable projet de société, par une mobilisation sans précédent, la sensibilisation et une pédagogie adaptée à la situation, je dis attention, rien n’est joué, rien n’est gagné d’avance! Combien de nos compatriotes ont le discernement pour distinguer le vrai du faux, pour faire une analyse critique et objective des grands enjeux du moment, qui ont accès à la bonne information?

Nous avons tendance à penser que l’élection présidentielle se passe pour l’essentiel à  Bamako car c’est la capitale du pays, ou sur les réseaux sociaux; nous oublions ou nous ne voulons pas croire qu’il faille batailler, sonner la mobilisation dans les villages les plus reculés, les hameaux.

Il ne s’agit pas d’avoir le meilleur programme; certes, il faut avoir un parti, un appareil, une machine électorale derrière un candidat, mais il s’agit de véhiculer la bonne parole, car en politique dit-on, ce n’est pas ce qui est dit qui est important, mais c’est ce qui est cru; il serait mieux d’exiger de ceux qui sollicitent le suffrage populaire, des projets bien ficelés dans le seul intérêt du développement du MALI, du bienêtre de la nation malienne; pour une fois, le credo pour les femmes et hommes qui seront choisis, c’est d’être au service exclusif de la République, de se vouer corps et âme pour la résolution quotidienne des problèmes, l’invention du possible; être en mission pour le MALI!!! Savoir lire la carte électorale du Mali est une des conditions pour espérer gagner les prochaines élections dont l’échéance est l’année 2018.

La période qui s’annonce est peu propice au rassemblement, une période électorale est par excellence un débat d’idées, une opposition de personnes, de bords politiques, qui peuvent prendre des formes hostiles voire violentes, or le Mali dans cette crise multidimensionnelle a besoin du rassemblement de toutes les forces vives de la nation dans une unité d’action pour cette bataille qui va plus au-delà des individus, des états-majors, il s’agit de sauver la République au bord du précipice.

2013, le Mali était plongé dans une crise multidimensionnelle, 2018, malgré la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, le pays est toujours en proie à une crise sécuritaire dont la gravité s’est déplacée vers le centre et le sud, le terrorisme est devenu le quotidien des forces armées et de sécurité, des populations du nord et du centre du pays…

Il ne faudrait pas se tromper d’objectif et de mon point de vue, il ne s’agit pas d’une question de vieille ou de jeune génération, il s’agit de construire une convergence dynamique pour créer les conditions d’une alternance possible et crédible autour d’un véritable projet de société, d’un homme, d’un groupe d’hommes pour mener à bien ce projet afin de créer l’espoir d’un avenir meilleur pour le peuple malien, et le concrétiser surtout.

Considéré par la communauté internationale comme un grand corps malade, parmi les «pays de merde» selon le Président des États-Unis, malade de la crise multidimensionnelle exacerbée dans son aspect sécuritaire, du terrorisme, de son accord pour la paix qui pose plus de problèmes qu’il n’en a résolu, de son instabilité gouvernementale chronique, de son école de la République, de son autorité de l’État, de son système de santé à l’agonie, le chantier MALI est là, les défis à relever sont immenses et il incombe à chacun de nous, dans l’exercice de notre citoyenneté pleine et entière, de nous engager, particulièrement, les leaders d’opinion, de susciter le débat d’idées, de mettre en oeuvre l’effort gigantesque de mobilisation générale et de proposer des perspectives afin que 2018 ne soit pas un nouveau rendez-vous manqué!!!

Sory Ibrahima Sakho

Source: L’ Aube

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