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Le Challenger de la semaine : Me Ousmane Aldjouma Touré, Avocat à la cour

Cet adepte du droit pur est animé par le souci constant du professionnalisme.

‘’Je suis favorable à un barreau très fort, avec plus de professionnalisme et une meilleure connaissance des instruments de travail à travers une formation continue beaucoup plus poussée, en ce qui concerne notamment le droit communautaire, où il existe encore peu de formations au niveau local’’. Tel est aujourd’hui le vif et noble souhait de Me Ousmane Aldjouma Touré, brillant homme de droit, sérieux et courtois, qui a bien voulu accepter de nous recevoir au siège de son somptueux  cabinet, sis aux 93 logements, SEMA de Bolé. Pour ce grand professionnel du droit, le bon avocat est, à travers ses missions (représentation, assistance, conseil) celui qui exerce avec talent et dévouement les tâches à lui sont confiées par ses clients, afin que ceux-ci obtiennent satisfaction dans la mesure du possible. Du coup, il est fier de dire qu’il a défendu avec succès plusieurs grands  dossiers, avec en prime un réel sentiment de satisfaction morale et psychologique.

Réagissant à une fausse critique dirigée contre les Avocats, accusés à tort par l’imaginaire populaire, de défendre à la fois le bourreau et la victime, Me Touré remet les pendules à l’heure : «C’est un devoir légal de défendre le bourreau et la victime, parce qu’on n’a pas le droit de faire de la discrimination. Mais dans la même procédure, on ne peut défendre les deux, car en matière criminelle, l’assistance d’un avocat est obligatoire (Code de procédure pénale). Lorsque l’accusé n’a pas les moyens de choisir ou de se faire assister par un avocat, on fait alors recours à une commission d’office. Le Bâtonnier remet le dossier à un avocat qui est obligé de porter la robe et de défendre la personne en question, même si c’est un grand criminel. Par ailleurs, la commission d’office ne s’impose pas pour la partie civile (victime). Il est aussi important de préciser que le Barreau, de mon arrivée à maintenant, a connu une grande amélioration. Car autrefois, la commission d’office n’était pas rémunérée, mais ce n’est plus le cas depuis un certain temps, même si la somme n’est pas très conséquente. »

Inscrit au Barreau malien depuis 1991, Me Touré a naturellement vu passer beaucoup de Bâtonniers : Magatte Sèye, Kassoum Tapo, Fanta Sylla, le regretté Me Seydou Maïga, pour qui, il a une pensée pieuse, Alhassane Sangaré, actuellement aux commandes. Tous ont œuvré et continuent d’œuvrer dans le sens d’une amélioration très visible de la justice, dit-il.

Sans vouloir offusquer qui que ce soit, Me Touré entretient cependant des  relations très particulières de confraternité avec Me Kassoum Tapo. Relations fondées surtout sur un grand respect et une estime réciproques. Me Touré a, de toute évidence, une expertise avérée dans le domaine si complexe et sensible du foncier. Il ne cache pas cependant sa préférence pour ce qu’il appelle « le contentieux du travail », c’est-à-dire le litige entre travailleurs et employés, « parce que c’est un droit dynamique, complexe où l’on est obligé d’apprendre tout le temps, obligé d’être suffisamment informé », s’explique-t-il. Ce même attrait, il l’a pour le dossier des assises, c’est-à-dire le pénal, « parce que ce sont ces genres de procès qui sont les plus médiatisés et qui permettent à l’Avocat d’asseoir une certaine popularité, d’étoffer son carnet d’adresses et d’élargir le cercle de sa clientèle. »

Pour cet adepte du droit pur, les difficultés sont inhérentes à chaque corporation, tant que l’on sera à la recherche permanente et constante  de la perfection. La confraternité est en train de disparaître, de même que les valeurs liées à la pratique déontologique. S’agissant des difficultés entre avocats et clients, elles sont très négligeables. Il existe quelques petits soucis liés au paiement de certains honoraires, car souvent ces mêmes clients payent d’abord ailleurs.

Au niveau des juridictions, il  y a lieu de relativiser. Grâce à la procédure de mise en état, qui a contribué de manière très palpable à améliorer l’exercice de la profession en matière civile, commerciale et même sociale, aucun dossier n’est reporté ou mis en délibéré sans une raison légitime.

Concernant le foncier, il y a un bémol : « l’exécution d’une décision de justice fait toujours appel à l’administration et cela n’est pas simple, par exemple si l’on doit transférer le titre foncier au nom de celui qui a gagné le procès, l’exécution peut prendre souvent beaucoup de temps. On n’a pas un autre recours, car l’Etat n’est pas un sujet de droit, c’est ce qui complique toute exécution de la grosse. On ne peut pas forcer l’Etat à s’exécuter, on le prie pour qu’il s’exécute. »

B.C

 

Source: lechallenger

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