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La Russie aimerait bien connaître “les intentions réelles” de Donald Trump sur la Syrie

En une semaine, la position des Etats-Unis vis à vis de Bachar al-Assad et de la Syrie est passée d’un extrême à l’autre.

president russe vladimir poutine kiev

Dans un climat tendu, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson s’est rendu à Moscou ce 11 et 12 avril 2017. Au cœur des discussions, les frappes américaines sur une base aérienne en Syrie, qui ont pris tout le monde par surprise. Y compris Moscou, qui demande aujourd’hui aux Américains de clarifier leur position.

La Russie veut connaître “les intentions réelles” des Etats-Unis afin d’éviter une “récidive” de la frappe américaine et de travailler à la création d’un “front commun contre le terrorisme”. “Notre ligne de conduite se base sur le droit international et non pas sur un choix du type ‘avec nous ou contre nous’”, a ainsi déclaré Serguei Lavrov à Rex Tillerson, au début de leur rencontre à Moscou.

“Il est important pour nous de comprendre votre position, la position des Etats-Unis et les intentions réelles de l’administration” de Donald Trump, a insisté le chef de la diplomatie de Vladimir Poutine.

Les relations entre la Russie et les Etats-Unis se sont “dégradées” depuis l’arrivée à la Maison Blanche en janvier de Donald Trump, a par ailleurs estimé Poutine lui-même dans une interview publiée ce mercredi. Interrogé par la chaîne d’informations Mir 24 sur la qualité des relations entre les deux puissances, Poutine a déclaré qu’”on peut dire que le degré de confiance dans nos relations de travail, notamment dans le domaine militaire, ne s’est pas amélioré mais qu’au contraire il s’est dégradé”.

Rex Tillerson a de son côté dit souhaiter un échange “ouvert, franc et sincère”, destiné à “davantage clarifier les objectifs et intérêts communs” et les “nettes différences” dans l’approche des deux pays sur les principaux dossiers.

La toute première visite en Russie d’un haut responsable de la nouvelle administration américaine devait servir à jeter les bases de la “normalisation” des relations entre les deux pays promise par Donald Trump lors de sa campagne électorale. Mais l’attaque chimique présumée de Khan Cheikhoun et la frappe américaine qui l’a suivie a provoqué un nouveau regain de tensions aux accents de Guerre froide entre les deux puissances.

Poutine met en garde contre d’éventuelles “provocations”

Les responsables américains se sont succédé mardi pour critiquer le soutien sans faille de la Russie au président syrien Bachar al-Assad.

Le secrétaire à la Défense Jim Mattis a ainsi estimé qu’il n’y avait “pas de doute” que le régime de Damas était responsable de l’attaque chimique présumée du 4 avril, qui a fait 87 morts dans la province rebelle d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

Auparavant, un haut responsable de l’administration américaine s’exprimant sous couvert de l’anonymat avait accusé Moscou de “semer la confusion” sur le rôle du régime syrien en tentant de mettre en cause les rebelles ou les jihadistes de l’organisation Etat islamique. Un autre haut responsable américain avait par ailleurs indiqué qu’il fallait poser aux Russes la question de leur éventuelle complicité dans cette attaque.

Le président Vladimir Poutine a, lui, répété dans une interview à la télévision MIR diffusée mardi soir qu’il ne voyait aucun élément prouvant la responsabilité de Damas. La Russie se tient à une ligne mettant le régime syrien hors de cause: il faut regarder du côté des rebelles, l’armée syrienne ne disposant plus d’armes chimiques depuis le démantèlement de son arsenal sous supervision internationale.

Vladimir Poutine a d’ailleurs averti contre une répétition du scénario des fausses preuves d’armes de destruction massives en Irak en 2003, prélude à l’invasion du pays pour faire chuter Saddam Hussein. Il a ainsi mis en garde contre des “provocations” en préparation de la part des rebelles qui utiliseraient des armes chimiques pour mettre ensuite Damas en cause.

Un nouveau projet de résolution demandant la coopération du régime syrien dans une enquête sur l’attaque chimique doit être présenté au Conseil de Sécurité de l’Onu ce mercredi. Trois projets de résolution ont déjà été examinés sans jamais passer au vote. Selon certains diplomates, la Russie devrait utiliser une nouvelle fois son droit de veto.

La visite de Rex Tillerson à Moscour précède une rencontre tripartite entre Serguei Lavrov et les chefs de la diplomatie syrien, Walid Mouallem et iranien, Mohammad Javad Zarif, prévue à la fin de la semaine à Moscou.

Par huffingtonpost.fr

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