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La dégradation de l’insécurité entraîne la violation des droits humains au Mali

Suliman Baldo, l’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali, a rendu les conclusions du rapport de sa neuvième mission dans le pays du 27 Novembre au 1er Décembre. Pour lui, la détérioration de la situation sécuritaire a facilité la multiplication des violations graves des droits de l’homme et accentuée la crise humanitaire. C’est dans ce contexte de violations de droits humains qu’a lieu aujourd’hui à Bamako la rentrée des cours et tribunaux du Mali.Cet événement est placé cette année sous le thème de l’indépendance du juge et la protection des libertés.

Dans ce rapport, l’expert indépendant Suliman Baldo a indiqué que l’insécurité a augmenté de façon alarmante. De plus en plus, on assiste à des attaques contre les civils, les acteurs humanitaires, les officiers de maintien de la paix et les forces de sécurité du Mali. Cette détérioration de la situation sécuritaire a entraîné la fermeture de plusieurs écoles dans le Nord et au Centre du pays.

Le rapport souligne également que cet environnement précaire a favorisé la multiplication des violations graves des droits de l’homme et entrave les défis énormes et multiformes que le Mali connaît aujourd’hui dans les domaines de la gouvernance, de la sécurité et du développement.

L’expert indépendant s’est félicité de l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel pour lutter contre le terrorisme et les groupes extrémistes violents afin de rétablir un environnement plus sur au Mali et dans la région. Selon lui : « la force du G5 devrait mettre en place des garanties et des mécanismes appropriés pour éviter les violations et abus des droits de l’homme qui pourraient être commis par ses troupes dans le cadre de leurs opérations ».

L’expert indique aussi que la crise humanitaire qui s’accentue au Mali est l’une des moins financées au monde. Presque 20% de la population est en situation d’insécurité alimentaire et 1.2 millions de personnes ont besoin d’un appui en eau, hygiène et assainissement. L’absence de l’État dans plusieurs parties du pays ou la faiblesse de sa capacité entrave la fourniture des services de base. L’insécurité qui prévaut dans certaines régions du pays entrave également l’acheminement de l’aide aux personnes vulnérables.

Ce rapport sur la situation des droits de l’homme au Nord et au Centre du pays intervient au moment où une vidéo du président du tribunal de Niono et du commandant de brigade de Guiré, dans le cercle de Nara tous deux enlevés depuis plusieurs semaines fait le tour des réseaux sociaux. Sur les images, les deux otages affirment être aux mains des jihadistes et demandent à l’État de discuter avec leurs ravisseurs pour leur libération.

C’est dans ce contexte qu’a lieu aujourd’hui à Bamako la rentrée solennelle des cours et tribunaux du Mali. L’événement présidé par le chef de l’État est placé cette année sous le thème de «l’Indépendance du Juge et la Protection des Libertés Fondamentales». Pour le président de la république, ces deux questions sont essentielles pour le fonctionnement de tout État de droit comme le Mali. Selon Ibrahim Boubacar keita, des efforts sont en cours pour garantir le fonctionnement de l’appareil judiciaire en toute indépendance.
Ibrahim Boubacar KeitaPrésident de la République

La question de l’indépendance et la protection des libertés a dominé les échanges au cours de la commémoration de la rentrée des cours et tribunaux. Pour certains magistrats, les libertés individuelles et collectives des citoyens ne peuvent être garanties si les conditions économiques et statutaires des juges ne sont pas améliorées.
Boya DembéléMagistrat et Avocat général à la Cour suprême

studio tamani

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