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Éditorial : Quand la CEDEAO capitule face à l’AES !

Samedi, 24 février 2024 : Abuja, capitale de la République du Nigeria, a vécu un évènement singulier qui encourage les peuples d’Afrique à persévérer dans l’œuvre de libération totale de leur continent de tous les jougs d’exploitation et d’asservissement. Les chefs d’Etat de la CEDEAO, après le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger, avec effet immédiat, de cette organisation sous régionale marionnette indéniable aux mains de puissances étrangères à l’espace, se sont réunis pour constater l’inutilité de leur syndicat.

Fallait-il vraiment tenir ce sommet qui ne pouvait accoucher que d’une souris ? Dans le tréfonds de leurs âmes, les chefs d’Etat de la CEDEAO en perdition étaient conscients, en tout cas pour beaucoup d’entre eux, sinon leur totalité, que ce ne pouvait être autre chose qu’une opération de charme, de tentative de survie, mais point de réalité. Avec le retrait depuis un mois avec effet immédiat des trois pays de l’A.E.S., la CEDEAO est entrée en agonie, tout dépend du temps que va durer sa maintenance sous perfusion, mais elle a amorcé le processus irréversible de sa belle mort. Peu importe ce que feront la France, l’Union Européenne et l’Occident en général pour la maintenir en vie, la grande grabataire n’a plus aucune chance. Tout simplement, en se défaussant des objectifs pour lesquels elle a été créée il y a une cinquantaine d’années pour le bonheur de ses pays membres pour se mettre au service des intérêts étrangers, elle s’est fait inoculer le venin mortel qui devait la conduire à une fin malheureuse. Plutôt que de s’atteler à créer les conditions du bonheur partagé pour les pays d’Afrique de l’Ouest (anglophone, francophone et lusophone), elle s’est muée en instrument de répression et de rétorsion contre les peuples pour lesquels elle était censée servir le bien-être ; en quelque sorte, du moins clairement, elle n’a fait que développer le syndrome de Stockholm dont les entités territoriales, pour ne pas les nommer Etats, Républiques ou pays, restent les bénéficiaires. L’histoire s’est précipitée pour elle quand, en janvier 2022, elle a cru devoir édicter contre le Mali, en violation de ses propres textes, mais aussi en violation des dispositions des Nations Unies, des sanctions les plus perfides et les plus cruelles jamais connues dans le monde contemporain, et peut-être dans l’histoire de l’humanité, sanctions vite qualifiées d’inédites par Emmanuel Macron et soutenues par la France, sanctions curieusement endossées par l’Union Africaine et jamais dénoncées par l’O.N.U. Nous sommes bien dans un monde injuste, pire que le fratricide Abel et Caïn.

Malheureusement pour la CEDEAO, comme si elle était subitement Jéhovah lui-même, en faisant planer sur la tête du Mali les 10 plaies d’Égypte, elle a commis le péché irrémissible de sa condamnation aux enfers ; on ne peut faire tant mal à un pays aussi béni que celui s’élevant sur le stratum de glorieux empires, qui n’auront pas été glorieux pour rien. La réaction du Mali a été inédite, comme inédites pour Macron les sanctions cedeao-iennes. Preuve que les dirigeants maliens, conscients de leur devoir vis-à-vis de la patrie, s’étaient bien préparés à toutes éventualités car ayant une parfaite connaissance des dirigeants fantoches africains au service exclusif de ceux qui violent leurs pays et leurs peuples. La grande intelligence des autorités maliennes, soutenues du reste par un peuple héroïque et résilient, a déjoué tous les complots, préparé l’avènement de quelque chose de grandiose qui naîtra des entrailles du Liptako-Gourma et qui rayonnera par trois mots : Alliance des Etats du Sahel (A.E.S.). Mais la CEDEAO n’a toujours rien compris. Avec perfidie, elle invite des opposants maliens à son sommet extraordinaire, opposants qui ne sont plus déchets dans la poubelle pour les Maliens. Perfidie encore : dans un long galimatias, où l’on entend que la République de Turquie Gambie a été représentée au sommet par son vice-président (peur des drones acquis par le Mali auprès de la Türkiyé ?), elle charge, après avoir brandi avec ruse une panoplie de sanctions, au point 38 de son communiqué final, sa Commission « d’engager l’Union africaine, l’UEMOA, les Nations Unies et d’autres organisations internationales ainsi que des partenaires bilatéraux…en vue de convaincre les trois Etats membres (de l’AES) de rester dans la Communauté ». Autrement dit, la CEDEAO appelle le monde entier contre nous, comme le monde entier est venu au secours de « sa » France. Démarche qui dénote sa capitulation devant l’A.E.S. Bon point enregistré par l’histoire.

 

Amadou N’Fa Diallo

Le National

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