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Diallassagou: le doute insultant de la Minusma

Dans la nuit du 18 au 19 juin, les villages de Diallassagou, Dianweli et Deguessagou, situés dans le cercle de Bankass, ont été victimes d’attaques terroristes. Après la découverte de nouveaux corps, le nombre de victimes a augmenté à 195 morts, selon des sources locales. Pour montrer la compassion de la Minusma et réitérer ses condamnations fermes, le représentant spécial du secrétaire général, Chef de la Minusma, El Ghassim Wane, était ce lundi dans la région de Mopti, notamment à Bankass puis à Diallassagou.

 

Il aura donc fallu plus d’une semaine à la Minusma pour, dit-elle, déployer à Diallassagou une mission d’établissement des faits dans le village. En français facile, la Minusma veut établir la véracité des faits. Parce que tel que présenté les faits souffrent-ils de crédibilité pour la Minusma ?
En utilisant le conditionnel présent pour s’exprimer au sujet des massacres perpétrés à Diallassagou et du bilan officiel établi par les plus hautes autorités maliennes («Suite aux attaques qui auraient été perpétrées par des groupes extrémistes dans la région de Bandiagara dans le Centre du Mali, et qui selon le bilan établi par les autorités maliennes, auraient entraîné la mort de plus d’une centaine de civils ») la Minusma choisit délibérément d’induire un doute, une incertitude, une probabilité sur les faits tels que présentés. Parce que c’est cela qu’exprime le conditionnel présent.
Est-ce la Minusma douterait que ce massacre est l’œuvre des groupes terroristes notamment « les combattants de la Katiba du Macina de Amadou Kouffa dont plusieurs, parmi les auteurs, ont été formellement identifiés » par le gouvernement dans son communiqué ou, est-ce que simplement la Minusma remet-elle en cause «le bilan établi par les autorités maliennes, auraient entraîné la mort de plus d’une centaine de civils » ? Dans les deux cas, le doute ambiant que la Minusma laisse planer sur la parole officielle du Mali est insultant pour la dignité et l’honneur de notre pays.
En allant sur le terrain comme des journalistes «recueillir des témoignages directs sur les événements survenus à Diallassagou, mais également de procéder à des constatations matérielles notamment l’incendie de bâtiments (boutiques et commerces) et de véhicules », la Minusma crédite-t-elle la parole du chef terroriste Amadou Kouffa sur celle du gouvernement ?
Le chef de la Katiba Macina, Amadou Kouffa, affilié au groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) est sorti dans une vidéo pour nier son implication dans le massacre de Diallassagou. Suite au communiqué du gouvernement, Amadou Kouffa a estimé que «de fausses rumeurs ont été répandues dernièrement à travers les médias indiquant que « les moudjahidines » appartenant au (GSIM) ont assassiné des civils dans le cercle de Bankass, région de Mopti. En réponse à ça, nous affirmons que « les moudjahidines » n’ont pas tué de civils et ceci n’est pas leur méthode. Parmi les 03 villages cités comme cibles des attaques, « les moudjahidines » ne s’y ont nullement rendus, hormis le village «Glasgow» où se trouve certains individus, il a été établi qu’ils collaborent avec les «tyrans» dans les rondes effectuées, au cours desquelles ont été tués plusieurs musulmans, ce qui a poussé les villageois à organiser des manifestations pour empêcher « les moudjahidines » à parvenir à leur fin. Ces derniers ont tiré des tirs de sommation afin de disperser les gens autour d’eux. S’agissant de ce qui se dit à leur sujet comme quoi ils ont incendié les boutiques et confisqué les voitures, la vérité est qu’ils ne se sont pas attaqués à aucune boutique des innocents, sauf qu’ils ont confisqué les biens de ceux figurant sur une liste ramenée ce jour-là. Nous précisons (GSIM) que ceux arrêtés par « les moudjahidines » et dont leurs biens ont été confisqués, ont été traduits devant « la commission légitime de la région».
En tout cas ce n’est qu’après cette vidéo de propagande du chef de la Katiba Macina pour accuser les FAMa et Wagner que la Minusma s’est résolue à lever, conformément à son mandat, une mission d’établissement des faits sur le massacre de Diallassagou. Que la mission soit conforme à son mandat, mais nulle part ce mandat ne l’autorise à mettre en doute la parole de l’État malien.
Dans un compte rendu de presse, la Minusma indique que « l’enquête se poursuit et les résultats permettront de clarifier les circonstances qui ont entouré ce massacre, la MINUSMA de son côté assure qu’aucun effort ne sera ménagé pour venir en appui aux populations, dont la préoccupation première est la sécurité des personnes et des biens ».
Elle ajoute pour brouiller les pistes que les éléments de la Force de la MINUSMA qui ont procédé sur le terrain à des consultations médicales au profit de la population locale vont continuer à évaluer la situation pour arrêter les modalités de l’action future de la Mission dans la zone.

PAR Abdoulaye OUATTARA

Source : Info-Matin

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