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Des Maliens contre des Maliens !

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Le projet de révision de la Constitution du 25 février 1992 initié par le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, continue de susciter de vifs débats au sein de l’opinion. Deux camps s’apposent : pro et anti. Les partisans du chef de l’Etat ont mis en place une plateforme dénommée « Oui Sona ». Ceux-ci étaient en meeting le 28 juin dernier au Palais des sports Salamatou Maïga de l’ACI 2000. Un autre regroupement favorable à l’initiative présidentielle avait prévu de battre le pavé, le 1er juillet dernier à Bamako et dans les régions avant de se plier à l’interdiction faite par les autorités. Les opposants sont regroupés au sein de la Plateforme « An tèn, An Bana, Touche pas à ma constitution ». Après leur marche gigantesque du 17 juin dernier, ils étaient en meeting le 1er juillet dernier à la Place du cinquantenaire à l’ACI. Les défenseurs du Non ont défié les autorités maliennes qui avaient interdit ce rassemblement pour cause d’état d’urgence et de l’arrivée des chefs d’Etat du G5 Sahel réunis hier à Bamako dans le cadre d’un sommet extraordinaire en présence du Président français, Emmanuel Macron.

Les positions de deux camps sont inconciliables. Des Maliens contre des Maliens ! Ces rassemblements donnent l’image d’un pays fortement divisé. Le Mali pouvait faire l’économie des agitations actuelles qui portent en elles les germes d’une partition certaine du pays au moment où l’Accord pour la paix et la réconciliation peine à être appliqué, deux après sa signature. En cas d’affrontement entre les partisans du Oui et du Non, il y a un risque fort que le champ politique soit envahi par d’autres forces plus organisées. Le Mali est à un tournant critique de son histoire. Tout peut basculer à tout moment.

Allergique aux critiques, le Président IBK doit arrêter de consacrer ses interventions à vomir sur ses opposants, afin de tenir des propos rassembleurs. En sa qualité de garant de la cohésion et de l’unité nationale, le Président a le devoir d’adopter une posture de rassembleur. Il doit impérativement se défaire de certaines considérations personnelles qui l’empêchent de tendre la main à ceux qui s’opposent à la révision de la loi fondamentale. Le chef de l’Etat doit aussi faire attention aux agissements de certaines personnes de son entourage, incompétentes et vindicatives. Le Président Ibrahim Boubacar Kéïta doit se souvenir de l’intervention du Président de Haut conseil des collectivités, l’iman Mahmound Dicko lors de la présentation de vœux à l’occasion de la fête du Ramadan.

Ceux qui sont dans la rue dépassent largement le cercle restreint des opposants traditionnels du Président IBK. La diaspora malienne est en ébullition. A Kayes, on manifeste pour le retour du Train voyageur. Dans la cité des Askia, des manifestants réclament le départ du gouverneur. A Koulikoro, on promet qu’il n’y aura pas d’élection sans une solution à la question de l’Huicoma.

Au delà de la révision constitutionnelle qui fédère tous les déçus et les frustrés de la gouvernance, c’est une crise de confiance entre les institutions et les citoyens, voire une remise en cause totale de l’autorité de l’Etat. Et cela interpelle le Chef de l’Etat qui avait mis la restauration de l’autorité de l’Etat au cœur de sa campagne en 2013.

La gestion de la situation actuelle recommande qu’on mette la raison avant le cœur et les considérations personnelles à côté pour faire face à l’essentiel, c’est-à-dire déjouer le complot des petits aventuriers qui rêvent de découper la mère patrie qui leur a tout donné. Pour fédérer tous les fils du pays, le Président Kéïta doit impérativement réajuster son boubou de rassembleur. Sans mépris ni rancune !

C. Doumbia

Source: Le Challenger

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