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Des écoles sur les sites, une seconde chance pour les enfants déplacés

L’insécurité prive des milliers d’enfants déplacés internes de scolarité. Selon un récent rapport l’UNICEF, pour l’année scolaire 2022-2023, elle prive près de 500 mille enfants de leurs droits fondamentaux, notamment l’inscription à l’école et la jouissance de plusieurs autres droits civils.

Qu’en est-il de la situation au niveau des sites de déplacés internes ?

Reportage

A Socoura dans la région de Mopti, le centre de stratégie de scolarisation accélérée en abrégé SSAP accueille enfants déplacés non scolarisés ou déscolarisés précoces. Au nombre de 37, ils nous ont accueilli avec l’hymne nationale en fulfuldé.

Boureïma Amadou Tall est l’animateur du centre. Il estime que c’est comme une seconde chance, offerte à ces enfants qui ont entre 8 et 12 ans. « Ces enfants sont scolarisés pendant une année. L’an prochain, ils seront envoyés dans le système scolaire classique, selon leur niveau. C’est ainsi depuis 2019 dans les 10 centres SSAP de Mopti », précise l’animateur du centre de Sokoura.

Cette seconde chance est donnée aussi aux enfants déplacés de Bamako et environs. C’est le cas à Senou. Grâce à Terre des Hommes Suisse à travers l’ONG ADAC, des enfants ont repris les cours. Comment gérer le cas de ceux qui passent en 5ème année ? C’est le grand souci des responsables du site. Ibrahima Hamadoun Barké Sarré, un des responsables du site de déplacés de Senou, ne cache pas son inquiétude pour les élèves qui vont passer pour la 5ème année. « Sur le site, nous avons 132 filles, 108 garçons repartis en quatre classes, comment ont-ils aller en 5ème année ? Il nous faut construire une autre classe ou laisser ces enfants rejoindre le système classique », nous ditIbrahima Hamadoun Barké Sarré avec une voix triste.

C’est la même inquiétude sur le site de Sokoura dans la région de Mopti. Boureïma Amadou Tall, l’animateur du centre regrette que des enfants qui vont rejoindre le système classique, peinent à poursuivre, leurs études. « Sur le site, les enfants déplacés sont pris en charges par des ONGs, une fois dans le système classique cela pose un problème pour les parents des enfants déplacés. Certains enfants abandonnent même l’école ». Il estime qu’un « déplacés qui n’a pas de quoi nourrir sa famille, ne peut pas payer des frais scolaires, de coopérative et autres ».

Un manque de communication

Les responsables du développement social de Mopti affirment que cette situation ne devrait pourtant pas poser de problème. Ils estiment que cela relève sûrement d’un déficit de communication. Selon Moussa Alassane Samaké, Directeur régional du développement social de Mopti, « après des témoignages sur les difficultés pour des élèves déplacés à poursuivre l’école, parce qu’ils étaient confrontés aux frais scolaires et aux cotisations, les autorités scolaires ont décidé de les laisser poursuivre leur scolarité sans payer 1 franc ». Il ajoute que « les cas relatifs au cahier, livres et autres sont pris en charges par des partenaires ». Il regrette cependant un manque d’information à ce niveau.

Cette stratégie de scolarisation accélérée n’existe pas sur tous les sites de déplacés internes. C’est le cas à Koutiala où se sont des parents qui se débrouillent pour le suivi de leurs enfants.  « Les parents sont soutenus par des dons alimentaires, mais pour le suivi des enfants à l’école, ils se débrouillent. Et beaucoup ont abandonné l’école faute de moyens ». Cette affirmation est de Mme Coulibaly Amina Moussa, membre du comité de gestion du site.

Selon des chiffres fournis par l’UNICEF, la majorité des écoles fermées se trouve dans la région de Mopti.

Studio Tamani
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